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PDU Ile-de-France mai 1999

 LA LETTRE DU GART  

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Améliorer les déplacements en Ile-de-France : du constat à la mise en oeuvre

Pour la première fois de son histoire, la région parisienne est appelée à se pencher, grâce à la loi sur l'air, sur l'organisation des déplacements de personnes et les transports de marchandises, la circulation et le stationnement. Bien que le Plan de déplacements urbains (PDU) d'Ile-de-France soit réalisé sous l'égide du préfet de région par la Direction Régionale de l'Équipement (DREIF), son élaboration implique la participation d'une multiplicité d'acteurs, dont les responsabilités en matière de politique régionale de déplacements s'enchevêtrent.
Un avant-projet de PDU vient d'être soumis à concertation (12 avril - 12 mai), l'enquête publique étant prévue en juin 2000. La loi n'a pas fixé de délai pour le PDU Ile-de-France. La DREIF prévoit son approbation au second semestre 2000, un moment où la quasi-totalité des PDU de province sera également finalisée. Ce document vise d'abord à mettre un frein à l'inflation galopante de la circulation automobile en Ile-de-France, afin de privilégier le développement des transports publics et les "liaisons douces" (vélo, marche à pied).
Cette ambition ne pourra être atteinte sans une forte implication des élus locaux. Elle devra s'appuyer non seulement sur un travail collectif de hiérarchisation des réseaux de transports, mais aussi sur une harmonisation des politiques locales de circulation et de stationnement, compétences municipales. De même, à l'échelle des bassins de vie, les élus franciliens peuvent élaborer des PDU locaux, qui bien que n'ayant pas d'existence légale pourront s'intégrer dans la démarche du PDU régional.
Enfin, dernier défi, l'élaboration du PDU est l'occasion de remettre en cause l'imbroglio institutionnel qui caractérise l'organisation des déplacements en Ile-de-France. D'ores et déjà, le gouvernement a annoncé son intention de réformer le Syndicat des transport parisiens (STP), en y intégrant les représentants du conseil régional. Le GART souhaite aussi que les autorités organisatrices dites de "second rang" (AO2) puissent y faire entendre leur avis. Ces structures intercommunales de la petite ou - plus souvent - de la grande couronne, même si elles ne sont pas légalement autorités organisatrices, ont créé leur propre réseau de transports publics locaux. À ce titre, elles ont un rôle fondamental à jouer dans le PDU Ile-de-France.
En présentant les différents défis auxquels est confrontée l'organisation des déplacements en Ile-de-France et le rôle de chacun, ce dossier doit pouvoir les y aider. La réforme de la politique régionale des transports est en bonne voie.

Déplacements : le grand embouteillage

Confiée à la Direction régionale de l'Équipement d'Ile-de-France (DREIF), l'élaboration du Plan de déplacements urbains (PDU) s'appuie d'abord sur un diagnostic de l'état actuel des déplacements dans la région-capitale.

Augmentation des déplacements en voiture
En Ile-de-France, la tendance est à l'augmentation du trafic automobile : de l'ordre de 2 % par an. Sans inflexion notable dans l'organisation des déplacements, les déplacements tous modes confondus devraient croître de 55 % d'ici 2015, dont les deux-tiers seront effectués en voiture particulière.

Les nouveaux besoins de la mobilité urbaine
Depuis 1975, la part des déplacements domicile-travail est en baisse régulière. Inversement, l'école (ou l'université) et les loisirs suscitent de plus en plus de déplacements. Ces évolutions s'expliquent par la modification des modes de vie, et devraient s'amplifier avec la réduction du temps de travail. S'agissant des destinations, on constate sur la même période des évolutions importantes : les trajets banlieue-Paris sont maintenant détrônés par les parcours de périphérie à périphérie. Enfin, la diversité des horaires de travail a engendré à la fois un étalement des heures de pointe et une augmentation des déplacements aux heures creuses, ainsi que le soir et le week-end.

