[Anciens numéros]

Avril 2000

 LA LETTRE DU GART

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20 ans d'actions du GART pour mieux se déplacer

En cette année 2000, le GART fête ses 20 ans. Avoir 20 ans est toujours un moment exceptionnel, c'est pourquoi le GART profite de cet anniversaire pour dresser un bilan de ses actions mais aussi pour définir de nouveaux objectifs.
Force de proposition, porte-parole et source d'expertises pour ses adhérents, le GART a, durant ces 20 années, mis en place des moyens de plus en plus conséquents pour promouvoir les transports publics et la maîtrise des déplacements. Son histoire est donc intimement liée à l'évolution des transports publics en France depuis 20 ans : avec la LOTI en 1982, la mise en uvre du conventionnement et la première génération de PDU, l'application de la loi Sapin aux transports publics à partir de 1993, la "loi sur l'air" en 1996, ou encore le projet de loi relatif à la Solidarité et au renouvellement urbains en l'an 2000.
En 1980, la naissance du GART marquait un besoin de reconnaissance des autorités organisatrices. Sa pérennité a correspondu à une montée en puissance de leur rôle et de leurs compétences. Les collectivités territoriales et leurs élus sont devenus les principaux acteurs des systèmes de déplacements sur leur territoire en prenant en charge l'élaboration des plans de déplacements urbains, la promotion des modes doux, la maîtrise des transports de marchandises À travers cela, c'est la notion même de transport qui a changé. Nous sommes passés d'une vision des transports publics limitée à leurs propres enjeux, à un projet pour la ville et les territoires incarné par de véritables politiques de déplacements, dont les autorités organisatrices sont les porteurs.
Les autorités organisatrices bénéficient aussi de la montée de l'intercommunalité et de la décentralisation. Pouvant s'appuyer sur des structures fortes, elles disposent de plus de compétences et de légitimité pour mener à bien leurs projets.
C'est pourquoi le GART travaille actuellement à la définition de nouvelles priorités pour les années à venir. Tout d'abord, il faudra poursuivre sur la voie du respect de l'environnement et de l'amélioration de la qualité de vie mais aussi de l'aménagement du territoire, de la politique de la ville ainsi que du développement d'un service public de qualité. Mais il faudra aussi accélérer les nouveaux chantiers que sont l'intermodalité, la gestion des livraisons en ville et du transport de marchandises, la construction de l'Europe des transports et la promotion des déplacements citoyens pour convaincre encore plus de Français d'utiliser les transports publics.
Les 20 ans du GART seront célébrés fin mai, notamment avec ses adhérents, autour de questions comme "l'autorité organisatrice du XXIe siècle" et "les politiques de déplacements à l'horizon 2010". À cette occasion, le GART publiera un ouvrage rétrospectif "20 ans de politique de déplacements : mieux vivre avec les transports publics". MD/PB

Une vigilance durable
PDU et pollutions

Les PDU devraient avoir des effets sensibles sur la pollution. A ne pas négliger, toutefois, deux problèmes délicats : les émissions de CO2 et le bruit.
Loi sur l'air "oblige", la plupart des PDU, déjà arrêtés ou en voie de l'être, contiennent des dispositifs visant à diminuer la pollution de l'air : réduction du trafic automobile, développement des transports collectifs et des modes doux, promotion des carburants "propres",...
Certains, même, se fixent des objectifs chiffrés de réduction de la pollution : division par trois des émissions de CO2 pour Saint-Étienne ; diminution de 50 % des émissions en poussières totales et stagnation des émissions de CO2 pour Grenoble ; maîtrise des deux polluants les plus caractéristiques de la circulation automobile (NO2 et particules) en dessous de la valeur retenue dans le décret du 25 octobre 1991 pour Lyon.

