Michel Destot est le nouveau président du GART
LAssemblée générale du GART, réunie le 6 novembre 2001 à Paris, a élu un nouveau conseil dadministration, un nouveau bureau, et à sa tête, un nouveau président, le Député-Maire de Grenoble, Michel Destot. Député de lIsère depuis 1988 et maire de Grenoble depuis 1995, Michel Destot, 55 ans, a précédemment présidé la commission Déplacements des Maires de Grandes Villes de France.
Christian PHILIP, membre du bureau du SYTRAL à Lyon demeure le 1er Vice-président, tandis que Dominique Bussereau, Député et Président de la Commission Transport au Conseil Général de la Charente-Maritime, Serge Morin, Vice-Président Déplacements à la Communauté dagglomération de Lorient et Daniel Delaveau, Vice-Président Transport à la Communauté dagglomération de Rennes deviennent respectivement 2e, 3e et 4e Vice-Présidents.
Au cours de lélection du 6 novembre, les instances du GART ont été largement renouvelées, dans un souci de pluralisme affirmé. Les Parlementaires sont plus nombreux quauparavant au conseil dadministration. Au nombre de 7 (4 députés et 3 sénateurs), ils pourront relayer au mieux les propositions du GART au plan législatif. Notons également que la présence des régions a été renforcée grâce à lentrée dun quatrième représentant au conseil dadministration. La Lorraine, les Pays de la Loire, le Nord-Pas-de-Calais et, pour la première fois, lIle-de-France, siègent en son sein. Le mandat des nouvelles instances du GART sera dune durée de 3 ans, conformément à la résolution votée par lAssemblée générale ce même jour.
Au cours dune brève intervention, Michel Destot a salué lénergie et le savoir-faire de Jacques Auxiette, qui a effectué deux mandats consécutifs à la présidence du GART. Grâce à son engagement, le GART est une association aujourdhui reconnue par tous, interlocuteur des pouvoirs publics tant au niveau français queuropéen, et acteur majeur de la filière transport.
Le conseil dadministration va tout de suite se mettre au travail. Certains dossiers qui concernent les autorités organisatrices et le devenir des transports publics en France ne peuvent pas attendre. Il sagit en particulier de la question de la régionalisation des services ferroviaires qui sera effective au 1er janvier prochain, ou encore du règlement européen en matière dexigences de service public dans le domaine des transports de voyageurs, qui viendra prochainement en discussion en session plénière au Parlement européen.
Que ce soit sur les enjeux financiers des politiques de transport, la mise en uvre des Plans de déplacements urbains, les problèmes de pollution, notamment ceux liés au trafic automobile qui restent un point noir pour son nouveau Président, la sécurité et les politiques de financement, le GART a réaffirmé sa volonté dêtre une force de proposition incontournable.

XVIIIes RTP
Comment rompre la dépendance à l'automobile ?
Le congrès du GART a choisi de s'interroger sur la dépendance des Français à la
voiture, véritable frein aux politiques de déplacements durables, mais pas une fatalité
Comment rompre la dépendance à lautomobile ? est le thème des XVIIIes Rencontres du transport public organisées à Bordeaux du 21 au 23 novembre. Le choix de cette thématique pour un congrès du GART, dordinaire plutôt centré sur les transports publics, résulte dun questionnement : quels sont les freins aux politiques de développement des transports publics et des modes doux ? Elles semblent en effet se heurter à un handicap majeur : la dépendance des Français à lautomobile.
Attitude paradoxale
Comment alors promouvoir des déplacements durables et solidaires ? Comment préserver lenvironnement et la qualité de vie en ville si cette dépendance doit être un obstacle à toutes les initiatives publiques ? En réponse, les débats du congrès du GART tenteront déclairer les décideurs sur les causes de cette dépendance comme sur les solutions pour la vaincre. Aujourdhui, la question de la dépendance à lautomobile doit être intégrée aux réflexions qui déterminent les politiques de déplacements. Pour cela, cette dépendance doit être mieux connue, et les dépendants évalués et quantifiés.
