Nouvelle baisse de crédits pour le transport urbain
Après avoir publiquement interpellé lEtat sur les conséquences néfastes de la diminution drastique des crédits alloués aux transports collectifs lors du vote de la loi de finances 2003, les élus du GART déplorent à nouveau les récentes annulations de crédits décidées par le Gouvernement.
Lors des débats sur la loi de finances 2003, les élus du GART exprimaient déjà leurs inquiétudes face à la diminution des aides accordées par lEtat aux transports collectifs urbains. Jugés insuffisants par les élus du GART, les crédits subissent à nouveau une diminution de 30 % pour cause de régulation budgétaire. La ligne consacrée aux autorisations de programme pour les TCSP subit les conséquences de la régulation budgétaire du premier trimestre et passe ainsi de 114,2 millions deuros à 80 millions deuros pour lannée 2003. Les aides accordées aux PDU chutent de 23 millions à 16,5 millions deuros. Cette dernière baisse affecte principalement le budget consacré aux PDU hors Ile-de-France, qui ne bénéficient désormais plus que de 6,5 millions deuros (le montant initialement alloué aux PDU dIle-de-France restant le même, à savoir 10 millions deuros). Il est important de souligner que cette nouvelle diminution de lenveloppe PDU touchera en tout premier lieu les agglomérations volontaristes de taille moyenne ne pouvant se doter de TCSP.
Dans la loi de finances 2003, les aides aux investissements pour les Transports en Commun en Site Propre hors Ile-de-France (TCSP) stagnaient à 114,2 millions deuros, sans augmentation de crédit par rapport à 2002, alors que, selon les données fournies par les adhérents du GART, le total des demandes de subventions était de lordre de 180 millions deuros. La ligne budgétaire allouée aux Plans de Déplacements Urbains (PDU) subissait elle aussi une coupe drastique, passant de 90,09 millions deuros en 2002 à 23 millions deuros en 2003, dont 13 millions deuros seulement pour lensemble des PDU hors Ile-de-France.
204,29 millions deuros en 2002, 96,5 millions deuros en 2003 (après régulation budgétaire) : les chiffres parlent deux-mêmes ! Le GART sinquiète et sinterroge donc sur la volonté réelle de lEtat de soutenir les transports publics urbains, puisque cette diminution semble aller à lencontre de son ambition affichée en matière de développement durable.
Car ces décisions conduiront inévitablement les autorités organisatrices à différer des projets ambitieux offrant une réelle alternative pour réduire le trafic automobile et les émissions de gaz à effet de serre, comme le prévoit la loi sur lair et lutilisation rationnelle de lénergie. Le GART ne peut que regretter ce nouveau signe du désengagement de lEtat. Qualité de vie, lutte contre la ségrégation sociale et spatiale, maîtrise de la consommation énergétique
Pour répondre à ces grands enjeux du XXIème siècle, le transport public a besoin de lengagement politique et financier de lEtat.
Le GART reste donc vigilant sur les arbitrages que lEtat opérera prochainement pour le projet de loi de finances pour 2004 et sinterroge dores et déjà sur les critères qui présideront à ces choix.

