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Décembre 1999

 LA LETTRE DU GART

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Quelle ville pour demain ?

En mettant le thème de la concertation au coeur des XVIIe Rencontres du Transport Public les 24, 25 et 26 novembre derniers à Mulhouse, le GART signifiait que les transports du XXIe siècle devront coller aux attentes et aspirations des citoyens.
Certains l'ignorent toujours. Ainsi début décembre, les Automobile-Club et quelques fédérations de commerçants s'en sont pris violemment aux PDU, vecteurs "d'une politique anti-voiture de rétrécissement des artères routières menaçant les centre-ville" en estimant que "la voiture et la ville sont indissociables". C'est oublier les politiques qui, à Nantes, Strasbourg, en Suisse, en Allemagne, en Hollande et ailleurs, ont réussi à réduire la place de la voiture en ville et ont reçu l'adhésion des habitants.
C'est surtout faire peu de cas, en raison de la défense d'intérêts corporatistes, des préoccupations de qualité de vie et de pollution, du bruit, de la dégradation du cadre de vie, de l'insécurité routière, qui conduisent plus des 4/5 des Français à souhaiter une limitation de la circulation en centre-ville.
Nouvel élément à verser au dossier, l'enquête GART-Marc Gilles & Associés "Quelle ville pour demain ?", présentée à Mulhouse, montre que les aspirations des citoyens sont très différentes des pratiques de la ville d'aujourd'hui. Même si un attachement fort apparaît pour la ville dans ses différentes composantes (centre, quartier, périphérie), la ville-centre reste le principal pôle d'attraction. Pour continuer à en profiter, une majorité de citoyens réclament une diminution de la présence des voitures, des transports en commun pour accéder au centre, et surtout, c'est une révélation, de "réinventer" le mode piéton.
Une véritable charte pour orienter les futurs PDU ! D'après le Baromètre PDU du GART, les mesures contenues dans les 18 PDU déjà finalisés sont proches de cet esprit. Comme le demande la loi sur l'air, la plupart affichent des objectifs de diminution du trafic automobile. Ils s'expriment principalement par le détournement des trafics de transit en centre-ville, le développement des transports collectifs, du vélo et de la marche à pied, une réorganisation du stationnement.
Une batterie de mesures qui doit dans un premier temps stopper la croissance du trafic automobile, afin, dans un second temps, d'inverser la tendance. Ne rêvons pas : cette action est de longue haleine et il n'existe pas de baguette magique pour faire reculer l'usage de la voiture du jour au lendemain. Mais ne dramatisons pas non plus : il ne s'agit pas d'interdire la voiture, mais de réduire ses nuisances en offrant de véritables alternatives. Plus qu'un impératif, un devoir pour faire vivre la ville de demain. P.B.

L'opinion du secteur
Pour des politiques volontaristes

Quelles politiques mettre en uvre pour améliorer les déplacements ? Le GART a demandé au cabinet MV2 de prendre le poul du secteur. Votre opinion.

Strasbourg, Nantes et Lyon pour les agglomérations françaises ; Fribourg, Karlsruhe et Zurich pour les étrangères : tel est le palmarès des villes menant la politique de déplacements la plus cohérente, selon l'enquête menée par MV2 auprès de 660 participants au con-grès du GART, à Mulhouse*.
Ce palmarès est d'une logique parfaite, si l'on analyse les réponses au questionnaire présenté. Ainsi, toutes les villes citées au palmarès se ca-ractérisent par une politique volontariste en matière de rééquilibrage des modes de déplacement. Or, pour 48 % des personnes interrogées, ce sont bien les collectivités locales qui peuvent le mieux réduire les nuisances générées par l'automobile. Elles doivent privilégier, pour y arriver, le développement des transpors collectifs et la limitation du stationnement (cf. le palmarès des solutions ci-dessus).
Pour autant, on ne fait guère dans l'utopie : en dépit d'actions volontaires en faveur des TC et des autres modes alternatifs, 53 % d'entre eux pensent que l'on réussira réellement à diminuer la part de la voiture d'ici à 2010. Cette courte majorité contraste avec les sondages effectués auprès des Français, qui disent vouloir utiliser davantage les TC. Mais elle traduit une vision plus réaliste du terrain et des comportements.

Périurbanisation
On retrouve ce réalisme à propos des PDU. 51 % des personnes interrogées estiment en effet que la démarche PDU est suffisamment puissante pour influer sur la politique des déplacements des agglomérations concernées. Mais on notera, ici, que les élus sont plus "optimistes" que les exploitants : les premiers la disent influente à 57 %, les seconds à 45 %.
Deux éléments peuvent expliquer cette modération. D'abord, le phénomène de la périrubanisation : 78 % pensent que l'on ne pourra pas réellement la freiner à l'horizon 2010 et ils ne sont que 51 % à vouloir le faire. Ensuite, pour importants que soient les PDU, il manque le levier des compétences. 86 % des personnes interrogées affirment ainsi qu'il est nécessaire de regrouper l'ensemble des compétences transports, circulation, stationnement et urbanisme au sein d'une autorité unique d'agglomération. À l'heure où le gouvernement peaufine son projet de loi "urbanisme, habitat, déplacements", c'est une revendication forte qu'il ne devrait pas manquer d'entendre. C.G.