La dépendance à lautomobile est, dans les chiffres, constatée dans de nombreuses agglomérations, par lévolution de la mobilité urbaine. Létude 25 ans de mobilité : bilan et réflexions, publiée en 2000 par le GART et le Certu, montre que dans toutes les agglomérations françaises la voiture a pris le meilleur sur les autres modes, pour représenter jusquà 95 % des déplacements motorisés. Mais cette enquête savère pourtant bien paradoxale. Car parallèlement, les sondages dopinion montrent que les Français sont convaincus de la nécessité de préserver lenvironnement et la qualité de vie en ville, deux domaines très affectés par la circulation automobile. Ils considèrent dailleurs les transports publics comme les meilleurs outils pour une ville plus douce. Comment expliquer cette attitude qui consiste à réclamer un changement des comportements collectifs tout en ne modifiant pas les siens propres ?
Mettre en doute la bonne foi des Français serait un dangereux raccourci. Car il ne faut pas nier lexistence des captifs de lautomobile.
Les captifs de lautomobile sont des personnes qui ne disposent pas de choix alternatifs à la voiture. Il sagit également de personnes qui ne bénéficient pas, selon leurs critères, dune alternative compétitive en termes de temps, de confort ou de sécurité principalement.
Un déplacement, un choix
Les captifs de lautomobile seraient donc les Français vers qui doivent converger les politiques de déplacements durables. Daprès une étude réalisée en 2000 par Fabien Duprez, chargé détudes au Certu, de 30 à 40 % des Français sont captifs de lautomobile, pour cause dexclusion de toute autre offre crédible.
Ce chiffre est en fait une estimation issue de plusieurs enquêtes dont les résultats divergent profondément. En effet, selon Fabien Duprez, il peut y avoir surévaluation quand lenquête ne tient pas compte dune dépendance psycho-sociologique des personnes refusant même denvisager un autre mode que lautomobile, ou au contraire sous-évaluation, quand est prise en compte lexistence dune offre alternative à lautomobile sans se soucier de son efficacité.
Mais rappelons que la dépendance est relative, la question du choix modal devant être posée pour chaque déplacement. Cela signifie très concrètement que pour chaque déplacement de chaque personne, il faudrait proposer une alternative à lautomobile pour rompre la dépendance. Un défi pour les acteurs des déplacements
Pas de fatalité
Cest ce défi que sera au cur des débats des XVIIIe Rencontres du transport public. La question du stationnement comme outil dans la lutte contre la dépendance, la dépendance des femmes à lautomobile, les quartiers sans voiture, et la question de la dépendance au sens large seront abordées dans les tables rondes, ateliers et cafés de linnovation. Car la dépendance à lautomobile nest pas une fatalité.
Pour y trouver des remèdes, des élus, des professionnels, des chercheurs confronteront leurs points de vue. Des solutions économiques ou urbanistiques, incitatives ou contraignantes seront présentées et critiquées. Lobjectif de ces Rencontres est avant tout doffrir aux décideurs les outils nécessaires à la réussite des politiques de déplacements durables.

Bordeaux
Intermodalité et tramway
Un PDU ambitieuxautour du tramway,du bus et du vélo
Lintermodalité est un des aspects majeurs du plan de déplacements de la Communauté urbaine de Bordeaux* et pour Pierre Brana, vice-président de la CUB, président de la Commission transports collectifs et intermodalité et maire dEysines, la priorité pour les prochaines années reste, avec la mise en place du tramway, le développement du réseau bus, notamment là où le tramway ne passera pas en première ou en deuxième phase, et son articulation avec le tram.
