Le MaaS, un levier majeur de développement des mobilités

Qu’est-ce que le MaaS ?

Dans l’esprit de la loi d’orientation des mobilités, le MaaS – Mobility as a Service ou Mobilité servicielle – a un rôle de facilitateur dans le parcours client pour l’accès aux mobilités d’un territoire, voire d’un bassin de vie. Cet outil devient un incontournable de la gouvernance et du portage des politiques publiques de mobilités, devenant ainsi la passerelle entre l’usager et les mobilités publiques et privées. L’usager a ainsi à sa disposition des parcours multimodaux combinant le public et le privé en un seul outil, où qu’il soit sur le territoire. Il apporte une aide au pilotage des mobilités et porte à connaissance, aussi bien des usagers habituels que des exclus de la mobilité, les nouvelles solutions de déplacement. Ainsi, l’ensemble de ces solutions vise à réduire l’usage de la voiture solo, voire de sa possession qui joue un rôle reconnu sur les émissions de gaz à effet de serre (CO2), la pollution (particules fines, oxydes d’azote) et la congestion routière. Cet outil va permettre à l’usager de devenir un acteur à part entière de la transition écologique et de la maîtrise de son empreinte carbone, dans sa mobilité du quotidien.

Structurer son développement

Au sein du groupe de travail « gouvernance et modèle », le GART et l’ensemble de ses partenaires – Cerema, Mission Innovation Numérique des Territoires (MINT), UTP – ont mis en place une organisation qui participera au développement des MaaS. Cette organisation anime et coordonne l’ensemble de l’écosystème de la communauté du numérique à plusieurs niveaux : groupes de travail nationaux, normalisation, programme certificats d’économie d’énergie, textes de lois. Le GART est ainsi au cœur du « réacteur MaaS » avec le pilotage de plusieurs groupes de travail – GT « gouvernance et modèle », GT « architecture fonctionnelle du MaaS », six ateliers « interface du MaaS », et la normalisation – nous permettant ainsi de jouer le rôle de facilitateur pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème MaaS. Notre rôle devient celui du tiers de confiance garantissant  un juste équilibre entre les développeurs de nouveaux modes et services, et les autorités organisatrices de la mobilité.

Engagement du GART dans plusieurs initiatives

Parmi ses actions, le GART participe à l’Observatoire du MaaS, un recueil d’initiatives pour mutualiser les connaissances et faciliter le développement de MaaS. Le Cerema et ses partenaires – ADCET, L’Alliance des mobilités, FNTV, GART, Régions de France, Syntec Ingénierie et UTP – collaborent pour faciliter le partage de connaissances en matière de MaaS. Pour cela, ils proposent une liste d’initiatives au sein de cet observatoire. Ces initiatives sont des systèmes d’information multimodale (SIM), des cartes billettiques interopérables ou des dispositifs de MaaS complets. Chaque système est décrit en détail selon les fonctionnalités d’information, d’achat, de validation et de gestion de compte.

L’observatoire a édité un document intitulé « MaaS des villes & MaaS des champs, quelle articulation entre les systèmes locaux et régionaux ? » qui a pour double objectifs de démontrer l’importance du succès de la coordination entre ces deux échelles – locale et régional – et l’importance d’une collaboration active et ouverte entre les différents acteurs de la mobilité.

Les services du GART sont également engagés dans le programme CEE « mon compte mobilité (MOB) » lequel a vocation à devenir le « France Connect » de la mobilité. En permettant à tous de connaître les aides financières à la mobilité dont il peut bénéficier, ce compte permettra à chaque usager d’utiliser son compte et de se connecter à tout MaaS déjà existant grâce à un identifiant unique. Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé par la FabMob (ADEME) dans le but d’associer de nouveaux territoires pilotes à l’expérimentation, inviter d’autres entreprises à co-construire la solution et fédérer une communauté d’acteurs de la mobilité vertueuse autour de ce commun.

D’autres travaux sont en cours, en coopération avec la MINT qui les pilote. Le premier a pour objectif de récupérer les données anonymisées des GPS intégrés au sein des voitures afin de mieux connaître les flux de mobilités « Origine-Destination » horodatés et le second est initié pour mieux contrôler la gestion des calculateurs d’itinéraires routiers et ce, pour simultanément prendre en considération les futurs accès aux zones à faibles émissions et éviter le détournement du trafic routier dans des quartiers et routes non adaptés à des flux denses (zones pavillonnaires et écoles). Ces travaux sont menés avec des acteurs tels que HEAR, TOMTOM. Le résultat de ces travaux pourrait aboutir à des évolutions législatives portées par l’État.

Par ailleurs, le GART vient de clôturer neuf mois de travail portant sur l’analyse et les besoins fonctionnels pour créer un MaaS en s’appuyant sur les outils déjà existants au sein des autorités organisatrices de la mobilité : billettique, système d’information multimodal (SIM) et système d’exploitation (SAE-IV). Sept ateliers ont été animés avec la collaboration de plus d’une centaine d’experts disposant chacun de compétences spécifiques : architecture fonctionnelle, interface gestion client, interface information voyageur et calcul d’itinéraire, interface transport collectif, interface stationnement et recharge, interface VLS, autopartage, free-floating, et interface covoiturage.
Le 29 avril 2021, le GART a organisé un webinaire de restitution de ces travaux qui a réuni 170 experts. Il en ressort un travail énorme de collecte d’informations et d’échanges qui se concrétisera par l’édition d’un livre blanc  technique du MaaS. La grande majorité des acteurs de l’écosystème s’est entendue sur les orientations à prendre pour l’ensemble des interfaces.

3 juin 2021 – Crédits : ldprod / Fotolia.com