Inadéquation des politiques d'urbanisme
Malgré les objectifs ambitieux inscrits dans son schéma directeur, la région Ile-de-France ne parvient toujours pas à maîtriser son développement urbain. Paris continue de se dépeupler, au profit de la périphérie et de la campagne. Le desserrement de l'habitat est suivi par celui de l'emploi et des centres commerciaux. Parallèlement, la dissymétrie entre l'Est et l'Ouest parisien s'accentue. Résultat : l'interaction entre politique d'urbanisme et de déplacement se traduit par une forte augmentation des déplacements motorisés des résidents de grande couronne (+ 30 % entre 91 et 97) et de petite couronne (+ 16 %) alors que ceux des résidents parisiens restaient stables entre 1991 et 1997. La part de marché de la voiture atteint 98 % des déplacements internes à la grande couronne et 77 % de ceux de la petite couronne et la répartition géographique des véhicules kilomètres est inquiétante (cf. tableau ci-dessus).

Inadaptation des transports collectifs
Face à ce phénomène de périurbanisation, les transports collectifs n'ont pas su adapter leur offre. Les investissements ont essentiellement concerné les déplacements domicile-travail aux heures de pointe. Résultat : les transports collectifs prennent en charge 60 % des trajets Paris-banlieue. Mais la voiture particulière est indispensable huit fois sur dix pour se rendre d'une commune de banlieue à une autre. Or, ces trajets banlieue-banlieue représentent aujourd'hui les deux-tiers des déplacements en Ile-de-France. D'ici 2015, cette proportion pourrait atteindre trois-quarts des déplacements dans la région.

Inégalité face aux nuisances
La suprématie de l'automobile génère deux principales nuisances : la pollution atmosphérique et le bruit. Si la réduction de la pollution reste techniquement possible (nouvelles normes pour les carburants et les moteurs), la multiplication des petits déplacements de moins d'un kilomètre effectués en voiture développe une pollution résiduelle incompressible. C'est le cas notamment de la concentration des achats dans des zones de chalandise situées en périphérie des zones d'habitat. Quant au bruit, il affecte principalement les populations défavorisées, qui vivent dans les quartiers sensibles près des installations les plus bruyantes. Isolées dans 60% des cas par une voie de transport infranchissable, ces populations sont moins motorisées que la moyenne régionale et sont donc très dépendantes des transports collectifs.

Inadaptation des dessertes des zones défavorisées
Enfin, dans les quartiers sensibles, les transports collectifs sont témoins de l'insécurité. La politique tarifaire souvent trop élevée par rapport aux moyens financiers des habitants incite à la fraude, engendrant des violences entre jeunes et agents de contrôle. Par ailleurs, l'offre de transport reste inadaptée en terme de desserte et de fréquence, qu'il s'agisse de se rendre à son travail, d'aller faire des courses, de fréquenter les administrations ou de sortir le week-end.

Comment s'en sortir ?

Le "scénario de développement durable" de la DREIF
Chantal Duchêne, responsable du PDU d'Ile-de-France à la DREIF

"La loi sur l'air prévoit la définition d'un réseau principal d'agglomération. Ce réseau est en fait composé d'un réseau magistral, qui regroupe les voies ferrées et le réseau de voirie rapide urbaine, et d'un réseau principal, où les différents modes de transports doivent coexister. Pour faire fonctionner le réseau principal de manière homogène et coordonnée, nous avons défini des prescriptions pour que les bus puissent l'emprunter facilement (partage de la voirie, priorité aux carrefours grâce à la régulation des feux). Nous allons également mettre en place une politique de stationnement et de livraison identique pour l'ensemble des communes traversées. En grande couronne, le réseau principal de transports publics des différentes agglomérations devra permettre le rabattement des lignes de transport en commun vers les gares. Enfin, si nous voulons privilégier les quartiers d'habitat et certains axes du réseau principal, nous devrons nous organiser pour faire circuler le maximum de voitures sur les voies rapides urbaines.
Pour harmoniser la prise de décision, la DREIF recommande aux communes d'une part, de constituer des "comités d'axes" et, d'autre part, de réaliser des PDU locaux."

Le coup de pouce du contrat de plan État-région
Jean-Pierre Duport, préfet de la région d'Ile-de-France, président du STP

