RNTP 2021 : questions à Guy Le Bras, directeur général du GART

L’édition 2021 des Rencontres nationales du transport public se prépare. Organisé du 28 au 30 septembre prochain à Toulouse, cet événement attendu des acteurs du secteur aura pour organisateurs le GART, le GIE Objectif transport public et l’Union des transports publics et ferroviaire (UTP). Guy Le Bras, directeur général du GART, répond aux questions du GIE Objectif transport public sur le financement du transport public et sur la dynamique des mobilités au sein des territoires ultramarins.

L’édition 2021 des RNTP abordera la crise sanitaire que nous vivons et qui a mis à mal le financement des réseaux de transports urbains et régionaux. Quelles conséquences sur les recettes tarifaires et le versement mobilité, deux leviers indispensables au bon fonctionnement de nos réseaux de transport ?

Effectivement, les autorités organisatrices de la mobilité et leurs opérateurs ont été très impactés par les effets de cette crise sanitaire et le sont encore aujourd’hui. Nous avons ainsi constaté une baisse moyenne des recettes tarifaires de l’ordre de 32 % en 2020 par rapport à 2019 pour les autorités organisatrices de la mobilité urbaines hors Île-de-France, de 36 % pour Île-de-France Mobilités et de 38 % pour les autorités organisatrices de la mobilité régionales. Concernant le versement mobilité, l’impact a été moindre que ce qui avait été anticipé au début de la crise sanitaire avec une perte cumulée de 5 %, équivalent à 469 millions d’euros en 2020 par rapport à 2019. Cette baisse s’est répartie de la manière suivante : 5,8 % pour Île-de-France Mobilités, soit 265 millions d’euros, et 4,5 % pour les autres autorités organisatrices de la mobilité de métropole et d’Outre-mer, soit 204 millions d’euros. Comme le montrent ces données économiques, la crise sanitaire fragilise encore plus l’équilibre financier des budgets transports avec des conséquences directes pour les collectivités, leurs opérateurs voire même les usagers. Les effets de la crise sanitaire perdurant, il nous faut rester attentif aux conséquences sur les budgets des autorités organisatrices de la mobilité. Certaines pourraient être dans l’obligation de diminuer l’offre, de reporter des investissements comme le renouvellement du matériel roulant ou de réduire le développement des infrastructures de transport.

Une expérimentation sur les données « Versement mobilité » transmises par l’ACOSS aux AOM a été lancée en octobre 2020 et fera l’objet d’un point d’étape à l’occasion de votre Congrès commun avec l’UTP. En quoi consistent ces travaux ?

Depuis de nombreuses années, le GART et ses adhérents se mobilisent pour une parfaite connaissance des redevables du versement mobilité et une meilleure compréhension des composantes de cet impôt essentiel au financement des autorités organisatrices de la mobilité urbaines et d’Île-de-France Mobilités. Pour ce faire, une évolution des données transmises par les organismes de recouvrement est indispensable. Les discussions menées dans le cadre de la LOM ont incité l’ACOSS à proposer une expérimentation pour travailler à la fois sur ces échanges de données mais aussi sur des actions de simplification du versement mobilité. Ces travaux sont donc en cours avec un panel d’AOM de toutes tailles et permettront à la fin de cette année ou au tout début de l’année prochaine de généraliser ces nouveaux fichiers à toutes les AOM. L’atelier organisé en septembre prochain abordera l’avancée de ces travaux.

Lors de ce même Congrès, un atelier sera consacré à la dynamique de mobilités au sein des territoires ultramarins. Quel en sera sa teneur ?

La voiture et l’autosolisme occupent une place prépondérante dans la mobilité quotidienne des habitants ultramarins. Face à ce constat, les collectivités d’Outre-mer façonnent des politiques de mobilités particulièrement durables et innovantes dans le but d’accélérer le report modal vers les transports collectifs. Ces initiatives, qu’elles soient à la Réunion, à Mayotte, en Martinique, en Guadeloupe ou en Nouvelle-Calédonie notamment, prennent en considération le fort potentiel du transport maritime ainsi qu’une juste répartition des axes de déplacements routiers et en site propre. Ces mutations s’accompagnent du développement des mobilités dites « nouvelles » avec, par exemple, la mise à disposition de vélos ou de trottinettes en libre-service ou encore la mise en œuvre de l’autopartage. Toutes ces révolutions participent à la promotion des modes actifs et au covoiturage. Il nous a paru important de consacrer un temps d’échanges pour valoriser ces dynamiques territoriales.

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25 mai 2021 – Crédit : B. Mazodier