Budget transport : le GART sinquiète de la diminution des crédits
Alors que les chiffres du budget alloué aux transports viennent dêtre rendus publics, le GART sinquiète de la diminution des crédits en direction des transports collectifs de proximité.
Les données rendues publiques par Dominique Bussereau, secrétaire dEtat aux Transports et à la Mer, concernant le budget transport 2003, constituent une réponse aux questions posées par Michel Destot, président du GART, dans un courrier adressé au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, au cours de lété.
Tout en se félicitant de la poursuite de la priorité donnée aux investissements ferroviaires, le GART sinquiète de la diminution des aides de lÉtat aux transports collectifs urbains hors Île-de-France.
Les aides aux investissements pour les TCSP, hors Île-de-France, demeurent, comme pour le budget 2002, à hauteur de 114,2 millions deuros, alors que le GART évalue à 180 millions deuros le total des demandes de subventions pour cette même ligne. Les élus du GART rappellent quils avaient déjà fait part de leurs inquiétudes au gouvernement précédent, lors du vote de la Loi de Finances pour 2002. Celle-ci prévoyait déjà une enveloppe de 114,2 millions deuros pour les autorisations de programmes de TCSP, soit une baisse courante de près de 4,60 % par rapport à la Loi de Finances 2001. Aussi, lannonce dun maintien en 2003 de la ligne TCSP à 114,2 millions deuros, pose-t-elle problème au GART puisque, selon les données fournies par ses adhérents, le total des demandes de subventions serait de lordre de 180 millions deuros.Les Autorités Organisatrices risquent alors de devoir différer des projets essentiels pour le développement de lusage des transports collectifs.
Lenveloppe de 13 millions deuros pour les PDU représente une baisse de 85,7 % par rapport à lannée dernière. Quant au budget consacré aux Plans de Déplacements Urbains (PDU), il subit une coupe drastique, puisquil passe de 90,09 millions deuros en 2002, à 13 millions deuros dans le projet actuel de Loi de Finances. Le GART déplore cette remise en cause du financement des PDU, éléments essentiels de la Loi sur lAir, lun des textes fondateurs de la prise de conscience du rôle des déplacements en matière de développement durable.
Au total et hors Île-de-France, TCSP et PDU disposeront dune enveloppe de 127,2 millions deuros sur 2003, contre 204,28 millions deuros en 2002.
Aussi, le GART souhaite-t-il interpeller les parlementaires avant le vote de la Loi de Finances 2003 pour défendre le développement des transports collectifs.

Marchandises : Vue sur lAngleterre
Concertation, prise en compte des petits véhicules utilitaires, nouvelle gestion du stationnement : les politiques marchandises innovent de lautre côté de la Manche. Visite à Londres et à Southampton.
Dans le cadre du programme national " Marchandises en ville " du Ministère de lÉquipement, une délégation du GART sest rendue en visite technique à Londres et à Southampton en avril dernier. Objectif : mieux connaître les politiques marchandises de ces deux villes, très différentes par leur taille, qui ont engagé des actions intéressantes et convergentes sur le fret.
Londres est lune des capitales européennes qui fait le plus parler delle depuis la mise en uvre de la politique transport du maire, Ken Livingston. Mais le cas de Southampton, au sud de lAngleterre, est également intéressant par ses activités portuaires. La ville est encadrée par deux gros terminaux maritimes en forte croissance, doù partent et arrivent de nombreux transports routiers et ferroviaires de conteneurs.
Priorité à la concertation
Parmi les enseignements ressortis de ce voyage, figure en premier lieu, la qualité de la concertation entre les responsables publics locaux et leurs partenaires économiques (chargeurs, transporteurs, commerçants, organisations professionnelles). Londres et Southampton font partie de la trentaine de grandes villes anglaises engagées aujourdhui dans un Freight Quality Partnership, véritable charte dengagements réciproques entre acteurs publics et acteurs privés pour améliorer la qualité de la chaîne de transport et de distribution urbaine. De nombreux sujets particulièrement conflictuels, comme le péage urbain à Londres, sont discutés en amont avec les organisations professionnelles : Transport for London (la direction des déplacements du Grand Londres) et la Freight Transport Association (FTA) sont ainsi parvenues à un récent compromis sur le tarif à payer par les camions livrant le centre de Londres à partir du 17 février 2003 (entrée en vigueur du péage urbain).
Cette politique de dialogue est également appliquée à Southampton. Un exemple parmi dautres : face à des habitants excédés qui exigeaient le départ dune entreprise générant une circulation importante de poids lourds, les responsables municipaux ont convaincu lentreprise de redéfinir
ses itinéraires de transport, dacquérir des véhicules plus modernes et de former ses chauffeurs à des pratiques de conduite et de manutention plus silencieuses. " Limplication de la ville était indispensable pour désamorcer le conflit, offrir lexpertise technique tout en donnant de la légitimité aux revendications des riverains " selon Bernie MILES, responsable de la stratégie transport de Southampton.
Un autre enseignement de laction de nos voisins anglais est limportance quils accordent aux transports relevant du secteur des services et de lartisanat (plombiers, réparateurs, services urbains, etc.). Le " white van man ", terme générique pour ces chauffeurs de petites camionnettes urbaines quon ne voit plus à force den voir tant, constitue pour eux lun des aspects essentiels de la problématique des transports urbains. Si cette façon de voir ne semble pas se traduire encore en actions ciblées, elle apparaît cependant exemplaire : en France aussi, les enquêtes ont montré limportance considérable sur les voiries urbaines de ces véhicules de services, mal appréhendés par les gestionnaires de voirie et encore peu identifiés dans les politiques de déplacements.
Stationnement et nouvelles technologies
Un dernier aspect a suscité tout particulièrement lintérêt de la délégation du GART. Il sagit des méthodes innovantes de gestion du stationnement et de la circulation. La dépénalisation du stationnement (le stationnement sur voirie nest plus une compétence de police, mais une activité de service public soumise à redevance) est effective en Angleterre depuis quelques années pour la voirie locale. Elle a permis à Londres une amélioration considérable de la gestion du stationnement et des arrêts des véhicules de livraisons, en rendant possible le doublement du personnel de contrôle. Sur un plan plus technique, on note également à Londres et Southampton lusage déjà important de systèmes automatiques de contrôle et de verbalisation sur la voie publique (caméras de surveillance de la circulation et du stationnement et émission automatique de contraventions). À Southampton, des webcams permettent en temps réel de visionner sur Internet létat du trafic sur les principaux axes. À Londres, cest bien sûr la mise en place du péage urbain en 2003 qui focalise lattention, et va donner loccasion dintroduire de nombreuses innovations
techniques.
Le compte rendu détaillé de la visite en Angleterre est disponible au GART sur simple demande.

