[Anciens numéros]

Octobre 2000

 LA LETTRE DU GART

Sommaire : attendre que toute la page soit chargée pour activer ces liens.

Budget 2000 : près de 2 milliards

Le budget transport 2001, annoncé par Jean-Claude Gayssot, prévoit d'accorder 1,965 milliard de francs d'aide aux investissements aux transports publics urbains, soit une progression de l'ordre de 60 %, qui avait été annoncée dans le cadre de la discussion de la loi SRU avec le Parlement.
Les subventions destinées aux projets de transport en commun en site propre de province s'élèvent à 785 millions. Cependant, le GART estime qu'il pourrait être nécessaire de réajuster les montants en loi de Finances rectificative fin 2001, car de nouveaux travaux pourraient s'engager d'ici fin 2001. Cela concernerait, par exemple, Toulouse qui a demandé 780 millions pour la ligne B du Val, ainsi que Mulhouse qui attend 400 millions de francs pour la partie urbaine du tram-train.
La grande nouveauté du budget 2001 vient de la dotation de 555 millions de francs destinée, d'une part, à la mise en œuvre des plans de déplacements urbains en province et en Ile-de-France et, d'autre part, à la modernisation des transports urbains.
Satisfait de cet effort budgétaire, le GART a, à nouveau, réclamé que le matériel roulant, notamment les bus, puisse bénéficier des aides de l'État afin d'accélérer le renouvellement et la modernisation du parc. Cette mesure favoriserait l'achat de bus à énergie propre et accessibles aux
personnes à mobilité réduite.

Le district de Montpellier lauréat du prix ADEME-GART 2000
Le prix ADEME-GART 2000 portant sur le thème "Communiquer sur les déplacements" a été attribué au district de Montpellier pour sa politique de communication tout au long du projet de tramway. Autour de l'hirondelle, qui orne, symbolise et donne son nom au tramway, l'agglomération montpelliéraine a bâti une campagne très créative, pour favoriser une adhésion massive de la population autour du tramway.
Deux mentions ont été attribuées par le jury parmi les 15 autres candidatures. Viacités, autorité organisatrice des transports de l'agglomération caennaise a reçu une mention "PDU" pour le caractère complet et ambitieux de sa campagne "Trajets d'avenir pour Caen". Présente dès l'origine du projet de Plan de déplacements urbains (PDU), la campagne de Viacités met en valeur les six obligations de la loi sur l'air.
Le conseil général du Bas-Rhin a obtenu, pour sa part, une mention spéciale "interurbain" pour la communication réalisée autour de l'expérimentation du premier site propre en zone rurale français. Signature incitative de la campagne : "Dix à quinze minutes de trajet en moins, ça vous dirait ?".
Fret ferroviaire
Un train peut en cacher un autre


Le GART organise, le 21 novembre, un petit déjeuner-débat sur le thème : "Fret ferroviaire, quelle place pour les collectivités territoriales ?"*. Premiers éléments de réflexion sur un sujet dont les élus commencent à se saisir.

Axes routiers saturés, pollutions atmosphérique et sonore de plus en plus insupportables pour les populations : c'est la rançon de la primauté économique du transport routier de marchandises, qui assure à lui seul 81 % des tonnes-km transportées. Face à cela, le Gouvernement a décidé de promouvoir un rééquilibrage modal en faveur du rail, avec pour objectif de doubler, en dix ans, le volume de fret ferroviaire (52 milliards de tonnes-km en 1999 soit 17 % du total).
Les investissements nécessaires pour ce faire (création de nouvelles infrastructures, régénération de certaines lignes existantes) sont à la mesure de l'ambition affichée puisqu'ils ressortent à 120 MdF en dix ans pour le fret et les voyageurs, selon Réseau ferré de France et la SNCF. Ce ne seront pas les contrats de plan 2000-2006 qui répondront à ces besoins : hors grands programmes et programmes inter-régionaux, les enveloppes consacrées au rail s'affichent en effet à 33 MdF.

Toutes concernées
Pour autant, ces contrats traduisent la volonté des Régions de s'impliquer dans le transport ferroviaire. Transport de voyageurs, bien sûr, dans la perspective de la généralisation de la régionalisation au 1er janvier 2002. Mais aussi transport de fret, "certains contrats ayant un volet spécifique pour celui-ci", note Francis Rol-Tanguy, directeur de Fret SNCF.
Cette évolution est logique, selon Claude Martinand, président de RFF : "si peu de Régions s'y intéressaient au fret il y a encore trois ans, aujourd'hui toutes sont concernées, notamment celles qui possèdent des grands ports ou des zones logistiques importantes". Et de citer l'Aquitaine et son "projet de plan d'urgence de fret ferroviaire Aquitaine-Pyrénées" pour faire face à l'augmentation du trafic de poids lourds de et vers l'Espagne. Sans être confrontées à ce type de problèmes, d'autres régions s'inscrivent dans la même démarche, à travers l'implantation de chantiers de transport combiné rail-route notamment. Concernés, les élus régionaux le sont également parce que "le fret utilise les mêmes voies que les TER". Il va donc falloir, selon le président de RFF, "rechercher des arbitrages et des compromis" quant à l'utilisation des infrastructures.
Des "conflits" fret-voyageurs se sont déjà produits, reconnaît Francis Rol-Tanguy : "il nous est arrivé, en période de fort trafic, d'être obligés de transférer des voyageurs dans des cars pour permettre la circulation de trains de fret. Cela a pu être mal vécu par les conseils régionaux. À l'inverse, les projets de cadencement des TER peuvent empêcher les trains de fret de circuler". L'objectif de la SNCF n'étant "pas de créer une concurrence entre ses activités mais de faire croître toutes ses activités", "une plus grande concertation avec les conseils régionaux est nécessaire".

