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| Logique de projet |
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Invitée à un petit
déjeuner débat du GART, Dominique VOYNET, ministre
de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement,
a rendu publiques les grandes lignes de son projet. Un texte
qui intègre beaucoup de propositions réclamées
par les autorités organisatrices de transport. Qu'en retenir
? Primo, la création d'un schéma multimodal national.
Par ailleurs, Dominique VOYNET souhaite que les décisions
en terme d'infrastructures "passent d'une logique de guichet
à une politique de projet". Une approche en terme
de service, à partir des besoins réels, où
l'optimisation de l'existant sera privilégiée et
qui devrait se "traduire par une meilleure prise en compte
des transports collectifs". Enfin, les documents d'urbanisme
seront soumis aux exigences du développement durable,
en explicitant notamment leur rôle dans la maîtrise
des déplacements.
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| Caen : utilité publique ? |
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Avis défavorable. La commission d'enquête publique sur le TVR de Caen vient de donner un nouveau coup de pied de l'âne au projet. Son rapport gentiment qualifié de "patchwork d'inepties" par le maire de Caen, Jean-Marie Girault laisse songeur sur la conception de l'utilité publique qui préside à ce type d'enquêtes. Passe encore que les risques encourus du fait que le "matériel roulant et l'infrastructure ne lui paraissent pas trop au point, et (...) par le monopole sur ce type de matériel" soient considérés comme trop importants. Mais que dire de la "gêne visuelle causée dans le centre-ville historique" par "le" fil du TVR ? Enfin, le fait que l'investissement de 1,2 milliard soit considéré comme disproportionné pour un gain de part de marché de seulement 2,5% pour les transports publics, est consternant. Ce gain correspond à un accroissement de 20% de la clientèle de l'ensemble du réseau de transport public. A cette aune, on ne voit pas trop quel projet de tramway aurait pu être entrepris en France. 2% : c'est la part de marché grignotée sur la voiture à Nantes suite à ... 2 lignes de tramway. Pire, l'objectif affiché de "faire reculer le trafic automobile" semble étonner la commission qui déplore que le TVR "puisse gêner la circulation automobile" ! Des arguments du même ordre sont également invoqués à Orléans et Strasbourg dont les projets de tramway sont suspendus à une décision du Conseil d'Etat suite aux réserves accolées à l'avis favorable donné par l'enquête publique. Il semble bien qu'il y ait un décalage fondamental entre, d'un coté, l'opinion publique et la loi sur l'air qui demandent aux collectivités locales d'agir pour limiter les nuisances de l'automobile, et, de l'autre, des commissaires enquêteurs visiblement en retard d'une décennie. Jacques Auxiette - président du GART
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| Matériels : Le trolley à la croisée des chemins |
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Le renouvellement du parc actuel peut relancer le trolleybus en France. Reste à savoir quel trolley : simple bus à perches ou trolley nouvelle génération new-look ? Les trolleybus existent toujours ! La vague de tramways et de transports routiers guidés toujours plus innovants avait conduit dans l'oubli leur petit frère trolleybus. Le marché, étroit, n'a pas suscité de fortes évolutions technologiques et le trolley est resté à quai. Les matériels sont anciens et l'image vieillotte. 6 villes Lyon, Nancy, Marseille, Grenoble, Saint-Etienne et Limoges lui sont toutefois restées fidèles. L'heure de la renaissance a peut-être sonné. La plus grande partie des 350 véhicules en circulation arrivant aujourd'hui à bout de souffle, le trolley va pouvoir bénéficier des innovations technologiques les plus récentes et redorer son image. Plus de 350 véhicules Lyon ouvre actuellement le bal avec un appel d'offre pour, à terme, 127 véhicules. Suite à une présélection, le cahier des charges fonctionnel sera envoyé aux industriels retenus en juin. Grenoble va lui emboîter le pas sous peu. Saint-Etienne est également prêt. Au cours des trois prochaines années, les autres villes trolleybus commenceront aussi à renouveler leur matériel. Mieux : on enregistre un regain d'intérêt du côté de villes déjà dotées de tramway qui verraient bien des trolleybus animer leur réseau intermédiaire (entre bus et tram). Le trolley ne manque pas en effet d'atouts. Il est non polluant, silencieux et offre une conduite plus souple que le bus. Restent, en négatif, les critiques récurrentes sur la nuisance visuelle créée par les fils d'alimentation électrique, en particulier aux carrefours. Un pêché véniel, également opposé à certains projets de tramways, qui n'empêche pas - voire explique du fait de la forte visibilité du trolley - un fort attachement des usagers et des habitants au trolleybus. Celui-ci a bel et bien un avenir. Sous quelle forme ? Simple bus à perches ou trolleybus new-look ? La réponse varie. Le cas lyonnais est emblématique. Raisonnant en terme de système de transport, le SYTRAL ne pense le véhicule et son alimentation électrique que comme l'un des éléments d'une offre globale de transport. Comptent également : une bonne accessibilité, le SAI, le priorité aux feux, un design cohérent avec celui du tramway lyonnais, les aménagements urbains, la billettique, etc. Il souhaite donc un trolley type nouvelle génération, bénéficiant des dernières avancées technologiques. Les lignes actuelles de la capitale rhodanienne pourraient être substantiellement étendues pour couvrir l'ensemble du réseau intermédiaire. 12 lignes fortes sont prévues par le plan des déplacements urbains. 4 seront équipées de tramway. Les autres devraient échoir au trolleybus. Parallèlement, Lyon vient d'acheter 7 petits véhicules aux allemands Kieppe et Man. Une petite série conçue spécialement pour desservir la colline de La Croix Rousse (Ligne 6). Comité de concertation Nancy, pour sa part, fera rouler sur ses lignes de trolley le TVR d'ANF-Bombardier utilisé en mode guidé ou autonome appelé à remplacer une partie des trolleybus existants. Quant à Marseille, le tramway devrait sur certaines lignes s'y substituer au trolleybus. La Ville ne compte pas pour autant abandonner son trolley. Bien au contraire, des développements sont envisageables. D'autres villes aspirent à un simple matériel de remplacement, au prix attractif. Pour favoriser une coordination des différentes démarches,
le GART a créé avec les six agglomérations
concernées un groupe de travail. Son objectif ? Limiter
les coûts en recherchant des convergences dans la définition
des fonctionnalités afin de trouver des économies
d'échelle.
