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Juin 2000

 LA LETTRE DU GART

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PDU : des objectifs ambitieux

La moitié des agglomérations françaises a déjà finalisé son PDU. Six agglomérations l'ont approuvé (Lyon, Orléans, Rouen, Saint-Étienne, Grenoble et Bordeaux). Vingt-neuf l'ont arrêté, une vingtaine d'autres devrait le faire prochainement. Mais, malgré le retard pris par quelques unes, les PDU sont, parmi les différents plans prévus par la loi sur l'air (PPA, PRQA), les plus avancés.
Un retard certes, mais qui peut s'expliquer par l'excellent travail de fond et de forme réalisé par les autorités organisatrices en charge de l'élaboration des PDU. La concertation avec les différents acteurs et le public, phase longue et d'une organisation complexe, a été rondement menée, et surtout, les six orientations des PDU, définies dans la loi sur l'air, sont globalement respectées, comme le montre l'analyse des 27 premiers plans réalisée par le Comité de suivi GART-CERTU.
La plupart des PDU affichent ainsi des objectifs de réduction de la part modale de la voiture d'ici cinq ou dix ans, dans des proportions allant de 4 à 8 points. Parallèlement, ils visent une augmentation de la part modale des transports collectifs, de 2 à 6 % en dix ans, grâce à un renforcement sans précédent de l'offre, à l'amélioration de la qualité de service, au développement de l'attractivité des réseaux.
Plus marquante encore est la place accordée à la marche à pied et au vélo, au travers de l'élaboration de schémas directeurs spécifiques. Pour ces derniers, un budget est même clairement individualisé dans dix PDU, allant de 4 MF à 200 MF. L'intermodalité est aussi un thème bien présent avec, pour forte constante, le développement des parcs-relais et des pôles d'échanges.
Si les élus perçoivent bien le stationnement comme outil majeur d'une politique cohérente de déplacements, une action plus volontariste en faveur de la limitation de l'offre reste nécessaire.
En revanche, dans un domaine nouveau, les mesures visant à mieux organiser le transport et la livraison des marchandises émergent. Tous les PDU traitent de ce dossier, ce qui met les villes françaises à la pointe de l'Europe. Autre sujet nouveau : les plans de mobilité. Les deux tiers des PDU examinés prévoient ainsi des actions auprès des entreprises pour encourager le covoiturage de leurs salariés.
Si tous ces documents montrent l'émergence réelle d'une nouvelle culture des déplacements, ils font aussi apparaître la nécessité de développer des réflexions complémentaires sur plusieurs thèmes : sécurité routière, urbanisme commercial, cohérence entre la politique de déplacements et le développement urbain, coût financier des PDU, suivi des démarches engagées... De quoi préparer, déjà, une nouvelle génération de PDU. C.G.

Minibus électriques
Une solution complémentaire

Reconnus comme étant les moins polluants, les véhicules électriques ont néanmoins du mal à trouver leur place dans les réseaux urbains français. À la différence des réseaux italiens et en particulier de l'exemple romain, présenté à la 3e Journée d'études bus propres1. Explications.

Si les détracteurs des transports publics aiment à utiliser, entre autres arguments, l'image de l'autobus crachant des fumées noires nauséabondes, il va vite leur falloir trouver autre chose ! Mieux, aujourd'hui plusieurs milliers de bus écologiques fonctionnent avec des solutions propres : plus de 300 bus au GNV, près de 100 véhicules au GPL ; le diester, l'aquazole, les filtres à particules étant chacun utilisé par un millier de véhicules. Bref, un bus en circulation sur quatre roule aujourd'hui "propre". L'électricité, elle, intéresse depuis longtemps, mais pose problèmes.
Dès le milieu des années quatre-vingt, Tours testait les premiers minibus électriques. D'autres villes l'ont suivie depuis mais aucune n'est allée réellement au-delà de l'expérimentation ou de l'exploitation sur un service très spécifique. Raison principale invoquée : la trop faible autonomie des batteries, empêchant une exploitation "normale" sur un réseau.

Le choix de Rome
Cela signifie-t-il que l'énergie électrique "embarquée" est une technique alternative "mort-née" pour les transports publics ? Non, répond Philippe Vuillemin, responsable de la Mission "Transports et véhicules électriques" à EDF. À preuve, le réseau urbain de Rome qui a choisi, depuis 1995, de faire circuler des minibus électriques pour assurer la desserte du centre historique.
Quarante véhicules de ce type, fabriqués par le constructeur italien Tecnobus, sont en service et le réseau vient de passer commande de cinquante-quatre nouveaux exemplaires. Deux lignes complètes sont desservies par ceux-ci, dont l'une fonctionnant de 6 h 30 à 2 h 30, une troisième venant d'y être ajoutée dans le cadre du Jubilé 2000.
Les véhicules sont équipés de batteries au plomb extractibles, autorisant une autonomie de sept heures et permettant d'utiliser les minibus de douze à quinze heures par jour. Quand les batteries sont vides, elles sont extraites et remplacées par des batteries pleines. Cette opération se fait grâce à un système de "jockeyage" aux termes duquel, explique Philippe Vuillemin, des "conducteurs-jockeys" sont chargés de prendre aux terminus les véhicules pour les amener dans un dépôt aux fins de changer le pack de batterie, puis de les ramener chargés aux terminus. Toute la gestion des batteries est assurée par le constructeur. Grâce à ce système de navette, les minibus peuvent effectuer la totalité des services sur les lignes concernées, quelle que soit leur amplitude.