* Parmi ces 660 personnes, 41 % représentent des AO, 27 % des exploitants, 32 % des divers (hauts responsables industriels, représentants d'organismes centraux, de bureaux d'études...).

Une vision réaliste
Philippe Lefèvre, directeur des études Transports MV2-ETC (études, transport, circulation) - cabinet d'études (enquêtes ménages, déplacements, origine-destination, mesures de qualité...) et certifiée ISO 9002 - commente l'enquête réalisée pour le GART.
Quels éléments principaux ressortent de cette enquête ?
Deux éléments positifs émergent de façon évidente : la demande d'une compétence unique et élargie pour les AO, le devenir de la marche à pied et du vélo (respectivement 87 % et 81 % pensent que ces modes ont un avenir).
Deux autres éléments apparaissent plus mitigés : les effets du PDU - mais cela tient sans doute à la formulation de la question - et la périurbanisation.
Élus et exploitants font-ils des réponses identiques ?
Globalement, oui. Sauf pour la périurbanisation : 57 % des élus veulent la freiner contre 41 % d'exploitants. On constate également un décalage sur les raisons de développer les TC : les élus mettent en avant l'aménagement du territoire, les exploitants les coûts socio-économiques. Ce qui est frappant, dans celles-ci, c'est leur caractère raisonné. On n'a pas à faire, ici, à une enquête "politiquement correcte", présentant des réponses avec des pourcentages de 80 ou 90 %. En ce sens, elle a caractère éminemment fiable.

Politique
Embellie sur les transports publics

Une évolution favorable, une solidarité réaffirmée, une cohérence annoncée et une vigilance maintenue : l'optimisme est de rigueur au seuil de l'an 2000.

C'est par un message de confiance et d'optimisme que Jean-Claude Gayssot, ministre de l'Équipement, des Transports et du Logement, a clos les débats des XVIIe Rencontres du Transport Public, la plus grande manifestation européenne du transport public de cette fin de siècle. Confiance en la poursuite, en l'an 2000, de l'évolution favorable des trafics enregistrée depuis deux ans, confiance partagée avec Jacques Auxiette. Optimisme au regard du rôle que peut jouer le transport public dans l'esprit de nos concitoyens pour "un mieux vivre ensemble". C'est l'objet même du futur projet de loi "Urbanisme - habitat - transport" que le ministre juge "indispensable à l'entrée dans le troisième millénaire qui sera celui de la civilisation urbaine". Dans l'esprit d'une "solidarité plus généreuse", il souhaite rester vigilant dans la lutte contre l'insécurité dans les transports publics qui constitue pour lui une priorité.

Maîtriser l'étalement urbain
Pour Jean-Claude Gayssot, "ce projet de loi concerne en particulier le renforcement des liens entre la planification urbaine et celle des déplacements, avec comme objectif premier de maîtriser l'étalement urbain". Avec l'annonce de la création d'une autorité unique d'agglomération pour "gérer à terme les déplacements et les transports collectifs", il répond directement au souhait exprimé par le président du GART de "se donner les moyens de rendre cohérentes nos politiques de déplacements, de stationnement, d'urbanisme...". Pour "refonder la ville à l'européenne, une ville dense et hétérogène qui laisse une large place aux modes alternatifs à l'automobile". Le ministre souhaite que cette loi soit aussi l'occasion de progresser de manière décisive en matière de régionalisation ferroviaire après trois ans d'expérimentation dans sept régions pilotes, régionalisation considérée comme un véritable succès par le GART ; le transfert aux régions des services régionaux de voyageurs devrait ainsi devenir rapidement une réalité.

Financements
Le ministre des Transports a estimé par ailleurs que la demande du GART d'une exonération totale de la TIPP mérite d'être explorée. Il a, pour l'heure, engagé le Gouvernement à réexaminer l'amendement visant à neutraliser pour les transports publics l'évolution de cette taxe sur le gazole. Une position qui n'est toutefois pas partagée par Bercy. Jean-Claude Gayssot s'engage également à appuyer cette demande tant au niveau interministériel qu'auprès de la Commission européenne.
En matière de financement des transports urbains, le ministre rappelle qu'avec le budget 2000, les crédits de l'État ont progressé de 37 % en 3 ans. Jacques Auxiette salue cet effort notable mais souligne la nécessité de trouver d'autres financements, puisque ce sont au total 66 milliards de francs qui seront nécessaires à l'horizon 2010 pour réaliser les quelque 62 projets de TCSP dans 32 villes de province.
La demande du GART que les autorités organisatrices soient dispensées du contrôle de l'État en matière de tarification a été entendue, puisque le ministe a annoncé à Mulhouse que l'encadrement sera supprimé pour les autorités ayant un PDU doté d'un volet tarifaire. Pour les autres, l'adoption d'un contrat pluriannuel permettra également de déroger à l'encadrement tarifaire actuel qui va à l'encontre de la décentralisation.

