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Février 2001

 LA LETTRE DU GART

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Schémas de service : de bonnes intentions mais pas assez d'actions

Le projet de "Schémas multimodaux de services collectifs de transport de voyageurs et de transport de marchandises", présenté par la DATAR à l'automne dernier, est actuellement soumis à la consultation. Il constitue une véritable avancée vers une approche multimodale de l’organisation des déplacements de marchandises et de personnes. Ce document affiche clairement des priorités, en faveur du fret ferroviaire et des modes alternatifs à la route, ou en faveur des transports collectifs en milieu urbain et périurbain. Toutefois à la lecture du projet de schémas de service, les élus locaux responsables des transports et des déplacements observent un certain décalage entre, d’une part, l’affichage dans le discours d’une approche globale, favorable au développement durable, et, d’autre part, l’inventaire des mesures concrètes inscrites dans le document.
De manière générale, ce document, qui dresse en principe les grandes actions de l’État et de ses partenaires en matière de transport pour les 20 prochaines années, semble manquer d’inventivité, et peut-être d’ambition sur le long terme.

Citons quelques exemples :

De manière générale, parmi les projets cités, la route semble toujours et encore tenir le haut du pavé. Par exemple, l’objectif de maillage des réseaux routiers et autoroutiers est largement cité, mais il est rarement question de mailler le réseau ferroviaire. Parmi les objectifs en matière de route, la poursuite des contournements d’agglomération est plusieurs fois évoquée, mais l’impact de telles infrastructures sur le développement de la périurbanisation et, in fine, de la circulation n’est pas appréhendé. Et aucune nouvelle orientation n’est affichée en matière de tarification de la voiture particulière et des transports collectifs, bien qu'elle soit citée comme un élément majeur d'influence sur la répartition modale.

Plus grave, le système d’aides de l’État aux transports publics de province, est considéré comme immuable d'ici 20 ans. Seules les aides à la mise en œuvre des PDU sont signalées et, si la nécessité du développement des bus propres est soulignée, la possibilité pour l’État de l’accélérer n’est pas proposée.
Pour leur part, les projets de TCSP en province paraissent sous-estimés. Le projet de schémas de service avance le chiffre de 40 milliards de francs de projets pour les 20 prochaines années alors que le GART l'estime à 56 milliards pour les 12 prochaines années. De plus, l’intérêt d’inscrire ces projets à l’intérieur des contrats de Plan État-Région ou d’agglomération n’est pas évoqué. Enfin, on peut s’étonner que nulle part soit soulevée la question du financement du fonctionnement de l’ensemble des mesures inscrites dans le schéma. Seul le financement des infrastructures est abordé.

On remarquera enfin que, compte tenu des délais, les possibilités ouvertes par la loi SRU n'ont pu être intégrées. La concertation permettra certainement de rectifier le tir.

Le président du GART


Mémento 2000
Nouvelle hausse des investissements

Investissements à la hausse (+ 45 %), accroissement de la participation de l'État au financement et succès de la régionalisation sont les faits marquants de l'année 1999, révélés par le Mémento des transports publics 2000 GART-DEXIA.

1999 a été marquée par une reprise massive des investissements. C'est le fait marquant du Mémento des transports publics 20001, publié par le GART et DEXIA. Ce sont principalement les transports en commun en site propre et la mise en œuvre des plans de déplacements urbains qui en sont la cause. En effet, en 1999, le montant des dépenses réelles d’investissement (hors remboursement des capitaux empruntés) dans les transports publics urbains de province a connu une progression spectaculaire, atteignant 8,14 milliards de francs (1,24 milliard t) contre 5,64 milliards de francs en 1998. Cette progression est essentiellement le fait des réseaux à sites propres, qui réalisent plus de 85 % de l’investissement total.
Ce phénomène confirme la reprise amorcée depuis 1997 et s’inscrit dans un contexte économique et financier favorable à l’investissement local. Sans oublier le contexte politique, qui a placé l'année 1999 en phase ascendante du cycle électoral.

Les investissements 1999 sont les TCSP 2000-2002
Logiquement, la structure des investissements est sensiblement différente de 1998, avec une montée en puissance massive des travaux, dont la part dans le total est passée de 34 % à 68 % en 1999. Il s'agit, bien sûr, en grande partie, des nombreux sites propres inaugurés en 2000 ou qui le seront en 2001-2002.

Les ressources d’investissement ont, en revanche, progressé modérément (+ 1 %). Les emprunts sont devenus le principal mode de financement des investissements (47 % des ressources totales contre 22 % en 1998). Il convient de remarquer la progression des subventions l’État dans le financement des investissements, qui atteignent, en 1999, 8 % de la ressource totale, contre 5 % l’année dernière.

L'État se fait également remarquer en matière de financement. Pour la première fois depuis de nombreuses années, l’État a multiplié par 1,5 son poids dans le financement global (investissement et exploitation) des transports publics de province. À travers les subventions d’équipement, 984 millions de francs d’aides de l’État (150 millions t) ont été utilisés par les autorités organisatrices en 1999 (contre 653 millions de francs en 1998), dont environ 681 millions de francs (103,8 millions t) pour 4 réseaux ayant un projet de site propre (tramways de Lyon et Montpellier et VAL de Lille et Rennes).