Un réseau bus performant
Lautobus, dont le réseau sera entièrement restructuré, est donc appelé à jouer un rôle important, ajoute P. Brana, tant pour la desserte fine des 27 communes de la CUB, que parce quil aura, en complément du tram une fonction structurante. Il estime que pour attirer vers le transport public de nouvelles clientèles et notamment les automobilistes, deux conditions doivent être remplies. Tout dabord, pour le tramway et le bus, un même niveau de confort (climatisation, sièges,
) et daccessibilité, y compris aux handicapés en fauteuil, et une accélération de la vitesse commerciale des bus par la réalisation de couloirs ou autres sites propres dans lesquels on pourra admettre des cyclistes qui restent cependant de la responsabilité des maires des communes traversées. Egalement en projet, la réalisation dune navette sur une infrastructure ferroviaire existante, la ceinture ferroviaire à lOuest de lagglomération dont une branche remonte au Nord vers le Médoc. Avec des fréquences rapprochées elle serait articulée sur le tramway, le réseau bus et disposerait de parcs-relais.
Pour faciliter lusage des transports publics, un seul et même billet permettra de passer du tramway au bus et au parc-relais (voitures et vélos) et inversement.
Tramway et stationnement
Dès la fin de la première phase en 2003, 25 km de tramway seront mis en service simultanément sur les 3 lignes que comptera le réseau (43 km sont prévus en fin de 2e phase en 2007). Au total, le tramway desservira, à moins de 500 m 21 % de la population, 50 % des écoles et des universités ainsi que 30 % des emplois publics et privés de la Communauté urbaine. Dans les 150 m de part et dautre du tramway 5 300 entreprises dont 2 000 directement riveraines seront desservies.
Avec lobjectif de minimiser pour celles-ci limpact du tram pendant les travaux et rassembler les données économiques avant et après sa mise en service, un observatoire du tram a été mis en place par la Chambre de commerce et dindustrie, ainsi quune commission dindemnisation (présidée par des magistrats), explique Alain Cazabonne, président de la Commission tramway, vice-président de la CUB et maire de Talence. Nous anticipons dores et déjà sur larrivée du chantier en 2002-2003 dans le centre-ville par la préparation de nouvelles places de stationnement à proximité du parcours du tram en concertation étroite avec la Chambre de commerce, les associations de commerçants et les riverains. Ces places pourraient dailleurs être pérennisées en parallèle à la suppression des places longitudinales sur laxe du futur tramway. Dans lhypercentre, le stationnement résidentiel hors voirie sera favorisé tandis que le stationnement longue durée sera dissuadé par une politique de prix fort.
Modes doux
Si une mention spéciale du prix Ademe-Gart est allée cette année au PDU de Bordeaux, cest en bonne partie pour saluer lambition de la CUB daffecter 50% de lespace public aux modes doux et au transport public dans tout nouvel aménagement de voirie. La requalification de lespace public de façade à façade, de part et dautre des futurs rails du tram, a lieu selon ce principe. Lorsque lespace nest pas suffisant, on installe des zones 30 pour sécuriser piétons et cyclistes, précise Alain Cazabonne.
Ce type de réalisation fait partie dun ensemble de mesures très concrètes qui devrait permettre, dans des délais raisonnables, de réduire les nuisances générées par le trafic automobile, daméliorer le partage de la rue et de construire une ville de proximité, facteur dun moindre recours à lautomobile.

Gironde
Pour un avenir durable
Création de micro-services en zone rurale, intermodalité avec le futur tramway de Bordeaux : le Conseil général de la Gironde inscrit sa politique transport dans la logique du processus du développement durable. Explications avec son président, Philippe Madrelle
Se colleter, sans illères, à lépineux problème des transports : cette formule de Philippe Madrelle, président du Conseil général de la Gironde, résume la démarche volontariste suivie par les élus départementaux pour construire un aménagement harmonieux et durable du territoire. Cette démarche a été actée en 1996 avec ladoption du plan départemental des transports qui vise deux objectifs : maintenir le service public de transport en milieu rural et développer la complémentarité entre modes de transport.