Du mouvement dans le paysage des transports
Sur le dossier SNCF-Via GTI, Ie ministre a précisé que si le Gouvernement a accepté que le rapprochement SNCF-Via GTI ait lieu, c'est que cette prise de contrôle par la SNCF maintient inchangé le nombre des grands opérateurs de transport urbain, conserve un caractère national au plus grand d'entre eux et renforce les coopérations opérationnelles entre transport urbain et transport ferroviaire. Jean-Claude Gayssot se dit néanmoins "attentif à ce que cette nouvelle configuration n'ait pour conséquence ni des situations de monopole local, ni des entraves à la coopération entre la SNCF et les autres groupes de transport urbain".
Jacques Auxiette rappelle que "les autorités organisatrices ne choisissent pas leur opérateur en fonction de l'actionnaire majoritaire, mais des compétences des entreprises" et souhaite, enfin, que "la volonté des autorités organisatrices soit strictement respectée et le libre choix de 'l'intuitu personae' réaffirmé". F.L.

Baromètre PDU du GART
Les 18 projets de PDU à la loupe

Les agglomérations de plus de 100 000 habitants devront achever leur PDU avant le 30 juin 2000. À ce jour, 18 ont arrêté leur projet ; quelles mesures contiennent ces PDU ? Le GART publie une première enquête sur leur contenu.

Seule l'agglomération de Lyon a largement anticipé le délai fixé par la loi sur l'air en adoptant son projet de Plan de déplacements urbains le 14 octobre 1997. Sur les 65 PDU concernés, 18 agglomérations seulement ont arrêté leur projet, selon un recensement effectué à la mi-novembre par le GART : Aubagne, Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Lyon, Le Mans, Metz, Montbéliard, Nancy, Nice, Orléans, Paris, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg.

Affichage clair pour les TC
De l'analyse des 16 projets reccueillis sur les 18 approuvés, il ressort que la moitié d'entre eux ont pour ambition de diminuer, de 3 à 6 points d'ici à 2010, la part modale de la voiture. D'autres affichent une volonté de maîtrise du trafic automobile, passant par des actions de modération de la circulation ou de nouveaux plans de circulation. Certains envisagent à la fois une diminution du trafic automobile dans le centre et un report de celui-ci sur des liaisons périphériques. Parmi les actions concrètes retenues, figurent la gestion des flux et des feux, la réduction ou le gel des capacités viaires, la création de zones 30...
Parallèlement, la priorité aux transports collectifs est clairement affichée, avec des objectifs d'augmentation de part modale de 2 à 6 % à l'horizon 2010. Principales mesures envisa-gées : la création d'un TCSP (14 des agglomérations étudiées ont déjà, vont avoir ou projettent d'avoir des TCSP) et la réorganisation des réseaux de bus avec notamment la création de voies réservées.
À noter que les deux-tiers des projets font état d'une intermodalité avec l'offre ferroviaire. Ce thème de l'intermodalité fait d'ailleurs souvent l'objet d'un traitement à part entière, avec trois axes d'actions : développement des parcs-relais, aménagement de pôles d'échanges, tarification.
Autre point fort relevé : l'accent mis sur le niveau de service offert par les TC (confort des véhicules et des aménagements de gares, fréquence, amplitude, vitesse commerciale...).

Les modes doux à part entière
Même si elle n'est pas clairement chiffrée, l'augmentation des parts modales du vélo et de la marche à pied est traitée dans tous les projets. Les mesures prioritaires concernent le renforcement de la continuité des cheminements piétons et des itinéraires cyclables, l'extension des zones piétonnes, la suppression des obstacles sur les trottoirs... On note que ces mesures en faveur des modes doux sont également développées dans des chartes et schémas directeurs, auxquels font d'ailleurs référence les projets de PDU.
Ne sont jamais évoqués en revanche, en tant que tels, l'aménagement et l'exploitation du réseau principal de voirie d'agglomération. La hiérarchisation du réseau ou la requalification des grands axes, quand elles sont envisagées (8 projets), sont disséminées dans l'ensemble du projet.
Le rôle prépondérant du stationnement comme outil de maîtrise de l'usage de la voiture est, lui, clairement identifié. Les dispositifs retenus relèvent principalement d'une action sur la tarification, différenciée selon les types de stationnement et sur la durée, avec la dissuasion du stationnement de longue durée. En règle générale, une réduction du nombre de places est prévue, compensée par la création de parcs-relais ou de parcs souterrains.
Émerge enfin dans tous les projets, même si ce n'est encore que de façon mineure, la problématique des livraisons de marchandises en ville. On voit apparaître en fait un corpus en commun en la matière, avec des mesures telles la réorganisation de la réglementation, l'intégration des contraintes dans les améngaments de voirie, la volonté de maintien des infrastructures ferroviaires, la réalisation d'itinéraires de contournement... C.G.

Où en sont les 65 PDU ?
Si Lyon a déjà approuvé son PDU, les 64 autres en sont à des stades d'avancement différents. Selon le baromètre du GART :
- 29,3 % n'en sont qu'au stade de diagnostic,
- 32,3 % en sont aux scénarios,
- 10,7 % en sont à l'élaboration du projet,
- 27,7 % en sont à la concertation.
À noter par ailleurs que 14 agglomérations de moins de 100 000 habitants ont entrepris une démarche PDU, sans y être pourtant contraintes.

Table ronde concertation
Quelle place pour l'enquête publique ?

Mettre fin aux dérives de l'enquête publique tout en renforçant la démocratie participative au niveau local. Tels étaient les enjeux évoqués dans le cadre de la table ronde "Concertation", l'un des thèmes majeurs des XVIIe Rencontres du Transport Public.