Trafic régional : expérimentation réussie
Côté fréquentation, si dans les transports urbains de province, le nombre de voyage a connu une augmentation modeste (+ 0,5 % par rapport à 1998), dans les transports régionaux, les effets de la régionalisation continuent de se faire sentir sur les trafics. Ils ont progressé plus vite dans les régions expérimentales (+ 12,1 % entre 1996 et 1999) que dans les autres régions (+ 6,3 % entre 1996 et 1999). Il en est de même pour les recettes qui ont respectivement progressé de 11,7 % et 6,7 % sur la même période. Ce qui est de bon augure pour toutes les régions qui vont se lancer dans le transfert de compétence généralisé par la loi Solidarité et renouvellement urbains.

2000-2001: l'État poursuit son effort
En 2000, le montant des subventions de l’État aux transports urbains de province aura atteint 1 722 millions de francs (262,5 millions t), dont 974 millions de francs (148,5 millions t) inscrits dans la loi de finances rectificative, correspondant au versement de la totalité des subventions d’investissement aux réseaux à site propre. Auparavant, ces autorisations étaient inscrites par tranche, au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Pour l’année 2001, le montant des autorisations de programme est de 1 340 millions de francs (204,3 millions t), dont 785 millions pour les sites propres (119,7 millions t) et 555 millions (84,6 millions t) pour les plans de déplacements urbains et autres améliorations des transports collectifs de province. Globalement, hors loi de finances rectificatives, la progression des autorisations de programmes inscrits en loi de finances initiale est de près de 80 % en francs constants.

Clermont-Ferrand
Une vitrine de l'innovation

Un système de transport novateur, des véhicules à la pointe de la technologie, une nouvelle offre conçue dans une large démarche participative : c'est Léo 2000, le projet qui doit faire de Clermont-Ferrand une ville-vitrine pour les transports collectifs.

Si la ville de Clermont-Ferrand souffrait jusqu'ici d'un "déficit d'image", comme le reconnaît Serge Godard, sénateur-maire et président du SMTC, le lancement de Léo 2000 et l'arrivée du Civis vont certainement "combler" celui-ci. Au travers de ces deux premières mondiales, Clermont-Ferrand veut devenir "une ville-vitrine pour les transports collectifs", une vitrine pour les villes et agglomérations moyennes dont la population est inférieure au seuil de faisabilité d'un tram-train (320 000 habitants), précise Serge Godard.
Cette volonté repose sur un constat, explique Louis Virgoulay, vice-président du SMTC : "si nous voulons lutter contre l'envahissement de la voiture, il faut promouvoir les transports collectifs. Pour cela, il faut faire preuve d'imagination en mettant à la disposition du public des moyens novateurs, révolutionnaires".

Une innovation à 50 MF

L'occasion d'innover a été offerte par la nécessité, mise en exergue par le PDU, de réaliser deux axes de transport structurants. L'un, nord-sud, sera exploité avec un tramway, sur pneus, qui circulera à l'horizon 2004. Pour l'autre, est-ouest, la configuration plus contrainte (déclivité due au relief, différentes largeurs de voies, environnement urbain particulier,..) a imposé de réfléchir à un type de transport novateur.
Résultat de ces réflexions : un nouveau concept de transport guidé au sol. Baptisé Léo 2000 et long de 4,7 km, dont 3 km en site propre, il relie la gare de Clermont-Ferrand aux villes de Chamalières et Royat. La nouveauté ? Sur un kilomètre (deux à terme) et pour 13 stations (24 prochainement), il est en guidage optique.
Des caméras placées à l'avant des véhicules lisent un marquage au sol (lignes blanches pointillées) matérialisant la trajectoire. Le conducteur peut à tout moment reprendre le véhicule en mains, dès qu'il sort d'une zone marquée ou qu'il y a un obstacle sur celle-ci (voiture en stationnement,...). Les arrêts sont guidés : l'accostage est automatique et l'agenouillement du véhicule permet l'accès de plain-pied des fauteuils roulants.
Représentant un investissement total de 5O MF, Léo 2000 est exploité, pour l'heure, avec six Agora munis de caméras. Le 3 février a été livré, pour une phase de tests, le premier Civis guidé optiquement et muni, en outre, d'un moteur-roue électrique. A la fin 2001, six Civis seront mis en exploitation commerciale, ce qui constituera une première mondiale, et remplaceront les Agora, pris en location avec option d'achat.