Pour réaliser le premier, le Conseil général sest, entre autres, engagé financièrement dans lexploitation des lignes régulières interurbaines, en remplaçant les conventions aux risques et périls par des conventions déquilibre sur compte dexploitation. En clair, il prend à sa charge les déficits, sur la base de comptes prévisionnels présentés par les entreprises. En 2000, cela a représenté une enveloppe de 25 millions de francs.
Quant à la politique de promotion de lintermodalité, elle est déjà en uvre, notamment, à la gare routière de Libourne, totalement rénovée, où sont connectés le réseau départemental TransGironde, la SNCF et le réseau urbain de Libourne.
Au plus près des besoins
Ces objectifs vont trouver une nouvelle acuité avec la constitution de pays, en cours, et le projet de tramway de Bordeaux.
La création de pays doit ainsi permettre de mieux adapter loffre de transport en milieu rural. Dès 2002, des expérimentations vont être engagées sur trois territoires du département et sur trois thèmes différents, annonce Philippe Madrelle. Lune va consister en la création, en lieu et place dune ligne traditionnelle, dun mode de transport à la demande, sur la base de circuits virtuels.
Une deuxième expérimentation concerne le transport scolaire, avec pour fondement ce principe : plutôt sept véhicules de sept places quun grand de cinquante. Le but visé ici est de réduire les temps de transport pour les élèves, en les ramenant à quinze minutes au maximum contre une heure actuellement. Paral-
lèlement, le Conseil général réfléchit, avec les communes et leurs groupements (communauté de communes, pays), à la possibilité de diffuser sur le territoire un réseau de micro-services pour utiliser ces véhicules dans la journée. Selon Philippe Madrelle, un tel système doit offrir un potentiel demplois de proximité en même temps quun véritable service.
Un effort pour lavenir
Troisième opération : lorganisation dune totale complémentarité entre route et fer. Concrètement, les lignes routières du nord du département seront remodelées pour desservir les gares TER au départ de Saint-André de Cubzac aux heures de pointe du matin et du soir. Mais le plein potentiel de cette réorganisation ne sera trouvé quaprès la mise en service du tramway desservant la gare Saint-Jean, précise le président du Conseil général.
Larrivée du tramway, en 2003, est déjà largement prise en compte par le Département, dans le cadre dune collaboration avec la Communauté urbaine de Bordeaux. Dores et déjà, il travaille ainsi à la mise en place dune desserte systématique de ses têtes de ligne, par les lignes interurbaines convergeant sur Bordeaux. Parallèlement, il a engagé une démarche vigoureuse pour la création dune billetterie commune avec le réseau urbain bordelais et dans toute la mesure du possible avec la SNCF.
Preuve, encore, que le Conseil général joue à plein la carte du tramway : il est en train délaborer un plan de déplacement de ses employés totalement centré sur lusage des transports collectifs.
Lensemble de ces projets se traduira par des efforts financiers supplémentaires importants, reconnaît Philippe Madrelle, qui seront inscrits dans des contrats de développement durable avec les territoires concernés. Mais il estime que tout ceci représente lavenir du département et surtout une qualité de vie supérieure pour les habitants.

Aquitaine
Le coût dune ambition
A quelques semaines de la régionalisation du transport ferroviaire, le Conseil régional dAquitaine sinquiète de son coût financier. Ce qui ne lempêche pas de programmer une forte hausse de loffre de service, comme lexplique son vice-président, Jean-Louis Carrère
Un trafic en hausse de 7,33 % en 2000 par rapport à 1999, des recettes en progression de 8,04 % : le bilan de lactivité TER de lAquitaine pour lannée 2000 a de quoi conforter les élus régionaux dans leur volonté de développer le transport ferroviaire régional, en ce quil contribue fortement au report modal, qui est une priorité, explique Jean-Louis Carrère, vice-président du Conseil régional. La régionalisation de cette activité, le 1er janvier prochain, est donc attendue avec impatience ici, car elle ouvre des perspectives importantes pour accroître le report modal. Avec impatience mais également avec des inquiétudes réelles pour lavenir, ne cache pas lélu aquitain.