Ne pas oublier les CO2
Grâce à ces mesures inscrites dans les PDU et à la mise sur le marché de véhicules plus "propres", "d'ici à vingt ans, la pollution atmosphérique de proximité sera plus faible qu'actuellement", estime Jean-Pierre Rotheval, chef du Département Environnement du CERTU. Néanmoins, tout n'est pas réglé, nuance-t-il. À l'échelle mondiale, en effet, le problème majeur tient aux émissions de CO2, "plus résistantes et plus difficiles à gérer". Or, parce qu'ils estiment avoir une "marge d'action négligeable" vis-à-vis de ce problème mondial, "les élus abordent peu la question du CO2 dans les PDU et ne sentent pas concernés". Pourtant, prévient Jean-Pierre Rotheval, " le sujet va devenir de plus en plus prégnant dans les années à venir".
Préoccupante également, selon lui, la question des nuisances sonores dues à la circulation. Certes, un certain nombre de PDU prévoient, pour y faire face, la pose de revêtements absorbants, un renforcement de l'isolement acoustique des façades, des protections phoniques sur certains axes chargés, une restriction de la capacité des voies,...
Mais ici, les progrès sont "plus difficiles" à obtenir. D'abord, parce qu'en vertu d'une loi physique, il n'existe pas de proportion entre les émissions de bruit et les effets liés à des réglementations : la réduction de la puissance acoustique des véhicules n'a ainsi aucun effet sur les émissions globales de bruit lorsque la vitesse est supérieure à 50 km/h. Ensuite, parce qu'au plan technique, les solutions de "défense active" semblent avoir atteint leur limite : la réduction du bruit des moteurs ne devrait guère aller au-delà des niveaux actuels, selon les constructeurs ; les enrobés drainants, "s'ils aident à diminuer le bruit, ne sont pas une bonne solution car ils ont tendance à se colmater rapidement". Il n'y aurait que les pneumatiques pour lesquels "des choses restent à faire".
Quant aux solutions de "défense passive", telle que l'isolation phonique des bâtiments ­ obligatoire pour les neufs ­ leur efficacité n'est pas forcément probante : qu'est-elle en effet si les fenêtres sont ouvertes ? Et quid des bâtiments anciens ?

Le bruit en ligne de mire
Le traitement du bruit n'est pas pour autant sans réponse. Il passe par la connaissance et l'affichage des zones de bruit critiques, via des cartes recensant les émissions, les transferts de bruit d'une zone à une autre et la population exposée. Les agglomérations de Grenoble et Lyon, entre autres, ont déjà commencé ce travail, en utilisant les logiciels SIG (systèmes d'information géographique)*. Objectif : déterminer, pour les traiter en priorité, les points noirs de bruit.
Dans le cadre d'une directive européenne sur le bruit, qui devrait être adoptée au second semestre 2000, le CERTU a entamé un "test de méthode" pour retenir les mesures les plus pertinentes. Cela fait, les premières études porteront sur les infrastructures routières nationales puis, "assez rapidement", sur les grandes agglomérations, en partenariat avec celles-ci.
Contrairement aux études réalisées jusqu'ici, statiques, les cartes de bruit permettront une gestion dans le temps et une meilleure prise en compte des problèmes de transfert du bruit. Les agglomérations doivent être "attentives" à ce point dans leur PDU, souligne Jean-Pierre Rotheval : "Beaucoup d'entre elles ont pour objectif de diminuer le bruit sur les axes principaux. Si cette réduction est réalisée grâce à un partage modal, c'est bien. Mais si elle se fait par un égaiement du trafic ailleurs, il y a problème : le nombre de zones noires sera certes réduit mais les zones grises vont devenir plus foncées". CG

Des opportunités à valoriser
Pôles d'échanges

Pour que les usagers vivent mieux les ruptures de charge des transports et s'approprient les pôles d'échanges, il faut leur proposer une "culture d'ouverture aux opportunités". Explications.
Une meilleure attractivité des transports publics passe, entre autres, par la création de pôles d'échanges permettant aux usagers de mieux vivre leur passage d'un mode de transport à un autre. Cela implique d'améliorer la qualité de l'aménagement de ces pôles, d'y implanter des services annexes, de proposer aux usagers une offre de transport intégrée.
Mais encore faut-il veiller à ne pas appliquer ces solutions de façon trop schématique, si l'on en croit les résultats de deux études*, suisse et française, présentés lors du congrès organisé par l'ATEC en janvier dernier, à Versailles, sur le thème "Transports et société de l'information".

