Budget transport : Le GART en appelle au Premier ministre
Le projet de budget transport 2004 a officialisé la suppression pure et simple des aides de lEtat aux transports collectifs hors Ile-de-France. Le GART déplore vivement limpact négatif quauront ces décisions sur les projets des collectivités locales. Lors de sa dernière réunion du 15 octobre dernier, cest unanimement que le conseil dadministration du GART, jugeant la suppression de ces lignes budgétaires inadmissible, a demandé audience au Premier ministre. Le GART en appelle également au Parlement pour que ces lignes soient rétablies et provisionnées et se déclare prêt à une concertation avec le Gouvernement sur le financement des transports publics.
Le projet de budget 2004 rend officielle la suppression pure et simple des aides de lEtat aux transports collectifs hors Ile-de-France et relance, plus que jamais, le débat sur le financement des transports publics. Alors même que la compétence pour les transports collectifs urbains est décentralisée depuis le début des années 80, lEtat, incitant les collectivités locales à développer loffre des transports collectifs, apportait depuis 1985 des aides au financement des transports en commun en site propre et, depuis 2001, à la mise en uvre des plans de déplacements urbains. Labandon de ces subventions signe le désengagement total de lEtat du financement et du soutien au développement des transports collectifs urbains hors Ile-de-France. Pour solder les projets déjà approuvés par lEtat, environ 65 millions deuros devraient être inscrits au titre de la loi de finances rectificative 2003, bien loin des 300 millions deuros attendus. De plus, lannonce de la possibilité offerte aux autorités organisatrices de transport de relever le taux maximum du versement transport (VT) met en relief un transfert de la fiscalité nationale vers la fiscalité locale.
Les élus du GART contestent vivement cette mesure, décidée sans la moindre concertation, qui remettrait en cause la dynamique que les collectivités ont su impulser au cours de ces dernières années pour promouvoir et mettre en uvre une politique de développement durable. Ils déplorent limpact négatif de ces décisions qui conduiraient les collectivités locales à différer des projets essentiels pour leur développement économique, pour le développement de la solidarité sur leur territoire, et pour la préservation de lenvironnement. Il est donc urgent de trouver des solutions à très court terme afin de ne pas mettre en péril les projets 2004 et, au-delà, les politiques de déplacement des agglomérations. Cest pourquoi, lors de la dernière réunion de leur conseil dadministration, les élus du GART ont unanimement souhaité obtenir une audience auprès du Premier ministre. Ils en appellent également au Parlement pour que les lignes budgétaires soient rétablies et provisionnées et se déclarent prêts à une concertation avec le Gouvernement sur un financement pérenne des transports publics.
A la suite des conclusions du rapport de la mission parlementaire de Christian Philip, député du Rhône, les élus du GART souhaitent que les pistes de financement proposées soient ensuite examinées en concertation avec les autorités organisatrices. Mais dès aujourdhui, les élus du GART renouvellent leur demande daffectation de centimes de la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) aux autorités organisatrices pour assurer lindispensable développement des transports collectifs urbains et périurbains.

