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Mars 2000

 LA LETTRE DU GART

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Rouen approuve son PDU

Après l'agglomération lyonnaise en 1997, c'est donc au tour de l'agglomération rouennaise d'approuver son PDU. Il est donc le second d'une longue série.
Ce PDU devait répondre à trois objectifs principaux : organiser le transfert modal, réduire le trafic de transit et favoriser les implantations de logement ou d'activités à l'intérieur du périmètre d'agglomération.
Concrètement, le scénario du PDU repose sur la réalisation de différents projets à l'horizon 2010. Il s'agit à 50 % d'infrastructures routières avec la construction progressive d'une véritable rocade et d'un nouveau pont sur la Seine. Du côté des transports publics, différents projets en site propre sont au programme : le site propre TEOR, la ligne de bus, majoritairement en site propre, LISOR, d'autres portions de sites propres bus ainsi qu'une liaison ferroviaire entre Barentin et Saint-Aubin-lès-Elbeuf via Rouen.
Un PDU qui induit des investissements routiers ? À Rouen, c'est bien une nécessité pour détourner le trafic de transit du cur de l'agglomération. C'est une originalité du PDU. Une autre originalité est le développement du volet foncier pour agir contre une urbanisation anarchique. Agir sur le foncier, c'est encourager les implantations dans le périmètre desservi par les transports urbains.
Au final, le PDU prévoit une forte diminution du trafic automobile dans l'agglomération. À l'horizon 2010, on prévoit 68 800 déplacements en voiture en heure de pointe contre 73 100 actuellement. La part de l'automobile dans les déplacements motorisés passerait de 81 % à 76 %, ce qui entraînerait une baisse conséquente des principaux polluants.

1 milliard pour les transports publics !

Jean-Claude Gayssot l'a annoncé lors de la présentation du projet de loi Solidarité et renouvellement urbains : dès 2001, 1 milliard de francs par an de crédit supplémentaire sera consacré aux transports en commun. Il s'agit presque d'un doublement des aides de l'État au regard des 1 228 millions accordés dans le budget 2000. Cette enveloppe supplémentaire sera distribuée pour moitié au financement des projets de transports en commun en site propre en province et en Ile-de-France et pour la seconde moitié aux crédits déconcentrés auprès des préfets pour soutenir la mise en uvre des PDU au travers de l'amélioration de la qualité de service, et, le GART le souhaite, de l'achat de bus propres.
Autre motif de satisfaction, le remboursement de la hausse de la TIPP aux transports publics qui sera appliqué dès 2001.
Le GART a salué chaleureusement ces efforts significatifs tant attendus qui devront être inscrits dans la loi de finances 2001. Enfin de nombreux projets vont pouvoir passer à la vitesse supérieure ; enfin la priorité aux transports publics est clairement affirmée. Ces crédits, dont Jacques Auxiette, président du GART, a rappelé qu'ils doivent aussi profiter aux villes moyennes et petites, vont permettre de franchir une nouvelle étape du développement des transports publics.

Nancy
Un tramway pour une nouvelle ville

Premier du genre à entrer en service en France, le tramway sur pneu de Nancy sera mis en service à la finde l'année. Présentation.

"J'ai confiance". À quelques mois de la mise en service d'une première ligne, prévue pour octobre-novembre 2000, Charles Choné, président de la communauté urbaine du Grand Nancy, n'a aucune réserve quant au choix de la collectivité en faveur d'un tramway sur pneu, qui sera le premier du genre à entrer en service en France. Confiance parce que le constructeur, Bombardier, s'est engagé sur un certain nombre de "garanties de bon fonctionnement" et parce que, "s'il faut toujours un premier, nous ne sommes plus les seuls et d'autres villes viennent aujourd'hui à cette technique", constate-t-il.