Pour avis
Dominique Plancke, vice-président de la région Nord/Pas-de-Calais, la souhaite aussi : "Nous aimerions au moins pouvoir être consultés pour avis sur la répartition des sillons et ne pas seulement financer, par les contrats de plan, des infrastructures dont on devine qu'elles seront principalement consacrées au fret". Cela pourrait se faire, suggère Claude Martinand, au sein de conférences régionales de capacités, qui associeraient élus, industriels, SNCF, RFF... Sauf que, pour l'heure, la SNCF est seule compétente pour la gestion des sillons, rappelle Francis Rol-Tanguy, RFF n'étant autorisé à intervenir que "si un nouvel entrant faisait une demande de sillons, ce qui n'est pas encore le cas". Pour autant, remarque Dominique Plancke, "la menace de l'arrivée de nouveaux opérateurs semble faire réfléchir la SNCF, qui avance vers davantage de transparence". Pour le directeur de Fret SNCF, en tout cas, il est "tout à fait possible de mieux coordonner la réponse aux demandes des voyageurs et des clients du fret", à condition de "travailler en amont : quelques minutes supplémentaires entre deux trains de voyageurs peuvent suffire parfois à faire passer un train de fret". Mais, au-delà de la répartition des sillons, Dominique Plancke estime "nécessaire d'associer les régions, de façon institutionnelle, à RFF et au Conseil supérieur du service public ferroviaire". Actuellement, sur 18 membres, le conseil d'administration de RFF ne compte que deux élus, choisis en raison de leurs compé-tences ; quant au CSSPF, on ne trouve que cinq élus parmi ses 37 membres.

Accessibilité
Le temps de la cohérence


Délégation interministérielle à l'accessibilité, COLIAC : ces nouvelles structures doivent
contribuer à rendre la ville plus accueillante aux personnes handicapées. Présentation et programmes de travail.

Des abaissements de trottoirs occupés par des voitures en stationnement illégal ; des cheminements longs et compliqués vers les stations de transport ; des ascenseurs mécaniques souvent en panne ; des informations sur les déplacements éparses, quand elles existent... Se déplacer en ville semble encore relever du parcours du combattant pour les personnes handicapées, si l'on en croit le rapport d'audit du Conseil général des ponts et chaussées remis en avril à Jean-Claude Gayssot*.
Pourtant, selon Catherine Bachelier, déléguée interministérielle à l'accessibilité, le secteur des transports collectifs - notamment urbains - est certainement celui qui a le plus de réalisations à son actif en matière d'accessibilité. Mais "l'ensemble de la chaîne des déplacements n'est pas prise en compte. Notre travail, aujourd'hui, est d'assurer la cohérence des mesures prises".

Conscientiser les acteurs
Pour ce faire, le Gouvernement a décidé au début de l'année de mettre en place une politique et des structures transversales.
Le COLITRAH (Comité de liaison pour le transport des personnes handicapées) a vu son champ d'actions élargi, en devenant le COLIAC (Comité de liaison pour l'accessibilité des transports et du cadre bâti). Il a pour missions, selon sa présidente Catherine Chartrain, "d'être une plate-forme d'échanges et d'informations et d'être un aiguillon auprès des administrations".
Dès ce mois de septembre, trois groupes de réflexion thématiques sont mis en place. Celui dans lequel est impliqué le GART, devra réaliser une évaluation de l'accessibilité des lieux publics et des transports. Cet état des lieux devrait, selon Catherine Chartrain, "aider à conscientiser tous les acteurs sur l'accessibilité, faire entrer ce sujet dans les mentalités". On pourrait imaginer à terme "la création de commissions ou de structures permanentes "accessibilité" dans les villes", car "le principal travail relève du niveau local".

Priorités : former, informer
La nouvelle délégation interministérielle, pour sa part, a vocation à "coordonner et impulser les actions des administrations relevant du ministère de l'Équipement et des Transports" ainsi qu'à "veiller au respect des réglementations".
Dans ce cadre, Catherine Bachelier souhaite créer, dans toutes les DDE, un "poste de responsable transversal, chargé de veiller à l'accessibilité dans les transports, la voirie, le cadre bâti". Elle proposera d'ailleurs, lors d'un colloque des écoles d'architecture fin octobre, l'instauration d'une unité de valeur "accessibilité" obligatoire, afin que ces acteurs aient les connaissances suffisantes en la matière.
Autre chantier prioritaire de ces deux instances : l'information. Le COLIAC préconise la publication de guides tels que le "Mémento du voyageur à mobilité réduite", réalisé par la SNCF. Au-delà, il déclare "urgentes" la conception et la mise en place de systèmes d'information dynamique en temps réel permettant aux personnes handicapées de pouvoir organiser leurs déplacements.

