La troisième journée de Mobco a mis en lumière une même exigence : confronter les politiques de mobilité aux réalités concrètes des territoires. Accessibilité, souveraineté énergétique et logistique urbaine ont ainsi structuré des échanges marqués par une approche résolument opérationnelle.
Les débats sur l’accessibilité ont illustré le chemin parcouru vingt ans après la loi Handicap de 2005. Ruptures de cheminement pour les personnes déficientes visuelles, points d’arrêt encore insuffisamment aménagés ou équipements inutilisables faute de formation des personnels demeurent des obstacles majeurs. Au-delà des chiffres, les échanges ont mis en avant un enjeu central : garantir une continuité effective de la chaîne de déplacement.
La décarbonation des transports s’est invitée sous un angle nouveau : celui de la souveraineté. En 2024, la France a importé l’équivalent de 44 milliards d’euros de pétrole, un chiffre marquant. Face à ce constat, Jean-Marie Fiévet, député des Deux-Sèvres et rapporteur d’une mission flash sur la décarbonation des poids lourds, et Géraldine Paloc, directrice de l’accélération de l’électrification des usages chez EDF, ont partagé leurs expertises sur l’enjeu de la décarbonation à l’épreuve de notre réalité énergétique ». L’occasion d’identifier un ensemble de leviers pour concilier ambition écologique et résilience nationale : diversification des énergies, sécurisation des approvisionnements, soutenabilité des modèles économiques des transports publics et adaptation des infrastructures.
En parallèle, la logistique urbaine a bousculé les cadres habituels. Sur cet enjeu, les collectivités ne sont pas autorités organisatrices, mais jouent un rôle déterminant d’animation et de coordination territoriale. Tout repose souvent sur un binôme clé : un élu moteur et un technicien référent capables d’instaurer un dialogue de confiance avec les acteurs privés. Le programme Interlud+, porté par le Cerema, accompagne aujourd’hui 61 EPCI dans l’élaboration de leur stratégie de logistique urbaine. Le rapport remis au gouvernement en février dernier par Anne-Marie Idrac et Anne-Marie Jean, auquel le GART a contribué, formule quinze recommandations concrètes, de la digitalisation des arrêtés de circulation à la création d’espaces de stationnement dédiés aux livraisons. Les échanges ont mis en lumière une conviction forte : une politique logistique co-construite permet de réduire les conflits d’usage, de mieux approvisionner les commerces et de réorganiser plus efficacement l’espace public au bénéfice de tous.
Cette première édition de Mobco 2026 s’achève après trois journées d’échanges, de rencontres et de débats consacrés aux mobilités du quotidien. Un immense merci à l’ensemble des élus, opérateurs, industriels, partenaires, exposants, intervenants et visiteurs qui ont contribué à faire vivre ce nouveau rendez-vous national. Transition énergétique, souveraineté industrielle, logistique urbaine, inclusion sociale, accessibilité, adaptation climatique… Les discussions ont démontré une chose : les mobilités sont au cœur des grands défis de nos territoires. Merci également à toutes les équipes mobilisées en coulisses pour faire de cette première édition un espace utile et fédérateur.
Mobco 2026 se referme, mais la dynamique collective, elle, se poursuit !
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