Quelle marges de manuvre ?
Elles tiennent aux enjeux financiers considérables quimplique le transfert de compétences. En 2000, les charges de lactivité TER ont représenté 598 millions de francs (MF) pour 266 MF de produits, dont 177 MF de recettes de trafic. Si la dotation de lEtat 375 MF pour compensation du déficit dexploitation et 43 MF environ pour compensation des tarifs sociaux est juste pour 2000, elle risque de ne plus lêtre les années suivantes.
Deux éléments expliquent cette crainte. Dabord, la dotation, indexée sur lévolution de la DGF, évoluera moins vite à terme que lévolution du coût de service. Ensuite, chaque création doffre creusera le déficit, en raison dun taux de couverture de 30 %. Le Conseil régional a ainsi calculé quun développement de 40 % de loffre, sur la période 2002-2010, aboutit à un déficit supplémentaire dexploitation de lordre de 250 MF par an.
A cela sajoute la nécessité de rénover le matériel, jugé vieillissant et insuffisant. A service constant, il faudra y consacrer 80 MF par an pendant dix ans. Lenveloppe sera augmentée de 100 MF par an pendant six ans, si la Région sen tient à son hypothèse de hausse de 40 % de loffre. Autant dire que la situation sera difficile, même si la Région doit recevoir 55 MF par an au titre de la dotation de lEtat pour le matériel roulant. Du coup, affirme Jean-Louis Carrère, la question des ressources nouvelles est posée : Elle est fondamentale car elle conditionnera la marge de manuvre pour un développement harmonieux du TER.
Concertation et proximité
En dépit de ces incertitudes et de ces contraintes, les élus ont commencé à plancher avec la SNCF sur un plan de développement des dessertes pour la période 2002-2010, qui doit faire lobjet dun débat en Assemblée plénière au cours de lannée à venir. Il sappuie sur une segmentation de loffre, avec trois types de dessertes : inter-cités, liaisons dintérêt local, dessertes péri-urbaines.
Parallèlement, le Conseil régional a lancé un audit des 79 gares dAquitaine pour dresser un état des lieux patrimonial de celles-ci. Il débouchera sur un programme quinquennal de modernisation des gares et de lensemble des points darrêt ferroviaires, portant notamment sur la signalétique et les équipements (bancs,...).
Tous ces projets sont menés dans le cadre dune large coopération entre toutes les autorités organisatrices. Celle-ci est dailleurs indispensable, souligne Jean-Louis Carrère, dès lors quil sagit de requalifier certains gares en pôles déchanges intermodaux, dintégration tarifaire, dinformation multimodale. Pour des projets dune telle envergure, il estime même incontournable la création de syndicats mixtes, tels que proposés par la loi SRU.
Dans le même esprit de concertation, le Conseil régional entend faire vivre une démarche de proximité avec les Aquitains. Doù la création, à venir, dun Comité des partenaires du transport public et lactivation des six Comités de bassin définis dans le schéma régional. Pour conforter au quotidien cette démarche, un poste de responsable de la concertation a été créé au sein de la direction des services techniques du Conseil. Des initiatives qui visent à améliorer le service en répondant aux besoins de la population.

Livraisonsà domicile
Un flux pour un autre ?
Le développement des livraisons à domicile peut-il contribuer à réduire lusage de la voiture en ville ? Réponses grâce à une enquête du CREDOC, réalisée à la demande notamment du GART*
Un ménage sur cinq a déjà recours à la livraison à domicile pour ses achats alimentaires, selon une enquête du CREDOC menée auprès de 1 009 ménages habitant Paris et 23 communes de la petite couronne. Et 12 % dentre eux le font de façon régulière.