D'une gare à l'autre
Premier constat : les attentes des usagers diffèrent selon le type de pôle fréquenté et le type de mobilité.
Dans les pôles de petite taille et périphériques, associés à des déplacements de courte distance, ils veulent davantage de rapidité de passage d'un mode à l'autre, bien que les temps de passage dans ces équipements soient déjà très courts. Proposer des services, tels que des commerces, leur semble parfois superflu, l'interface n'étant pour eux qu'un lieu de transition. Sensibles à la recherche architecturale, ils n'en critiquent pas moins le manque de confort : de magnifiques auvents, c'est beau, mais cela ne protège ni de la pluie ni du froid.
Dans les pôles de type gare centrale, liés à des déplacements de plus de
100 km, l'attente la plus importante a trait aux équipements et services présents, dans lesquels les usagers voient une sorte de porte d'entrée de la ville et une façon positive d'occuper le temps d'attente. Certains usagers peuvent même utiliser ces services en dehors d'un déplacement (boulangerie ou Relais H le week-end, par exemple).
Il apparaît ainsi que le type de mobilité détermine fortement les enjeux des pôles d'échanges : enjeux relatifs à la facilité de passage d'un transport à l'autre et à la gestion du temps pour la mobilité sur courte distance ; enjeux liés à la qualité des équipements et à l'usage du temps pour la mobilité sur grande distance.

Cultiver les opportunités
Deuxième constat : l'attractivité des pôles d'échanges est avant tout liée à la prise en compte de la mobilité dans les programmes d'activités des usagers (aller à un rendez-vous, faire des achats,...), au travers de l'information disponible sur les transports et des services présents.
Les usagers développent trois modes différents de programmation de leur mobilité, associés à des appropriations spécifiques des pôles d'échanges : la pré-programmation, la succession passive, l'ouverture aux opportunités. Dans la première, ils programment leur mobilité selon les activités déployées en cours de route : ils savent maîtriser leur temps et connaissent parfaitement les équipements des pôles. Dans la deuxième, ils vivent leur déplacement comme une simple transition entre deux activités : connaissant mal les horaires des transports, ils subissent des attentes longues et vivent le passage dans le pôle comme un temps mort.
Dans la troisième, ils se laissent aller à l'improvisation et à leurs envies : la découverte d'un service peut modifier leur intention de déplacement originelle. Dans cette catégorie, plusieurs interviewés mettent en avant le sentiment de liberté procuré par l'utilisation d'un abonnement de transport public, la valorisation du temps du transport (lecture, repos, travail), et de celui passé dans les interfaces (achats,...).
Le vécu positif, dont témoignent les usagers ouverts aux opportunités, prouve que les ruptures de charges peuvent se muer d'obstacles à l'usage des transports publics en atouts. Pour cela, il faut proposer aux usagers des règles du jeu unifiées (horaires cadencés, comme le font les Chemins de fer suisses et commence à le faire SNCF ; tarification combinée). Il faut également leur permettre de maîtriser leur temps dans le pôle, grâce à une information multimodale en temps réel. Enfin, il faut leur donner un large accès à l'information sur l'offre de transport, par la création de centrales de mobilité notamment. Autant de conditions pour substituer à la notion de passage obligé celle de l'ouverture aux opportunités. CG

* Études réalisées dans des gares centrales et pôles d'échanges (huit en Suisse et huit en France), 50 à 100 entretiens par site. Communication présentée, sous le titre "L"information au service de l'intermodalité", par Vincent Kaufmann (Institut de recherche sur l'environnement construit), Christophe Jemelin (Ecole polytechnique de Lausanne), Fabienne Margail (ENPC-Laboratoires techniques territoires et sociétés).

