L’ART publie un premier état des lieux sur l’ouverture et l’utilisation des données de mobilité

L’accès à des données de mobilité, telles que les arrêts desservis, les horaires de passage des autobus ou les déplacements effectués, constituant un prérequis au déploiement de ces services, la loi d’orientation des mobilités a confié à l’Autorité une mission de contrôle de l’ouverture et de l’utilisation des données de mobilité par les acteurs concernés, c’est-à-dire les producteurs et les utilisateurs des données.

Ainsi, l’Autorité de régulation des transports (ART) a réalisé une consultation publique auprès de ces derniers pour mesurer leur degré d’appropriation et connaître leur point de vue sur ce dispositif. L’Autorité rend publics les principaux enseignements qu’elle tire de cette consultation publique et dévoile à cette occasion le premier état des lieux sur l’ouverture et l’utilisation des données de mobilité.

Les résultats de cette consultation publique viennent attester que le dispositif d‘ouverture des données de mobilité est connu mais peu maîtrisé par les producteurs ainsi que par les utilisateurs de ces données. Ce dispositif est connu par 80 % des producteurs ayant répondu, mais près de la moitié des répondants déclarent soit méconnaître le contenu des différentes dispositions relatives à l’ouverture des données de mobilité, soit les ignorer. Les exigences de publication apparaissent en outre complexes à mettre en œuvre selon les producteurs de données. Cela explique que 47 % des répondants déclarent ne pouvoir respecter totalement le délai de publication prévu par la réglementation et fixé au 1er décembre 2021. Les utilisateurs de données regrettent, pour leur part, que les données ne soient pas toutes disponibles – notamment les données en temps réel. Ce dispositif est toutefois considéré comme une véritable avancée par les acteurs du secteur, qui le perçoivent comme un outil permettant de promouvoir l’innovation dans le secteur. Le rôle de l’Autorité est par ailleurs connu des acteurs qui jugent son action nécessaire, tout en émettant le souhait d’une approche progressive et équitable des contrôles de l’Autorité.

Quelques caractéristiques claires apparaissent après l’analyse des jeux de données :

  • les autorités organisatrices de la mobilité constituent les principaux contributeurs –près de 80 % – expliquant que les données publiées couvrent une très large part du territoire français, avec des données déposées par toutes les régions métropolitaines ainsi que trois régions et une collectivité d’Outre-mer ;
  • les données statiques, telles que les horaires théoriques de passage des bus, représentent 88 % des jeux de données publiés alors que les données en temps réel sont peu présentes.

Si pour 32 % des producteurs les données ne sont pas systématiquement mises à jour, les jeux de données évalués sont très souvent complets et comportent peu de valeurs incorrectes et incohérentes. Quelques jeux de données présentent néanmoins une qualité très nettement inférieure à la moyenne.

À partir de l’analyse des données publiées, l’état des lieux révèle trois enseignements majeurs :

  • Au sein d’un marché fortement segmenté, les services d’informations couvrent des zones géographiques et des services de transports différents – d’une ville à une couverture mondiale, des transports urbains aux transports à longue distance, par exemple – et utilisent des critères de classement variés tels que le temps de trajet, le prix ou les émissions de gaz à effet de serre ;
  • Les résultats fournis en réponse à la demande d’un voyageur varient en conséquence fortement en fonction des périmètres de ces services d’information et des préférences renseignées par les voyageurs, mais aussi du paramétrage des algorithmes au sein des calculateurs d’itinéraires qui constituent l’une des briques majeures des services d’information aux voyageurs ;
  • L’analyse des calculateurs d’itinéraires questionne tant sur leur degré de transparence que sur leurs critères de classement. Certains des critères de classement, comme les itinéraires « recommandés », ne permettent pas aux voyageurs de comprendre s’il s’agit d’une recommandation de prix, de temps ou d’un autre critère. D’autres critères de classement restent invisibles pour les voyageurs, contrevenant au principe de transparence, essentiel à la fourniture d’un service d’information fiable et de qualité.
29 juin 2022 – Crédit : B. Mazodier