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Novembre 1999

 LA LETTRE DU GART

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Réformer l'enquête publique pour plus de démocratie

Réserves à Orléans et Strasbourg, avis défavorable à Rouen, Caen et Maubeuge... L'histoire des enquêtes publiques sur les projets de transport en site propre a été ponctuée depuis plusieurs années par diverses "bavures". Hormis le cas de Maubeuge en attente d'examen, le Conseil d'État a systématiquement désavoué les décisions défavorables des commissaires enquêteurs. D'où un certain malaise et plusieurs montées au créneau du GART depuis 1998 pour réformer l'enquête publique en France.
Alors que le rapport commandé à Nicole Questiaux doit être prochainement publié, le GART place les Rencontres du Transport Public sous le signe de la concertation et de son adaptation nécessaire au succès des opérations d'aménagement de l'an 2000.
Pour le GART, une réforme du dispositif dans son ensemble est nécessaire : concertation, enquête publique et déclaration d'utilité publique. C'est d'abord le régime des enquêtes publiques qui doit être simplifié. Il existe de multiples types d'enquêtes publiques qui ne correspondent plus à la réalité juridique actuelle.
C'est ensuite la concertation en amont qui doit être formalisée. Aujourd'hui, l'enquête publique ne permet souvent que de cristalliser les oppositions issues d'intérêts particuliers ou corporatistes, aux dépens de l'utilité publique. La concertation préalable est donc l'élément auquel il faut donner plus de poids. Elle est déjà largement pratiquée dans les projets de TCSP mais n'est pas soumise à des règles précises et n'a pas de réel poids dans la procédure de déclaration d'utilité publique. Afin de veiller à l'application d'une bonne concertation, le GART propose qu'un observateur du processus soit désigné en tant que personne garante. Il rendrait un rapport sur le déroulement de la concertation qui serait présenté à la commission d'enquête, rapport sur lequel la collectivité bénéficierait d'un droit de réponse.
Au stade de l'enquête publique, c'est un projet définitif, auquel la population a déjà pu contribuer, qui doit être soumis à des commissaires enquêteurs plus professionnels. Leur avis, fondé avant tout sur l'utilité publique, pourrait prendre en compte le rapport de concertation établi préalablement. L'enquête publique permettrait dans ce cas aux citoyens de jeter un dernier regard sur le projet finalisé.
Il est également impératif de rendre aux élus un rôle prépondérant dans la Déclaration d'utilité publique (DUP), en tant que détenteurs de la légitimité politique. La DUP doit pouvoir être prise par la collectivité responsable du projet et non plus le préfet. Si la DUP va à l'encontre des conclusions de la commission d'enquête, le contrôle a posteriori des collectivités permettra au Préfet, s'il le juge opportun, d'engager un recours. Appliquée dans ce sens, la procédure apparaît bien plus démocratique.
Enfin, en cas d'erreur manifeste, le GART estime qu'un recours doit pouvoir être déposé par la collectivité contre la commission d'enquête.

Mulhouse
Le tram-train rapproche les territoires

Innovant et fédérateur, le tram-train de la région mulhousienne créera une intermodalité d'un nouveau type et dépassera les frontières institutionnelles. Explication avec Jean-Marie Bockel, député-maire de Mulhouse, et Constant Goerg, président du Conseil général du Haut-Rhin.
"Le tram-train est d'abord un tramway avec ce que cela implique comme saut qualitatif par rapport à un mode de transport classique : amélioration des fréquences et des dessertes, meilleure qualité de vie et moindre pollution pour les habitants", explique Jean-Marie Bockel, député-maire de Mulhouse. Il représente ensuite, à travers la connexion avec le réseau ferré, un élargissement considérable du périmètre desservi dès le départ, avec des perspectives d'aller encore plus loin, y compris au-delà du Rhin."

Un montage institutionnel évolutif
Pour l'heure, si le projet tram-train forme un tout, il comporte deux volets, l'un urbain piloté par le Sitram* dont le dossier de prise en considération (DPC) a été déposé au printemps 1999 auprès du ministère des Transports, l'autre périurbain piloté par la Région, en collaboration avec le Département et le Sitram, dont le DPC n'interviendra peut-être pas avant l'an 2000 selon le président du Conseil général, Constant Goerg. Les trois autorités organisatrices se retrouveront vraisemblablement, avec de nouvelles communes desservies par le tram-train, qui ont elles aussi vocation à s'organiser, et RFF dans un syndicat mixte de coordination et de gestion du projet et de ses aspects communs.
Si le principe de ce syndicat mixte semble établi, la question du versement-transport à étendre ou non aux communes hors PTU reste posée. Constant Goerg estime qu'elle doit faire l'objet d'une négociation qui pourrait aboutir à un partenariat permettant au Conseil général de participer en amont aux décisions, par exemple à travers une convention à l'image de celle signée, à titre expérimental, pour 1 ou 2 ans par le Département avec le Sitrace** autour de Colmar. Jean-Marie Bockel, quant à lui, estime que ce type de projet, intercommunal par essence, rendra sans doute nécessaire de changer la loi, la LOTI n'étant plus adaptée à cette idée de continuité du territoire desservi.
Quant à l'exploitation du futur tram-train, le maire de Mulhouse, également président du Sitram, indique que le futur syndicat mixte pourra inciter les deux opérateurs, le réseau urbain Tram et la SNCF, à créer une sorte de GIE dès avant le début des travaux, sans qu'il y ait pour autant fusion, afin de coordonner leurs exploitations respectives et de gérer le futur dépôt commun.