Relancée au milieu des années 1990 par des chaînes de supermarchés de proximité, telles que Monoprix, confortée par lapparition de lInternet et la création de cybermarchés par les grands distributeurs, la livraison à domicile ne semble donc plus devoir être considérée, aujourdhui, comme un phénomène marginal. Même si, en termes financiers, elle représente encore peu de chose : 2,5 milliards de francs, soit 5 % du total des dépenses alimentaires des ménages concernés.
Pas de réelle substitution
Reste que les pourcentages mis en évidence sont suffisamment importants pour sinterroger sur les effets de la LAD sur les modes de déplacement des consommateurs. En clair, celle-ci est-elle un facteur de réduction de lusage de la voiture en ville ?
Oui et non, peut-on répondre à la lecture de lenquête. Oui, bien sûr, pour ce qui concerne les achats à distance auprès des cybermarchés, puisquici les consommateurs nont pas à se déplacer. Mais ils ne représentent que 22,6 % des adeptes de la LAD.
Non, pour ce qui relève des achats en magasins. Dans ce cas de figure, les clients se déplacent pour faire leur achats et se font livrer après le paiement à la caisse. Selon le CREDOC, 36 % de ces clients se rendent au magasin en voiture alors que les clients nayant pas recours à la LAD ne sont que 29 % à utiliser leur voiture pour leurs achats !
Cette attitude des clients de la LAD na rien de paradoxal, selon le CREDOC, mais est cohérente avec la tendance actuelle à la diversification des pratiques commerciales. Une fois les achats faits et la livraison à domicile demandée, les consommateurs peuvent poursuivre leurs courses dans dautres commerces de la ville ou de la zone commerciale, se rendre chez des amis, aller au travail,...
Dans une large mesure, la LAD ne semble pas se substituer radicalement à lutilisation de lautomobile, commente ainsi le CREDOC. Difficile daller au-delà de cette impression, les données recueillies dans létude ne permettant pas détablir un bilan quantitatif de lévolution des trafics routiers.
Gérer de nouveaux flux
Un point, en revanche, paraît plus évident, même sil nest pas quantifié lui non plus : la livraison à domicile génère de nouveaux flux de transport.
Le nombre de livraisons par tournée, après achat en magasin, sétablit à trois en moyenne. En termes de réduction de trafic, le bénéfice se révèle donc assez faible, puisque les clients continuent dutiliser leur voiture. En revanche, estime le CREDOC, la livraison à partir des cybermarchés apparaît plus efficiente puisque le nombre de livraisons par camion se situe entre 10 et 20 suivant le type de véhicule. Ici, il y a réellement bénéfice et il devrait saccroître avec laugmentation du nombre de clients, le potentiel à moyen terme des clients de la LAD étant estimé à 30 % des ménages concernés.
Reste à gérer ces flux, différents, de transport et à réfléchir sur les aménagements horaires et les réglementations locales des livraisons, comme la souligné le GART, lors dun colloque organisé sur ce thème par les commanditaires de létude du CREDOC, le 20 septembre. Il paraît en effet nécessaire de créer, entre autres, de nouvelles plages horaires de livraison, laprès-midi ou le soir ; de veiller, aussi, à ce que les transporteurs sengagent au respect des règles du jeu de lespace public et du stationnement.
Au-delà, si la LAD a un fort potentiel devant elle, elle pose des contraintes fortes aux transporteurs : horaires atypiques, éparpillement des adresses,... Doù leur souhait de voir créer des points-relais de livraison, pour des marchandises destinées tout autant à des particuliers quà des commerçants. Mais où les implanter précisément ? Comment assurer leur viabilité économique ? Autant de questions qui appellent de nouvelles réflexions de la part des collectivités locales.

Isère
Vers une communauté tarifaire ?