Isère : Mise en uvre de la nouvelle tarification multimodale
Après un travail de longue haleine avec lensemble des acteurs du monde du transport, le département de lIsère lance son grand projet de coopération tarifaire. Remédier à la saturation des accès routiers sur Grenoble et sur Lyon afin de répondre aux grands enjeux de déplacements, telle est lambition de ce chantier désormais en passe daboutir.
En matière de tarification, la " carte orange " est une formule éprouvée et qui pourrait satisfaire bon nombre dusagers. Cest pourquoi elle tente de nombreux réseaux. Mais pour parvenir à mettre en place ce type de tarification, il faut pouvoir dépasser les obstacles institutionnels.
En Isère, la priorité des élus a été de réformer la tarification qui se fera désormais sur la base dune cartographie zonale découpée en 6 sections qui sétendent autour de lagglomération grenobloise. Chaque zone est définie en fonction dune progressivité équitable des tarifs pour les usagers. Pour plus de simplicité et de transparence, chaque prix sera calculé en fonction du nombre de zones traversées ; la gamme sera composée de cinq produits ( le billet " 1 trajet ", la carte " 10 trajets ", et des " pass " à la journée, mensuels et annuels) qui se déclineront sur trois niveaux (plein tarif, 30 % et 80 % de réduction pour les collégiens, les lycéens et les demandeurs demploi dont les revenus se situent en dessous des minima sociaux).
Meilleure correspondance
Pour mener à bien cette coopération, le conseil général de lIsère avait de très bonnes cartes en main. Et, tout dabord, le fait que ce dernier finance, à hauteur de 50 %, les réseaux urbains du SMTC Grenoble, de la communauté dagglomération du pays voironnais, de la communauté dagglomération du pays viennois et du syndicat des transports urbains du Nord Isère (lÎle dAbeau et Bourgoin-Jallieu). Ce financement représentera à terme 26 millions deuros, sur un budget " transports " du département de 80 millions deuros. Cette participation à la mise en uvre de la politique transport des AOTU donne donc au département un moyen daction important pour tisser un projet cohérent en devenant un interlocuteur incontournable. Le conseil général continuera donc à financer en partie ces réseaux mais à la condition que deux critères soient remplis. Tout dabord, il est primordial que le département et les AOTU sattachent mutuellement à assurer une bonne complémentarité des réseaux ; le réseau urbain devra éviter dorganiser des services concurrents et les systèmes devront privilégier une meilleure correspondance entre le réseau urbain et le réseau départemental. A terme, ce projet de coopération doit tendre vers une reconnaissance mutuelle des titres. Les usagers pourront donc passer dun réseau à lautre dans la limite des zones autorisées par leur titre de transport.
Favoriser le report modal
Au-delà de laspect tarifaire, les élus locaux ont fait le choix de renforcer loffre périurbaine. Cette consolidation du réseau passe par la création de lignes routières express, à fréquence forte et cadencée. Ces lignes, facilement accessibles, à des tarifs attractifs, devraient permettre de susciter un report modal en faveur des transports publics.
En réhabilitant, en modernisant et en despécialisant ses services, le réseau départemental Transisère a souhaité lancer des actions immédiates. Quitte à devoir souvent avancer à tâtons, tant est complexe la mise en uvre de changements aussi profonds
Le réseau se composant de 75 lignes régulières sur le département, de 680 lignes urbaines de desserte locale, de 7 lignes périurbaines (dont 2 lignes express destinées à être le fleuron du réseau), ce sont pas moins de 500 conventions de coopération passées avec les transporteurs locaux quil a fallu renégocier en mettant au point de nouveaux contrats.
Mais, bien entendu, un grand chantier tarifaire ne peut aboutir sans une impulsion politique, aussi volontaire que persévérante, tant les obstacles sont nombreux. Les tentations de créer des coopérations tarifaires sur la base de la billettique sont nombreuses. La tarification correspond à la décision politique et la billettique en est lune des traductions techniques possibles. De récents exemples ont montré quil y a nécessité à posséder la décision politique avant de mettre en route loutil technique. Et même sil a bénéficié dun terrain fertile (financement des réseaux, présence commune de responsables de transport dans les deux AO, etc.), le département de lIsère a bien compris cette nécessaire alchimie.

