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septembre 2002

 LA LETTRE DU GART

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Craignant que le budget alloué aux transports collectifs puisse avoir à souffrir des arbitrages de la rentrée, Michel Destot, président du GART, a adressé un courrier à Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, afin de lui faire part de son inquiétude à la veille des discussions sur le projet de loi de finances 2003.

Le GART s'inquiète d'une éventuelle baisse du budget alloué aux transports collectifs et de ses conséquences, et tenait à en alerter le Premier ministre. En effet, le projet de loi de finances rectificatives prévoirait un gel des crédits prévus pour les transports collectifs en 2002. Ces derniers sont pourtant les seules alternatives pour réduire le trafic automobile, comme le prévoit la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie.
Dans le projet de loi de finances pour 2003, il paraît essentiel au président du GART que l'enveloppe globale destinée aux transports collectifs couvre les besoins que le GART estime à 180 millions d'euros hors Île-de-France. De même, l'enveloppe consacrée à la mise en œuvre des Plans de Déplacements Urbains ne peut et ne doit être réduite. En tant que représentant de 223 autorités organisatrices adhérentes, Michel Destot a tenu à préciser qu'il déplorerait un désengagement de l'État, qui toucherait, notamment, les réseaux de province. Cette décision serait alors lourde de conséquence sur les déplacements présents et futurs. S'exprimant à la veille du sommet de Johannesburg, le président du GART tenait également à rappeler que le transport public est un outil majeur du développement durable. Il est la seule alternative crédible à l'usage de l'automobile, principale cause d'émission de gaz à effet de serre. Œuvrer pour la qualité de vie de nos concitoyens, lutter contre la ségrégation sociale et spatiale, maîtriser la consommation énergétique…, voici quelques-uns des grands enjeux du transport public que Michel Destot tenait à rappeler au Premier ministre à quelques jours des discussions budgétaires. Pour atteindre ces objectifs et répondre aux besoins de mobilité d'aujourd'hui, sans toutefois compromettre ceux des générations futures, le transport public a besoin, plus que jamais, de l'engagement politique et financier de l'État.
Le GART espère donc que les arbitrages budgétaires dans le cadre de la loi de finances 2003 traduiront l'attachement du gouvernement à l'existence d'un service public de transport de qualité.


Qualité de service : Des solutions pour moderniser sans remplacer

Attentifs aux questionnements des collectivités locales sur la modernisation de leur matériel roulant, les élus du GART se sont rendus à Albi, le 9 juillet dernier, pour visiter l'entreprise SAFRA, spécialiste de la rénovation de véhicules. Gros plan sur une activité en plein développement.
Comment mettre aux normes un parc de véhicules urbains en fonction des récentes réglementations, notamment aux normes de sécurité imposées par l'Union européenne ? Quelles sont les solutions concrètes pour adapter une flotte aux normes, toujours plus exigeantes, en matière d'émissions polluantes ou au nécessaire accès des personnes à mobilité réduite ? Voilà des préoccupations majeures pour des élus attentifs à la qualité de service. C'est donc à la recherche d'informations sur ces questions qu'une délégation d'élus du GART, emmenée par Jean-François Malbrancq, vice-président du GART, s'est rendue chez SAFRA à Albi, sur l'invitation de son président-directeur général, Serge Bodoira, et du maire d'Albi, Philippe Bonnecarrere.

Objectif qualité
Les élus ont été très attentifs aux solutions proposées en matière de rénovation et d'adaptation des véhicules, à l'image d'André Sinet, maire d'Aubagne qui a profité de la visite pour se renseigner, plus particulièrement, sur le coût des modifications et sur la comparaison des prix : " Je m'occupe des transports depuis 19 ans. J'ai sauté sur l'occasion de cette visite pour découvrir toutes les nouveautés en matière d'adaptation ".

En effet, les grands constructeurs et carrossiers fabriquent et vendent des véhicules de série de plus en plus perfectionnés et par conséquent de plus en plus coûteux. Ces véhicules ont une durée de vie assez longue qu'il s'agit d'optimiser par un entretien et une modernisation rarement assurés par les constructeurs eux-mêmes. Si certaines autorités organisatrices (AO) choisissent le renouvellement régulier de leur flotte et mettent en place une politique d'investissements ou de crédit-bail, d'autres préfèrent opter pour la rénovation de leurs véhicules. Parmi les intervenants de ce secteur, la société SAFRA s'est positionnée sur un marché émergent en proposant aux autorités organisatrices des solutions " sur-mesure ".