"Le prochain contrat de plan devra donner une priorité aux transports collectifs : avant même que ne commence la négociation avec la région Ile-de-France, un point d'accord existe entre nous pour une répartition de 2/3 des investissements sur les transports collectifs et 1/3 pour le volet routier.
Je proposerai par ailleurs à la région qu'une part importante du contrat soit consacrée au financement des actions du PDU qui visent, en Ile-de-France, à mieux faire fonctionner ce qui existe, donc à améliorer la qualité de service. Les travaux d'élaboration du PDU nous ont conduit à la définition d'un réseau principal d'autobus et de pôles d'échanges que nous devrons financer. Le réseau principal d'autobus bénéficiera, d'une part, de couloirs réservés et d'une régulation du trafic à leur bénéfice, et d'autre part, d'un service de qualité (vitesse commerciale, régularité, fréquence y compris aux heures creuses, service de soirée et de fin de semaine, information, accessibilité aux personnes à mobilité réduite).
Les pôles d'échanges retenus dans le réseau principal seront traités dans leur globalité en favorisant le rabattement à pied, en autobus et en deux-roues, et en améliorant l'accueil, la sécurité et le service en gare. Aux abords des gares, la circulation et l'arrêt des autobus seront améliorés, un stationnement sûr pour les deux-roues sera créé. À l'intérieur des gares, la présence humaine sera renforcée ; information, signalétique et accessibilité seront revues."

Une nouvelle politique tarifaire pour les jeunes
Serge Méry, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France chargé des transports

"L'exécutif régional s'est engagé à faciliter la mobilité des jeunes franciliens par la mise en place d'une offre tarifaire adaptée.
Le chèque mobilité, mis en place par le conseil régional en 1998, est destiné aux jeunes de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire sans emploi ni qualification. Il est consacré à l'achat de billets valables en Ile-de-France et attribués par les missions locales et les PAIO. 12 millions de francs y seront consacrés en 1999.
Cette première approche vient d'être renforcée par une participation à la carte Imagine'R à hauteur de 97 millions de francs. Ce financement vise à réduire le coût de la carte orange (d'environ 50 %) pour les étudiants et à étendre la validité de la carte aussi bien pour les scolaires que pour les étudiants à l'ensemble de l'Ile-de-France pendant les fins de semaine et les jours fériés.
Nous souhaitons aider les jeunes scolarisés à se déplacer à un tarif intéressant (environ 50 % de réduction par rapport à une carte orange), avec une carte facile d'utilisation, les inciter à profiter de toutes les richesses sportives, culturelles, naturelles... de l'ensemble de l'Ile-de-France, et d'inciter à un comportement citoyen. C'est un succès considérable : la cible potentielle était d'environ 450 000 jeunes. Environ 370 000 cartes ont déjà été vendues."

Lever les blocages institutionnels

L'absence de responsable unique

La multiplicité des décideurs empêche d'identifier un responsable unique de la politique régionale des déplacements.
o L' État. Il désigne ses représentants au sein du conseil d'administration (CA) de l'autorité organisatrice régionale, le Syndicat des transports parisiens (STP). CA présidé par le Préfet de région qui a voix prépondérante. Il intervient dans le choix des investissements par le biais du contrat de plan.
o Le STP. Autorité organisatrice des transports, il détermine les dessertes, fixe les tarifs, délivre les autorisations d'exploiter aux entreprises, perçoit le versement transport qui permet de compenser aux exploitants les insuffisances de recettes générées par la carte orange, finance les investissements améliorant la qualité de service et approuve les grands investissements lourds.
o Le conseil régional d'Ile-de-France. Exclu du STP pour l'instant, il supporte pourtant une grande part du financement des investissements en transports publics et compense désormais certaines tarifications sociales.
o Les départements (y compris Paris). Ils sont membres du CA du STP et financent une partie de l'indemnité compensatrice équilibrant les comptes de la RATP et de la SNCF IDF.
o La préfecture de police. Elle détient le pouvoir de réglementer la circulation et le stationnement à Paris.
o Les communes. Tous les maires (sauf celui de Paris) réglementent la circulation et le stationnement sur leur territoire.
o Les autorités organisatrices dites de second rang (regroupement de communes sous forme de SIVU, district, SAN... ou ville). Elles contractualisent - sous réserve des dispositions du décret de 1949 et des autorisations accordées par le STP - avec un exploitant pour la desserte de leur territoire. Elles financent les déficits résiduels de ces réseaux.
o Les exploitants. La RATP, la SNCF Ile-de-France et les 80 sociétés privées disposent de par le décret de 1949 d'une autonomie de gestion pour créer et exploiter les lignes de leur réseau, sous réserve de ne pas porter préjudice aux lignes déjà exploitées par d'autres opérateurs.

