PDU : des intentions à laction !
Réunis à Rennes le 29 mai dernier à linitative du GART et des maires des grandes villes (MGV), avec le soutien de Rennes Métropole et de lAdeme, quelque 150 parlementaires, élus et professionnels du transport ont fait le bilan des 45 plans de déplacements terminés, bien décidés maintenant à passer à laction comme les y a invités Jacques Auxiette, président du Gart.
Pour lui, lun des grands acquis des PDU est la prise en compte globale des déplacements, dans lesquels les modes doux qui font lobjet du prix Ademe-Gart 2001 ont repris toute leur place pour assurer, avec les transports publics, une mobilité plus durable et citoyenne. Aux yeux du GART, la loi Solidarité et renouvellement urbains donnera aux collectivités davantage de moyens pour atteindre les objectifs fixés aux PDU à travers larticulation entre urbanisme et déplacements, élément décisif pour reconstruire la ville dense et réduire la pertinence de lusage automobile. Elle permettra, en effet, selon Gilles Ricono, directeur de cabinet de Jean-Claude Gayssot, de donner un coup darrêt à léclatement urbain, tant spatial et fonctionnel que social, au toujours plus loin et au toujours plus de voitures.
Il subsiste malgré tout des difficultés pour la mise en uvre du PDU sur le terrain, estiment des personnalités comme Michel Destot, député-maire de Grenoble, Jean-Louis Schneiter, maire de Reims, André Rossinot, maire de Nancy et président de la Fnau, Denis Baupin, adjoint au maire de Paris en charge des transports, et Christian Garnier, un des responsables de lassociation France-nature environnement, qui participaient à la table ronde de laprès-midi.
Ces difficultés tiennent, entre autres, à lenchevêtrement des périmètres dintervention et à la multiplicité des compétences à lintérieur de ceux-ci. Pose également problème le développement démographique et lurbanisation à lextérieur des périmètres de transport urbain, où se joue la réussite ou léchec des PDU. Nécessité de cohérence, de partenariats, mais aussi dune autorité pour faire les choix politiques permettant de résoudre les problèmes de déplacement sont ainsi pointés. Le représentant du ministre des Transports convient quil est nécessaire dengager très rapidement un exercice politique et institutionnel majeur à ce sujet. Restent enfin des incohérences à traiter entre lobjectif national de diminution de la pollution de lair et différentes procédures comme, par exemple, les dossiers de voirie dagglomération (DVA) dont la maîtrise douvrage revient à lÉtat et qui prévoient souvent un accroissement de la capacité routière. Dans ce cas précis, indique M. Ricono, lors dun arbitrage entre DVA et PDU, cest le PDU qui prime.
A lÉtat de montrer lexemple, estime Jacques Auxiette, en changeant lui aussi sa culture de déplacements à travers ses services déconcentrés. Au plus haut niveau, comme au niveau local, il faut sans doute avoir le courage urbain, selon Daniel Delaveau, président de la Commission Transports de Rennes Métropole, de rompre la dépendance automobile. Thème qui sera au centre des débats des Rencontres du transport public du 21 au 23 novembre 2001 à Bordeaux.

Financement
LÉtat revoit son système daides
Une simplification des attributions et une meilleure adéquation
aux objectifs de développement durable sont les objectifs de cette réforme des aides de lÉtat
e ministère des Transports vient dachever la refonte de la circulaire du 21 décembre 1994 relative aux aides de lÉtat aux transports collectifs de province. Cette nouvelle mouture, plus ouverte et plus claire, tient compte du contexte de la réalisation des PDU, des nouveautés apportées par la loi SRU et de la nécessité de développer lintermodalité et la desserte du périurbain.
Principales nouveautés, la prise en compte des projets des syndicats
mixtes de transport créés par la loi
SRU, le financement dexpérimentations dactions novatrices de mise en uvre des PDU (plans de mobilité, livraisons
), le financement des investissements nécessaires à lamélioration de lintermodalité (information, parcs-relais, billettique
multimodale
), le financement des aménagements cyclables structurants ou encore le financement des améliorations de dessertes ferrées urbaines et périur-
baines (projet de tram-train
).
Concernant le financement du matériel roulant, maintes fois réclamé par les élus du GART, la nouvelle circulaire accorde une subvention pour les acquisitions de nouveaux véhicules, à condition quils soient parfaitement accessibles aux personnes handicapées et quils répondent aux normes environnementales en vigueur. En revanche, le renouvellement du parc est exclu de ces aides. Lacquisition de matériel roulant pour assurer des services de transports à la demande ou pour les personnes à mobilité réduite peut également être prise en compte. À noter : les départements et les régions pourront également bénéficier daides pour financer leurs acquisitions de matériels roulants routiers (hors lignes scolaires), ainsi que pour les études préalables à lélaboration des schémas départementaux et régionaux de transport.
Côté TCSP, les équipements de surface, en particulier les bus en site propre, continueront à être privilégiés. Des aménagements connexes, destinés à améliorer la qualité de service, pourront également faire lobjet daides de lÉtat.
Ouvertes à de nouveaux domaines, les conditions dattribution des aides de lÉtat ont toutefois été renforcées. Pour en bénéficier, les agglomérations de plus de 100 000 habitants devront avoir approuvé un plan de déplacement urbain. Pour les agglomérations de moins de 100 000 habitants, laide sera subordonnée à lexistence dune politique globale de déplacements cohérente avec les objectifs assignés aux PDU.

