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Février 1999

 LA LETTRE DU GART

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L'euro à tatons...

Il n'y a pas péril en la demeure... Telle est l'impression qui se dégage de l'enquête menée par le GART, mi-1998, auprès des autorités organisatrices, pour connaître l'état d'avancement de leurs réflexions sur la mise en place de l'euro.
Au-delà des AO en charge des transports, il semble bien d'ailleurs que les collectivités locales, dans leur majorité, marquent un sentiment d'attentisme vis-à-vis de la nouvelle monnaie. Mais c'est pourtant bien avant 2002, date de mise en circulation des pièces et billets, qu'il leur faudra "plancher" sur la conversion en euros et la lisibilité de nombre de tarifs publics : piscines, cantines, musées, transport urbain...
Pour ce dernier, six AO prévoient déjà une augmentation du prix et quatre une stabilisation, toutes les autres restant encore dans le flou sur cette question. Elle constituera pourtant à l'évidence un choix majeur, la règle des arrondis, la simplicité nécessaire vis-à-vis des clients et l'obligation du maintien des recettes commerciales imposant une "gymnastique" difficile. Un ticket unitaire de 7,50 F donnera 1,14 euro. Faudra-t-il, pour privilégier la simplicité, le fixer à 1,10 euro, au détriment de la recette commerciale, ou le mettre à 1,15 euro, au risque de voir les clients dénoncer cette augmentation "larvée" ?
En attendant, s'en tenant à la parité de 6,55957 F fixée le 31 décembre, plusieurs réseaux (Lyon, Lourdes, Sarlat, Tours...) ont commencé d'appliquer un double affichage de leur tarifs, en respectant strictement la règle des arrondis - la Commission de Bruxelles interdit de vendre une même prestation à deux prix différents -, et d'accepter des paiements en euros par chèque bancaire spécifique et carte bancaire. La RATP sautera ce pas le 15 mars prochain, ses 900 guichets de vente étant alors équipés de convertisseurs.
Si l'acceptation de la monnaie scripturale ne pose pas de difficultés en soi, il n'en est pas de même pour la monnaie fiduciaire. Pour plusieurs AO ayant répondu à l'enquête du GART, la circulation de la double monnaie jusqu'au 1er juillet 2002 constitue le "vrai problème" qu'elles déclinent en plusieurs questions : comment les conducteurs pourront gérer deux caisses à la fois, quel sera l'impact sur la vitesse commerciale, faudra-t-il renforcer la présence humaine à bord des véhicules, de nouveaux supports tarifaires seront-ils à inventer pour limiter la vente de billets à l'unité ?
En France, le Comité national pour l'euro a dégagé un consensus pour réduire la période transitoire à six semaines. C'est encore trop, estiment de nombreuses grandes entreprises qui plaident pour un "big bang", à l'image de ce qui s'est passé pour les marchés financiers. Réunis autour de la RATP, des distributeurs, des sociétés d'autoroutes, des pétroliers et des services publics ont constitué un groupe de travail qui s'apprête à déposer des propositions en ce sens auprès du ministère de l'Economie.
* Enquête auprès des autorités organisatrices de transport urbain : 67 réponses.



 

Statistiques, GART 1998
Transports publics, la reprise est là

Des ressources de financement en augmentation, un investissement qui redémarre et une fréquentation qui se stabilise : la reprise est bien là.

Les principaux clignotants sont passés au vert en 97 et la reprise est là", a déclaré Jacques Auxiette en présentant le Mémento des transports publics 1998 (urbain, départemental et régional)*. Des incertitudes demeurent cependant, notamment sur la qualification jurisprudentielle des contrats de transport urbain et sur la gestion des transports interurbains du fait de l'expiration en 1999 des contrats décennaux qui conduira sans doute à la mise en concurrence de nombreuses lignes.