Prospective : Ligne de bus (ou autocars) à haute qualité de service : répondre aux nouvelles attentes
Le 9 septembre dernier, le GART a organisé à Paris une journée détude consacrée aux lignes de bus et dautocars à haute qualité de service. Bilan français ? Dans ce domaine, il reste beaucoup de chemin à parcourir. Et notamment pour intégrer les mutations dune société qui ne voyage plus forcément quaux seules heures de pointe.
En France, quil est difficile dorganiser une journée détude consacrée aux lignes du bus à haute qualité de service ! Telle fut naturellement la première remarque du GART qui a reconnu avoir espérer une participation plus importante lors de son dernier colloque consacré à ce thème. Avons-nous trop souvent négligé ces questions ? Ceci explique-t-il le manque denthousiasme à venir au rendez-vous pour débattre du sujet ? La France accusant un certain retard, cette journée détude a permis de simprégner des expériences réalisées dans ce domaine hors de nos frontières et dexaminer ce que font nos voisins, proches ou lointains, pour répondre plus concrètement, et parfois depuis fort longtemps, aux attentes des usagers.
Coopération et concertation
Des nombreux exemples étrangers de lignes à haute qualité de service présentés durant cette journée, retenons un leitmotiv : pas de succès sans coopération ni concertation ! Car on naméliore pas la qualité dun réseau de bus ou dautocars sans faire intervenir lensemble des acteurs de la société ou sans prendre en compte les mutations et les attentes de cette dernière. Il sagit de proposer une offre de transport réellement attractive : grande amplitude de fonctionnement, fréquences rapprochées, sites réservés autorisant une vitesse commerciale élevée, etc.
Quen est-il en France ? Bus et autocars conservent, malgré tous les progrès techniques accomplis par les constructeurs, une image beaucoup moins flatteuse que le tramway ou le métro qui offrent une meilleure qualité de service. Il en résulte que les agglomérations dotées de tramways ou de métros, enregistrent une fréquentation supérieure aux autres agglomérations.
Heures « creuses »
Quest-ce à dire ? Sans tramway ou métro, point de salut pour les transports collectifs ? Les élus du GART ne partagent pas cette opinion car, au-delà du matériel, ils savent que le niveau de loffre joue un rôle primordial. Une étude comparative menée sur les réseaux français et suisses avait démontré que le nombre de services offerts expliquait la différence de fréquentation entre les deux réseaux. Si, aux heures de pointe, les services offerts par les réseaux français sont sensiblement équivalents à ceux des réseaux suisses, il faut bien reconnaître quen France, les heures « creuses », les soirées et les week-ends sont souvent délaissés. Et, avec laménagement du temps de travail, cest bien dans ces heures « creuses » que se trouve aujourdhui lenjeu : de plus en plus de personnes ne voyagent plus en heures de pointe et il faut apprendre à répondre à leurs attentes. Certaines agglomérations ont prouvé quil était possible de réaliser dexcellents réseaux de transport collectif avec des bus. Dépourvue de métro ou de tramway, la ville de Dijon constitue un bon exemple dagglomération qui a su exploiter depuis fort longtemps tout le potentiel quoffre un bon réseau de bus : les passages de véhicules y sont réguliers et les tarifs très attractifs. Et offrir aux usagers un service de bus de qualité sur leurs deux trajets quotidiens, en heures de pointe comme en heures « creuses », demeure sans aucun doute largument de choc pour les détourner de leur véhicule individuel.
Un modèle du genre : les QBC (Quality Bus Corridors) de Dublin
La ville de Dublin constitue un cas tout à fait unique en Europe puisque son réseau de bus est totalement financé par les clients. Ce réseau figure parmi les meilleurs systèmes européens en terme de qualité de service. Les 1 100 bus de Dublin circulent dans des couloirs spécialement aménagés : la mise en place de bifurcations permet de considérablement réduire le temps de trajet, y compris en centre-ville. La desserte a lieu toutes les deux minutes. Lobjectif des autorités est clair : transporter les usagers le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions. Une importante campagne commerciale (presse, télévision, radio) a été lancée pour rappeler au public lintérêt des transports en commun et la fiabilité des bus est en grande partie soutenue par les services de police, qui peuvent intervenir ponctuellement pour arrêter la circulation, afin de permettre le retour à la normale du service.