Incitation aux TC
Choisi pour ses capacités à franchir des pentes prononcées, nombreuses à Nancy, et à s'intégrer dans des artères étroites, le tramway sur pneu l'a été également au vu de son coût. Les 11 km de la première ligne - deux autres étant programmées d'ici à 2006 - représentaient un investissement prévisionnel estimé en 1998 à 920 MF. Au 1er janvier 2000, le coût ressort à 980 MF. Ce surplus, explique Charles Choné, "tient aux effets de l'inflation et aux aménagements rendus obligatoires après l'enquête publique".
Au-delà de ses caractéristiques techniques, le tramway de Nancy s'inscrit dans un vaste programme visant à "inciter la population à davantage utiliser les transports collectifs" pour accroître la qualité de l'environnement. Le projet de PDU, qui sera soumis à enquête publique en mars après avoir été voté par la communauté urbaine le 25 juin 1999, a ainsi pour objectif, à l'horizon 2010, une réduction de 5 % des parts de marché de la voiture au profit des TC (+ 20 %) et des deux-roues (+ 100 %).
Avec une estimation de 53 000 voyageurs par jour, la première ligne de tramway, ponctuée de 28 stations, devrait permettre une croissance de 35 % de la fréquentation du réseau urbain. Pour inciter au transfert modal, qui passe par "plus de confort, de sécurité et de qualité", la communauté urbaine a par ailleurs décidé de renouveler la totalité du parc d'autobus avec des véhicules roulant au GNV. Les 21 premiers, sur un total de 140, ont été mis en circulation à l'automne 1999.

Renouveau de l'espace public
À cela s'ajoute la volonté de jouer à fond la carte de l'intermodalité, avec la reconstruction complète du quartier de la gare, dont les travaux ont démarré en février 2000 : création d'une nouvelle gare à l'ouest des voies ferrées, sur une esplanade piétonne qui accueillera une boutique et un espace d'accueil SNCF, deux immeubles de bureaux et de commerces ; construction d'un pôle multimodal, relié à la gare par un accès piéton, et comprenant une station de tramway, huit quais pour les lignes urbaines et huit pour les interurbaines.
Au cur de ce vaste projet, la place Thiers - sur laquelle ont planché quatre équipes d'architectes et d'urbanistes - devrait "symboliser le renouveau des espaces publics du centre-ville", avec un caractère piétonnier et paysager affirmé. Priorité sera en effet donnée aux piétons dans les principaux espaces publics desservis par le tramway, via des trottoirs et des carrefours réaménagés et plantés d'arbres. "À terme", la fameuse place Stanislas devrait ainsi être "vouée aux piétons", affirme Charles Choné.
Autant de projets que la population "commence à s'approprier et à trouver bénéfiques", selon le président de la communauté urbaine, grâce à une politique de communication tous azimuts (réunions publiques, communiqués de presse, site Internet...).


2,3 MdF sur cinq ans
Le PDU nancéen est intégré dans un projet d'agglomération, adopté en 1997 et faisant l'objet d'un programme pluri-annuel d'investissements. Pour la période 2000-2004, ils ont été fixés à 3,5 MdF dont 2,3 MdF consacrés à la voirie et aux transports collectifs :
o 900 MF, pour les opérations de contournement du trafic de transit (contournement Est de Nancy, déviation de Malzeville...), les réaménagements qualitatifs des rues et la maintenance,
o 180 MF, pour l'exploitation du réseau urbain,
o 1,2 MdF pour le programme TSCP dans sa globalité (aménagements de voirie et aménagements urbains, pôle multimodal, achat du matériel...).

Marque NF Services
Priorité aux clients

Pensée dans l'intérêt du client, la marque de qualité NF Services transport de voyageurs est appliquée à Lyon. Récits de la démarche.

"Avec les labels de qualité "maison", les salariés des réseaux urbains peuvent avoir l'impression qu'une fois acquis, ils ne seront jamais supprimés. Avec la marque NF Services, ils s'aperçoivent que c'est du sérieux et que l'on ne peut pas raconter n'importe quoi". En fait, poursuit Alain Nérot, directeur Qualité des TCL-Lyon, "la démarche NF Services est un levier formidable pour rappeler que le client doit être au centre de nos préoccupations".