Chacun son marché
Au-delà de la formule romaine, inédite en France, les minibus électriques sont une option plus développée en Italie, quelque 250 à 300 véhicules circulant déjà dans plusieurs réseaux pour effectuer des services complémentaires à ceux, classiques, existants.
Selon Philippe Vuillemin, l'option électrique ne doit pas être perçue comme une alternative concurrente aux autres énergies mais comme une solution complémentaire. Pour les lignes transversales ou de rabattement sur des lignes fortes, les autobus roulant au GPL ou au GNV sont les plus appropriés, en raison du kilométrage à parcourir et du nombre de personne à transporter, affirme-t-il.
Les véhicules électriques, eux, ont toute leur pertinence dès lors qu'il s'agit d'effectuer des trajets courts en centre ville ou des rabattements courts entre périphérie et centre ville. Saint-Nazaire vient ainsi de mettre en place une navette entre le centre ville et le port, avec des minibus électriques Ponticelli. Strasbourg a fait le même choix, avec des Néoplan, pour une liaison entre un parking et le centre ville. Se trouvant sur le tracé de la ligne B du tramway, qui sera ouverte en septembre, cette liaison devrait disparaître mais, selon Odile Ausina, responsable des relations extérieures de la CUS, une nouvelle navette électrique pourrait être mise en place entre un arrêt de cette ligne et le Parlement européen, distant d'environ 800 mètres. À Chambéry, c'est une navette électrique qui dessert le centre ville.
En attendant, c'est à Levallois-Perret qu'une opération de desserte du centre ville par des véhicules électriques va être prochainement lancée, dans le même temps que de nouveaux minibus électriques vont être mis en service sur Montmartre. C.G.

1 3e Journée d'études bus propres, organisée le 23 juin dernier à Sophia-Antipolis par le GART, l'ADEME et l'UTP.

Autorités organisatrices
Le devoir de coopérer

Dans un contexte de développement de l'intermodalité et de la nécessité de la prise en compte du périurbain, quels seront les nouveaux territoires des autorités organisatrices du xxie siècle ? Une table ronde, organisée par le GART le 24 mai, à l'occasion de son 20e anniversaire, a donné les premiers éléments de réponses.

 

Interrogés lors du congrès du GART à Mulhouse, en novembre 1999 par l'institut MV21, 86 % des participants estimaient nécessaire de regrouper au sein d'une autorité unique d'agglomération l'ensemble des compétences transports, circulation, stationnement et urbanisme. Parallèlement, 49 % d'entre eux affirmaient que l'intermodalité devait être traitée par une structure ad hoc.
Si la création des communautés d'agglomération, définie par la loi Chevènement sur l'intercommunalité, et la constitution de syndicats mixtes, prévue dans le projet de loi sur la solidarité et le renouvellement urbains, répondent pour partie à ces souhaits, des questions demeurent néanmoins. Point d'orgue de celles-ci : la composition et les domaines d'intervention des syndicats mixtes, avec, pour principaux enjeux, une meilleure organisation de l'intermodalité et la prise en compte du périurbain.

Coordonner sans tutelle
Ces syndicats pourraient regrouper, à l'intérieur d'un espace à dominante urbaine, la région, le département ainsi qu'une ou plusieurs autorités compétentes pour l'organisation des transports urbains.
A priori, les élus représentant les différents niveaux de collectivités sont favorables à ce nouveau cadre de coopération. Mais nombreux sont ceux qui pointent le risque de "l'hégémonie" d'une collectivité dans ces syndicats.
Clairement visées ici, les régions dont les compétences transports vont être renforcées en 2002, avec la généralisation de la régionalisation des transports ferroviaires de voyageurs. Pour Hubert Haenel, premier vice-président du conseil régional d'Alsace, la mission de la région est claire : "L'aménagement du territoire est une de ses attributions et le transport fait partie de l'aménagement du territoire. La région doit donc être une autorité organisatrice (AO) coordinatrice". Dans ce cadre, a précisé Gérard Lemaire, délégué général de l'Association des présidents de conseils régionaux, il lui revient de "conduire les schémas collectifs de déplacements" et d'assurer un "rôle fédérateur pour coordonner et organiser les transports". Clairement "favorables" aux syndicats mixtes en ce qu'ils constituent "la structure la plus simple" pour permettre "une libre coopération entre différentes AO", les régions sont tout aussi nettes pour y définir leur rôle : "pas de tutelle".

