Juillet-Août 2003

n° 195

 LA LETTRE DU GART

Pour une maîtrise décentralisée du stationnement

Prospective : Une "Semaine européenne de la mobilité et du transport public"

Urbain : "Des voies pour le vélo"

"Mobilité et développement durables : de la décision à l'action. les compétences et les politiques publiques au service du citoyen européen"

Une carte "sans contact" pour l'agglomération chalonnaise

Agglomération grenobloise "Tram 3, ça change la vie, ça change la ville"l

Eratum

Pour une maîtrise décentralisée du stationnement
Anticipant les débats parlementaires à venir sur l’examen de la loi de décentralisation, les élus du GART, de l’AMGVF, de la FMVM et de la Mairie de Paris proposent au Gouvernement de faire évoluer la législation en intégrant au projet de loi des dispositions permettant la décentralisation du stationnement au profit des structures intercommunales.

La volonté de répartir plus rationnellement les compétences dans le cadre de la décentralisation incite les élus à remettre en question la réglementation organisant le stationnement. En effet, la situation actuelle génère un fort dysfonctionnement du stationnement sur voirie : en moyenne, seuls 4 automobilistes sur 10 respectent la réglementation actuellement en vigueur et, dans la plupart des villes, il coûte moins cher au contrevenant d’être verbalisé plutôt que de s’acquitter de son stationnement. Conséquence de ces infractions ? Alors que le stationnement est un outil majeur des politiques de déplacement des agglomérations françaises, les dispositions prises par les collectivités ne peuvent pas produire le plein effet. Il est donc urgent que ces conditions de gestion soient redéfinis afin d’organiser un partage de la voirie plus respectueux des modes de déplacement alternatifs.

Une meilleure maîtrise du stationnement permettrait de mieux contrôler l’usage de la voiture en ville et ainsi d’en diminuer les nuisances. Elle rendrait enfin possible la lutte contre le non-paiement du stationnement. Un bon fonctionnement du stationnement payant est en effet le corollaire indispensable à la réduction du stationnement illicite. Les recettes ainsi obtenues pourraient être affectées au financement des transports collectifs et des modes doux, notamment dans le cadre de la mise en place des PDU.
Pour mieux coordonner ces différents modes de déplacement et promouvoir une mobilité durable, il est donc indispensable que les élus détiennent toutes les compétences nécessaires à la mise en œuvre d’une politique globale des déplacements, intégrant la gestion du stationnement de surface.

Aussi, afin de réfléchir à l’amélioration du système actuel, le groupe de travail « décentralisation du stationnement », composé d’élus du GART, de l’AMGVF, de la FMVM, de la Mairie de Paris et de la Fédération Française de Stationnement, a confié à Monsieur Pierre Delvolvé, professeur de Droit à l’Université Panthéon-Assas, une mission d’étude juridique portant sur ce sujet. A l’issue de l’audition du professeur Delvolvé, le 25 juin 2003, à laquelle étaient conviés des représentants des Ministères de l’Intérieur, de la Justice, de l’Equipement et des Transports, les membres du groupe de travail ont décidé de proposer au Gouvernement d’intégrer au projet de loi de décentralisation une disposition permettant une décentralisation du stationnement au profit des structures intercommunales.

Enfin, les élus du GART, de l’AMGVF, de la FMVM et de la Mairie de Paris ont demandé une audience à Monsieur Devedjian, Ministre délégué aux Libertés Locales auprès du Ministre de l’Intérieur, afin de lui présenter ce projet.


Prospective : Une "Semaine européenne de la mobilité et du transport Public
Du 16 au 22 septembre 2003, se déroulera la première édition de la « Semaine européenne de la mobilité et du transport public ». Avec cet événement, né du rapprochement de deux grands rendez-vous majeurs dans le monde des transports et des déplacements, la « Semaine du transport public » et la « Semaine de la mobilité », c’est désormais l’Europe qui s’engage en faveur de la mobilité durable.

L’édition 2002 de la « Semaine du transport public », événement initié par le Comité de Promotion des Transports Publics (CPTP*), qui avait succédé en 1997 à la « Journée du transport public », a connu un franc succès. Pas moins de 250 autorités organisatrices et entreprises de transport y ont participé. Cette année, la « Semaine du transport public » a fusionné avec celle de la « Semaine de la mobilité », initiée par la Commission Européenne, et devient la « Semaine européenne de la mobilité et du transport public ».

Cet événement se donne pour objectif d’encourager de nouvelles pratiques de mobilité et d’impulser auprès du grand public des changements de comportements en faveur des modes de transport alternatifs à la voiture particulière, plus respectueux de l’environnement. Cette
« Semaine » s’achèvera en point d’orgue, le lundi 22 septembre, par la journée « En ville, sans ma voiture ! », opération créée en 1998 par le ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, et devenue européenne l’année suivante.