 

Une offre figée par le décret de 1949

Les politiques de transport se heurtent au décret de 1949, qui accorde des autorisations d'exploiter "à vie" aux entreprises de transport empêchant les collectivités locales d'améliorer l'offre de transport par bus.
L'Ile-de-France est la seule région française où la Loi d'orientation sur les transports intérieurs (Loti) de 1982 n'est pas appliquée. Résultat : le décret de 1949 est resté en vigueur. Avec cette réglementation les autorisations d'exploitation sont devenues intangibles. Cette disposition interdit donc aux collectivités locales de choisir librement un opérateur pour exploiter leur réseau de TC.
Depuis cinquante ans, les exploitants se trouvent ainsi dans une situation
de quasi-monopole sur leur zone d'influence.

 

La réforme du STP

La réforme du STP va permettre à la région d'entrer à son conseil d'administration. Mais pas aux autorités organisatrices secondaires.
Créé par une ordonnance de 1959, le Syndicat des transports parisiens (STP) rassemble au sein de son conseil d'administration 12 représentants de l'État (les différents ministères concernés ainsi que la préfecture de police et la préfecture de Paris) et douze représentants des huit départements de l'agglomération francilienne (cinq pour le département de Paris, un pour chaque département de la banlieue).
La forte participation financière de la région a incité le conseil régional à réclamer, depuis vingt ans, une représentation au conseil d'administration du STP. Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, vient d'en accepter le principe : la "réforme
du STP", annoncée en février dernier, entrera en vigueur au 1er janvier 2000. Mais rien n'est encore prévu pour la représentation des autorités de second rang au sein du STP.

 

"Harmoniser l'action de tous les partenaires"
Georges Dobias, vice-président du STP : "La réforme annoncée lors de notre colloque 40e anniversaire va renforcer le rôle d'autorité organisatrice du STP. Avec l'entrée de la région au sein de son conseil d'administration, le STP apparaît plus que jamais comme un élément fédérateur et médiateur, le plus à même d'harmoniser l'action de tous les partenaires pour le développement du transport public en Ile-de-France. La réforme va également dans le sens de la clarification avec la mise en place d'un processus de contractualisation entre les entreprises de transport et le STP. Cette démarche contractuelle en permettant de définir les volumes et la qualité des services, l'évolution des niveaux et des structures tarifaires, les financements publics correspondant, favorisera une intervention efficace et responsable des acteurs institutionnels économiques et sociaux. Dans ce nouveau cadre, le STP continuera à tenir toute sa place en tant que membre associé à l'élaboration du PDU. Il a activement collaboré aux phases de diagnostic et d'élaboration des scénarios en participant à tous les groupes thématiques et en présidant celui sur le stationnement. Et son rôle sera majeur pour la mise en place et le financement de mesures touchant au transport collectif, notamment pour l'aménagement du réseau principal d'autobus."

"Remettre à plat le financement"
Bernard Plasait, sénateur, adjoint au maire de Paris :"Il ne semble pas logique que la région Ile-de-France qui participe au financement des investissements soit totalement absente du STP. Toutefois, toute réforme du STP nécessite obligatoirement de remettre à plat en même temps le financement de l'investissement et de l'exploitation des transports en commun en Ile-de-France. Et il est indispensable que cette réforme soit largement concertée avec les divers partenaires concernés dont les collectivités territoriales. En outre, l'abrogation du décret de 1949 permettrait de traiter l'exécution du service public dans le cadre général et éventuellement de le déléguer."

"Intégrer les autorités organisatrices de second rang"
Jacques Auxiette, président du GART : "Même si l'arrivée de la région Ile-de-France au STP constitue une avancée historique, cette réforme restera incomplète tant qu'elle exclura les autorités organisatrices de second rang (communes et groupements intercommunaux) dont les réseaux irriguent une grande partie du territoire d'Ile-de-France. Il est indispensable, à terme, qu'un siège leur soit accordé au sein du conseil d'administration du STP, qu'elles soient partie prenante de la démarche de contractualisation prévue avec les entreprises de transport, et qu'une réflexion soit engagée pour appliquer la Loti, dans un premier temps dans les zones non-desservies par la RATP."