Prix Ademe-Gart
On circulera plus doux dans lagglomération lilloise...
Le prix Ademe-GART 2001 récompense Lille Métropole pour sa prise en compte innovante de la marche et du vélo dans le PDU de lagglomération. Deux mentions spéciales en prime : pour le PDU de la Communauté urbaine de Bordeaux et celui dIle-de-France
Le jury du prix Ademe-GART 2001 prime cette année le PDU de Lille Métropole, choisi parmi une dizaine de plans de déplacements présélectionnés*.
Lille Métropole : une ambition forte
La Communauté urbaine de Lille, consciente de la difficulté dinverser à court terme la tendance lourde de la périurbanisation et lallongement des distances couvertes en automobile quelle entraîne, se propose, à travers le PDU, dagir sur lautomobilité des habitants pour la réorienter vers des modes moins polluants. Objectif : doubler la fréquentation des transports collectifs et lusage du vélo (de 2 à 4 %), maintenir la part modale de la marche à 28 % et réduire de 10 % le nombre de déplacements effectués quotidiennement en voiture par chaque habitant (sur un volume de 12 millions de véhicules-kilomètres/ jour internes à lagglomération, hors trafic déchange et de transit).
Cependant, puisque cette baisse est compensée par lallongement des trajets (6 %) et la croissance de la population (4 %), on aboutit, à lhorizon 2015, à une stabilisation de la circulation automobile. Ce qui peut sembler modeste, mais qui correspond en réalité à une action énergique pour ne pas voir progresser le trafic automobile de 30 % sur 15 ans par rapport à un
scénario au fil de leau (croissance de
2 % par an si rien nest fait). De plus, cette réduction est exprimée en valeurs absolues et non en simple part modale, ce qui classe le PDU de Lille Métropole parmi les plans de déplacements urbains les plus ambitieux de France.
Des mesures prescriptives
Pour classiques quelles soient, il est important de noter que les mesures dencouragement à lusage du vélo et de la marche et les aménagements prévus pour un meilleur partage de lespace public et une plus grande sécurité des cyclistes et des piétons sont inscrites dans des documents intégrés au PDU. Chartes techniques daménagement, guide de lespace public (projet) avec schémas dobjectifs et programmation pluriannuelle des investissements, charte technique et schéma directeur de modération de la vitesse, schémas directeurs et chartes piétons et vélo (vélo quotidien et vélo-loisir) deviennent ainsi prescriptifs et opposables.
Par ailleurs, des micro-PDU devront garantir la transversalité des décisions et la cohérence des projects locaux avec le PDU dagglomération. Enfin, les mesures vélo et piétons sont chiffrées : 200 à 250 MF programmés jusquen 2003 ou 2006 et, surtout, il est prévu de réorienter les dépenses au sein du budget communautaire : moins de voies nouvelles, plus de zones 30 et daménagements en faveur des cyclistes et des piétons.
Bordeaux et Ile-de-France : une démarche originale
Dans lagglomération bordelaise, on vise à doubler la part du vélo (horizon 2010) pour quelle atteigne 7 %. Originalité forte de ce PDU : la volonté de tendre vers une affectation de 50 % de lespace public au maximum à la voiture pour tout nouvel aménagement de voirie. Il est également question de mieux protéger les trottoirs du stationnement sauvage et de créer un réseau vert pour les piétons et les cyclistes reliant les espaces verts au sein de lagglomération.
Placé sous la responsabilité de lÉtat et orchestré par le Direction régionale de léquipement, le PDU dIle-de-France a pour objectif de faire progresser la part de la marche dans lensemble des déplacements de 10 % pour les déplacements inférieurs à 1 km ainsi que les déplacements domicile-école, tout en doublant le nombre de déplacements en vélo (horizon 2005). Libération des trottoirs, renforcement du maillage et des continuités cyclables, gardiennage plus systématique des vélos et autres deux-roues devant les lieux publics, réservation despaces de stationnement vélo (selon un ratio de 1 % de lespace alloué au stationnement des voitures) sont au programme. Investissements prévus (outre les participations des communes) : 330 MF pour les circulations douces sur 6 ans. La réduction du trafic automobile interne à lIle-de-France est exprimée, comme à Lille Métropole, en nombres absolus (-3 % de véhicules-kilomètres). .
* Bordeaux, Grenoble, Ile-de-France, Lille, Lyon, Metz, Nantes, Nîmes, Orléans, Strasbourg.