Simplifier et démocratiser la concertation, tous les acteurs du processus sont d'accord. Mais comment ? Actuellement, la concertation sur les projets d'aménagement comporte une phase de concertation préalable menée par les collectivités locales et une enquête publique qui est seule prise en compte dans la déclaration d'utilité publique. De nombreux dysfonctionnements ainsi qu'une absence de participation marquent les limites de l'enquête publique. Comment les pallier ? Le jour même de la table ronde réunissant les acteurs du processus, Nicole Questiaux présentait le rapport commandé par le Premier ministre au Conseil d'État.

Plus de place pour la concertation
L'élargissement de la phase de concertation préalable est un point de vue partagé par la plupart des acteurs. Le GART propose pour sa part que la concertation organisée par les collectivités locales soit rendue obligatoire et juridiquement reconnue. Un observateur du processus serait alors désigné en tant que personne garante. Il rendrait un rapport sur le déroulement de la concertation, rapport présenté à la commission d'enquête et pris en compte dans le cadre de la Déclaration d'utilité publique. La collectivité bénéficierait d'un droit de réponse sur ce rapport.
Le rapport Questiaux identifie parfaitement le problème et propose d'agir d'abord en amont même de la conception du projet, comme le réclamaient les usagers, représentés par Jean Sivardière, président de la FNAUT. Quant à la concertation préalable, Nicole Questiaux ne fait pas à ce sujet de propositions précises. Il est cependant question d'une transformation de la Commission nationale du débat public en une "instance garante de l'information et de la consultation du public préalablement à l'adoption de certains projets". Mais cette proposition reste floue. Et en aucun cas la concertation préalable menée par les collectivités locales ne serait rendue obligatoire et ne sera juridiquement reconnue.

Déclaration d'utilité publique : rétablir la légitimité des élus
La question de la Déclaration d'utilité publique (DUP) est au coeur de ce débat. Sur ce point, Jacques Auxiette, président du GART, et Jean-Pierre Sueur, président des Maires de grandes villes et maire d'Orléans, partagent une position commune : la DUP doit pouvoir être prise par la collectivité responsable du projet, en tant que détentrice de la légitimité politique, et non plus par le préfet. Un contrôle a posteriori pourrait être exercé par le Préfet, s'il le juge opportun. Il pourrait engager un recours, si la DUP va à l'encontre des conclusions de la commission d'enquête.
Le rapport Questiaux ne va pas dans ce sens. Il réaffirme la compétence exclusive de l'État s'il y a expropriation d'un bien privé. Une option est tout de même proposée où l'organe délibérant de la collectivité locale adopterait une déclaration de projet.
S'il n'y a pas d'expropriation, cet acte serait suffisant, mais dans le cas contraire, l'intervention de l'État reste inévitable. F.L. et M.D.

Acteurs économiques et PDU
Extraits de l'atelier sur ce thème le 24 novembre à Mulhouse.
Christian Philip, président du SYTRAL : "Sans l'implication des entreprises, notamment en centre-ville, le volet marchandises du PDU sera pratiquement impossible à réaliser".
Mohamed Haider, City of Nottingham : "Depuis 1996, 35 des 108 plus gros employeurs ont mis en place des plans de mobilité qui touchent 50 000 salariés".
Alain Felce, direction du Produit, Renault : "Renault, à travers son Technocentre de St-Quentin en Yvelines, participe au PDU Ile-de-France en créant 13 lignes de bus. Ces lignes sont utilisées par 26 % des salariés".

Fret
Un défi pour les territoires

Optimiser les flux, jouer l'inter- et la multimodalité, développer des politiques d'aménagement cohérentes : voici les chantiers à ouvrir pour améliorer le fret au niveau des régions.

Pour améliorer l'acheminement du fret, les conseils régionaux ont leur rôle à jouer en offrant des espaces logistiques adaptés aux besoins et en favorisant la promotion des modes alternatifs à la route. Dans un contexte d'économie globale, on n'y parviendra, prévient Patrice Salini, de l'Université Paris-Val de Marne, que si les différentes collectivités réussissent à coordonner leurs efforts en matière d'aménagement des territoires en tenant compte de l'impact des logiques de production et de distribution sur les chaînes de transport de fret et sur les organisations logistiques.
Pour Dominique Plancke, président de la commission Transports et Infrastrucutures du conseil régional Nord/Pas-de-Calais, même si les régions n'ont pas de compétence directe pour l'organisation des transports et de la logistique de fret, elles devraient être associées en amont à la prise de décision. Notamment en matière de gestion des sillons pour le fret, de réactivation des lignes existantes, d'accueil des grands corridors de fret, de coordination transfrontalière. Il leur incombe par ailleurs, de veiller à la cohérence entre politiques ferroviaires de transport de marchandises et de voyageurs pour éviter que les uns et les autres n'entrent en concurrence spatiale et horaire et se détournent à nouveau vers la route, risque particulièrement sensible pour les chargeurs et commissionnaires de transport de marchandises. Risque d'éviction des marchandises des sillons les plus performants, qui est à traiter au niveau technique, mais aussi au niveau institutionnel, souligne Bernard Soulage, président de la commission Transport du conseil régional Rhône-Alpes qui pose à cet effet la question de la création d'une autorité de régulation régionale et nationale.