LIsère sur les pas de la Charente-Maritime :de nouvelles autorités organisatrices pour mieux coordonner transports publics urbains, interurbains et ferroviaires
Mettre en cohérence les politiques daménagement et de transports ayant une incidence sur lespace de laire urbaine à travers le PDU et le Sdau* adoptés en même temps en 2000 est une nécessité pour Marc Baïetto, 1er vice-président du Conseil général de lIsère, 1er vice-président du SMTC de lagglomération grenobloise* en charge du PDU, président du Syndicat mixte du schéma directeur et maire dEybens.
Fédérer des territoires
Pour aller plus loin, selon Marc Baïetto, et aboutir à un usage raisonné de la voiture, il sagit de faire travailler ensemble autorités organisatrices existantes et en créer de nouvelles, notamment sur les territoires périphériques. Puisque pour les usagers, les périmètres de transport nexistent pas, ils doivent pouvoir disposer à terme dune billetterie unique et dhoraires harmonisés dans les aires urbaines et dans lensemble du département. Et ce, quel que soit le mode de transport utilisé pour accéder aux gares et stations de transport public : bus, car, tramway, train, vélo ou même voiture.
Conseil général et SMTC ont ainsi cherché, dès avant la loi SRU, à créer de nouvelles autorités organisatrices dans lesquelles le Département est impliqué. La Communauté dagglomération du pays voironnais qui a vu le jour en janvier 2001 en est le premier exemple, deux autres sont en cours de constitution dans le Grésivaudan et au Sud de lagglomération grenobloise. Le Conseil général participe à ces nouvelles structures à 50 %, y compris financièrement, comme elle le fait déjà pour le SMTC, le Sigetu dans lagglomération viennoise au Sud de Lyon, le San de lIle dAbeau et la Ville de Bourgoin-Jallieu.
Cette politique de collaboration, qui vise dans un premier temps à optimiser et harmoniser lexistant, a déjà porté ses fruits (Tagocar, billets communs,
). Sur le plan institutionnel, elle aboutira le 29 octobre 2001 à la signature dun accord de coopération entre le Conseil général, le SMTC, le pays voironnais et la Région en matière dinformation, de tarification, dadaptation de loffre et de projets innovants... qui sont aussi les secteurs dintervention des syndicats mixtes façon SRU.
Marc Baïetto estime quil faut procéder par projets et par paliers : si une collaboration plus intégrée savère utile, on sen donnera les moyens, mais pour le moment il sagit de montrer vis-à-vis de lutilisateur quon est plus efficace ensemble sur un territoire commun que chacun sur le sien.
Un schéma départemental transports
Ce processus de collaboration est renforcé par la volonté du Conseil général, précise Marc Baïetto, dattirer hors SMTC dans laire périurbaine 10 % de len-semble des déplacements vers les transports publics (train et car), soit un doublement en 5 à 6 ans - à travers un schéma départemental transports en cours délaboration dont les premières réalisations verront le jour en 2003. Il sagit de créer un système composé de 6 zones avec un titre combiné unique, quel que soit le mode de transport utilisé, hors ferroviaire, pour linstant. Nous espérons bien, en plus des quelque 460 conventions en cours de signature avec les transporteurs interurbains, pouvoir nous mettre daccord avec la Région Rhône-Alpes, afin que lon puisse, avec le même billet, monter indifféremment dans le train, lautocar ou même le bus ou le tramway et garer son véhicule dans les parcs-relais. Les conventions cest important, mais participer financièrement à des réalisations communes entre plusieurs autorités organisatrices à travers des syndicats mixtes par exemple cest mieux. Dautant que cela permet maintenant, sils sont de type SRU, dinstaurer un versement-transport de 0,5 %. Par rapport au taux de 1,75 % levé dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants dotées dun mode de transport lourd cela peut sembler peu, mais si on arrive à démontrer quune politique volontariste de déplacements résout non seulement les questions de transport mais améliore globalement la qualité de vie urbaine, on aura gagné... et les moyens suivront.
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