Parution : Les collectivités territoriales et le transport de marchandises
Après des années dignorance, les villes ne peuvent plus se désintéresser du transport de marchandises qui occupe 20 % de lespace de voirie (déplacements des particuliers pour leurs achats compris). Elles veulent simpliquer davantage dans leur gestion, encouragées par la loi sur lair qui, en 1996, a imposé aux plans de déplacements urbains de prendre en compte lorganisation du transport de marchandises et des livraisons. Ladoption de la loi Solidarité et renouvellement urbains en décembre 2000 a encore renforcé le rôle des PDU dans la mise en place dune organisation cohérente du transport de fret. Parallèlement, les régions vont devenir, dans moins dun an, organisatrices des transports ferroviaires régionaux de voyageurs, et elles sintéressent au développement concomitant du fret ferroviaire, du fait de la concurrence dans lattribution des sillons.
Fort de ces constats, le GART anime depuis 1999 deux groupes de travail marchandises à destination de ses adhérents (autorités urbaines, départementales et régionales organisatrices de transport). Ces groupes ont donné lieu à des interventions et des débats qui font aujourdhui lobjet dune publication. On y trouve les sujets relatifs au fret qui intéressent les collectivités territoriales parce quils ont un impact fort sur lenvironnement et le développement économique des territoires : techniques et organisations innovantes (du cabotage maritime aux livraisons par véhicules électriques en passant par le transport fluvial des déchets...), problèmes institutionnels (instances de concertation pour lorganisation des sillons ferroviaires), enjeux durbanisme (que faire des emprises ferroviaires en milieu urbain ?), questions européennes, questions méthodologiques... Ce document constitue à ce titre un témoignage des interrogations et des propositions actuelles des collectivités territoriales vis à vis du fret.

Bus VarMer à prix unique
Le syndicat intercommunal des transports Bus VarMer, de la région de Saint-Laurent-du-Var, vient de mettre en place une tarification unique sur son réseau.
Lancien système de zone est supprimé afin de rendre le trajet en transport public plus avantageux. Un ticket permet deffectuer un trajet dans un délai dune heure, correspondance comprise. Avec cette mesure, le réseau Bus VarMer devient le moins cher des Alpes-Maritimes.

Besançon : la petite collection de voyages en douce est de retour
Après une pose hivernale, lévénement mensuel de la Compagnie des transports bisontins reprend en présentant des bus décorés réalisés en partenariat. Dans le domaine culturel notamment, un bus de la flotte est dédié à la Saline Royale dArc et Senans, inscrite au patrimoine mondial de lUNESCO. Le partenariat avec la CTB offre en plus aux abonnés du réseau des réductions pour visiter ce haut lieu culturel de la région. Dans le domaine social, un autre bus de la CTB, décoré par des jeunes encadrés par une plasticienne, a été mis à la disposition de la Maison pour Tous de Besançon afin dinformer les Bisontins des dates des fêtes de quartiers.
Enfin, la CTB a décoré un de ses véhicules pour fêter une première pour la ville de Besançon : un timbre édité par la poste sur la capitale franc-comtoise.

Précision
Dans le numéro 173 de la Lettre du GART, daté davril 2001, il aurait pu sembler que nous attribuions la défaite dYvon Robert aux élections municipales à la grève qui a paralysé le réseau de Rouen pendant plusieurs semaines. Or, il apparaît que les causes de ce revers sont tout autres, comme nous la précisé Raymond Hue, PDG des Transports en commun de lagglomération rouennaise. Nous en prenons acte.
Michel Cornil réélu à la présidence de lUTP
Michel Cornil a été reconduit à la tête de lUnion des transports publics quil préside depuis 1993.
Il est actuellement président de
SYSTRA, PDG de la Société lyonnaise de transport en commun et conseiller du président de la SNCF sur les questions dintermodalité.
Ses vice-présidents sont toujours Philippe Segretain, président de Transdev, et Antoine Frérot, directeur général de CGEA et Connex.

Jean Perdoux succède à Michel Gilbert au Club des villes cyclables
Conseiller de la Communauté dagglomération annécienne et vice-président du Syndicat intercommunal du lac dAnnecy, Jean Perdoux a été élu à la présidence du Club des villes cyclables dont il est lun des trois vice-présidents depuis 1998. Il succède ainsi à Michel Gilbert, maire adjoint de Grenoble de 1995 à 2001.
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