Plates-formes logistiques ou chantiers de transport combiné ?
Selon Jean-Claude Berthod, PDG de Novatrans, président du groupe de travail du Conseil national des transports sur l'élaboration des schémas de services "Transports", l'inflation de plates-formes logistiques, rarement intermodales, construites avec de l'argent public en France, peu ou pas utilisées, marque bien le décalage entre la volonté des collectivités locales d'aider au développement des territoires et les besoins réels des transporteurs et chargeurs. Or le transport intermodal peut séduire ces derniers, dès lors que la fiabilité, la ponctualité et des coûts compétitifs sont garantis.
Par conséquent, une amélioration de l'offre de transport combiné rail-route ou route-voie d'eau, notamment par le développement de chantiers de transport combiné, peut se révéler beaucoup plus "rentable" pour la collectivité que la mise en place d'une plate-forme logistique. Les équipements intermodaux renforcent l'attractivité et les performances du système de transport d'une région et peuvent ainsi générer des activités nouvelles, tout en contribuant à la décongestion des réseaux routiers. C'est un des objectifs du ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot qui souhaite doubler le volume du fret ferroviaire en dix ans. Patrice Salini estime qu'il faut toutefois se poser la question du bilan environnemental global du transport ferroviaire des marchandises; dans dix ans, ne risque-t-on pas de se heurter au refus des populations devant les nuisances qu'il entraîne : bruit, coupures...

Etalement urbain, fret et transfert modal
Quant aux territoires urbains, avec le développement de la périurbanisation et l'apparition de systèmes de tram-trains, les communes ne pourront faire l'économie d'une réflexion sur le fret et son arrivée en zone urbaine dense. Philippe Laurin, directeur, Fret SNCF indique que la Société nationale souhaite mettre en place de véritables chaînes logistiques complètes et commence à raisonner en termes de "plates-formes" de proximité. Multimodales, multiservices et multiclients, ces installations privilégient une approche ferroviaire en zone urbaine dense et la distribution finale des marchandises par des véhicules peu polluants.
Quoi qu'on fasse, estime Bernard Soulage, on n'arrivera jamais en France à transférer de la route vers le rail ni les voyageurs, ni les marchandises, si les collectivités locales ne parviennent pas à stopper l'étalement urbain. En la matière, la maîtrise du sol reste déterminante. Si la question est évidente, la réponse - purement politique - l'est beaucoup moins. F.L.

Interurbain
Trois lauréats pour les Qualid'or

Puy-de-Dôme, Côte d'Or, Morbihan : c'est le tiercé gagnant des premiers Qualid'or des lignes départementales, organisés par le GART, EFFIA et "La Gazette des communes, des départements et des régions".

Quarante-six départements ont concouru aux Qualid'or des lignes départementales, dont l'objet est de mettre en valeur les efforts menés par les conseils généraux et les entreprises pour offrir un service de qualité aux clients.
Chacune des lignes présentées a été examinée selon sept critères et 33 indicateurs (accueil, information, confort, propreté, ponctualité, sécurité, intermodalité) et a été contrôlée trois fois sur le terrain. Outre les trois lauréats, le jury a distingué sept départements : Aisne, Charente-Maritime, Côtes d'Armor, Gironde, Jura, Mayenne et Rhône.

Puy-de-Dôme : jouer sur toute la panoplie
Longue de 51 km, offrant 13 allers-retours quotidiens, la ligne Clermont-Ferrand-Thiers-Saint-Rémy-sur-Durolle a transporté 2 140 000 voyageurs en 1998, soit une progression de 7 % par rapport à 1996. Preuve, selon Patrice Batifoulier, directeur Transports du conseil général, "qu'en jouant sur toute la panoplie qualité - information homogène, qualité des points d'arrêt, confort des véhicules, facilité tarifaire -, on peut réussir à gagner des clients".
La moitié des clients sont des scolaires, l'autre moitié des abonnés salariés, des étudiants, des chômeurs (qui bénéficient de la gratuité depuis mai 1999), des occasionnels. Grâce à un système d'intégration tarifaire mis en place dès 1983 entre le département et le SMTC de l'agglomération clermontoise, tous accèdent gratuitement au réseau urbain de Clermont-Ferrand.

Côte d'Or : responsabiliser les entreprises
Intermodalité également avec la ligne Dijon-Gray, présentée par la Côte d'Or : ses quatre A/R quotidiens, empruntés par 35 600 voyageurs en 1998, sont calés sur les correspondances TGV à Dijon et les horaires de ceux-ci sont affichés dans la gare routière. L'information du voyageur est d'ailleurs particulièrement développée : guides et affichages aux arrêts sont complétés par un service téléphonique de renseignements et un site Minitel.
Exploitée par Monts-Jura Autocars, cette ligne, comme huit autres, fait l'objet d'une convention de cinq ans aux risques et périls aménagés. Cette formule - qui concernera toutes les lignes à partir de 2001 - "permet de responsabiliser les entreprises", note Cédric Auloy, adjoint au chef du service Transports : "en gardant les recettes commerciales, elles sont incitées à développer la qualité pour augmenter leur clientèle". Pour appuyer cette volonté, le conseil général fait réaliser régulièrement des con-trôles de qualité.
C'est également au nom de la qualité du transport collectif que le département, la région, la SNCF et les autorités organisatrices urbaines de Dijon et Beaune "se sont associés pour étudier l'aménagement de gares multimodales dans ces deux villes".