Un seul thème et deux sujets phares
Les organisateurs de ces trois événements ont décidé de s’unir autour d’un thème unique, la mobilité durable, et autour de deux sujets phares, à savoir : l’accès aux territoires et la réduction des pollutions sonores. La notion de « mobilité durable » désigne notre aptitude à réponde aux besoins des déplacements de tous, dans un environnement sain, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs. Et c’est bien en encourageant les politiques, les initiatives et les bonnes pratiques, c’est bien en apportant des réponses concrètes et pérennes à la question de la mobilité durable que l’on pourra réconcilier le dynamisme économique, la cohésion sociale et le respect de l’environnement. Les collectivités territoriales, les entreprises de transport de voyageurs et les organismes impliqués dans la mobilité durable, sont invités à participer à cette manifestation qui mettra également l’accent sur la nécessité de faciliter l’accès aux territoires. Car permettre à tous de se déplacer, c’est affirmer le droit au transport, c’est prendre en compte tous les besoins de mobilité dans le respect de l’environnement. C’est aussi garantir une offre de transport globale, cohérente sur l’ensemble du territoire. Les acteurs de la mobilité pourront ainsi, au cours de cet événement, montrer au grand public les réalisations facilitant la mobilité pour tous. A ce titre, cette
« Semaine » s’inscrit dans le cadre de l’année européenne des personnes handicapées. Enfin, « En ville, sans ma voiture ! » valorisera plus particulièrement, cette année, un thème qui répond à une préoccupation majeure des citoyens : la réduction des pollutions sonores.

L’Europe au rendez-vous
La Commission européenne a mandaté un comité de pilotage, composé de quatre grandes associations dont l’ADEME, comité chargé d’accompagner la « Semaine européenne de la mobilité et du transport public » dans chaque pays participant. L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède participeront cette année à cette semaine. Et, de la Hongrie à la Norvège en passant par la Suisse et la Turquie, ce sont également bon nombre de pays extérieurs à la Communauté européenne qui s’engagent dans l’opération.

A noter également que le « Prix européen de la mobilité » sera remis en 2004 par Margot Wallström, commissaire européen pour l’environnement. Ce prix, initié par la Commission européenne, est destiné à récompenser les autorités locales qui auront organisé, durant cette « Semaine », les opérations les plus probantes en matière de mobilité durable.

Pour en savoir plus : www.semaine-mobilite.org
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Urbain : "Des voies pour le vélo"
Si Paris accueille en septembre prochain Velo-city, le plus grand congrès international sur le vélo, ce n’est pas un hasard : nos villes, départements et régions initient de plus en plus d’actions en faveur des cyclistes. Parallèlement à cette manifestation, l'ADEME, le Club des villes cyclables et le GART ont voulu montrer la diversité de ces actions qui profitent également aux piétons et aux usagers des transports publics au travers d’un ouvrage intitulé : « Des voies pour le vélo : 30 exemples de bonnes pratiques en France ».

On l’a assez entendu dire : la France n’a pas de « culture vélo ». Mais est-ce bien exact ? Après tout, chaque année, le pays tout entier vibre aux arrivées d’étapes du Tour de France, et le vélo de loisir n’a jamais vraiment cessé de séduire les Français ! Cependant, à partir des années 1960-1970, le vélo en tant que moyen de déplacement a, peu à peu, disparu de notre environnement urbain. Après un déclin presque inexorable d’une trentaine d’années, le voici qui revient, poussé par l’exemple des pays voisins –l’Allemagne ou les Pays-Bas pour ne citer qu’eux– et par la nécessité de réagir face à l’asphyxie et à l’engorgement de nos villes. Timidement : il a commencé, au début des années 1990, par faire une apparition ici ou là, dans quelques centres historiques, puis s’est glissé dans les quartiers périphériques. Démarches de « défrichage » qui ont fait des émules. Car après les grandes agglomérations, ce sont des villes de taille plus modeste qui adoptent aujourd’hui des politiques en faveur des cyclistes.