Premier anniversaire du bus de ville de Louviers-Val-de-Reuil
Le nouveau réseau Transbord de Louviers-Val-de-Reuil vient de fêter son premier anniversaire. La "Lettre du GART" avait présenté en avril 1999 (n° 151) le système de "STADTBUS", bus de ville, appliqué pour la première fois en France. Ce système, fonctionnant principalement en Allemagne, est adapté aux petites agglomérations comme Louviers-Val-de-Reuil qui totalise 35 000 habitants. Un an après, le succès est au rendez-vous puisque la fréquentation a progressé de 11 %. La nouvelle formule a quelque peu surpris les utilisateurs dans un premier temps, mais ils se sont habitués aux "bus bleus" des lignes "bus de ville" qui se rejoignent tous en plein centre de Louviers. Le Syndicat Intercommunal de Louviers-Val-de-Reuil (SITULV) espère au total une progression de la fréquentation de 25 % sur les trois premières années d'exploitation.

Besançon : la CTB créée un club de l'accueil
Pour promouvoir la qualité de service et l'apport de la relation humaine dans les transports urbains, le personnel de la Compagnie des Transports de Besançon a participé à la création d'un Club de l'accueil, né en janvier dernier. Tous les services de la CTB participeront au club et aux réunions mensuelles qui permettront d'orienter la politique d'accueil et de service de l'entreprise. Les premières actions envisagées par le club de l'accueil vont dans le sens d'une plus grande convivialité et d'une personnalisation accrue du rapport avec le client : décoration de l'espace bus, personnalisation des courriers accompagnés de la signature personnelle et de la photo de l'interlocuteur de la clientèle, accueil téléphonique amélioré, baptême de chaque bus du nom d'un personnage marquant de la ville

Des filtres à particules à Saint-Étienne
Le SIOTAS a fait l'acquisition pour son réseau STAS de 24 nouveaux véhicules équipés de filtres à particules. Il s'agit de 10 Agora articulés construits par IRIBUS et de 14 Citaro de Mercedes Evobus. Les deux types de véhicules sont équipés de filtres à particules et fonctionnent au gazole désulfurisé. Le SIOTAS espère une réduction de plus de 96 % des émissions de particules de suie grâce au système CRT.

Le STGA sousle signe des "Sillages"
À l'occasion de son vingtième anniversaire, le Syndicat intercommunal des transports en commun de l'agglomération de Grasse-Antibes (STGA) s'est doté d'une nouvelle identité visuelle. Le STGA est devenu Sillages et a apposé sa nouvelle livrée sur tous ses véhicules. Quelque temps auparavant, le STGA est devenu le 205e adhérent du GART.

Une conférence pour la ville
La première Conférence des Villes s'est déroulée le 4 avril dernier à Paris. Initiée par la Fédération des maires de villes moyennes, l'Association des maires ville et banlieue de France et l'Association des maires de grandes villes de France, cette conférence a également réuni l'Association des communautés urbaines, l'Association des maires des villes nouvelles, l'Agence des villes et la Fédération nationale des agences d'urbanisme. Une démarche particulièrement séduisante pour que les différentes associations sur la ville parlent d'une seule voix. Les élus membres des associations présentes représentaient 80 % de la population nationale. Ils ont notamment plaidé pour un habitat et un urbanisme de qualité pour tous, pour plus de justice et de péréquation dans les ressources des communes et pour que les assemblées d'agglomérations bénéficient d'une plus grande légitimité démocratique.
Claude Bartolone, ministre délégué à la Ville et Louis Besson, secrétaire d'État au Logement ont également participé à la Conférence. Le Premier Ministre, Lionel Jospin, l'a conclue en annonçant la création d'un Institut pour la Ville à l'automne.

Offre d'emploi

Le GART recrute un(e) économiste, spécialisé(e) en gestion, comptabilité, fiscalité et finance dans le domaine des collectivités territoriales ou des transports publics de personnes.
Lettre de candidature manuscrite avec CV à adresser à :
GART
Monsieur le Président/
Recrutement
17, rue Jean Daudin
75015 Paris


22, rue de Palestro - 75002 PARIS - Tél. : 01 40 41 18 19 - Fax : 01 40 41 18 11

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