Morbihan : le choix du partenariat
Lauréat du troisième prix avec la ligne Port-Navalo-Vannes - exploitée par la Compagnie des transports du Morbihan, elle assure 7 allers-retours quotidiens et a transporté 268 000 voyageurs en 1998 -, le Morbihan a responsabilisé les entreprises au travers d'un cahier des charges "Qualité", élaboré avec elles en 1992. Lors du renouvellement des conventions, en 1999, ses dispositions ont été intégrées dans les appels d'offres, "le but étant de rendre obligatoire le niveau de qualité qui a été atteint", explique Michel L'Higuiner, responsable du service Transports du conseil général.
La ligne Port-Navalo-Vannes témoigne de ce niveau, avec notamment le soin apporté à l'information des voyageurs et à l'accueil par les conducteurs. Ceux de la CTM, comme tous ceux des 19 entreprises regroupées au sein de l'association TIMCAR, suivent d'ailleurs chaque année une journée de formation à la démarche commerciale, financée par le Conseil général et les entreprises.
Complétée par une tarification unique pour tout le réseau, par une information uniformisée, cette politique de qualité s'est traduite par une augmentation de 20 % de la clientèle, en cinq ans, sur l'ensemble des lignes départementales. C.G.

EnquêteGART/MGA
Quelle ville pour demain ?

Comment les citadins voient-ils leur ville d'aujourd'hui, comment rêvent-ils celle de demain ? De quelle façon leurs attentes peuvent-elles nourrir les PDU ? Réponses avec une enquête réalisée, pour le GART, par Marc Gilles & Associés.

La ville synonyme de mal-vivre, de mal-être, de stress ? Eh bien non ! Il va falloir sérieusement revenir sur cette idée reçue si l'on en croit les résultats de l'enquête pilotée par le GART avec le concours de l'ADEME, de la DRAST, d'EDF et de Renault, et menée auprès de 1 800 habitants des agglomérations de Clermont-Ferrand, Rennes et Toulouse* : la majorité d'entre eux aiment la ville et y sont fortement attachés.

"J'aime la ville... et mon quartier"
Ce qu'ils aiment dans la ville ? Cinq points forts ressortent : sa vitalité commerciale (30 % d'évocations spontanées) et culturelle (29 %), son dynamisme au quotidien (24 %), la convivialité qu'elle génère (20,5 %), son patrimoine architectural et historique (26 %), les espaces verts qu'elle offre (18,5 %), ses transports en commun adaptés (15,5 %).
Une dichotomie très claire apparaît néanmoins dans la perception de la ville-centre entre urbains et périurbains. Les premiers valorisent en priorité son offre culturelle et la présence signifcative d'espaces verts ; les seconds retiennent pour principal facteur attractif l'offre commerciale. Mais les deux catégories d'habitants se retrouvent pour souligner de façon forte (38 %) une insatisfaction majeure : les problèmes de circulation et de stationnement.
Cet attachement à la ville-centre est doublé d'un important ancrage ou désir d'ancrage à son quartier ou à sa commune, les raisons invoquées étant l'envie d'en savourer le côté paisible et l'aspiration à davantage d'animation locale. En la matière, le sentiment de manque est particulièrement prégnant : 44 % des habitants des quartiers de ville-centre et 40,5 % d'habitants de communes périphériques attendent une animation locale accrue. Vient largement en tête ici la demande de création de salles de cinéma (63 % en ville-centre, 56 % en périphérie) : aux multiplexes excentrés qui foisonnent, les habitants semblent préférer des "micro-complexes" locaux qui offrent un espace distractif collectif pendant, avant et après.

La ville de demain sera piétonne
Au-delà de ce souhait de prise en compte de la dimension du quartier et de la commune, les citadins dessinent une ville de demain radicalement différente de celle d'aujourd'hui. S'ils affirment continuer de vouloir puiser dans la ville-centre ses ressources commerciales et culturelles, ils expriment en revanche un bouleversement total quant à leurs priorités et pratiques.
Pour continuer à profiter de la ville, ils se disent persuadés qu'il faudra en modifier l'accès et faire évoluer les modes de déplacement. Cela devra passer par une diminution de la présence de la voiture et par un accès favorisé des transports collectifs - performants et innovants - à l'hyper-centre et aux quartiers.
Mais profiter de la ville de demain exige surtout, pour eux, de réinventer ou de favoriser un mode de vie piéton. La perspective, ici, n'est pas tant de simplement développer la marche à pied que de concevoir de véritables espaces urbains piétons, beaucoup plus larges que des zones piétonnes. Une majorité de citadins attend ainsi des espaces libérés, conçus à l'échelle des piétons et non plus des voitures et des transports en commun, avec une refonte totale du jalonnement et du mobilier urbain, et permettant une redécouverte de la ville.
Dans ce nouveau dessin d'une ville piétonne, les transports en commun ont leur place : associés à des destinations urbaines motivantes et conçues pour être pratiquées à pied, ils participent à l'émergence d'une ville moins polluée .
Sans le savoir, les citadins interrogés ont réinventé ou se sont approprié la philosophie des PDU. Pour les agglomérations qui planchent actuellement sur leur projet, ce constat ne peut que les inciter à favoriser une autre pratique de la ville, bâtie sur un binôme clair : davantage de transport collectif et de modes doux/moins de voitures.C.G.