30 exemples marquants
Entre le guide de recommandations et les nombreuses fiches méthodologiques portant sur la conception des aménagements cyclables, il manquait un document montrant comment passer de la théorie à la pratique. C'est bien là l’objectif que se donne l’ouvrage intitulé « Des voies pour le vélo » réalisé conjointement par l’ADEME, le Club des Villes Cyclables, le GART et le CERTU et dont la rédaction a été confiée à Arlette Chabrol qui, grâce à ses talents de journaliste et de rédactrice, a su dans chaque exemple mettre l’accent sur une ou deux « bonnes pratiques » et montrer l’articulation entre le choix politique et la conception technique. A travers 30 sites sélectionnés en milieu urbain ou interurbain, parmi un large panel de réalisations françaises, ce recueil présente la diversité des solutions possibles pour favoriser l'usage du vélo comme loisir et, plus encore, comme mode de déplacement au quotidien. Sans prétendre à l’exhaustivité, il constitue un bon outil de base pour l’aide à la réflexion et à l’action des décideurs et des techniciens des différentes collectivités territoriales. Les réalisations présentées dans cet ouvrage ont été sélectionnées pour offrir un panel d’exemples autour de thèmes diversifiés : aménagements de voirie, signalisation, intermodalité, stationnement, communication, valorisation touristique… Bien d’autres cas concrets auraient mérité d’être cités. Car si, bien entendu, aucun de ces aménagements n’est à reproduire à l’identique, dans un autre lieu, sans étude préalable, les auteurs ont surtout voulu insister sur l’exemplarité de la démarche engagée par certaines collectivités et les résultats positifs qu’elles ont obtenus.

Evoquant toutes les formes d’aménagements conçues pour faciliter l’usage du vélo en ville (parkings à vélos se concentrant près des arrêts des transports publics, multiplication des arceaux, priorité donnée aux cheminements cohérents et sûrs, etc.), cet ouvrage aborde également largement le travail à effectuer sur l’image du vélo : « Il ne suffit pas de faire : il faut aussi faire savoir ! Une politique d’aménagements cyclables ne peut donc être dissociée d’une solide politique de communication. En l’occurrence, il ne s’agit pas seulement de faire connaître ce qui existe au plan des aménagements cyclables mais également de valoriser cette pratique chez les usagers, de leur donner l’image d’un mode de déplacement adapté aux cités d’aujourd’hui. C’est dire qu’une « politique vélo » ne se résume pas à quelques recettes magiques. Elle réclame une solide volonté politique et une vision globale des déplacements… ».

« Des voies pour le vélo », à paraître prochainement.

"Mobilité et développement durables : de la décision à l'action. Les compétences et les politiques publiques au service du citoyen européen"
Tel sera le thème des XIXèmes Rencontres du Transport Public qui se dérouleront à Nantes du 26 au 28 novembre 2003. Ce congrès du GART, et le salon qui y est associé, seront le rendez-vous incontournable des acteurs de la mobilité.
Contact : anne-marie.commenay@gart.org

Une carte « sans contact » pour l’agglomération châlonnaise
Le 1er août prochain, les transports de la communauté d’Agglomération de Châlons-en-Champagne se dotent d’une billettique « sans contact », ce qui représente une première pour la région Champagne-Ardenne. L’ensemble des 32 véhicules du réseau SITACBUS sera équipé, offrant une qualité de service améliorée aux 15 000 clients quotidiens. La billettique ainsi déployée est « sans contact », interopérable et évolutive vers la monétique. Le valideur décompte le voyage par une simple présentation du titre devant l’appareil. Accès plus rapide à l’entrée du bus, sécurité accrue en cas de perte ou de vol, multimodalité facilitée, cette nouvelle carte « sans contact » montre la volonté des élus locaux, à l’occasion du renouvellement des appareils devenus obsolètes, d’améliorer l’image des transports en commun dans l’Agglomération Châlonnaise.

Agglomération grenobloise "Tram 3, ça change la vie, ça change la ville"
En 2006, l’agglomération grenobloise verra naître la troisième ligne du tramway. D’ores et déjà, la ville de Grenoble a souhaité publier un document d’information très complet détaillant l’ensemble des aménagements de voirie. Cette plaquette a un double objectif : expliquer aux grenoblois comment cette troisième ligne va leur permettre de mieux vivre en ville mais également les préparer à la période des travaux qui génèrera d’inévitables contraintes. Car en facilitant les déplacements, les traversées des piétons, des cycles et des vélos, Tram 3, avec ses 13,5 kilomètres de lignes nouvelles desservant 5 communes, va permettre de relier les quartiers situés de part et d’autre des boulevards, dans un environnement plus paisible et plus convivial.

ERRATUM
Une erreur s’est glissée dans le premier numéro de la « Lettre des Recontres ». Pour exposer à Transport-Expo (Nantes du 26 au 28 novembre 2003), les coordonnées d’IM Régie sont les suivantes : IM Régie
Contact : Marc Grand
Téléphone : 01 40 24 25 37
Télécopie : 01 40 24 25 64
23, rue Faidherbe – 75011 – PARIS

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