L'intermodalité, gage de succès
L'ensemble des partenaires, transporteurs compris, sont déjà engagés dans une démarche intermodale. "Il faut jouer au maximum la carte de l'intermodalité et de l'innovation, confirme Jean-Marie Bockel, tant au niveau de la tarification, que de la coordination des horaires et de l'installation des gares et des arrêts. Déjà un accord a été signé pour la tarification commune des TER de la SNCF et des bus du Tram ; grâce au tram-train on franchira une nouvelle étape avec l'objectif de rapprocher les territoires. C'est un projet fédérateur qui amène les autorités organisatrices et les opérateurs à travailler ensemble ; il est fédérateur aussi au niveau des acteurs économiques car il nous oblige à revoir la question de la desserte des entreprises et des ensembles commerciaux ; il est fédérateur, enfin, au niveau de la population, car le tram-train permettra de renforcer la fluidité des échanges, au delà même du périmètre géographique concerné."

*Syndicat intercommunal des transports de l'agglomération mulhousienne
**Syndicat intercommunal des transports de Colmar et environs

Alsace
Une culture commune

Pragmatisme, coordination dans la flexibilité, écoute des usagers : toute la politique "transports" de l'Alsace repose sur ce triptyque qui fonde une culture commune à tous les élus. Témoignages d'Adrien Zeller, président du Conseil régional d'Alsace, et Hubert Haenel, premier vice-président.

Par quoi commencer un article sur la politique "transports" menée en Alsace ? Par le nouveau contrat de plan, qui doit "dynamiser la compétitivité de la région dans l'espace européen, assurer la cohésion territoriale, contribuer au développement durable", explique Adrien Zeller, président du Conseil régional ? Au nom de quoi, les investissements ferroviaires vont être "multipliés par trois ou quatre" par rapport au contrat précédent, pour atteindre tous financements confondus 1,8 MdF. Et les investissements routiers, à 1,9 MdF, seront consacrés "pour l'essentiel" à des opérations de contournement routier qui "contribuent à améliorer la qualité de vie en ville".
Par le futur schéma régional des déplacements, pour lequel les réflexions en cours devraient aboutir "d'ici à un an" ? Il est déjà établi qu'il visera, entre autres, à "développer l'intermodalité, assurer une bonne articulation entre les grandes métropoles et les petites villes, accroître le cadencement des liaisons TER".
Par l'expérimentation de la régionalisation des transports ferroviaires, "véritable révolution institutionnelle, culturelle et technique", selon son initiateur, Hubert Haenel, premier vice-président du Conseil régional ? En Alsace, elle se traduit par une hausse de 6,3 % de la fréquentation en 1998 (+ 6,5 % espérés en 1999) et de 3,1 % pour les recettes (+ 4,7 % attendus en 1999). Des résultats qui sont le fruit d'une importante recomposition de l'offre, laquelle s'est appuyée sur les propositions émises par huit comités locaux d'animation de ligne qui rassemblent représentants de la Région et de la SNCF, élus locaux, clients, agents SNCF.

Ensemble, sans hiérarchie
Concertation, coopération, coordination : voilà par où commence, en fait, la politique "transports" alsacienne. Ici, affirme Adrien Zeller, "les élus travaillent ensemble, sans qu'il y ait subordination hiérarchique". Toutes les autorités organisatrices (la Région, les deux Départements, les AO urbaines de Strasbourg, Mulhouse et Colmar), sont ainsi réunies depuis cinq ans au sein du COCOAT (COmité de COordination des Autorités organisatrices de Transport), présidé par Hubert Haenel.
Du coup, poursuit le président du Conseil régional, "nous avançons progressivement vers la constitution d'une culture commune" fondée sur l'intermodalité, avec un objectif clair : "pas de rupture dans les déplacements ni dans la tarification". C'est dans ce contexte qu'ont déjà été créés des titres combinés TER-réseaux urbains de Mulhouse et Strasbourg, l'objectif à terme étant la création d'une carte orange régionale.
Autre exemple de coordination ? La création d'un troisième quai de gare à Erstein (ligne Strasbourg-Mulhouse) pour augmenter la desserte ferroviaire afin de réduire le flux de voitures vers l'agglomération strasbourgeoise, cela étant complété par l'amélioration des rabattements en autocar sur la gare en collaboration avec le Département du Bas-Rhin. Ou encore le projet de tram-train mulhousien, inscrit au contrat de plan et soutenu financièrement par la Région (voir article ci-contre).