* 600 interviews quali-quantitatives, comportant des questions fermées et ouvertes, ont été réalisées dans chaque agglomération (300 en ville-centre, 300 en habitat périurbain), l'échantillon étant réparti pour chacune d'elles sur six zones, quartiers ou commmunes. Enquête disponible au GART.

Transport-Expo évènements industriels
Le voyageur roi

Transport-Expo, le plus grand salon européen consacré aux transports publics, avec plus de 140 exposants sur 13 000 m2, le Carrefour recherche et industrie ainsi que les débats proposés par des industriels ont fait le point sur les dernières évolutions techniques du secteur. Une conclusion s'impose : l'usager est au cur des préoccupations des industriels comme des élus.
À Transport-Expo 99, la star, c'était le voyageur. Les élus l'ont bien compris : pour attirer une nouvelle clientèle, il faut séduire. Dans le cadre du Carrefour recherche et industrie dont la première partie était consacrée aux matériels roulants, Catherine Coutelle, vice-présidente du district de Poitiers a rappelé l'importance de la prise en compte de certaines attentes, notamment dans le domaine de l'accessibilité. Elle qui est aussi présidente de "Femmes en mouvement, les transports au féminin", estime que, malgré les planchers surbaissés qui se généralisent, tout n'est pas réglé. L'accès et la circulation des personnes âgées ou des poussettes restent souvent problématiques. Là où le confort s'adapte particulièrement à la demande c'est dans le domaine du transport périurbain pour lequel sont apparus des véhicules spéciaux. L'Agora Line d'IRISBUS était, cette année, présenté dans sa version articulé fonctionnant au gaz naturel. Le carburant GNV connaît une progression impressionnante tout comme son concurrent le GPL. La plupart des constructeurs présentaient d'ailleurs des bus GNV ou GPL.

Toujours plus propres...
Mais la vedette en matière d'énergie propre a été la présentation de véhicules hybrides, comme le Cityclass, le bus hybride diesel/électrique d'IRISBUS. Il est équipé d'un moteur roue électrique, dont la batterie est alimentée par un moteur diesel. Autre hybride, l'OREOS 55 de Gépébus, présenté dans sa version GPL/électricité.
En plus de la pollution atmosphérique, les énergies propres, l'électricité en particulier, permettent de diminuer les nuisances sonores et l'inconfort dus aux secousses, comme l'a rappelé Serge Godard, sénateur-maire de Clermont-Ferrand, au cours du Carrefour recherche et industrie.
L'amélioration de l'impact visuel est également une de ses préoccupations en tant qu'élu. Pour lui, supprimer les fils disgracieux des tramways et trolleys est indispensable pour mieux les faire accepter et les intégrer à l'environnement urbain.
Dans ce domaine, deux voies sont principalement explorées. L'énergie embarquée tout d'abord, sous la forme de volants d'inertie ou de systèmes de batteries plus classiques. Reste à pallier les inconvénients dus à l'encombrement causé par ces systèmes. La pile à combustible reste, elle, en cours d'étude et pourrait connaître plusieurs étapes dans son développement. Mercedes dispose déjà d'un prototype dont la commercialisation est annoncée en 2004/2005. IRISBUS est encore en phase de développement. D'autre part, l'alimentation par le sol avance à grands pas. Spie Enertrans la teste actuellement à Marseille sur une portion de tramway. L'italien Ansaldo fait de même à Trieste.

...encore plus beaux !
Le design prend une part de plus en plus importante dans la conception des véhicules. Aujourd'hui l'esthétique d'un tramway est capitale pour séduire le public. Les élus ne s'y sont pas trompé : à chaque ville son tramway, à chaque tramway son design. Le tramway de Lyon construit par Alstom était une des vedettes de Transport-Expo grâce à son look original. Tout comme le nouveau Translohr, le tramway sur pneus de Lohr industrie, qui a adopté un nouveau look élancé favorisant la clarté des espaces intérieurs. Pour sa première française, l'INCENTRO d'Adtranz qui équipera l'agglomération nantaise a su lui aussi se faire remarquer.
Si le design est extrêmement travaillé sur les tramways, Catherine Coutelle a regretté lors du Carrefour recherche et industrie que les bus ne bénéficient pas toujours du même intérêt. Sans l'arrivée de Cristalis, on aurait pu en dire autant du trolleybus. Il a été présenté à Transport-Expo. Cette version non guidée du Civis va en effet remplacer avantageusement les trolleys lyonnais et grenoblois. Son concurrent, le TVR de Bombardier va, lui, équiper, dans sa version débrayable, l'agglomération de Nancy.