Déjà seize lignes à Lyon
Déjà engagé dans une démarche de qualité, le réseau lyonnais a été l'un des premiers à travailler avec l'AFNOR sur une certification spécifique à l'activité urbaine, la marque NF Services Transport de voyageurs.
Elaborée en 1997 et suivie par un Comité de marque présidé par Pascale Pécheur, secrétaire générale du GART, celle-ci est composée de trois constituants : la norme XP X50-805, applicable à toutes les entreprises, définit sept familles de critères (information, accueil, régularité-ponctualité, disponibilité des équipements, propreté-netteté, confort-taux de charge, sécurité-ambiance) ; un référentiel national de certification pour chaque segment de marché (bus, métro, autocar, desserte aéroport...) élaboré et approuvé par le Comité de marque ; enfin, un référentiel de service, propre à chaque entreprise, fixe ses engagements et ses niveaux de performance pour la ou les lignes concernées. Celui-ci doit être validé par un comité local tripartite réunissant l'entreprise, l'autorité organisatrice et des représentants d'usagers, puis soumis à l'AFNOR. La certification est accordée pour un an par l'AFNOR après un audit sur place qui vérifie les moyens mis en uvre pour respecter les engagements de service et les mesures de contrôle.
"Choisies avec le SYTRAL", sept lignes d'autobus du réseau lyonnais et neuf agences commerciales ont été certifiées en septembre 1998. Neuf autres lignes l'ont été en septembre 1999, huit nouvelles et une ligne de métro devraient l'être à l'automne prochain. Selon le nouveau contrat entré en vigueur début 1999, "les clients devront pouvoir utiliser 80 % de services certifiés NF à l'horizon 2004", complète Yvette Lartigau, directrice du réseau au sein de l'autorité organisatrice, soit la totalité du réseau métro, le tramway et 60 % des lignes d'autobus.

D'abord le client
La spécificité de la marque NF Services est, comme le dit Alain Nérot, que "la mesure de qualité est vue du côté du client et non plus du côté du producteur". Elle s'exprime ainsi en pourcentage de voyageurs ayant un service conforme aux engagements : on n'affirme plus, par exemple, que 80 % des bus seront ponctuels mais que 80 % de la clientèle n'attendra pas le bus plus de 5 minutes par rapport à l'horaire indiqué.
Des clients qui, d'après les dernières enquêtes réalisées par le réseau, font état d'un taux de satisfaction "deux fois plus élevé sur les lignes certifiées que sur les autres", note Alain Nérot. Pour autant, ajoute Yvette Lartigau, cela n'empêche pas certains de continuer à émettre des réclamations, notamment sur la régularité : "pour beaucoup d'entre eux, certification égale zéro défaut".
Quoi qu'il en soit, le SYTRAL effectue, via un bureau d'études, un contrôle sur le terrain du respect des engagements. En cas de manquements, les pénalités pourraient atteindre 10 MF, selon Alain Nérot. Ajouté à l'audit annuel vérifiant le fonctionnement de chaque ligne certifiée, cet "aiguillon" contribue, dit-il, à "maintenir une certaine pression" dans l'entreprise.


Première ligne de métro certifiée
En novembre 1999, la ligne 8 du métro parisien a été la première à recevoir en France, et en Europe, la marque NF Services. Coordonnée par Patrick Furlan, la démarche a été menée dans "une logique de parcours-client", explique-t-il : "Avant de descendre dans le métro, où puis-je avoir de renseignements ? Comment puis-je m'y repérer à l'intérieur ? Les escaliers mécaniques fonctionnent-ils ?..."
Vingt groupes de travail (un par critère d'engagement) ont planché sur la concrétisation du référentiel, validé après trois réunions du Comité tripartite (RATP, STP, représentants d'usagers - FNAUT, Association Léo Lagrange). Quatre autres lignes de métro et 31 lignes de bus - s'ajoutant aux onze actuelles - pourraient être certifiées à la fin 2000.