Urbain : TramTrain : un rayon de soleil sur lagglomération mulhousienne
Colorée, ludique et modulable, on connaît désormais la « robe » et lhabillage du futur TramTrain mulhousien. Mais au-delà des choix esthétiques, ce grand projet va considérablement changer la donne en matière durbanisation. Focus sur une agglomération qui se transforme pour et autour du TramTrain.
Sa « robe », son habillage, le symbole quil représentera au cur de lagglomération, tous ensemble, les mulhousiens ont choisi les couleurs de leur futur TramTrain ! A loccasion de la première Semaine Européenne de la Mobilité et du Transport Public, la population était appelée à trancher entre deux projets retenus par le Syndicat Intercommunal des Transports de lAgglomération Mulhousienne. Compte tenu de la qualité des projets présentés par les deux designers de renom en compétition, faire un choix fut difficile. Mais des dizaines de réunions publiques au « bureau de vote », les moyens étaient fort nombreux pour donner son avis.
En effet, dès le début du projet, le TramTrain a fait lobjet dune consultation active des populations concernées par sa mise en service. Entre 1998 et 2000, au stade de lavant-projet, 70 réunions publiques et expositions ont été organisées. Le SITRAM a mis en uvre dimportantes campagnes dinformation pour permettre à chacun de sexprimer : annonces presse, campagnes daffichage, création dun journal trimestriel consacré au projet, distribution de lettres dinformation.
Un tramway « caméléon »
Alors, qui du catalan Peret ou du néerlandais Dumbar transformera lagglomération en donnant ses couleurs aux 27 rames du tramway urbain ? Cest maintenant officiel : à Mulhouse, le sud a gagné ! Sur un fond jaune intense, lhabillage des véhicules donne à voir un système ludique et « caméléonique » composé déléments symboliques, de formes abstraites et de figures géométriques. Sur lensemble des rames, trois dentre elles resteront jaunes afin de permettre laccueil de décors événementiels temporaires : une image puissante et personnelle faite de gaîté
et dun brin de folie ! Car pour le designer Peret, le choix de la couleur jaune, cest opter pour une philosophie de vie : « Lemploi de cette couleur dans ce contexte chromatique de Mulhouse où dominent les teintes pastels (
) crée un contraste tonifiant et dynamique tel un rayon de soleil parcourant la ville ».
« Le projet, cest le trajet ! »
Si personne ne se plaindra de cette touche supplémentaire desthétisme dans lagglomération, rappelons tout de même les grands enjeux pour lagglomération mulhousienne. Pour François Barré, qui pilote le comité dexperts de la commande publique, « Le projet, cest le trajet ! ». Et le parcours du TramTrain devrait considérablement changer la donne. Dans un quartier comme celui des Côteaux, par exemple. Ce quartier dhabitation construit dans les années 60 était à lorigine conçu de manière trop enclavée. Après dix ans dun travail de concertation mêlant urbanisme, social et logement, le tramway donnera de bien meilleures liaisons avec le centre-ville et répondra enfin aux besoins de mobilité de la population qui travaille, étudie et achète en centre-ville, sans forcément y habiter. « Il était légitime que le tramway entre au cur des quartiers », précise Yves Laurin, le directeur du projet, « car même si le tramway nest pas une baguette magique, il a joué un rôle de cristalliseur ». Car le TramTrain structure également les choix en matière durbanisme. Profiter de sa réalisation pour transformer et « booster » lagglomération, tel est le fondement même de cet immense chantier ! Et ceci dans des zones où lon améliore la desserte mais également dans des quartiers nouvellement crées, comme celui du Nouveau Bassin, dont le tramway est lélément déclencheur : les déplacements sorganiseront autour du transport public, notamment grâce au développement des parkings-relais. Ou bien encore dans le quartier de la gare, qui accueillera, dès 2007, des rames TGV et deviendra le point de convergence des principaux modes de transport.
Alors, partout où son tracé le conduira, on assiste donc à lémergence dune nouvelle agglomération mulhousienne qui se transforme pour et autour de son TramTrain quun long travail de concertation a souhaité efficace
et esthétique !

Ile-de-France : à quand la représentation des autorités organisatrices au CA du STIF ?
Le GART demande que les autorités organisatrices de proximité siègent au conseil dadministration du STIF. La loi SRU na pas retenu cette proposition qui ne figure pas non plus dans le projet de loi de décentralisation, mais le débat doit encore avoir lieu. Les collectivités locales, autorités organisatrices de proximité, ne sont donc représentées, pour linstant, quau comité des partenaires du STIF. A loccasion du renouvellement de son représentant à titre consultatif au conseil dadministration du STIF, cest Alain Fontaine, vice-président de la commission Ile-de-France du GART et adjoint au maire de Versailles en charge des transports qui a été élu.

Bombardier Transport présente officiellement lAutorail à Grande Capacité
Le 9 octobre dernier, en présence de Louis Gallois, président de la SNCF, et de Daniel Percheron, président de la Région Nord-Pas-de-Calais, Bombardier a présenté officiellement lAGC, nouvelle génération de train régionaux. Dune capacité allant de 160 à 220 places selon le nombre de caisses, ce matériel destiné aux dessertes TER circulera à une vitesse de 160 km/h. Grâce à son plancher bas continu, il permet une excellente accessibilité et facilite la circulation dans la rame. Dès le début de lannée prochaine, 279 rames AGC circuleront dans 18 régions françaises. Quant à la totalité du marché, il porte sur 500 rames dont les livraisons séchelonneront jusquen décembre 2007.

En France, sans voiture !
A loccasion de la Semaine Européenne de la Mobilité et du Transport Public,
« Itinéraires et Territoires » a édité la première carte de France des transports publics. Cette carte, destinée au grand public et se présentant sous un format analogue à celui dune carte routière, fournit toute linformation nécessaire pour se déplacer en France sans voiture.
Quelle que soit la destination, la carte France Transports permet de sinformer sur le mode de transport le plus accessible : train, autobus, métro ou tramway. Elle communique le nom du réseau, sa position sur une carte et ses coordonnées pour sinformer. Saluons donc la naissance dun document complet qui démontre lexistence dune alternative intermodale à la voiture particulière pour bon nombre de déplacements !
Disponible prochainement dans 3000 points de vente (8,5 euros).
Web : www.moviken.com
Contact : moviken@moviken.org

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