Nouvelle architecture
Reste à déterminer et à préciser le champ d'intervention de ces syndicats. Leur territoire, c'est le périurbain, ont répondu plusieurs élus. Il y a, selon Pierre Méhaignerie, "urgence à le mettre en uvre" au travers "d'accords et de coopération entre les départements et les autorités urbaines".
Avec la création des syndicats mixtes, s'impose donc une nouvelle architec-ture d'intervention des différentes AO, selon Bernard Soulage, conseiller régional en Rhône-Alpes : aux régions, le transport ferroviaire et le transport inter-cités ; aux agglomérations, les transports locaux ; aux syndicats mix-tes, le périurbain.
En attendant, "le mouvement actuel est plutôt positif", a estimé Pierre Méhaignerie, "car les différentes autorités organisatrices se rapprochent". Et si les syndicats mixtes "ne se contentent pas d'être seulement des gestionnaires mais portent des projets lisibles pour les citoyens, tels que la billettique ou les tram-trains, ils seront un moteur puissant" pour le développement de l'intermodalité, a conclu Jean-Marie Bockel. C.G.

1 Enquête réalisée du 24 au 26 novembre 1999 par l'institut MV2 parmi 660 visiteurs des XVIIe Rencontres du transport public.


Sécurité : moins de voyageurs agressés
Les chiffres 1999 de l'Union des transports publics, sur la sécurité dans les transports urbains de province, révèlent que le nombre de voyageurs agressés est en baisse. 2 426 agressions sur les voyageurs ont été enregistrées en 1999 contre 2 580 en 1998, soit un recul de 6 %. Cela place le nombre d'agressions à 1,42 pour un million de voyages.
Le nombre d'agressions sur les salariés des entreprises de transport a, en revanche, augmenté : 2 524 agressions suivies ou non d'un arrêt de travail contre 2 240 en 1998. Cette augmentation concerne principalement les agglomérations comptant entre 100 000 et 250 000 habitants alors que dans les plus gros réseaux, l'insécurité semble décliner. Elle a entraîné une augmentation du nombre de jours d'arrêts de travail : 20 269 en 1999, soit 26,5 jours en moyenne contre 23,1 jours en 1998. Ces chiffres doivent pourtant être pondérés car, de plus en plus, les préjudices sont d'ordre psychologique (un tiers des cas, contre un quart en 1998). En effet, les menaces - insultes et menaces verbales - ont fortement augmenté alors que les atteintes à l'intégrité physique sont en recul. Au nombre des causes d'agression qui progressent, on note les conflits de circulation avec les usagers de la route, preuve de l'accroissement de la violence routière, mais aussi, les agressions perpétrées "sans motifs apparents". Enfin, le coût du vandalisme est en net recul par rapport à 1998, avec 87,2 millions de dégâts sur le matériel fixe et roulant, contre 92,7 millions l'année précédente, soit une baisse de 6 %.

Noctibus, la navette des noctambules lyonnais
Un service expérimental est testé à Lyon, depuis le 5 mai et jusqu'au 30 juin, pour désengorger les quartiers regroupant les établissements nocturnes. Mis en place par la ville de Lyon avec le SYTRAL, la SLTC et Lyon Parc Auto, Noctibus offre une alternative à la voiture pour les 50 000 personnes qui fréquentent chaque week-end les établissements situés sur un périmètre réduit aux abords des quais de Saône. Jusqu'alors, cette migration hebdomadaire posait de gros problèmes de stationnement dans les quartiers concernés, les parkings étant saturés dès le début de la nuit. Noctibus est une navette au départ du parking du bas port du Rhône, qui fait office de parc-relais. L'accès à la navette est proposé aux passagers des voitures stationnées pour un prix de 10 francs par voiture, aller et retour. Mais elle est également accessible aux possesseurs de titres de transport TCL acquis préalablement. Cette navette dessert 16 stations permettant de couvrir de nombreux établissements nocturnes entre 21 h 30 et 5 h 00 du matin. Trois navettes circulent, assurant un passage aux arrêts tous les quarts d'heure. Le coût de cette expérimentation avoisine les 410 000 francs, pris en charge par la ville de Lyon.

TCSP infos
La communauté urbaine de Bordeaux recevra 528,739 millions de francs de subvention de l'État pour la réalisation de la première tranche du tramway, soit 15,5 % du coût total. Les travaux de cette première tranche avancent. La réalisation de la plate-forme et des voies du tramway va démarrer dès le mois de juillet. C'est le groupement d'entreprise conduit par Alstom qui a obtenu le marché pour la construction des voies et du matériel roulant.


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