Marchandises en ville : Panorama européen
Grâce au soutien du programme national « Marchandises en ville », le GART a pu organiser depuis 4 ans une série de voyages détudes dans les grandes villes européennes, sur le thème des transports de marchandises et des livraisons. Bilan.
A lheure où de nombreuses agglomérations françaises réfléchissent à la façon de renouveler leur politique relative au fret, notamment via lactualisation des PDU, que peut-on dire aujourdhui de laction de nos voisins en la matière ?
Un constat tout dabord : alors que les villes françaises travaillent de façon relativement coordonnée sur le transport des marchandises, profitant de la mise au point doutils danalyse par lADEME et le CERTU, les villes européennes opèrent de façon très « autonome » : quand Barcelone lance une enquête de diagnostic, Madrid se lance dans ses propres études avec sa propre méthodologie. Cest également vrai en Allemagne, où aucune méthodologie commune ne permet deffectuer des comparaisons aisées entre différents territoires urbains.
Autre conclusion : aller sur place permet de relativiser la situation française. A Stuttgart, à Londres, à Amsterdam, à Bologne
les responsables publics se plaignent tous du non respect des réglementations par les livreurs, du manque de données et de méthodologies sur le transport des marchandises, de la difficulté à identifier les « vrais » décideurs, ou encore de la difficulté à mettre en place des expérimentations innovantes de logistique urbaine « propres ». Il est à remarquer également que dans nombre de pays dEurope (comme bien souvent encore en France), les réglementations relatives aux gabarits, poids, horaires des véhicules de livraison sont fortement hétérogènes dune ville à une autre ou au sein dune même agglomération.
Les spécificités de nos voisins nen sont pas moins grandes, et certaines villes se distinguent par des actions particulièrement intéressantes. Voici certaines des actions les plus remarquables :
La mise en place de « Zones Environnementales » (Low Emission Zones)
Les centres-villes de plusieurs villes suédoises, danoises et hollandaises, sont aujourdhui accessibles aux seuls véhicules de livraison respectant un certain nombre de normes : moteurs de moins de 8 ans, véhicules aux normes démission « Euro 2 », taux de charge minimal,
Certaines villes anglaises y réfléchissent.
Lutilisation de systèmes automatiques de surveillance pour lapplication des réglementations de circulation et de stationnement
Les restrictions daccès aux centres-villes de plusieurs villes italiennes, ainsi que la mise en place du péage urbain à Londres sont rendues possibles par lutilisation doutils de surveillance perfectionnés, en particulier par des caméras de lecture des plaques dimmatriculation. Une attention particulière est généralement portée aux véhicules de livraison : à Londres, les entreprises livrant le centre et possédant des flottes de plus de 25 véhicules peuvent opter pour un système de facturation mensuelle automatique.
La ville de Barcelone réfléchit également à lutilisation de caméras pour surveiller la disponibilité des aires de livraison sur la voirie. Des panneaux à message variable informent en temps réel des réglementations sappliquant sur les voies « multi usages » (réservées au stationnement la nuit, aux livraisons aux heures creuses, au trafic bus/automobiles aux heures de pointe) de plusieurs grandes artères.
La distribution aux livreurs de cartes daccès à des zones protégées du centre ville constitue une politique plus classique des villes européennes, mais les outils se perfectionnent régulièrement.
La mise en place despaces logistiques urbains
Tout au long des années 1990, plusieurs expérimentations européennes de « centres de distribution urbaine » (CDU), à partir desquelles peut être organisée une distribution coordonnée des marchandises, ont été tentées. Dans lensemble, ces projets se sont heurtés à des difficultés importantes : coût engendré par une rupture de charge supplémentaire, réticence des transporteurs à confier leur fret à un prestataire unique, mauvais respect des réglementations sur les horaires de livraison, etc.
Aujourdhui, les municipalités concernées se tournent vers des politiques plus diversifiées. Les CDU eux-mêmes ont tenté de diversifier leur offre de service, en développant par exemple des services de stockage ou bien la récupération des emballages vides et palettes auprès des commerçants.
La Ville de Munich investit actuellement dans des entrepôts accessibles par la voie ferrée, situés à proximité immédiate du centre, qui serviraient de point daccueil des marchandises à destination détablissements de centre ville.
Laccent mis sur la concertation avec les transporteurs
La qualité de la concertation entre les responsables publics locaux et leurs partenaires économiques est à signaler, notamment dans les villes anglaises, où il sagit véritablement de « négociation » sur des initiatives ou des réglementations très concrètes.
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Décentralisation : les propositions du GART
A lheure où deux projets de lois organiques relatifs à la décentralisation (lun sur les expérimentations de compétences ; lautre sur les référendums locaux) sapprêtent à être présentés en Conseil des ministres, puis au Parlement, les élus du GART ont formulé des propositions en matière de transfert de compétences (devenir du STIF, positions des départements et des régions, gestion du stationnement
). Objectif : alerter les pouvoirs publics afin que la décentralisation ne se fasse pas au détriment du transport public.
En matière de décentralisation des compétences transport, le GART est convaincu de lutilité de relancer le processus à condition que les collectivités territoriales y trouvent leur compte.
En Ile-de-France, par exemple : quelle place y auront les autorités de proximité ? Le GART est favorable à la transformation du STIF en établissement public régional, souhaite le transfert de sa présidence du Préfet de Région à la Région Ile-de-France elle-même et souhaite également le maintien de ce futur STIF régional comme autorité organisatrice de premier rang. En revanche, les élus du GART tiennent impérativement à ce que soient reconnus le rôle et la place des AO de proximité. Cette reconnaissance doit naturellement passer par une représentation de ces collectivités au conseil dadministration du STIF, selon des modalités qui restent à définir (le GART défend lidée de collèges). Ce nouveau STIF, devrait exercer sa compétence sur les réseaux régionaux, la tarification, linformation multimodale et devrait continuer à percevoir le versement transport et son budget serait alors abondé par la dotation de décentralisation versée par lEtat, et les contributions de la région et des départements.
Quen pensent les départements ? Si la plupart dentre eux se montrent favorables à un transfert de compétence à leur profit des routes nationales, les conseils généraux souhaitent néanmoins que soient précisés les contours dun tel transfert et notamment en termes de moyens. Cest pourquoi les nouvelles voies ouvertes devront saccompagner des ressources adéquates.
Quant aux régions, si en matière de transports ferroviaires régionaux de voyageurs lopérateur unique demeure à ce jour la SNCF, elles semblent de plus en plus nombreuses à formuler le souhait de pouvoir choisir librement leurs transporteurs sur les lignes régionales routières dites de substitution. En effet, les textes ne leur imposent nullement dintégrer dans leur convention avec la SNCF ce type de lignes. Aussi les services routiers de substitution doivent-ils revenir dans le droit commun de la LOTI, afin que les autorités organisatrices régionales soient libres de conventionner avec le ou les transporteur(s) de leur choix au terme dune procédure de mise en concurrence.
Concernant la propriété du matériel roulant, le GART demande la neutralité du régime fiscal afin de permettre aux AO de devenir, si elles le souhaitent, propriétaires du matériel quelles financent déjà très largement.
Un autre point sur lequel les régions se sont fortement exprimées concerne la procédure dattribution des sillons ferroviaires. Alors même que le Gouvernement na pas retenu, dans le décret de transposition du premier « paquet ferroviaire », la possibilité pour les régions de négocier, directement avec RFF, les sillons dont elles ont besoin pour développer leurs services, elles souhaitent réitérer cette demande. Il sagit pour elles dobtenir la marge de manuvre indispensable qui leur permettrait dexercer pleinement leur compétence dautorité organisatrice des services ferroviaires régionaux. Les instances régionales de concertation nouvellement créées sur les sillons ferroviaires devront se développer et se pérenniser afin de devenir de véritables lieux déchanges voire de décision. Les régions pourraient alors y traiter les questions de fret ferroviaire dans leurs aspects liés au développement économique des territoires régionaux. De plus, et dans le cadre éventuel dune réorganisation de la procédure des schémas de service collectifs, les régions pourraient avoir une compétence accrue dans lévaluation et la planification précises des grands besoins dinfrastructures de transport et dans la hiérarchisation des projets.
Enfin, le GART rappelle que la décentralisation du stationnement payant sur voirie aboutissant à la prise en charge complète par les structures intercommunales dagglomération (communautés urbaines, dagglomération ou de communes), de la fixation du montant des amendes, de leur gestion, du recouvrement et de lencaissement de leur produit, demeure un levier essentiel pour engager une politique globale de déplacements. Lenjeu est tout dabord financier puisquil existe un manque à gagner important pour la collectivité lorsque lamende forfaitaire nest pas recouvrée et que laction se poursuit devant le tribunal de police. La gestion directe du stationnement par les collectivités assainirait largement la situation. Et notamment lorsquon sait quil coûte actuellement souvent moins cher au contrevenant davoir un PV plutôt que de sacquitter du coût de son stationnement
Les élus ont également tenu à réaffirmer que des ressources supplémentaires seront nécessaires pour accompagner ces transferts de compétence. Ainsi, et depuis de nombreuses années, ils réclament laffectation aux transports collectifs dune fraction de la TIPP en application du principe pollueur-payeur.