Des ressources de financement en forte hausse en 1997
Après la légère chute de 1995 et l'accroissement modeste de 1996, les ressources globales de financement des transports urbains - investissement et fonctionnement compris - ont fortement progressé en 1997 pour atteindre 65 milliards de francs. Stables en Ile-de-France, où elles s'élèvent à 40,6 milliards de francs, elles progressent de 12 % en province pour atteindre 24,4 milliards de francs.
Si en 1996 la hausse de bon augure (+ 3 % en francs constants) était due à l'accroissement du produit du versement transport, elle s'explique principalement aujourd'hui par la forte augmentation de la participation des collectivités locales. Après avoir stagné en 1996, celle-ci est effectivement en hausse de 37 % en province, dont 32 % dus aux seuls TCSP. L'engagement de l'Etat s'accroît également, tandis que le versement transport et les recettes commerciales restent pour leur part stables.


L'investissement dopé par les TCSP
Avec le lancement de nombreux projets de TCSP, nous sommes manifestement entrés à nouveau dans un cycle d'investissement. Qui n'est pas près de s'arrêter en cette période de préparation des contrats de plan et même des PDU qui préfigurent les transports publics de l'après 2000. C'est ainsi que, dans les transports urbains, l'investissement passe entre 96 et 97 de 3,2 milliards de francs à 5,3 milliards de francs en province, pour un investissement France entière de 16,1 milliards de francs. Mieux encore, d'après l'enquête TCSP publiée par le GART, 66 milliards de francs d'investissement sont prévus dans les transports urbains de province d'ici l'an 2008. Sur les 62 projets existants, 23 sont en cours ou en attente de réalisation pour un montant global de 29 milliards de francs.

La fréquentation stabilisée
Après les pertes de trafic de 1995 et de 1996, le coup d'arrêt donné à la baisse de la fréquentation est nettement perceptible : - 0,1 %. Cette stabilisation est d'autant mieux ressentie par les autorités organisatrices et les exploitants que l'offre de transport est restée pratiquement stable : + 1,4 %. À noter cependant en province une augmentation des charges d'exploitation (+ 3 % en 1997). D'où découle la dégradation du taux de couverture qui s'établit maintenant à 31 % malgré de bonnes rentrées commerciales (+ 2,4 %), provenant surtout d'une augmentation intéressante des ventes de tickets.
L'augmentation des tarifs urbains est restée modérée en 1998 : + 2 % en province et + 3,4 % en Ile-de-France. Quant au prix moyen d'un ticket à l'unité, il s'élevait la même année en province à 6,24 francs, alors que le coût moyen d'un voyage était de 8,22 F, dont 2,50 F payés par l'usager. Si la gratuité recule (- 14 %), la tarification sociale reste importante en France puisque, en transport urbain, 1 voyage sur 2 est réalisé à tarif réduit. La tendance est à une réduction générale moins forte, mais offerte à un nombre plus important de personnes en difficulté sociale.
* Mémento 1998 des transports publics, GART/CLF-Dexia, Paris, janvier 1999, 75 F TTC

Coup de projecteur sur les transports interurbains
- Une tendance générale à la hausse pour les transports ferrovaires et 3,6 % de progression du trafic dans les 6 régions expérimentant le transfert de la compétence transport.
- Léger effritement de l'usage des scolaires dans les transports départementaux en 1997 : - 1,5 % ; mais, une participation en hausse continue des conseils généraux dans le financement de ces transports.
- 8,1 milliards de francs : c'est le coût global des transports publics départementaux pour les conseils généraux, dont 7 milliards pour le seul transport scolaire. Les montants des investissements réalisés par les assemblées départementales sont estimés à 240 millions.
- Coup d'accélérateur à l'investissement par la régionalisation : un peu plus de 6 milliards de francs dans les transports ferroviaires régionaux en 4 ans (1994 à 1998).
- 46 % des départements offrent une ou plusieurs tarifications sociales.




Intermodalité
Créer les lieux du mouvement

Traduction concrète de l'intermodalité que souhaitent les clients, les pôles d'échanges ont vocation à se développer. Sous une forme nouvelle.

