Mobilisation pour la libre administration des collectivités territoriales
Depuis quelques semaines, on assiste à une levée de bouclier des différents acteurs français et européens contre une disposition de la proposition de règlement européen en matière dexigences de service public dans le domaine des transports de voyageurs, visant à restreindre la libre administration des collectivités locales, notamment par lobligation de mise en concurrence des régies. Souvent vives et critiques, ces réactions vont dans le sens de la position exprimée par le GART lors de son assemblée générale de novembre 2000. En effet, ce document prévoit une mise en concurrence systématique des services de transport, ce qui aurait pour conséquence de soumettre à la concurrence les régies. Pour les adhérents du GART, la possibilité pour une autorité compétente de gérer elle-même son réseau ou den confier sa gestion à un tiers doit être préservée. Il sagit dun choix politique. Cest pourquoi les élus responsables de transport ont condamné fermement cette disposition, qui porterait atteinte au principe de libre autonomie des collectivités locales et en ont appelé au maintien du principe de subsidiarité.
Nombreuses ont été les réactions identiques, au niveau des collectivités territoriales européennes tout dabord, puisque le Conseil des communes et des régions dEurope (CCRE) et les associations qui le composent se sont mobilisés pour faire valoir leurs droits. Des associations délus venues dAllemagne, du Royaume-Uni et dAutriche se sont jointes au GART pour revendiquer la libre administration des collectivités locales auprès des parlementaires européens membres de la Commission de la politique régionale, des transports et du tourisme. Le rapporteur, Erik Meijer, sur la proposition de réglement, déplore que les prérogatives des collectivités naient pas été respectées et a déposé des amendements pour la modifier.
Devant cette mobilisation, le Parlement français na pas tardé à réagir. Un rapport a récemment été rendu par la délégation de lAssemblée nationale pour lUnion européenne, pour prévenir les éventuelles dérives et présenter les voies souhaitables dune concurrence régulée. Le rapporteur, Didier Boulaud, a dailleurs été particulièrement attentif aux remarques du GART, puisquil juge que la proposition de règlement européen porte une atteinte inacceptable au principe démocratique.
Pour clore ce concert de protestations, le député européen Gilles Savary vient de lancer un appel intitulé Sauvons les régies. Mises en danger dans le domaine des transports par cette proposition de règlement européen, beaucoup craignent que lobligation de mise en concurrence des régies ne sétende à tous les domaines : eau, déchets, mais aussi on peut le craindre culture, éducation ou police municipale.
Reste au gouvernement français à prendre position sur le sujet.

PDU
Associer commerce et développement durable
Pour préserver laccessibilité et le dynamisme des zones économiques en réduisant la dépendance automobile pour les achats et en favorisant des comportements dachats plus respectueux de lenvironnement, de multiples mesures proposées par les PDU, parfois à linitiative des CCI, sont liées au commerce. a quasi-totalité des PDU consacrent un chapitre au transport des marchandises, dont généralement une part importante est consacrée aux problèmes de livraisons des commerçants de centre-ville. Tous ou presque proposent ainsi une redéfinition des horaires de livraisons et des gabarits et tonnages des véhicules, ou une meilleure organisation des stationnements réservés. Plusieurs PDU recommandent également de naccorder un permis de construire quaux établissements commerciaux ayant prévu une zone daccueil pour les véhicules de livraison (au besoin par modification de larticle 12 des POS) et nombreux sont ceux qui proposent daider les professionnels à développer des espaces de services logistiques.
Mais les mesures liées au commerce ne sarrêtent pas là, car le dynamisme commercial des centres urbains fait unanimement partie des objectifs généraux affichés par les PDU. Lune des priorités des PDU est daméliorer le fonctionnement du stationnement rotatif de courte durée pour favoriser les usagers utiles (PDU de Besançon) du centre-ville. Il sagit, comme le résume le PDU de Reims, dinciter les pendulaires à libérer les places de stationnement au bénéfice des chalands. Pour cela, beaucoup de PDU proposent lextension du stationnement payant ou des mesures de gratuité pour un stationnement court à Nîmes et Valen-ciennes. Toulon préconise des accords tarifaires avec les commerçants, tandis quà Poitiers il est envisagé dautoriser aux particuliers larrêt-minute sur les emplacements de livraison en dehors des heures de livraisons autorisées.
Agir sur la desserte
et lurbanisme des commerces
La localisation et laccessibilité des équipements commerciaux conditionnent de façon non négligeable le poids des déplacements motorisés dans une agglomération. Mais si les PDU sont nombreux à insister de façon générale sur la nécessité de concilier politiques durbanisme et politiques de déplacements, lurbanisme commercial proprement dit noccupe que peu de place. Trois types dobjectifs sont visés :
o favoriser un retour aux commerces de proximité, moins consommateurs de déplacements automobiles (PDU de Bordeaux, Lille, Lorient et Nancy). Pour le PDU de Lille par exemple, il convient de limiter drastiquement les développements et les extensions des équipements commerciaux situés en périphérie ou en bordure dagglomération ;
o rendre plus accessibles en transport public ou en modes doux les grandes surfaces de périphérie : création dune ligne TC reliant les centres commerciaux le samedi ainsi que laménagement des cheminements entre arrêts TC et centres commerciaux à Monbéliard, mise en place de stationnement vélo dans les centres commerciaux à Brest et en Ile-de-France ;
o prendre en compte lorganisation des déplacements dans les procédures dattribution des autorisations durbanisme commercial. Certains PDU proposent que la qualité de la desserte TC et limpact sur les déplacements en voiture particulière constituent des critères dautorisation dimplantations commerciales (prise en compte obligatoire depuis la loi SRU).
Anticiper le commerce de demain
Un nombre non négligeable de PDU incite au développement de formules daide au portage des marchandises et de livraisons à domicile par des professionnels (Bordeaux, Dijon). Moins nombreux en revanche sont les PDU qui prennent en compte le développement prévisible des achats à distance, via en particulier le commerce électronique. Or une étude récente réalisée par le CREDOC sur les livraisons à domicile(1) a révélé que le nombre dutilisateurs actuels et potentiels était important. À Caen, il est estimé que le développement des systèmes de communication permet un développement des livraisons à domicile, ce qui devrait permettre de limiter les déplacements liés aux achats. Enfin à Valenciennes, le PDU propose dencourager des services de livraison commune pour les vendeurs par correspondance au niveau des établissements de retraite, des hôpitaux ou des immeubles collectifs.
(1) Étude réalisée pour le compte du GART, de la ville de Paris, de la CCI de Paris, du ministère de lÉquipement, du GIE Peugeot-Renault. Cette étude portait sur 1009 ménages parisiens et de proche banlieue. Une prochaine Lettre du GART en fera état en détail.