"Mobilité et développement durables : de la décision à l'action. Les compétences et les politiques publiques au service du citoyen européen"
CTel sera le thème des XIXèmes Rencontres du Transport Public qui se dérouleront à Nantes du 26 au 28 novembre 2003. Ce congrès du GART, et le salon qui y est associé, seront le rendez-vous incontournable des acteurs de la mobilité.
Contact : anne-marie.commenay@gart.org

Inauguration des nouveaux locaux du GART
Cest avec une grande joie que Michel Destot, Président du GART, les élus membres du conseil dadministration et léquipe permanente ont accueilli les acteurs du monde du transport venus nombreux à linauguration des nouveaux locaux du GART qui sest déroulée le 21 mai dernier. Après avoir chaleureusement remercié Dominique Bussereau, Secrétaire dEtat aux transports, pour sa présence amicale, Michel Destot a profité de ce moment festif pour rappeler les différents enjeux sur lesquels le GART reste mobilisé et, notamment, linquiétude des élus quant à la baisse des crédits alloués par lEtat aux transports collectifs.
Nouvelles coordonnées du GART : 22, rue de Palestro - 75002 - PARIS
Tél. : 01 40 41 18 19 - Fax : 01 40 41 18 11 - e-mail : gart@gart.org

Le CCRE adopte le principe du libre choix du mode de gestion des services d'intérêt général
Lors des Etats généraux à Poznan (Pologne) du Conseil des Communes et des Régions dEurope (manifestation qui se déroule tous les 3 ans), Jacques AUXIETTE, président de la commission Transport de cette organisation et membre du conseil dadministration du GART, a animé un atelier sur les transports, et participé, en tant quintervenant à la séance plénière sur le développement durable. Il a aussi fait adopter un amendement à la déclaration finale de ces Etats généraux précisant que les collectivités locales et régionales doivent pouvoir choisir librement le mode de gestion des services dintérêt général (services publics locaux) dans le respect du principe de leur libre administration.

Vient de paraître
Lannuaire national des transports publics 2003 est paru.
Nouveau format, nouveau contenu ! Réalisé par le GART, cet annuaire constitue la base de données incontournable sur les transports publics en France. Tout ce qui est important à connaître sur les 225 collectivités adhérentes au GART au 2 avril 2003 et leurs sociétés exploitantes (les élus des collectivités,
les directeurs des entreprises, les techniciens du monde du transport, les types de contrats, leurs échéances, les formes juridiques etc.) se trouvent dans cet annuaire, entièrement réactualisé.
420 pages, 106 euros, en vente au GART
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