Tramways et couloirs de bus : quels impacts sur la vie des commerces ?
Alors que plus de 25 projets de transport en commun en site propre en cours ou en attente de réalisation dans les villes françaises, le GART organise un Petit-déjeuner débat sur le thème " Tramways et couloirs de bus : quels impacts sur la vie des commerces ? ", le 5 novembre 2002, à Paris (Aéro-Club de France, 6 rue Galilée 75116 Paris).
Outre, le développement de lusage des transports publics dans les déplacements urbains, les projets de TCSP ont pour objectif de restructurer les espaces urbains et de dynamiser la vie
commerciale et économique des agglomérations. Ce rôle nest pas immédiatement évident : nombreux sont les commerçants qui sinquiètent de limpact dun TCSP et de la réduction de lusage de lautomobile en centre ville sur leur clientèle.
Cest pourquoi le GART organise un débat entre des responsables publics et des représentants du monde économique sur les relations entre larrivée dun TCSP et la vie commerciale. Ce rendez-vous a pour objectif de rappeler limportance des TCSP pour améliorer la performance du transport public et contribuer aux réaménagements urbains, dont peuvent bénéficier à terme les activités commerciales.
Il permettra également de recenser les principales difficultés ressenties lors de limplantation dun TCSP auprès des professionnels du commerce et de la livraison, mais aussi dexposer les
expériences et les mesures mises en place pour résoudre ces difficultés. Enfin, ce Petit-déjeuner débat constituera loccasion de proposer aux villes en phase de projet TCSP une méthodologie daccompagnement pour mieux associer les acteurs économiques.

Création dune police régionale des transports en Île-de-France
Nicolas Sarkozy, ministre de lIntérieur et de la Sécurité intérieure, a annoncé la création dune " police régionale des transports " en Île-de-France. Cette nouvelle police, compétente sur lensemble du réseau RATP-SNCF, remplacera, dès le 1er janvier 2003, la brigade des chemins de fer (compétente sur le réseau SNCF) et le service de protection des réseaux ferrés parisiens (compétente sur le réseau RATP). Placés sous lautorité du préfet de police, ces policiers seront au nombre de 1 500, dont 120 en civil. Ces mesures devraient permettre, selon Nicolas Sarkozy, de sécuriser 1 000 trains et 1 000 gares chaque jour en région parisienne.
Si lexpérience savère concluante, des dispositifs identiques devraient être mis en place à Lyon, Marseille et Lille.

Les Tram deviennent Soléa
À loccasion de son 120e anniversaire, le réseau des transports en commun de lagglomération mulhousienne a changé de nom. Il sappelle désormais Soléa, un nom qui évoque " lénergie et lenthousiasme ". Une identité visuelle conçue à base de violet et de vert anis contribue à moderniser limage du réseau. Les poteaux darrêt, les guides dinformation, les titres de transport,
tickets, coupons mensuels et cartes dabonnement lont déjà adoptée.

Les Clermontois ont découvert le Translohr
Le second grand projet de transport de lagglomération clermontoise est bien en marche. Après le lancement de lexpérimentation Léo 2000 sur un axe est-ouest, les habitants ont fait connaissance avec leur futur tramway sur pneus qui desservira un axe nord-sud. Il sagit du Translohr qui a été exposé place de Jaude, en plein centre ville. Le Tranlohr version clermontoise a belle allure dans sa robe " fleur de lave " et grâce à ses 70 % de parois vitrées. Lopération séduction du tramway envers son public a donc débuté. Elle lui permettra de patienter jusquà la mise en service, prévue fin 2005.
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