Télébilletique : question de politique
Améliorer le confort et l'esthétique, c'est bien, rendre les transports publics plus faciles à utiliser, c'est capital. La seconde partie du Carrefour recherche et industrie réunissait autour de Daniel Delaveau vice-président du district de Rennes, les principaux acteurs du développement de la télébillettique en France, les industriels et la DTT, représentée par Jean-François Janin, sous-directeur de la stratégie et des politiques intermodales. C'est la complexité des aspects politiques des projets de télébillettique multimodale qui est ressortie du débat. La technique, elle, ne fait que s'y adapter.
Au-delà des questions de concurrence entre les différents systèmes existants, Jean-François Janin a rappelé le souhait de la DTT de voir naître une carte universelle, valable sur tout le territoire français. Quant au porte-monnaie électronique, il ne sera associé aux systèmes de billettique transport que si les banques font des choix compatibles comme l'a rappelé Gérard Najman, directeur marketing d'Alcatel. Mais au final, on s'accorde pour dire que les systèmes doivent être simplifiés au maximum pour séduire les utilisateurs. Car, comme l'a souligné Gérard Najman, le succès de la télébillettique dépendra avant tout de l'adhésion de la clientèle.
Mais séduire, c'est avant tout pouvoir proposer des matériels rapides et performants. Le tram-train est un bon exemple de ce type d'innovation. Il permettra de desservir à moindre coût les gares périurbaines. Le tram-train de Sarrebruck fabriqué par Bombardier a été présenté au public Mulhousien pour la première fois en grandeur réelle.
Autre première à Transport-Expo, celle du nouvel autorail TER de la SNCF fabriqué par De Dietrich-Alstom. Il permettra aux régions de disposer d'un matériel léger adapté à ces lignes ferroviaires.
Lohr industrie enfin, a choisi le congrès de Mulhouse pour présenter le nouveau Translohr, tramway sur pneu, qui est annoncé à un prix 50 % moins cher qu'un tramway classique. De quoi rendre les matériels lourds accessibles aux villes moyennes. M.D..

Naissance de deux réseaux urbains : Sélestat et le bassin de Pompey
La communauté de communes de Sélestat a lancé le 1er septembre dernier la ligne A de son réseau de transport. Les 32 000 habitants de l'agglomération disposent aujourd'hui d'une première ligne qui sera bientôt complétée par une seconde. Dans un premier temps, le conseil général du Bas-Rhin a délégué sa compétence transport à la communauté de communes, pour la première année d'exploitation de la ligne A. Mais à moyen terme, un véritable PTU sera créé et le VT sera instauré sur son territoire.
C'est en fait un véritable système de "bus de ville" qui va être créé pas à pas. L'exploitation du réseau TIS (Transport intercommunal de Sélestat) a été confiée à Cariane Est, pour effectuer un service du lundi au samedi au moyen de deux midibus.
Le bassin de Pompey, en Meurthe-et-Moselle, vient lui aussi d'inaugurer son réseau urbain : le SIT, Service intercommunal de transport du bassin de Pompey. La communauté de communes du bassin de Pompey en est l'autorité organisatrice. Jusque-là, l'offre de transport se limitait à une ligne TER et une ligne interurbaine. La communauté de communes a donc créé 6 lignes urbaines permettant les déplacements à l'intérieur du bassin et facilitant les dessertes vers Nancy car elles sont toutes en connexion avec la gare TER et la ligne interurbaine.
Grâce à la coopération entre toutes les autorités organisatrices concernées, une tarification unique multimodale moins coûteuse a été créée. Certains titres couvrent trois réseaux, le SIT, la ligne interurbaine et le réseau TER du bassin. Une seconde catégorie de titres est valable sur le SIT, les réseaux urbain et suburbain de Nancy et le réseau TER du bassin.
À terme, le bassin de Pompey devra passer à la billettique sans contact pour se mettre en phase avec la
communauté urbaine de Nancy, qui s'équipera avec l'arrivée du tramway, et avec le conseil général qui l'utilise déjà.

L'Annuaire national des transports publics 2000 est paru
Tout ce qu'il faut savoir (résultats, contrats, tarification, responsables...) sur plus de 700 autorités organisatrices et sociétés exploitantes est dans l'Annuaire national des transports publics 2000. C'est l'outil indispensable pour connaître les transports publics en France. Réalisé par le GART, il constitue une base de données incontournable pour tous les professionnels du secteur. La version 2000 a été entièrement actualisée. 804 p., 690 francs TTC, en vente au GART

TCSP info - TCSP info - TCSP info

  • Le Civis de MATRA Transport International et IRISBUS équipera la ligne TEOR de l'agglomération rouennaise. Le district de l'agglomération de Rouen a choisi ce tramway sur pneu pour équiper l'axe en site propre est-ouest qui complètera le tramway nord-sud. TEOR est une ligne de 26 kilomètres qui accueillera dans un premier temps, 38 bus Agora équipés du système de guidage Civis, et, dès la fin 2000 les 2 premiers Civis. En tout, 57 véhicules Civis équiperont l'axe TEOR.
  • Nancy et Bordeaux plein gaz
    La communauté urbaine du grand Nancy a reçu 21 bus articulés fonctionnant au GNV dans le courant du mois de décembre. Il s'agit de modèles Heuliez GX417 pour lesquels la communauté urbaine de Nancy bénéficie d'une subvention de l'ADEME de 50 000 francs par véhicule. Trois minibus fonctionnaient déjà en centre-ville depuis septembre 1998. En choisissant le GNV en plus de l'électricité qui alimente les trolleys et le futur tramway, l'agglomération nancéenne s'engage vers un réseau entièrement propre à l'horizon 2010.
    Suite à une phase d'expérimentation menée depuis avril 1998, la communauté urbaine de Bordeaux réalise de nouvelles acquisitions de bus au GNV. 15 nouveaux véhicules de marque Heuliez viennent d'être livrés et mis en service sur la ligne 1, en plus des 3 précédents. Un appel d'offres pour 50 bus sera honoré courant 2000, alors que 50 autres acquisitions devraient suivre en 2001. Un quart de la flotte devrait alors rouler au GNV.


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