"Mettre en concurrence les transporteurs"
Jean-Jacques Fournier, président du SAN de Sénart : "Même si le diagnostic du PDU d'Ile-de-France précise que les villes nouvelles n'ont joué que partiellement leur rôle, Sénart mène une politique de déplacements volontaristes. La problématique des transports est aussi, bien évidemment, intégrée dans le schéma directeur (SD) de la ville nouvelle avec le développement de notre réseau de bus et, plus récemment, avec le SD des liaisons douces. Pour la gestion quotidienne des transports, le SAN veut développer son réseau de bus, mais n'est pas compétent pour organiser le service public sur son territoire. Par exemple, toute modification de ligne doit être approuvée par le STP. Ce qui implique délais et procédure. Sénart a la chance d'avoir un transporteur qui s'implique fortement et s'engage à nos côtés, mais je suis persuadé qu'il est dans l'intérêt du voyageur et du contribuable de mettre en concurrence les transporteurs et de laisser les collectivités les choisir elles-mêmes."

Prendre des initiatives en local

Depuis l'élaboration du PDU d'Ile-de-France, certaines initiatives ont déjà été prises à l'échelon local, voire à l'échelle d'un "bassin de déplacements". PDU locaux, expérimentations, planification, harmonisation : voici quelques initiatives locales réussies, présentées lors d'un colloque "PDU Ile-de-France : du régional au local" organisé par le GART à Cergy-Pontoise fin janvier.

La politique de stationnement autour du Stade de France
Patrick Braouzec, député-maire de Saint-Denis
"Parmi tous les stades européens, le Stade de France est celui qui dispose du plus grand nombre de parkings. Mais il est peut-être préférable que cela ne se sache pas !
La construction de parkings souterrains correspondait à une volonté de la municipalité. Nous ne voulions pas que les abords du stade soient une sorte de no man's land. Puisque le choix s'était porté sur un stade urbain, nous avons voulu suivre cette logique jusqu'au bout et le rendre accessible par les transports en commun.
Nous bénéficions d'une ligne de métro et de trois gares reliées aux RER B et D.
Aujourd'hui, nous souhaitons utiliser le stationnement comme un mode de régulation du trafic automobile. Il est donc important de favoriser le stationnement des résidents, afin de les inciter à laisser leur voiture sur place et à prendre les transports en commun. À l'inverse, nous avons voulu rendre plus difficile le stationnement des migrants pour les dissuader de venir en voiture. Nous ne souhaitons pas pénaliser l'activité économique et le commerce, ce qui suppose tout de même de faciliter le stationnement de courte durée et les livraisons. Nous allons poursuivre notre politique de stationnement payant autour des têtes de lignes de métro. Avec les entreprises, nous souhaitons réaliser un plan de déplacement des employés, afin de développer l'utilisation des transports en commun et le covoiturage."

Un réseau vert intercommunal à Montreuil
Jean-Pierre Brard, député-maire
"Pour préserver et améliorer le cadre de vie de ses habitants, la municipalité a élaboré une charte d'écologie urbaine et défini un projet urbain. La réflexion sur la création d'un réseau vert en constitue un premier volet.
Ce projet a été étendu aux communes limitrophes avec lesquelles nous travaillons à une expérimentation sur les "circulations douces". Deux pistes cyclables vont être réalisées : l'une vers le haut de Montreuil, l'autre dans le cur de ville. Elles formeront l'un des maillons du futur réseau cyclable reliant le canal de l'Ourcq au Bois de Vincennes.
À terme, nous souhaitons proposer un parcours entre les trois grands parcs de la commune, réaliser des liaisons avec les projets de plan vert à Noisy-le-Sec et de coulée verte à Fontenay-sous-Bois, et aussi participer au programme d'itinéraires verts conçu par le conseil général de la Seine-Saint-Denis. Nous travaillons également sur ces dossiers en collaboration avec le nouvel exécutif du conseil régional qui a manifesté sa volonté de faciliter les déplacements dans la région-capitale en assurant un nécessaire rééquilibrage des infrastructures de transport au bénéfice de l'Est parisien. Je pense en particulier au prolongement de la ligne 1 du tramway (Saint-Denis/Bobigny)".

Un site propre bus... intercommunal
André Bussery, président du Syndicat intercommunal pour l'organisation des transports urbains d'Athis-Mons, Juvisy, Paray-Vieille-Poste
"Chaque jour, 30 000 personnes viennent prendre le train à la gare de Juvisy et, depuis 1993, 1 300 bus arrivent ou repartent. De nombreuses mesures ont été prises pour faciliter l'accès prioritaire aux transports en commun : interdictions partielles puis totales de stationnement, mise en
sens unique de certaines rues, aménagement de carrefours avec feux coordonnés.
Malgré l'étroitesse des rues nous avons créé un, modeste, site propre d'une longueur de 30 mètres, mais intercommunal ! Ce qui a permis de dégager une centaine de bus sur cette voie parallèle et d'améliorer grandement la fluidité de la circulation.
Toutes ces réalisation ont été en partie financées par le STP et la région
Ile-de-France, ce qui a été fondamental pour notre commune de 12 000 habitants.

