Mobco, c’est mardi prochain ! Françoise Rossignol et Roch Brancour, porte-parole du GART, se sont prêtés au jeu de l’interview croisée. Regard sur cette première édition, outils concrets pour les nouveaux élus et leurs équipes, point sur les irritants normatifs, vision du GART pour les six prochaines années… La parole est à eux !
Du 9 au 11 juin 2026, Mobco ouvre ses portes pour la première fois. Qu’attendez-vous de ce nouvel événement ?
Roch Brancour – Ce que nous attendons de cette première édition, c’est avant tout une dynamique collective. Les défis auxquels les autorités organisatrices de la mobilité sont confrontées ne peuvent plus être traités séparément. L’actualité nous le rappelle à chaque instant, les enjeux climatiques, sociaux, industriels et technologiques sont désormais profondément liés. Mobco a précisément été pensé pour favoriser cette mise en dialogue entre élus, techniciens, opérateurs et industriels. Nous voulons faire émerger des solutions concrètes, mais aussi une vision commune de l’avenir des mobilités. L’heure n’est plus à juxtaposer les politiques publiques, l’idée est de faire avancer les mobilités du quotidien, avec une approche plus intégrée et plus ancrée dans les réalités de nos territoires.
Françoise Rossignol – Mobco ouvre effectivement une nouvelle ère pour les événements portés par le GART et l’UTPF. Nous avons voulu construire un rendez-vous qui dépasse les approches en silos pour replacer les mobilités du quotidien au cœur des grandes transformations de notre société. Aujourd’hui, parler mobilité, c’est également parler d’inclusion sociale, d’aménagement du territoire, de souveraineté industrielle et de changement climatique. Cette transversalité est au cœur de notre programmation. Nous avons souhaité créer des passerelles entre les sujets, qu’il s’agisse des nouveaux modèles économiques et industriels, d’une meilleure cohabitation entre transports collectifs et mobilités actives, ou encore de la mise en œuvre d’une stratégie réussie de logistique urbaine. Mobco doit être le lieu où l’on croise les regards pour construire des réponses plus cohérentes et plus opérationnelles au profit de nos concitoyens.
Mobco sera le premier grand rendez-vous du transport public et de la mobilité post-élections municipales. Qu’avez-vous prévu pour les nouveaux élus et leurs équipes ?
Roch Brancour – Cette édition sera effectivement le premier grand rendez-vous du secteur après les élections municipales, et nous avons voulu en faire un moment particulièrement utile pour les nouveaux élus et leurs équipes. Pour beaucoup d’entre eux, c’est une occasion unique de rencontrer, en un seul lieu, l’ensemble de la filière du transport public. On retrouvera dans les allées du salon, autorités organisatrices, opérateurs, industriels, experts et partenaires institutionnels. À cette occasion, le GART a souhaité leur donner des outils concrets. Après le succès de notre boîte à outils des municipales 2026, le GART à édité un guide de l’élu(e) que l’on partagera dans le cadre de cette édition. Il est pensé pour permettre aux décideurs locaux de passer rapidement de la compréhension à l’action. Compétences, financements, leviers d’intervention… Ce format resserré apporte des réponses claires et directement mobilisables pour agir efficacement dès le début du mandat.
Françoise Rossignol – Nous avons conçu Mobco comme un temps de sensibilisation pour les nouveaux élus, mais également pour les décideurs déjà engagés sur ces sujets et qui souhaitent approfondir certaines problématiques. Les mobilités évoluent très vite et les attentes de nos concitoyens sont de plus en plus fortes. Il est essentiel de partager des repères communs et des retours d’expérience concrets. Nous aborderons notamment l’enjeu de la logistique urbaine avec une approche volontairement pragmatique et didactique. La table ronde “Comment enclencher une bonne stratégie de logistique urbaine en début de mandat ?” sera consacrée à cette question. L’objectif est d’aider les élus à identifier rapidement les bons leviers d’action pour construire des politiques de mobilité cohérentes dès les premiers mois.
Le GART a formulé 12 priorités pour en finir avec les irritants normatifs de la mobilité. Ce sujet fera l’objet d’une conférence dédiée le mercredi 10 juin. Qu’est-ce que cela implique concrètement ?
Roch Brancour – C’est tout l’enjeu des recommandations formulées par le GART. Elles traduisent très concrètement les difficultés rencontrées sur le terrain par les autorités organisatrices de la mobilité et proposent des solutions directement applicables. Le travail mené avec Airelle Avocats et nos adhérents a permis d’identifier des blocages systémiques, qu’ils relèvent de la gouvernance, de la transition écologique ou encore de la performance des politiques publiques. Notre objectif est désormais clair : faire évoluer le cadre réglementaire et législatif pour que le droit redevienne un levier d’action au service des territoires, et non un frein supplémentaire à la mise en œuvre des politiques de mobilité.
Françoise Rossignol – Ce que nous disons aujourd’hui est simple. Les autorités organisatrices sont prêtes à agir, mais elles se heurtent à un empilement de règles qui ralentit considérablement leurs projets de mobilité. Nos territoires doivent composer avec des normes toujours plus nombreuses, parfois contradictoires, qui complexifient la transition écologique au lieu de la faciliter. Avec cette étude, nous ne remettons absolument pas en cause les objectifs environnementaux. Au contraire. Nous affirmons que pour réussir durablement la transition des mobilités, il faut un cadre juridique plus lisible, plus cohérent et davantage connecté aux réalités opérationnelles.
Le GART présentera prochainement une feuille de route pour les six prochaines années. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Roch Brancour – Cette feuille de route a vocation à tracer un véritable cap politique pour les années à venir. En tant que représentant national des autorités organisatrices de la mobilité, le GART se situe au cœur de l’écosystème des mobilités et dispose aujourd’hui de l’expertise, de la légitimité et de la vision nécessaires pour porter un manifeste à la hauteur des défis rencontrés par nos concitoyens et les collectivités. Notre ambition est de proposer un document à la fois structurant et opérationnel, qui soit centré sur les grands piliers de l’action publique en matière de mobilité, tout en intégrant les transformations à venir. Le fruit de cette réflexion sera soumis aux futurs délégués des autorités organisatrices adhérentes dans le cadre de notre Assemblée générale organisée en septembre prochain. Il s’agit d’une étape importante pour notre association et les adhérents qui la composent.
Françoise Rossignol – Cette feuille de route s’inscrit dans la perspective du renouvellement de notre Conseil d’administration. Les administrateurs du GART ont souhaité que la future gouvernance puisse s’appuyer sur une vision politique claire et partagée pour les six prochaines années. C’est dans cet esprit qu’un comité de coordination a été constitué ces dernières semaines. Ce dernier réunit des élus représentant l’ensemble des sensibilités politiques de l’association. Notre démarche doit rappeler le double enjeu social et environnemental des mobilités locales et régionales. Et plusieurs priorités fortes ont déjà émergé, telles que la soutenabilité du modèle économique et l’optimisation budgétaire, qui conditionnent toute politique publique de mobilité ambitieuse.