TCSP : pas d'indemnisation pour les déplacements d'ouvrages
Il n'y aura pas d'indemnisation des concessionnaires de réseaux enterrés en cas de déplacements de ces ouvrages dans le cadre de la réalisation d'un projet de TCSP. Dans un arrêt du 23 février 2000, le Conseil d'État a considéré que la construction d'un tramway est bien réalisée dans l'intérêt de la voirie et qu'il est conforme à la destination du domaine public routier (CE 23 février 2000 - Société de distribution de chaleur de Saint-Denis). Conclusion, un occupant (gaz, électricité, eau, télécommunications...) du domaine public n'a pas droit à être indemnisé du déplacement de ses ouvrages lorsque les travaux qui en sont à l'origine sont entrepris pour la conservation et l'aménagement du domaine occupé et sont conformes à la destination du domaine.
En concluant ainsi, le Conseil d'État vient de clore le litige qui opposait la commune de Saint-Denis avec la Société de distribution de chaleur de Saint-Denis sur un problème d'indemnisation pour le déplacement de ses ouvrages dans le cadre de la réalisation du tramway. Cet arrêt marque une étape importante pour les autorités organisatrices qui réalisent un projet de transport en site propre.

Parution : "Les politiques de transport collectifs dans les collectivités"
Il n'existait pas encore d'ouvrage généraliste de référence sur les transports publics pour les collectivités. Ce manque est aujourd'hui comblé par la parution d'un Dossier d'expert "Les politiques de transport collectif dans les collectivités" aux éditions "La lettre du cadre territorial". Entièrement réalisé par le GART, cet ouvrage passe en revue les questions institutionnelles, l'organisation, le rôle de l'autorité organisatrice, celui des sociétés exploitantes, le conventionnement, les aspects juridiques des contrats, le financement et les coûts, la mobilité, l'urbanisme, l'intermodalité, la qualité de service... Bref, tout ce qu'il faut savoir pour être un expert en matière de transport public.
258p., 390 francs, disponible auprès des éditions "La lettre du cadre territorial"
(Tél. 04 76 65 87 17).

"Allô enfance maltraitée" : appel à la participation des réseaux
À l'occasion de la nouvelle campagne d'information pour le 119 "Allô enfance maltraitée", les acteurs du transport public mettent en uvre un partenariat avec le SNATEM (Service national d'accueil téléphonique pour l'enfance maltraitée).
Suite à l'accord signé en 1997, l'ANATEEP, la FNTV, le GART et l'UTP, et à travers eux leurs adhérents, s'associent au SNATEM pour le lancement d'un nouveau visuel et d'une campagne d'affichage.
Dès le mois de mars, les réseaux de transport qui le souhaitent pourront procéder à l'affichage du visuel et du numéro d'appel 119 dans les lieux du transport public.
Ces outils de communication sont gracieusement fournis par le SNATEM, dans le but de diversifier et de multiplier les lieux d'affichage, afin de toucher une population la plus large possible. Un seul objectif : faire connaître le 119 aux enfants et à toutes les personnes concernées par la maltraitance.
Contact : Sébastien Fournier, Comité de promotion des transports publics.

Fréquentation : toujours en hausse !
Les premiers résultats pour 1999 confirment la reprise : le trafic augmente de 2 % en province selon l'UTP. Malgré les quelques jours de grève enregistrés en fin d'année, bon nombre de réseaux connaissent une nouvelle année de hausse. Parmi les meilleurs élèves, les agglomérations à TCSP comme Rouen (+8,4 %), Lille (+6,8 %), Lyon (+3,4 %), mais aussi Bordeaux (+3,86 %). En Ile-de-France, la progression du trafic se poursuit également avec une hausse de 3 % pour la RATP et 2,8 % pour la SNCF.


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