Un état d'esprit
Comme en Alsace tout est dans tout, on peut ajouter que ce contrat comprend un volet "modernisation des lignes régionales" qui appuie la régionalisation des transports ferroviaires. "Père" de cette réforme instituée dans un esprit "novateur" - "démontrer avant de réformer" -, Hubert Haenel estime que l'on est aujourd'hui "dans une spirale positive" : la mise au point d'une comptabilité analytique par la SNCF va permettre "d'établir des règles comptables claires sur lesquelles les Régions et l'Etat pourront se caler". De quoi avoir "confiance" dans la généralisation à venir.
Le pragmatisme qui a porté cette réforme serait-il une marque alsacienne ? En tout cas, pour Adrien Zeller, c'est bien par sa façon de pratiquer "la coordination dans la flexibilité", sa "démarche pragmatique", sa "volonté d'être à l'écoute des demandes des usagers" que la région peut "faire des progrès" pour développer les transports.

Journée d'études : quelle coopération institutionnelle pour l'intermodalité ?
L'association "Lepilote" organise, avec le GART, le 21 janvier 2000, une journée d'études à Marseille sur le thème "quelle coopération institutionnelle pour l'intermodalité ?" "Lepilote" est une association composée d'autorités organisatrices, d'entreprises de transport de la région de Marseille et de la DDE, réunies pour créer un serveur d'informations commun.
Fort de cette expérience, "Lepilote" organise une journée de débat autour de la mise en place de structures destinées à créer des projets d'intermodalité. Au programme, les aspects juridiques des structures (associations, GIP, syndicats mixtes...) ainsi que des présentations d'expériences autour de la mise en place des projets d'intermodalité dans ces structures : information multimodale, tarification intégrée et billettique interopérable, exploitation commune des services (pôles d'échanges, tramway d'interconnexion...).

Le GART et l'ANVAR signent un accord de coopération
L'ANVAR, agence française de l'innovation, et le GART ont signé début novembre un accord de coopération pour favoriser l'innovation dans les transports publics.
Cet accord de coopération a donc pour but de faciliter l'attribution des aides aux PME afin qu'elles bénéficient indirectement aux autorités organisatrices, aux entreprises de transports et à leurs clients.
L'ANVAR est un organisme public proposant des aides financières à l'innovation à des PME françaises. Elle souhaite aujourd'hui proposer des financements aux entreprises innovantes, aux laboratoires et aux créateurs d'entreprises du secteur des transports terrestres.
De son côté, le GART souhaite favoriser l'innovation afin d'améliorer la qualité et le confort des transports publics au moyen des meilleures technologies existantes.
Le rôle du GART dans le cadre de cet accord est de relayer auprès de l'ensemble de la filière transport public et déplacement l'existence et les modalités d'attribution des aides à l'innovation.

Un air médiocre
Publiés par l'Institut Français de l'Environnement (IFEN), les indices Atmo démontrent une qualité de l'air médiocre 57 jours par an. Les relevés effectués dans 49 agglomérations françaises entre 1992 et 1998 ont donné lieu à une moyenne représentative. Les 57 jours qualifiés de médiocres sont essentiellement des jours d'été et l'ozone est le principal polluant. Certaines agglomérations du Sud de la France, en particulier des Bouches-du-Rhône, connaissent jusqu'à 1 jour sur trois classé médiocre. Dans ces cas extrêmes, les différents polluants pris en compte par l'indice Atmo sont présents : ozone, dioxyde de soufre et dioxyde d'azote. À noter, les très mauvais résultats de Chamonix, causés tant par l'ozone que par le dioxyde d'azote. Enfin, sur la seule année 1998, la moyenne de jours médiocres est plus élevée que sur toute la période puisqu'elle s'élève à 65.

TCSP info - TCSP info - TCSP info

Une première phase de 1,4 km du TCSP de Saint-Denis-de-la-Réunion a été mise en service fin août 1999 et fonctionne déjà. Les travaux du TCSP ont débuté en 1998 et seront achevés en décembre 2000. Long de 5,25 km, le projet de TCSP est accompagné de nombreuses opérations urbaines, notamment un plateau piéton de 15 000 m2 environ et un réaménagement complet du Mail du Chaudron (dossier lauréat de l'appel à projet DIV 95/96).
Le TCSP global fonctionnera en l'an 2000 avec 5 lignes urbaines dites lignes armatures, dotées de véhicules d'un nouveau design, d'un système d'aide à l'exploitation et à l'information des voyageurs, de mobilier urbain spécifique à l'opération. Ces lignes desserviront 13 stations et trois pôles d'échanges le long de l'axe en site propre, entre lignes urbaines, intercommunales, suburbaines, Taxibus et non urbaines.
Le coût global du projet est évalué à 262 MF HT, répartis entre l'État et le FEDER d'une part (111,2 MF), et financés sur fond propre de la CINOR d'autre part, en partie avec le VT (150,8 MF).


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