Obligation de résultats

Mais l'opération Léo 2000, inscrite au PREDIT, va bien au-delà de l'innovation purement technologique qui va être évaluée pendant une durée de 36 mois. Ainsi, explique Serge Godard, la desserte de la gare SNCF représente une "occasion unique de faire une intermodalité intéressante" avec le transport ferroviaire. S'y ajoutera bientôt l'intermodalité avec le transport interurbain, grâce au déplacement de la gare routière.
Par ailleurs, la création de Léo 2000 s'accompagne d'une refonte complète du mobilier urbain et des stations, dessinées par Jean-Michel Wilmotte, y compris sur les communes de Chamalières et de Royat. Cette uniformisation, qui a fait l'objet d'une convention de partenariat, répond à une logique, selon Louis Virgoulay : "affirmer l'unité de la ligne au niveau de son aménagement et de son insertion urbaine".
Et puis, il y a la contribution citoyenne au projet. Les associations de personnes handicapées, d'usagers, de riverains, de commerçants ont été associées "en amont de l'amont du projet", souligne François Moulin, secrétaire général du SMTC. Autant pour définir le design des nouvelles stations que pour tester l'accessibilité des véhicules et du système, qui est l'un des "beaux atouts" de Léo 2000, selon Serge Godard. Du coup, ajoute Louis Virgoulay, "nous avons maintenant une obligation de résultats et surtout l'obligation de rendre des comptes". Pendant les trois ans à venir, la population va donc être consultée quasi-quotidiennement pour faire le point sur le confort des véhicules, l'accessibilité, la ponctualité, la nouvelle esthétique urbaine,...
Une démarche "exemplaire et unique" qui vise à montrer, comme le dit un document du SMTC, qu'en "rendant les transports collectifs plus attractifs et performants, le SMTC sert la liberté de déplacement des citoyens".

Le SIOTAS choisit Cristalis

Pour remplacer les trolleybus toujours en service à Saint-Étienne, le SIOTAS a choisi le Cristalis produit par IRIBUS. Le contrat porte sur la fourniture de 30 véhicules livrables en 2002.

L'Annuaire National des Transports Publics 2001 est paru

Toujours plus complet et plus pratique, l'Annuaire National des Transports Publics 2001 réalisé par le GART constitue la base de données incontournable sur les transports publics en France. Tout ce qui est important à connaître (résultats, contrats, tarification, responsables…) sur plus de 700 autorités organisatrices et sociétés exploitantes est dans cet annuaire, entièrement réactualisé. L'annuaire propose en outre "le Guide européen du transport public" ainsi qu'un répertoire de tous les téléphones utiles pour les professionnels des transports publics.
809p., 695 francs TTC, en vente au GART

Rouen : inauguration de TEOR et d'un pôle d'échanges

À Rouen, l'inauguration des premiers tronçons des lignes TEOR a eu lieu le 10 février dernier. Après Clermont-Ferrand, l'agglomération rouennaise est la seconde à se doter de la technologie Civis, adaptée sur des véhicules Agora mais aussi sur deux prototypes Civis. Pour l'instant, seules deux des trois lignes (les lignes 2 et 3) de TEOR sont progressivement mises en service. Les trois lignes additionnées représenteront 26 kilomètres de transport en site propre, en complément du tramway dont la première ligne circule depuis 1994. Avec TEOR, un pôle d'échanges multimodal a vu le jour. Le pôle du Mont-Riboudet accueille les trois lignes TEOR, des lignes de bus restructurées ainsi qu'un parc-relais d'une capacité de 1 000 places, dont 175 sont déjà disponibles. Pour les utilisateurs du reseau Metrobus, l'utilisation de ce parking sera gratuite.


Transpole sur Internet

Lillois et touristes peuvent désormais préparer leurs déplacements sur Internet. Le réseau lillois Transpole vient de transformer son site www.transpole.fr. Une foule d'informations est disponible pour ses utilisateurs : plans, horaires, tarification, intermodalité et même recherche d'itinéraire à partir d'un arrêt sur le réseau. Un espace jeune a été créé à destination des 4-24 ans. Des animations ont été spécialement conçues pour les jeunes abonnés à la carte Viva, leur permettant de gagner des places de cinéma.

Toujours plus de bus propres

De nombreux réseaux font le choix des bus propres. En France, plus d'un bus sur 4 utilise une technologie propre. Parmi les derniers conquis, Bourges, qui vient d'acquérir 10 bus au GNV et qui pourrait, d'ici 2002 équiper le tiers de son parc avec cette technologie, Angoulême, qui expérimente le filtre à particule et Toulouse qui a fait le choix de l'hybride. Des midibus CITO de Mercedes équipés d'une motorisation diesel-électrique sont en cours d'acquisition.

Agenda

Semaine du transport public, du 17 au 23 septembre 2001.
Renseignement au CPTP. Nouvelles coordonnées : 30 place Saint-Georges 75009 Paris.
Tel : 01 48 74 04 82
Fax : 01 48 74 08 54

"Comment rompre la dépendance à l'automobile ?", XVIIIe Rencontres du transport public, à Bordeaux, à l'invitation de la communauté urbaine, du 21 au 23 novembre 2001.

Macon lauréat des victoires départementales APF

Le Syndicat Intercommunal des transports urbains de l'agglomération mâconnaise s'est vu décerner le trophée 2001 des Victoires APF sur le handicap, par la délégation départementale Saône et Loire de l'Association des paralysés de France. L'APF salue ainsi la politique de mise en accessibilité du réseau de transport en commun pour les personnes à mobilité réduite, qui s'est traduite par l'acquisition de bus à plancher bas et par un réaménagement des arrêts de bus urbains.

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