| Qui
mieux que les femmes... |
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N'en déplaise
à l'Académie française, deux tiers des usagers
des transports publics sont... des "usagères".
Mais côté parité, le secteur des transports
fait piètre figure avec seulement 8 % de femmes parmi
les décideurs et 6 % parmi les conducteurs.
A l'occasion du mois
de mars, traditionnellement marqué par la Journée
internationale des femmes, Catherine Coutelle, Président
de "Femmes en mouvement, les transports au féminin"
et Vice-Présidente du district de Poitiers fait le point
: "Le regard des femmes, leur participation à la
décision est essentiel si l'on veut que les TC répondent
bien aux attentes de tous les publics et qu'ils constituent une
réelle alternative à la voiture particulière".
Pourquoi cette discrimination positive ? Pour Catherine Coutelle,
l'expérience des adhérentes de "Femmes en
mouvement, les transports au féminin" le justifie
: "porter une attention particulière aux personnes
encombrées de poussettes, de valises, accompagnées
d'enfants, ou à mobilité réduite, offrir
des services complémentaires - services spéciaux
le soir pour assister à des spectacles, livraisons des
courses, accompagnement -, privilégier la lumière,
la transparence, l'accessibilité dans les nouveaux modes
de transport sont autant de contributions à l'attractivité
des transports publics portées par les femmes".
Les industriels l'ont bien compris : depuis longtemps l'industrie
automobile a intégré des femmes dans ses équipes
de concepteurs et a recours à des panels féminins
pour tous les futurs modèles. Beaucoup plus récemment
et sous l'impulsion de "Femmes en mouvement, les transports
au féminin", les constructeurs de bus ou de tramway
se sont engagés dans cette voie pour concevoir les nouveaux
matériels.
Autre sujet : l'insécurité. Le sentiment d'insécurité,
surtout le soir, est plus vif chez les femmes. Pour elles, la
sécurité passe autant par la convivialité
et l'habitabilité des véhicules, par une plus grande
attention au détail dans l'aménagement des cheminements
vers les arrêts, que par la présence d'une deuxième
personne qualifiée dans les bus et les tramways. "Elles
se préoccupent de sécurité, ajoute Catherine
Coutelle, mais ce n'est pas pour elles le point essentiel en
matière d'usage des transports publics. Et d'ailleurs,
même si elles sont statistiquement plus nombreuses à
les utiliser, elles ne sont pas davantage agressées que
les hommes. Il semble même que les femmes conductrices
soient moins victimes d'agression que les hommes." Catherine
Coutelle estime que les femmes, qu'elles soient conductrices
ou agents d'ambiance - et l'expérience de différentes
villes va dans ce sens - ont leur carte à jouer pour désamorcer
les conflits et calmer le jeu en cas de provocation.
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| Projet de TCSP : être vigilant |
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Comment réussir
le montage juridique d'un projet de TCSP ? Réponses avec
Françoise Sartorio, avocate spécialisée
dans le conseil aux collectivités locales, notamment dans
la gestion des services publics locaux, présidente de
l'association "Synergies locales".
La
Lettre du GART : Quels sont les points sur lesquels les élus
doivent être vigilants lors du montage d'une opération
de TCSP ?
Françoise Sartorio : J'aimerais leur faire quatre recommandations
Premier point : identifier de façon claire les objectifs
poursuivis, distinguer ceux qu'on affiche et ceux qu'on n'affiche
pas, l'intention de privilégier une entreprise locale
par exemple. Ces derniers risquent de parasiter le projet et
d'induire un montage juridique inadapté. Deuxième
point : associer à leur réflexion, le plus en amont
possible, des spécialistes des questions juridiques, techniques,
fiscaux. Ils ont également tout intérêt,
dans le cas d'une maîtrise d'ouvrage publique, à
choisir l'exploitant avant la fin des travaux pour éviter
les éventuels problèmes de fonctionnement. Troisième
point : veiller au financement du projet. L'endettement de la
collectivité lui permet-elle de s'engager ? Quelles compensations
pécuniaires faudra-t-il verser à l'opérateur,
étant donné l'insuffisance des recettes commerciales
? Il est très important de qualifier ces compensations
car cela peut avoir une incidence sur la qualification du montage
: redevances, subventions, prix... Dans le même ordre d'idées,
les élus doivent s'attacher à maîtriser les
clauses d'intéressement. Quatrième point : choisir
un montage juridique qui implique le choix d'une procédure
de consultation et d'un régime d'exécution contractuel.
Les élus doivent être vigilants. D'abord, ce n'est
pas parce qu'un montage franchit la barrière du contrôle
de légalité qu'il est légal. Ensuite, il
faut que ce montage vive : ce ne doit pas être une "usine
à gaz", au risque pour les élus d'une perte
de contrôle, d'une absence de transparence dans la lisibilité
du projet.