Inauguré en avril 1997, le pôle multimodal de Vaise, dans le 9e arrondissement de Lyon, regroupe la ligne D du métro, neuf lignes du réseau urbain, deux lignes du réseau interurbain, les lignes ferroviaires TER desservant le nord de l'agglomération, un parc-relais de 550 places. Fin 1998, le taux de remplissage de celui-ci atteint les 100 % ; les dessertes ferrées du pôle ont été largement augmentées par la SNCF ; la fréquentation de la ligne D du métro est passée de 165 000 voyageurs par jour à 210 000 ; le trafic des neuf lignes urbaines a globalement progressé de 2 %.
Il n'y a pas photo ! L'intermodalité contribue bien au développement de l'usage des transports collectifs ; les pôles d'échanges constituent bien un outil majeur de l'intermodalité. L'ouvrage du GART et de l'ADEME "Politiques et pratiques d'intermodalité"*, leur consacre d'ailleurs une large part, au même titre que la tarification, l'information multimodale, la coordination de l'offre de transport.

Du virtuel au réel
Les pôles d'échanges ne sont pas, en soi, un nouveau concept. Si l'on s'en tient à une définition a minima, les principaux arrêts de bus des réseaux urbains, permettant des correspondances entre plusieurs lignes, font office de pôles d'échanges. Si l'on prend une définition plus large, les gares SNCF vers lesquelles convergent les lignes urbaines et interurbaines assurent cette fonction.
La nouveauté réside dans la volonté de passer de la constitution empirique de pôles d'échanges "virtuels" à la création méthodique de pôles "réels", à la fois véritables nuds de réseaux accessibles à tous les modes de transport et espaces multifonctions.
Qui dit pôle d'échanges dit association, en un point, de l'ensemble des modes de transport collectif (trains, métros ou tramways, autobus, autocars). Encore faut-il que ce nud de réseaux soit accessible à tous les autres moyens de déplacement (voitures particulières, taxis, vélos, marche à pied), ce qui n'est pas toujours le cas. Il importe donc, notamment, de concevoir une offre de stationnement pour les voitures déclinée sous plusieurs formes (longue durée pour les automobilistes se rabattant sur les TC, courte durée pour les automobilistes accompagnant des voyageurs, dépose-minute) ; de favoriser les cheminements piétons et cyclistes vers le pôle...
Le Centre intermodal d'échanges de Limoges (CIEL), qui doit voir le jour en septembre 2000, est marqué par cette volonté d'intégration globale : les taxis seront localisés en un seul endroit ; le confort et la sécurité des piétons et des cyclistes seront assurés grâce à l'éviction des voitures, taxis et autocars du parvis de la gare.


D'errances en flâneries
Lieux du mouvement, les pôles d'échanges sont également des "lieux de l'entre-deux", selon l'expression de Georges Amar, de la RATP. Entre deux modes, entre une arrivée et un départ... Il s'ensuit, d'abord, que les cheminements d'un mode à l'autre doivent être les plus simples, les plus lisibles et les plus courts possibles. La gare d'échanges du Pays de Lorient est ainsi conçue autour d'un hall central vitré, permettant aux voyageurs de voir tous les espaces de transport offerts et de s'y diriger par des portes bien identifiées (gare routière, gare SNCF, arrêts de bus).
Ensuite, les temps d'attente, souvent mal vécus par les clients, doivent être valorisés. Fini le temps des errances dans les salles des pas perdus, voici venu celui des flâneries dans le "Village des services", comme celui qui sera créé dans le nouveau pôle "Coeur-Défense" à Paris, ou dans les galeries commerciales intégrées.
Cette conception globale des pôles d'échanges implique une collaboration entre une multitude d'acteurs : les autorités organisatrices de transport, de tous niveaux, pour impulser une offre intermodale ; les communes, pour la gestion de l'espace public et l'intégration du pôle dans l'environnement ; les transporteurs, pour travailler sur les correspondances horaires et la billettique commune ; les prestataires de services (commerces, office de tourisme, voire services publics) pour animer ces lieux ; les associations de taxis...
Une nouvelle conception qui bénéficie aujourd'hui d'une opportunité réelle pour se concrétiser : les démarches PDU en cours avec leur objectif d'intermodalité.
* "Politiques et pratiques d'intermodalité", 170 pages, 250 F. Disponible au GART.