Spécialisée à son origine dans la réparation de véhicules lourds, SAFRA a étendu son activité à la rénovation intérieure des bus et cars. Cette solution permet de les moderniser pour les rendre plus attractifs, de prolonger leur durée de vie à moindre coût et, ainsi, de conserver ou d'améliorer une offre " au goût du jour " à un niveau d'investissement abordable. Mais Safra a également développé une activité de modifications des véhicules de série afin de les adapter aux contraintes particulières afin de proposer pour chaque réseau un véhicule adapter à ses besoins à partir d'un produit de série. Il ne s'agit pas là uniquement de modifications mais de mises aux normes, de changement des spécificités des véhicules, d'amélioration de leur accessibilité ainsi que de traitement des bus spéciaux : bus infos, minibus, bus sanitaires, bibliobus…

Moderniser au moindre coût
Cette dernière activité a particulièrement retenu l'attention des élus du GART confrontés régulièrement à des besoins de modernisation de leurs bus, sans toujours disposer de moyens importants. Car le volet financier de ces questions intéressent les AO tout autant que les aspects techniques. Une chose est certaine : la qualité de service offerte au public ne doit pas pâtir de l'importance des coûts, par exemple, en matière de développement d'un parc de bus propres ou de véhicules accessibles. Toutes les solutions sont donc à étudier, notamment celles proposées par SAFRA.

Enfin, les élus ont pu se réjouir de la bonne santé de l'industrie française du transport public, à en juger par le développement de Safra dans le monde ferroviaire urbain et régional, secteur en pleine croissance. Safra est également l'unique développeur du nouveau concept d'aménagement Vivabus de la Connex répondant à un cahier des charges précis en matière de rénovation intérieure des bus. 99 véhicules ont déjà été aménagés pour une vingtaine de réseaux. En matière de rénovation extérieure, SAFRA a développé un savoir-faire reconnu, en particulier sur les faces arrières d'Agora line. Désormais, SAFRA espère même se développer dans un rôle de sous-traitant pour des réseaux qui externaliseront les coûteuses révisions d'un matériel de plus en plus complexe.
Pour tout savoir sur Safra : www.safra.fr

Exploitants : Le marché évolue, les élus s'inquiètent
Le secteur des exploitants de transport collectif est depuis quelques années sujet à la concentration. Le GART s'alarme : le maintien des conditions de la concurrence dans les appels d'offres lancés par les autorités organisatrices est mis à mal.
Mondialisation, fusions, rachats, restructurations… la filière transport, comme tous les secteurs d'activité, subit des bouleversements qui ne sont pas sans conséquence sur l'état du marché. Et sur la clientèle de ces entreprises, les autorités organisatrices de transport.
Particulièrement touché par les changements de capital, le secteur des exploitants est en pleine mutation. En 1999, 5 groupes dominaient le marché français : Via GTI, Transdev, CGEA-Connex, Cariane et Verney. Seuls Transdev et Cariane étaient alors détenus par des entreprises publiques.

Un choix " peau de chagrin "
Fin 1999, la SNCF a pris le contrôle de VIA-GTI, le groupe leader du transport public en France et a restructuré son activité avec celle de sa propre filiale, CARIANE, en créant le groupe KEOLIS, dont elle détient 43, 45 % du capital en tant qu'actionnaire principal.

Début 2002, TRANSDEV, filiale transport de la Caisse des Dépôts et Consignations, et la RATP, autorisée à entrée dans le jeu des appels d'offres hors Ile-de-France, se sont rapprochées grâce à des prises de participation croisées à hauteur de 25 % du capital de chacune des entreprises. Elles ont également conclu un accord visant à ne pas se faire concurrence sur le marché français, et ont créé deux sociétés communes, l'une visant les marchés étrangers, l'autre proposant aux autorités organisatrices françaises de prendre en charge les activités d'organisation du transport public.

Enfin, CONNEX, filiale à 100 % de Vivendi Environnement, a racheté récemment le groupe familial VERNEY, qui intervenait dans l'Ouest et le Sud-est de la France.

Ajoutons que les exploitants étrangers sont absents du marché français : une seule autorité organisatrice, Perpignan, est en contrat avec SYBERBUS, un groupe espagnol ayant une représentation en France. ARIVA, groupe anglais, a tenté de répondre à plusieurs appels d'offres dans l'ouest de la France, mais, faute de succès, a maintenant totalement renoncé.

Les élus vigilants
Cette évolution du marché vers une concentration des opérateurs inquiète le GART pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les autorités organisatrices ne peuvent que pâtir d'une réduction de leur choix parmi les entreprises. Moins de concurrents signifie souvent moins de compétition entre les opérateurs. De plus, les entreprises appartenant à l'État sont aujourd'hui nettement majoritaires, ce qui peut sembler contradictoire avec un système basé sur une prise de décision au niveau local, les collectivités locales apportant près de 75 % du financement du système de transport public. C'est pourquoi les élus ne peuvent être indifférents au devenir de CONNEX, menacé par un éventuel démembrement de Vivendi Environnement au sein de Vivendi Universal. Le GART a récemment rappelé que " son savoir-faire en matière de services publics locaux et la bonne connaissance de la délégation de service public ne doivent pas être affectés par une évolution de son actionnariat ".
À l'heure actuelle, les changements d'exploitants sont encore assez rares dans le transport collectif urbain. Cependant, chaque année au moins, un réseau fait appel à un nouvel opérateur à l'issue d'un appel d'offres. Pour que ce choix demeure possible, il est nécessaire que plusieurs entreprises participent à chaque appel d'offres. Or, il est de plus en plus fréquent que l'entreprise sortante se trouve la seule en course. Pour les AO, les appels d'offres sont une indispensable occasion de redéfinir ses relations contractuelles avec son exploitant mais aussi de la maintenir en situation de compétition. C'est pourquoi le GART reste très vigilant en matière de pluralité du marché et de respect des conditions de concurrence.