Déplacements
Lère des migrations
Étalement urbain aidant, les migrations alternantes concernent aujourdhui 60,9 % des actifs qui effectuent des trajets domicile-
travail de 15,1 km en moyenne. Explications.
En dix ans, la migration alternante déplacement dun actif ayant un emploi hors de sa commune de résidence sest largement amplifiée. En 1999, les migrants alternants représentaient ainsi 60,9 % des actifs contre 52,3 % en 1990 et 46,1 % en 1982.
Selon lINSEE*, cette évolution est liée au développement des aires urbaines (voir encadré). Formées dun pôle urbain (une ville-centre et une banlieue) et dune couronne périurbaine, leur population est passée de 41 à 45 millions dhabitants entre 1990 et 1999. La moitié de cette hausse est due à lextension géographique des aires urbaines, ce qui rend compte de limportance de létalement urbain.
Toutes les régions concernées
Les migrations alternantes mises en évidence par lINSEE sappuient sur lobservation des déplacements domicile-travail. Il y a migration alternante dès lors quun actif travaille dans une commune autre que celle où il réside.
Ainsi, 79 % des actifs résidant en couronne périurbaine travaillent dans une autre commune que celle de leur résidence : en 1990, ils étaient 69,6 %. Cette hausse est due à deux facteurs, selon lINSEE : nombre dactifs qui déménagent sinstallent dans ces zones ; laugmentation de lactivité féminine contribue à grossir le flux des déplacements domicile-travail intercommunaux.
76,4 % des actifs résidant en banlieue des pôles urbains travaillent dans une autre commune : ils étaient 70,8 % en 1990. Quant aux actifs habitant dans les villes-centres, ils sont 31,7 % à se déplacer hors de celles-ci pour leur travail (25,5 % en 1990).
Plus nombreuses, les migrations alternantes sont également plus longues : elles atteignent en moyenne 15,1 km en 1999 contre 14,1 en 1990 et 13,1 en 1982. Encore faut-il préciser que ces distances sont calculées à vol doiseau, ce qui tend à sous-estimer la longueur des trajets par rapport à leur longueur réelle.
Les actifs des couronnes périur-
baines font en moyenne un trajet
de 16,6 km, ceux des banlieues 11,6 km. À noter que, lorsquils se déplacent, les actifs des villes-centres effectuent le plus long trajet (18,6 km en moyenne).
Si lIle-de-France compte le plus fort pourcentage de migrants alternants (69,5 %), la région Nord-Pas-de-Calais suit de près avec 67,3 %. Viennent ensuite, lAlsace, la Lorraine, la Picardie. Mais globalement, toutes les régions affichent une hausse des migrations alternantes, laquelle atteint notamment plus de 11 % en Bretagne et en Languedoc-Roussillon.
Selon une enquête réalisée par lINSEE en 2000, et portant sur les conditions de vie des ménages, 59 % des Français utilisent leur voiture pour se rendre à leur travail. Le rapprochement de ce chiffre avec ceux relatifs aux migrations donne toute lampleur du défi auquel sont et vont être confrontés les transports publics : létalement urbain. Cest lenjeu de demain pour les déplacements. La loi SRU donne aux collectivités locales des outils pour mieux le maîtriser en faisant le choix de calquer le développement de lurbanisme sur les dessertes des transports publics, et non linverse, comme cela a trop souvent été le cas. n C.G.
* Les déplacements domicile-travail, in INSEE Première, n°767, avril 2001.
Le périurbain élargit les aires urbaines
En 1999, on recense 354 aires urbaines. 222 communes périurbaines (440 000 habitants) sont devenues partie intégrante des pôles urbains en 1999. Plus de
1 000 communes multi-polarisées (800 000 habitants) ont été intégrées dans les couronnes périurbaines en 1999. Il sagit là de communes rurales et dunités urbaines, situées hors des aires urbaines, dont 40 % au moins de la population travaille dans une ou plusieurs aires urbaines.
Au total, 45 millions de personnes vivent dans les aires urbaines en 1999, soit 77 % de la population. 9 millions dentre elles (21 % contre 17 % en 1990) résident dans les couronnes périurbaines, qui regroupent 30 % des communes françaises.