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| Incivilités des mineurs : Des solutions civiles |
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Traiter les incivilités de façon civile : ce n'est peut-être pas "la" solution-miracle mais c'est sûrement une piste à explorer, au vu de résultats déjà enregistrés. Explications. espect ! S'il est un mot qui "parle" aux jeunes - quoi qu'on en dise , c'est bien celui-là. Ils l'emploient sans cesse dans leurs discussions. Et l'appliquent dans leur espace privé, "régi de façon stricte, rigoureuse et propre", comme l'a rappelé le sociologue Azouz Begag, lors du déjeuner-débat organisé le 2 avril à Lyon par le GART et le SYTRAL sur le thème des incivilités des mineurs. Une preuve ? En janvier, la RATP teste sur une ligne de bus la campagne "Respect", imaginée par des conducteurs. En quelques semaines, ceux-ci témoignent d'un "dialogue renoué" avec les jeunes et le nombre de délits baisse de 10%. D'où la décision de la Régie d'étendre cette campagne sur tout son réseau de surface pendant le mois d'avril. Conseil de famille élargi Face aux incivilités commises par les jeunes, nombre de réseaux ont élaboré des solutions de prévention-dissuasion, conjuguant sensibilisation des jeunes, formation des conducteurs, collaboration avec la police et la justice, mise en oe;uvre de moyens techniques et humains de surveillance. Avec, souvent, des résultats encourageants. Témoins, Toulouse qui enregistre trois fois moins d'agressions de conducteurs que la moyenne nationale, ou Evreux qui n'a constaté aucune agression depuis plus de deux ans. Facteur primordial de cette efficacité : la parfaite collaboration entre tous les acteurs de la ville concernés (économiques, sociaux, éducatifs, répressifs,...). En promouvant la création des contrats locaux de sécurité (CLS), les pouvoirs publics ont bien compris cette nécessité. Et sans doute pris conscience d'une contradiction pointée par Michel Marcus, magistrat et délégué général du Forum français pour la sécurité urbaine : "il est contradictoire de se lamenter sur l'absence de responsabilisation des parents, de la famille, de l'entourage, du corps social, et d'amplifier l'usage du mécanisme fondamental de déresponsabilisation qu'est le droit pénal". Avec les CLS, "la sécurité, première des libertés, sera appréhendée par la société dans son ensemble", s'est ainsi félicité à Lyon Jacques Auxiette, président du GART. Réparer Avec eux peut s'ouvrir de façon plus large la voie au traitement civil des incivilités. Pour Jean-Marie Camors, éducateur à la Protection judiciaire de la jeunesse et membre du Forum pour la sécurité, il s'agit "d'inventer des mécanismes" combinant sanction pénale et réparation civile des préjudices commis. Pas besoin de toilettages législatifs pour ce faire, selon le rapport remis en mars au Premier ministre par la Mission interministérielle sur la prévention et le traitement de la délinquance des mineurs. L'ordonnance de février 1945 sur la protection des mineurs stipule que le procureur peut proposer au mineur, dès l'âge de 7 ans, "une activité d'aide ou de réparation à l'égard de la victime ou dans l'intérêt de la collectivité". Dans "huit cas sur dix, les mineurs ne récidivent pas. Par leur visibilité, les mesures de réparation ont un effet préventif non négligeable", note la Mission. Constat confirmé par Alain Caire, directeur du département sécurité de la RATP : sur les 80 auteurs de graffitis "condamnés" à nettoyer ceux-ci, via une procédure de médiation pénale, aucun n'a récidivé. Autres avantages de la réparation, selon la Mission : "elle permet d'engager le processus de responsabilisation du jeune et elle implique les parents du début à la fin de la procédure". Une implication "primordiale", selon Jean-Marie Bockel, député-maire de Mulhouse, pour aider ceux-ci à "reprendre conscience de leur autorité parentale". Entre les CLS et les procédures de réparation,
des solutions nouvelles sont ouvertes dans la lutte contre les
incivilités. Leur réussite est l'affaire de tous.
Elle est également la condition du développement
des transports collectifs, "pour que le volontarisme manifesté
dans les plans de déplacements urbains ne soit pas sans
conséquence", ainsi que l'a noté Christian
Philip, premier adjoint au maire de Lyon et président
du SYTRAL.
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