Mouvement au conseil d'administration du GART
Suite à sa nomination au Gouvernement, Dominique Bussereau a démissionné du bureau et du conseil d'administration du GART.
Jean-François Malbrancq, Vice-Président de la Communauté Urbaine d'Arras, et membre du bureau depuis novembre dernier, lui succède et devient 2e Vice-Président. Il cède sa place de trésorier adjoint du Bureau du GART à Louis Nègre,
Vice-Président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, chargé des Transports et de l'intermodalité. Enfin, Le poste vacant au sein du conseil d'administration est pourvu par Michel Pigeon, Vice-Président du conseil général d'Île-et-Vilaine.

Alexandre MAGNY devient responsable administratif et financier du GART
Alexandre MAGNY, 30 ans, devient responsable du pôle administratif et financier. Il succède, ainsi, à Jean-Pierre GABRIEL. Il est diplômé de l'Université de Bourgogne et titulaire d'une maîtrise en droit des affaires et en droit public.
Après avoir été chargé d'études au Conseil régional de Bourgogne et gérant de société, il a intégré le cabinet du président de la Communauté d'agglomération dijonnaise (COMADI), suivant plus particulièrement les questions relatives au transport et à l'aménagement du territoire.

Journée d'étude GART - FNAU le 23 octobre 2002
Le GART et la Fédération nationale des agences d'urbanisme organisent une journée d'étude consacrée à " L'articulation des politiques de transport et d'urbanisme " le 23 octobre 2002 à Paris, à la Maison de l'Amérique Latine. Cette journée de rencontres et d'échanges permettra de faire un premier bilan de l'application des lois sur l'Aménagement et le Développement Durable des Territoires, sur l'Intercommunalité et sur la loi Solidarité et Renouvellement Urbains puis de formuler des propositions pour d'éventuelles évolutions législatives et réglementaires.

Contact inscription GART : Valérie Rathier - 01 40 56 01 56

Île-de-France : le ticket T de proximité
Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF) a décidé la création d'un " ticket T ", billet de proximité, commun à toutes les entreprises de transport franciliennes.
Le " ticket T " va remplacer l'actuel billet vert métro-bus-RER et les billets vendus par les entreprises privées affiliées à OPTILE. Dans la jungle des titres diffusés par les différents opérateurs, le ticket T permettra au voyageur occasionnel d'emprunter indifféremment les métros, RER dans Paris, tramway et bus de Paris, de petite et de grande couronne, à condition, bien sûr, de respecter le sectionnement en validant autant de tickets que nécessaire. Il sera mis en place début janvier 2003.

Semaine du transport public : " Un coin d’air pur dans la ville "
À l'occasion de la 9e Semaine des Transports Publics (16 au 22 septembre 2002), la mairie de Paris accueille, sur le parvis de l'Hôtel de ville, l'événement citoyen de la rentrée : " Un coin d'air pur dans la ville ". Au programme : des conférences, des animations, des expositions, des ateliers de peintures…
Ce sont autant de biais informatifs, éducatifs et ludiques par lesquels le grand public pourra se sensibiliser au thème de la mobilité et du développement durable.
Une vingtaine de partenaires institutionnels parrainant cette exposition (et disposant tous d'un espace de rencontre) se sont mobilisés afin de la rendre originale et exceptionnelle. Le parvis de l'Hôtel de ville, paré de verdure pour l'occasion, constituera la première surprise pour le public. Outre ce " coin d'air pur dans la ville ", les visiteurs auront de nombreuses possibilités de s'interroger sur la mobilité en imaginant une ville où il fait bon vivre : une ville plus respectueuse de l'environnement et qui déploie toute une gamme de déplacements, plus rationnels et plus efficaces.
Pour réfléchir tout en s'amusant, des artistes exposeront leurs œuvres sur des palissades. Une compagnie théâtrale animera le parvis en proposant, deux fois par jour, des sketches autour du thème
de la mobilité, mettant en scène des textes de grands auteurs contemporains. Une animation permettra aux enfants d'apprendre les bases de la citoyenneté en participant au spectacle, sur scène, avec des comédiens. Les constructeurs
de matériel de transport seront également présents sur le parvis. Le public pourra découvrir leurs innovations : mini bus électriques, bus au GNV, au GPL, etc.
À noter également, la tenue de conférences organisées par Connex, partenaire de l'exposition, conférences qui auront lieu en fin d'après-midi durant toute la Semaine du transport public.

Budget transport : le Gart alerte le Premier ministre
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