Aides conditionnées ?
Pour tous les acteurs, la délégation interministérielle a prévu la création d'un site Internet reprenant, notamment, une synthèse en cours d'achèvement de la législation, normes et recommandations relatives à l'accessibilité. Mais Catherine Bachelier a une ambition plus vaste : "constituer un site pilote de l'accessibilité, dans une ville moyenne, où chacun pourrait voir, en conditions réelles, ce qui peut être réalisé".
En attendant, la délégation a ouvert le chantier de la normalisation des véhicules accessibles. Un sous-groupe de travail "véhicule de transport" a été constitué à cet effet au sein du groupe de réflexion "Prise en compte de l'accessibilité" de l'AFNOR. A priori, note la déléguée, "il devrait parvenir rapidement à un consensus, en particulier pour les autobus et les tramways". Cela fait, il pourrait être envisagé de "conditionner les aides de l'État relatives à la modernisation des réseaux à l'achat de tels véhicules". C'est en tout cas une piste de réflexion qu'elle a soumise à la Direction des transports terrestres.
* Rapport d'audit sur "la disponibilité effective des équipements réalisés pour assurer l'accessibilité des personnes handicapées aux transports publics", par Henri Defoug et Jean-Charles de Vincenti, avril 2000.

Mobilignes : pour composer son voyage sur mesure
Une première française en Franche-Comté ! La région Franche-Comté, le département du Doubs, le district du Grand Besançon, le syndicat mixte des transports du Grand Besançon, la ville de Besançon, ainsi que la SNCF et les différents réseaux, se sont tous unis pour donner naissance à une centrale de mobilité régionale. Inauguré à l'occasion de la Semaine du transport public, le service Mobilignes est disponible par téléphone et permet à la clientèle des différents réseaux de composer son voyage sur mesure.

Nancy : naissance du réseau STAN
Le réseau urbain de l'agglomération nancéienne porte désormais un nom : le réseau STAN, Service de transport de l'agglomération nancéienne. Cette marque voit le jour quelques semaines avant l'inauguration du tramway sur pneu dans un esprit de renouvellement du réseau. Un logo et une identité visuelle ont été créés pour le réseau STAN. Il sera notamment présent sur le tramway.
Poitiers pas à pas
À l'occasion de la Semaine du transport public, la ville et le district de Poitiers ont diffusé un plan de la ville incitant à redécouvrir la ville à pied. Ce plan de poche informe les marcheurs des temps de parcours à pied à partir de la Place du Maréchal Leclerc, en centre ville. Il rappelle également à tous, les multiples avantages du mode de déplacement le plus naturel.
Deux nouveaux services à Montbéliard : Buxi et Technobus
Deux nouveaux services sont apparus à la rentrée sur le réseau de Montbéliard. Tout d'abord Buxi, un service de transport à la demande qui permet de relier entre elles des communes de la périphérie de Montbéliard sans passer par le centre ville. Trois circuits fonctionnent entre 7 h 00 et 19 h 00, sur réservation la veille par téléphone. Buxi, un minibus ou un taxi, dessert des points d'arrêt identifiés et s'utilise avec un titre de transport spécifique à 6,60 francs, permettant une correspondance sur le réseau dans un délai d'une heure.
L'autre nouveau service, le Technobus est une expérimentation de desserte de la zone industrielle Technoland à partir de communes de la périphérie. Cinq circuits ont été créés pour répondre aux besoins des salariés, à l'aller et au retour. Les horaires sont calqués sur les prises de service dans les entreprises, ce qui impose un départ matinal entre 4 h 00 et 5 h 00, puis un second entre 12 h 00 et 13 h 00. Deux navettes sont également mises en place à partir du centre ville. Cette expérience se poursuivra jusqu'à la fin de l'année 2000 et peut-être au-delà si la fréquentation est satisfaisante.
Les transports du pays de Vannes sur Internet
Vannes innove en matière de transports publics sur Internet ! En lançant en septembre dernier www.tpv.fr, les Transports du pays de Vannes (TPV) inauguraient le premier site Internet consacré au réseau de transports publics d'une ville moyenne. Ce site se distingue également en offrant, en plus des traditionnelles informations sur le réseau (plan de réseau, plan de ligne, plan de ville), la tarification et l'entreprise, des animations aux couleurs des TPV : fonds d'écran à télécharger et e-cards à envoyer à ses amis. Le graphisme dynamique du site ajoute à son originalité. Autre caractéristique, en marge de l'information urbaine, le site offre également une information horaire sur les lignes interurbaines du département.
Copyright GART 1998-2005 - écrire à l'administrateur