Mobco 2026 : une deuxième journée résolument tournée vers l’action collective

    La matinée s’est ouverte par la visite de Sébastien Martin, ministre chargé de l’Industrie, venu à la rencontre des acteurs de la filière avant d’introduire la table ronde consacrée à la souveraineté industrielle européenne. Aux côtés du Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune, les échanges ont souligné l’urgence de renforcer une industrie européenne compétitive face à la concurrence internationale, à travers plusieurs leviers incontournables : sécurisation des chaînes de valeur, soutien à l’innovation et financement de la transition.


    La table ronde « Inclusion sociale : pas d’égalité sans mobilité ! » a rappelé avec force que la mobilité dépasse largement la seule question des transports. Elle conditionne l’accès à l’emploi, aux soins, à la formation, à la culture. Les échanges entre les intervenants ont souligné qu’aucune politique de cohésion sociale ne peut réussir durablement sans solutions de mobilité inclusives.

    Autre temps fort de la journée : notre conférence « Encadrer sans paralyser : comment faire évoluer le cadre normatif de la mobilité ? » qui a réuni parlementaires, élus locaux et acteurs privés du secteur autour d’une question aujourd’hui centrale : comment faire des normes un facilitateur des politiques de mobilité durable et éviter, à l’inverse, que celles-ci ne freinent leur déploiement ? Un point de convergence s’est dégagé : la norme n’est pas l’ennemi, à condition qu’elle soit stable, prévisible et articulée avec les réalités territoriales. Ces échanges font écho à l’étude du GART sur les irritants normatifs, publiée en avril 2026, qui posait déjà les bases de ce diagnostic partagé. Les échanges entre le sénateur Franck Dhersin, la députée Christine Arrighi, le président du directoire de la Société des Grands Projets Jean-Francois Monteils et le président du Conseil d’orientation des infrastructures David Valence ont mis en évidence une réalité désormais largement partagée : les collectivités doivent accélérer la transition écologique dans un environnement réglementaire devenu toujours plus dense, complexe et parfois contradictoire. Tous ont appelé à faire évoluer les règles pour qu’elles redeviennent des leviers d’action au service des territoires, capables de simplifier les projets, soutenir l’innovation et accompagner concrètement les politiques publiques de mobilité.

    La table ronde « Relier et revitaliser : la nouvelle donne territoriale » a rappelé combien les mobilités sont désormais au cœur des équilibres territoriaux. Aux côtés des intervenants, le président du Département de l’Essonne François Durovray et la porte-parole du GART Françoise Rossignol ont défendu une conviction forte : sans mobilité accessible et adaptée aux réalités locales, il ne peut y avoir ni cohésion territoriale durable, ni véritable rééquilibrage entre les territoires.

    Enfin, lors de la session consacrée aux mobilités partagées, le GART a dévoilé les premiers enseignements de ses enquêtes nationales avec Raphael Krug et Siriman Coulibaly. Un constat se dessine clairement : covoiturage et vélopartage se diffusent désormais largement sur l’ensemble des périmètres des AOM, tandis que l’autopartage reste encore principalement concentré dans les villes-centres. Dans chaque mode, un modèle dominant se dégage : le covoiturage planifié, l’autopartage en station, le vélo en location longue durée. Point commun à tous, ces services ciblent avant tout les trajets domicile-travail, en complémentarité avec les transports collectifs.

    10 juin 2026 – Crédits : Sajin Photo / EP / GART