Saint-Nazaire Agglomération a mis en service le 24 janvier 2026 son nouveau réseau de transport YCEO, structuré par trois lignes à haut niveau de service. L’opération, qui représente un investissement de 170 millions d’euros, s’accompagne d’une augmentation de 23,5 % du kilométrage commercial et d’une charge d’exploitation supplémentaire de 7 millions d’euros HT par an. L’autorité organisatrice de la mobilité fixe un objectif de part modale de 8 % en 2030, contre 6 % actuellement.
En sa qualité de représentant national des autorités organisatrices de la mobilité, le GART était présent lors de l’inauguration qui s’est tenue le 27 janvier dernier, témoignant ainsi de son engagement aux côtés de l’ensemble des acteurs mobilisés pour ce moment structurant pour le réseau de transport.
Un réseau plus proche de ses habitants
L’architecture du nouveau réseau de transport s’appuie sur quatre pôles de correspondance : Océanis, Hôtel de ville et Gare à Saint-Nazaire, ainsi qu’Albert Schweitzer à Montoir-de-Bretagne. Deux liaisons directes ont été créées : l’une entre le quartier de l’Immaculée et Océanis via la Cité sanitaire et Heinlex, l’autre entre Saint-André-des-Eaux et la gare SNCF. Six lignes circulent en soirée, les dimanches et jours fériés. L’offre scolaire compte 152 circuits, dont de nouveaux desservant les secteurs de Trignac et de l’Immaculée.
50 % de la population et plus de 65 % des emplois de l’agglomération se situent à moins de dix minutes à pied d’une station hélyce.
Trois services de transport à la demande complètent le réseau en ligne régulière :
- Ycéo Flex : un service de taxi collectif permettant de rejoindre un arrêt de ligne régulière depuis les secteurs non desservis par le réseau fixe ;
- Ycéo Access : un transport collectif de porte à porte dédié aux personnes à mobilité réduite ;
- Ycéo Nuit : un service de soirée disponible les vendredis, samedis et veilles de jours fériés.
Cette organisation témoigne des arbitrages opérés par l’autorité organisatrice entre densification du réseau structurant et maintien d’une accessibilité sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones où la demande ne justifie pas une desserte en ligne régulière à fréquence élevée.
Cap sur l’électrique
Saint-Nazaire Agglomération a opté pour une flotte de 40 bus électriques articulés, fabriqués près de Cholet. Le déploiement s’effectue en plusieurs phases : 25 véhicules livrés et mis en service en janvier 2026, 15 supplémentaires entre 2027 et 2030. Ces bus circulent sur les lignes hélyce 1 et 3 depuis la mise en service, puis sur la ligne 2 à partir de 2027. Pour les autres lignes du réseau, le remplacement de la flotte actuelle est programmé progressivement jusqu’en 2035.
L’exploitation des véhicules électriques a nécessité la création d’un centre technique et d’exploitation (CETEX) disposant de 63 places de stationnement, d’une aire de lavage, d’un système de recharge, d’espaces de remisage et d’une installation de production photovoltaïque.
Les déplacements à pied et à vélo facilités
Sur son passage, le projet hélyce+ réaménage l’espace public pour faire passer les bus bien sûr, mais également pour permettre la circulation confortable et sécurisée des cyclistes et des piétons. Pour un meilleur partage de l’espace, ce sont 11 kilomètres supplémentaires de pistes cyclables qui auront été créées fin 2025. En parallèle, les secteurs réaménagés dans le cadre du projet proposent des circulations piétonnes dont le revêtement se distingue des pistes cyclables pour faciliter le parcours des personnes à mobilité réduite. Larges trottoirs séparés de la circulation automobile par la végétation ou encore qualité du paysage et création d’espaces de fraîcheur grâce à la plantation de centaines d’arbres (830 au total) participent au plaisir de se déplacer à pied.
Le budget du projet hélyce
- 94 M€ : réalisation des aménagements de voirie
- 45 M € : achat des bus électriques et installation de leur système de recharge aux terminus
- 24 M € : extension et adaptation du dépôt de bus
- 7 M € : autres dépenses (frais de maîtrise d’ouvrage, études, systèmes de priorité aux feux, billettique, information voyageurs, équipement des stations)
L’État, la Région Pays de la Loire et le Département de Loire-Atlantique ont été les partenaires financiers du projet.
L’objectif affiché par l’agglomération réside dans un part modale des transports collectifs portée à 8 % d’ici 2030. Cette trajectorie nécessite une croissance de deux points par rapport au niveau actuel, de l’ordre de 6 %. Cette progression suppose une évolution des pratiques de mobilité dans un contexte où l’augmentation de l’offre (kilométrage et fréquences) représente un levier parmi d’autres facteurs : l’organisation urbaine, la politique de stationnement, les aménagements cyclables ou encore l’évolution des comportements.