Le réseau cyclable à Paris
Bernard Plasait, sénateur, adjoint au maire de Paris
"Le maire s'est engagé à réaliser un réseau principal de pistes cyclables de 150 km dans le cadre de la mandature. Actuellement, 108 km sont en service, 20 km en travaux, et 27 km supplémentaires seront réalisés en 1999. En plus de ce réseau structurant qui permet aux vélos de se déplacer à travers la ville, les cyclistes peuvent utiliser les quartiers tranquilles, pour circuler en toute sécurité. La politique très volontariste en matière de stationnement pour les deux-roues, avec des mobiliers d'accrochage, va dans le même sens.
La ville va continuer. Elle y est encouragée par l'accroissement très sensible des vélos. Aussi, selon une enquête effectuée auprès de 2 500 cyclistes, 90 % d'entre eux ont considéré que les actions engagées allaient dans le bon sens et qu'il fallait continuer."

Le PDU local d'Évry
Pierre-Jean Banuls, adjoint au maire d'Évry
"Pour qu'un PDU local aboutisse, il faut que le PDU régional réussisse, et réciproquement. Nous devons développer des liaisons rapides entre l'habitat et l'emploi ou l'université et accroître l'intermodalité grâce à nos gares, reliées par les sites propres et à nos trois parkings, d'intérêt régional (d'une capacité cumulée de 2 200 places). Les transports seront un axe majeur, politique et citoyen, de mise en place de nouvelles territorialités.
Ainsi, nous avons créé une association de développement des transports en commun sur notre bassin avecles vingt communes environnantes. Certaines sont favorables à la mise en place de syndicats intercommunaux, d'autres sont pour un processus d'intégration. Mais aujourd'hui les éléments favorables à l'établissement d'une priorité des transports en commun et des liaisons de bus sont présents."

La priorité aux bus
Alain Fontaine, adjoint au maire de Versailles
"Avec une dizaine de communes aux alentours de Versailles, nous avons défini un bassin de transport dans l'objectif de mettre en place un PDU local. Nous espérons qu'il débouchera sur une démarche coordonnée en faveur des transports en commun et des couloirs de bus. C'est notre principal souci à Versailles, où nous avons programmé une extension des couloirs avec des matérialisations renforcées (bordures en granit).
La réalisation de couloirs se heurte à de nombreuses oppositions : automobilistes, riverains et commerçants, alors que les usagers des transports en commun et notre compagnie de transport sont eux demandeurs. Nous devons donc mener une politique de concertation, afin d'expliquer notre action sur les couloirs de bus et gérer les contradictions."

La sécurité à la RATP
Sécurité des voyageurs


La collaboration efficiente entre les forces de sécurité de la RATP et la Police nationale et la réduction des délais d'intervention lors d'un incident permettent d'afficher une moyenne journalière de 7,5 violences (chiffres 1998).
Si cette donnée a augmenté de 5 % par rapport à l'année antérieure, la hausse demeure inférieure à celle constatée sur les années 1995 et 1996. Cette hausse concerne essentiellement le RER. La répartition entre Paris et banlieue montre la prépondérance des actes délictueux commis dans Paris intra-muros.
Toutefois des études conduites par la préfecture de police de Paris établissent que, si le total des faits constatés dans les statistiques policières est mis en relation avec le paramètre de fréquentation, on aboutit à un taux de criminalité* 8 fois moindre dans le réseau ferré que dans la capitale en globalité.
Sur le réseau de bus, les délits commis à l'encontre des voyageurs sont minimes : la moyenne journalière se positionne à 0,8 délits et sans variation par rapport à 1997.
Ces chiffres sont à mettre en regard des voyages effectués chaque jour, soit environ 6 millions sur le métro et le RER, 3,2 millions sur les autobus.
Sécurité des agents RATP
Sur les réseaux Métro et RER, la situation des agents d'exploitation reste satisfaisante. La préoccupation de la RATP concerne la montée des violences et surtout des incivilités à l'encontre des machinistes qui se localisent pour 82,3 % sur les lignes desservant la banlieue. La moyenne journalière des incidents se situe à 2,6.