L'Annuaire National des Transports Publics 1999 est paru 

Toujours plus complet et plus pratique, l'Annuaire National des Transports Publics 1999, réalisé par le GART, constitue la base de données incontournable sur les transports publics en France. Tout ce qui est important à connaître (résultats, contrats, tarification, responsables) sur plus de 700 autorités organisatrices et sociétés exploitantes est dans cet annuaire, entièrement réactualisé. n
796p., 680 francs TTC, en vente au GART.


IRIS.BUS est née  

Annoncée en 1998, la fusion des activités bus et cars de Renault V.I. et de Ivéco a eu lieu. Au 1er janvier 1999, IRIS.BUS a été créée. Elle est devenue une société commune, détenue à parité par les deux groupes. Elle occupe désormais le second rang sur le marché européen. La production d'IRIS.BUS devrait représenter 2 300 autocars, 2 800 autobus, 1 800 minibus et 1 400 châssis à carrosser en 1999 répartis dans les 5 usines européennes. Les effectifs des deux sociétés ont été intégrés au nouveau groupe, soit un total de 6 200 personnes.
En mars 1999, le siège opérationnel d'IRIS.BUS sera installé à Barcelone sous la direction d'Elios Pascual, Chief Executive Officer. La zone d'activité "France" de la société est placée sous la direction de Daniel Naudin.



Rennes lance un titre intermodal

Une expérimentation de tarification multimodale démarre dans la région de Rennes. Le district urbain de l'agglomération rennaise, le conseil général d'Ille-et-Vilaine et le conseil régional de Bretagne s'associent pour lancer un titre multimodal "UNIPASS". Ce titre permet d'emprunter successivement le réseau urbain, les cars départementaux et les TER dans une zone définie entre Rennes et Montreuil-sur-Ille. Pour l'usager, un seul titre est nécessaire pour la totalité de son voyage sur ces trois réseaux. De plus, les autorités organisatrices ont misé sur une baisse du prix global pour attirer une clientèle plus large. "Unipass" est commercialisé en carnets de 10 tickets et se décline également en abonnement "salariés" ou "étudiants". Son expérimentation durera un an et en cas de succès sera peut être poursuivie et étendue à d'autres lignes. Le district de Rennes, en collaboration avec la SNCF lancera également, au cours du 1er trimestre 1999, une expérimentation de billettique sans contact.


"Le bus, c'est pas la jungle" 

À Saint-Etienne, la STAS a lancé une grande campagne de communication sur le thème du respect du règlement et du respect des autres usagers dans les transports publics. Cette campagne est centrée autour du slogan "Le bus, c'est pas la jungle". Principalement destinée aux jeunes, elle sera déclinée autour de 5 thèmes phares, à raison de un par mois : "Les pieds sur terre" (pas sur les sièges), "Place au respect" (laisser sa place), "Doucement les basses" (problème du bruit), "Extinction des feux" (ne pas fumer) et "C'est du propre".


TCSP INFOS  

Valenciennes a choisi son futur tramway : ce sera Citadis, le tramway d'Alstom, dont certains éléments (toiture, une partie des bogies) seront construits dans la région de Valenciennes par Bombardier transport. Le vote du Syndicat intercommunal des transports urbains de la région de Valenciennes (SITURV), sur le choix du matériel roulant, a désigné à l'unanimité le Citadis TGA 301, pourvu d'un plancher surbaissé à 70 %. Cette version est sensiblement moins coûteuse que le modèle à plancher bas intégral. La commande de Valenciennes portera sur 17 véhicules pour un montant de 184 millions de francs (28,05 millions d'euros).
Cependant, la mise en service du tramway est d'ores et déjà repoussée à 2002 en raison des hésitations concernant le tracé. Deux ou trois possibilités différentes sont encore à l'étude. Dans un premier temps, 11 kilomètres de lignes seront construits, puis 10 kilomètres supplémentaires par la suite.
Le tribunal administratif de Lyon a rejeté les requêtes demandant l'annulation de la déclaration d'utilité publique du projet de tramway. Cette décision à pour première conséquence de permettre le démarrage des travaux.



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