SERM : de la convergence des diagnostics à la nécessaire planification de leur financement

    La publication du rapport de Christine Arrighi sur le financement des Services express régionaux métropolitains (SERM), le 8 juillet dernier, constitue une contribution importante au débat public. Elle a le mérite de replacer au premier plan un sujet essentiel : la capacité collective à financer durablement les mobilités du quotidien, tant en investissement qu’en exploitation.

    Une approche multimodale défendue par le GART

    Le GART partage plusieurs constats et propositions de ce rapport, qui rejoignent les positions que nous défendons depuis plusieurs années auprès des pouvoirs public ainsi qu’au travers du cycle d’auditions des territoires porteurs de projets SERM conduit entre 2024 et 2026. Les SERM sont désormais de véritables projets de territoire, dépassant le seul cadre ferroviaire pour articuler, à l’échelle des bassins de vie, trains, cars express, covoiturage, mobilités actives, pôles d’échanges, billettique et information voyageurs. Cette approche multimodale constitue l’une des principales forces des projets engagés.

    Le rapport appelle à une vision consolidée du coût des SERM et à une gouvernance financière clarifiée entre l’État, les régions, les métropoles et leurs partenaires. Il préconise un rôle renforcé de l’État dans la planification, la coordination et le financement, notamment à travers des CPER ambitieux, une hiérarchisation des projets et un chiffrage annuel des besoins d’investissement. Des orientations qui rejoignent les auditions du GART : les collectivités réclament visibilité, stabilité et coordination pour sécuriser des projets engagés sur 15 à 20 ans.

    Quels leviers pour financer durablement les projets ?

    Le financement reste la principale attente des territoires. Malgré des estimations encore difficiles à stabiliser, les différents chiffrages convergent vers plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissements, auxquels s’ajouteront plusieurs milliards pour l’exploitation. Si le financement par l’État des études de préfiguration constitue un signal positif, les phases opérationnelles nécessiteront des engagements financiers de long terme et la définition d’un modèle économique soutenable pour accompagner durablement le développement de l’offre.

    Le GART note avec intérêt que plusieurs pistes de financement, mises en avant dans le rapport, rejoignent les propositions portées par ses élus. Ces leviers devront être analysés avec pragmatisme, en tenant compte de leurs effets territoriaux et de leur acceptabilité économique et sociale :

    • mobilisation accrue des recettes carbone au bénéfice des autorités organisatrices de la mobilité ;
    • affectation d’une partie des recettes issues des concessions autoroutières ;
    • valorisation foncière autour des infrastructures de transport ;
    • évolution du versement mobilité ;
    • réflexion sur les péages urbains.

    Les territoires sont prêts, reste à leur donner les moyens d’agir

    Le rapport met également en lumière plusieurs sujets sur lesquels le GART alerte depuis longtemps : la nécessité de mieux prendre en compte les territoires peu denses, la difficulté pour les régions exerçant la compétence de substitution de disposer de ressources adaptées.

    Enfin, les auditions menées auprès des territoires engagés dans une démarche SERM montrent que les collectivités sont prêtes : elles investissent, nouent des partenariats et construisent leurs stratégies de mobilité à l’échelle des bassins de vie. L’enjeu n’est désormais plus tant de définir les projets que de leur donner collectivement les moyens de réussir.

    Les SERM constituent aujourd’hui l’une des politiques publiques les plus ambitieuses pour transformer les mobilités du quotidien. Le temps de la préfiguration et du diagnostic progresse rapidement. Celui des choix financiers et des engagements durables doit désormais s’ouvrir. Le GART continuera d’être force de proposition pour accompagner l’État et les collectivités dans la construction de ce nouveau modèle de mobilité au service des territoires.

    27 juillet 2026 – Crédit : Adobe Stock