* rapport de la délinquance à la population concernée.

Les propositions du GART

Jean-Louis Jacquet, vice-président du SAN de Cergy-Pontoise, président de la commission Ile-de-France du GART

Quelles sont vos propositions pour sortir de l'imbroglio institutionnel ?
"La commission Ile-de-France du GART souhaite que l'organisation des transports publics évolue vers une autorité associant la région, les départements et l'Etat et au sein de laquelle les autorités organisatrices intercommunales pourraient être représentées. Nous souhaitons également que les relations contractuelles avec les entreprises de transport s'alignent sur le régime général existant en province."

Qu'attendez-vous du PDU d'Ile-de-France ?
Nous voulons qu'il ne soit pas un document de plus, fruit d'une démarche technocratique pilotée par l'Etat. Nous souhaitons au contraire que les acteurs locaux se saisissent de cette opportunité pour s'impliquer dans des politiques de déplacements visant à réduire l'usage de la voiture particulière, tout en permettant le fonctionnement économique et social de la région et des bassins de transports.
Certaines autorités organisatrices de transports de second rang ont pris l'initiative, dès la publication de la loi sur l'air, d'élaborer un PDU local, sans attendre la mise en place du PDU régional. Je pense qu'il ne peut y avoir de politiques locales de déplacements cohérentes sans un PDU régional fixant les grandes orientations. Mais il ne peut pas non plus y avoir de politique des déplacements à l'échelle régionale sans une forte mobilisation des différents acteurs locaux. Au regard des premières expériences, nous constatons que l'articulation entre le local et le régional n'est pas simple. Par exemple, comment les préconisations élaborées par les autorités organisatrices de second rang dans le cadre des démarches locales de PDU pourront-elles s'inscrire dans un PDU régional ?"

Comment le PDU pourra-t-il relancer l'attractivité des transports publics ?
"Une des conditions de l'attractivité des transports publics en deuxième couronne, à la fois pour le rabattement vers les gares et pour les déplacements de proximité ou de banlieue à banlieue, est la densité du service pendant les heures creuses, le soir et le week-end. Comme le système économique et financier en vigueur en Ile-de-France ne propose aux entreprises privées aucune indemnité compensatrice pour obligations de service public, la densité de l'offre implique la participation financière des autorités organisatrices de second rang. Il nous parait donc nécessaire de mettre en place, dans le cadre d'une nouvelle contractualisation avec la région, un mécanisme permettant de financer les déficits d'exploitation liés à ces obligations de service public.
D'autres problèmes sont récurrents : la liberté de choix des transporteurs, la représentation des usagers dans le processus d'élaboration des PDU, la place de la région, le développement des liaisons de banlieue à banlieue."


Groupement des autorités responsables de transport (GART)
Association 1901 créée il y a 19 ans pour promouvoir les transports publics, le GART rassemble aujour-d'hui près de 200 collectivités territoriales réparties sur l'ensemble du territoire national représentant toutes les sensibilités politiques. Il est présidé par Jacques Auxiette, maire de La Roche-sur-Yon (Vendée). L'une de ses sept commissions de travail est consacrée aux transports en Ile-de-France.
Les adhérents du GART en Ile-de-France :
Argenteuil-Bezons-Sartrouville, Ahtis-Mons/Juvisy/Paray-Vieille-Poste, Cergy-Pontoise, Évry, Juvisy, Mantes, Montereau, Nemours, Saint-Quentin-en-Yvelines, Sénart (ville nouvelle), Sénart-en-Essonne, Versailles ; et les départements de l'Essonne et Seine-St-Denis.

Calendrier de l'élaboration du PDU francilien

Diagnostic des déplacements 
Novembre 1997 à juin 1998
Élaboration des scénarios 
Juillet 1998 à février 1999
Concertation sur les scénarios 
12 avril au 12 mai 1999
Synthèse et premières orientations 
Fin mai à début juillet 1999
Élaboration du projet de PDU 
Juillet à octobre 1999
Avis des collectivités locales 
Novembre 1999 à avril 2000
Approbation du projet de PDU par 
le Comité exécutif 
Mai 2000
Enquête publique 
Juin 2000


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