Parution : Transport public et délégationde service public
Après huit années dapplication, de nombreuses décisions juridictionnelles sont venues préciser les dispositions de la loi du 29 janvier 1993 relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques.
Compte tenu des multiples questions que soulève la passation dune convention de délégation de service public, le GART a réalisé un guide pratique permettant de mener à bien une procédure de mise en concurrence et déviter les multiples embûches qui peuvent apparaître tout au long de cette démarche.
Cet ouvrage présente les différentes phases de la procédure et donne un aperçu sur les perspectives des réformes françaises, mais aussi européennes. Il rappelle le contexte des contrats de transport et tente de répondre à un certain nombre de questions : doit-on faire une publicité européenne ? Qui dresse la liste des candidats admis à présenter une offre ? Doit-on publier un avis dattribution ? Dans quelles conditions peut-on recourir à la procédure de négociation directe ?...

Lille métropole lauréate du Prix ADEME-GART 2001
Lagglomération lilloise a remporté le prix ADEME-GART 2001 consacré aux modes doux vélo et marche dans les Plans de déplacements urbains (PDU). Déjà lauréate en 1999 sur la citoyenneté dans les transports publics, Lille Métropole, communauté urbaine, a été récompensée de ses efforts pour la prise en compte des modes doux dans les déplacements urbains et pour sa volonté de sensibilisation aux enjeux des déplacements durables.
Deux mentions ont également été décernées, lune à la communauté urbaine de Bordeaux et lautre au plan de déplacements urbains dIle-de-France.

La Semaine du transport public, ça roule !
La prochaine Semaine du transport public aura lieu du 17 au 23 septembre 2001 pour la 8e année consécutive. Le Comité de promotion des transports publics (CPTP), organisateur de lévénement, est déjà mobilisé pour faire de cette 8e édition une réussite nationale. Cette année, la Semaine du transport public sera
placée sous quatre grands angles afin de toucher un plus large public et bien rendre compte de la mission
de service public dont sont investis les transports en commun : accessibilité, convivialité, environnement et citoyenneté. Une nouvelle signature fera par ailleurs son apparition cette année : Pour des déplacements économes, efficaces et propres !.
Côté outils de communication, le CPTP prévoit, entre autres, de renouveler la publication dun ouvrage de nouvelles à offrir aux usagers, réunissant des auteurs réputés aux éditions du Serpent à Plumes, ainsi que lédition dun numéro spécial de Textes et Documents pour la Classe (revue éditée par le CNDP, Centre national de la documentation pédagogique, avec qui le CPTP sest associé) sur les transports publics, à destination des enseignants du primaire et du secondaire... Ce dernier aura pour vocation de faire comprendre aux scolaires les problèmes de déplacements rencontrés aujourdhui et de présenter les solutions locales mises en place pour mieux se déplacer. Parallèlement à cette revue, le CPTP lancera durant la Semaine un grand concours national ouvert aux collégiens : des propositions de jeunes pour le transport public. n
Pour sinscrire et pour toute information : Sébastien Fournier 01 48 74 04 82 cptp@infonie.fr

Transfert progressif de la participation de Renault dans Iribus
Du fait de lautorisation par la Commission européenne de lalliance Renault-Volvo, et afin de respecter les règles de la concurrence, Renault a décidé de transférer progressivement sa participation dans Irisbus à son partenaire au sein de ce groupe, Iveco. Détenu à 50-50 initialement, le capital sera dans un premier temps cédé à hauteur de 15 % de Renault vers Iveco. Les 35 % restant seront soldés fin 2002. Irisbus a annoncé que cet accord nentraînerait aucun changement commercial et industriel pour le groupe.
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