Au Sénat, le GART défend une billettique simple pour les voyageurs et maîtrisée par les territoires

    À l’occasion du colloque « Transport et Billettique », organisé le 8 octobre 2026 au Sénat à l’initiative des sénateurs Franck Dhersin, Jacques Fernique, Olivier Jacquin et Pierre-Jean Rochette (corapporteurs d’une mission d’information sur le sujet), Valentin Dethou et Benoît Courtin, administratreurs du GART, ont porté la voix de l’association : simplifier l’expérience du voyageur, faire converger les systèmes sans uniformiser les politiques locales et préserver les moyens d’action des autorités organisatrices de la mobilité.

    Un parcours d’achat de bout en bout, sans application unique imposée

    Valentin Dethou a défendu un parcours d’achat réellement fluide. Une seule recherche, un seul panier et un seul paiement pour combiner transports urbains, TER et longue distance. Le voyageur ne devrait pas avoir à comprendre l’organisation institutionnelle des réseaux pour acheter son trajet.

    Pour le GART, le titre unique ne doit pas devenir une application nationale supplémentaire. La plateforme nationale d’interopérabilité doit plutôt relier les systèmes existants, sécuriser la distribution des titres et le reversement des recettes, tout en laissant au voyageur le choix de son interface. Cette interopérabilité exige des normes communes pour réduire les coûts et permettre aux réseaux les moins équipés de rejoindre le dispositif. Elle doit préserver la maîtrise des autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sur leurs tarifs, leurs données, leurs recettes et leur relation avec les usagers. Enfin, à une vente de bout en bout doivent correspondre des droits de bout en bout en cas de perturbation.

    Une tarification plus lisible, solidaire et adaptée aux territoires

    Benoît Courtin a replacé la billettique au cœur d’un enjeu politique : l’accès effectif de chacun à la mobilité. L’empilement des tarifs, des catégories et des supports complique les parcours et freine le report vers les transports collectifs.

    Notre association défend une tarification sociale et solidaire mieux coordonnée, sans barème national uniforme. Un cadre commun peut rendre les offres plus lisibles, mais les AOM doivent conserver la capacité de les adapter aux réalités sociales, géographiques et financières de leur territoire. Une « grammaire commune », et non un uniforme.

    Au-delà de la carte unique, l’avenir réside dans le compte mobilité. C’est-à-dire une identité enregistrée une fois, des droits reconnus, le choix du support et l’application automatique du tarif le plus avantageux. La donnée peut aussi aider à mieux remplir les TER sans fragiliser les recettes du service public.

    Une ambition commune : simplifier sans centraliser

    Les deux interventions ont porté une doctrine commune. La simplicité doit être visible pour le voyageur, tandis que la complexité technique doit être absorbée par des infrastructures interopérables et des normes partagées. Cette convergence ne doit entraîner ni application unique, ni tarification uniforme, ni perte de maîtrise pour les territoires.

    Le GART a enfin rappelé qu’une meilleure billettique ne suffira pas à financer une offre plus abondante et plus fiable. Avec près de 23 milliards d’euros de besoins estimés d’ici à 2035, hors Île-de-France et services express régionaux métropolitains (SERM), les AOM ont besoin de ressources durables. Une billettique simple pour les voyageurs, une maîtrise publique préservée pour les territoires et un financement durable pour les réseaux : trois exigences indissociables pour notre association.

    9 octobre 2026 – Crédits : droits réservés
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