Parmi
les montages possibles, la délégation de service
public nécessite-elle une vigilance particulière
?
La seule utilisation du mot "délégation de
service public" ne suffit pas à qualifier le contrat,
comme le montre la décision du tribunal administratif
de Clermont-Ferrand en date du 6 février. Une DSP doit
avoir un objet de service public avec dévolution de la
gestion du service public au délégataire. En clair,
le délégataire reçoit une mission globale
de gestion du service public, définie par des prestations
répétitives s'inscrivant dans la durée et
impliquant une certaine autonomie pour le délégataire
qui supporte les risques d'exploitation (aléas techniques,
financiers, juridiques, économiques). Ces risques doivent
trouver une traduction financière dans le mode de rémunération.
Selon
un arrêt du Conseil d'Etat du 15 avril 1996, la rémunération
du délégataire doit venir "de façon
substantielle" des résultats d'exploitation. Que
faut-il entendre par là ?
Certainement pas une remise en cause de la DSP ! En fait, cet
arrêt reprend, pour partie, une jurisprudence ancienne
relative à la concession de service public selon laquelle
la rémunération du concessionnaire doit venir des
résultats d'exploitation. Cela signifie que la rémunération
n'est pas totalement garantie, qu'une partie d'entre elle dépend
de la capacité du délégataire à faire
des efforts à trouver des clients, à minimiser
les risques. La seule nouveauté de cet arrêt tient
dans le "substantiel". Mais "substantiel"
ne veut pas dire "principalement" ou "majoritairement".
Si cela avait été le cas, le Conseil d'Etat l'aurait
écrit. "Substantiel" doit donc être pris
dans le sens de rémunération "significative"
sans devoir être "déterminante".
Ce
devrait être de quel ordre, en pourcentage ?
Plutôt que fixer un pourcentage, je préfère
insister sur le fait que la DSP est un contrat global dont l'économie
repose sur le fait que la rémunération n'est pas
totalement garantie. Je ne pense pas qu'il faille définir
davantage la DSP ni souhaiter que le législateur le fasse.
A vouloir trop la rigidifier, on risque de ne plus pouvoir tenir
compte des diversités de situation et d'aller vers la
fin du droit des collectivités à faire appel à
des interventions privées pour des missions globales.
Encadré
TCSP : suivez
le guide !
Quelles sont les prérogatives d'un maître d'ouvrage
? Dans quelles limites et pour quelles opérations peuvent
intervenir des opérateurs extérieurs ? Quelles
procédures administratives préalables doivent être
respectées et selon quel mode ? Quels montages juridiques
peuvent être retenus pour un projet de TCSP ?
Réalisé
par Françoise Sartorio, le "Guide de la maîtrise
d'ouvrage pour les TCSP" s'attache, en répondant
à ces questions, à aider les collectivités
locales dans leur démarche.
Prochainement édité par le GART, cet ouvrage sera
disponible auprès du groupement.
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| Régionalisation
: mention "très
bien" |
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Hausse du trafic
et des recettes, meilleure ma"trise des coûts par
la région, amélioration de la qualité de
service, motivation de la SNCF : l'expérimentation de
la régionalisation est un succès. Premier bilan.
Félicitations
du jury, en l'occurrence le GART, pour les différents
protagonistes de la régionalisation. La fin de la première
année d'expérimentation donne l'occasion de se
pencher sur "l'émancipation" du transport régional.
En résumé, depuis le 1er janvier 1997, l'Etat a
transféré à 6 régions (Alsace, Centre,
Nord/Pas-de-Calais, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte
d'Azur et Rhône-Alpes) la compétence du transport
régional de voyageurs, à titre expérimental,
pendant 3 années à l'issue desquelles le Parlement
devra décider des conclusions à tirer. Pour l'instant,
le bilan anniversaire donne tout lieu de se réjouir, sans
omettre que quelques problèmes demeurent.
Premier motif de satisfaction, le transfert financier s'est parfaitement
déroulé. L'Etat a augmenté sa participation
globale de 997 millions de francs entre 1996 et 1998. En 1998,
il versera 5 154 millions de francs en tout, 2 813 pour les régions
expérimentales et 2 341 pour la SNCF (c'est-à-dire
les autres régions).
Un
trafic en augmentation en 1997
La progression
du trafic est également satisfaisante. Les premières
estimations chiffrées, concernant la période novembre
96/novembre 97, font ressortir une croissance de 3,6 % du trafic
des 6 régions pilotes et de 4,2 % de leurs recettes TER,
chiffres supérieurs de 3 points à la moyenne des
régions non expérimentales.
Le trafic a fortement cru dans les régions Centre (+ 7
%) et Rhône-Alpes (+ 6,8 %), les recettes progressant respectivement
de 8,4 % et 7,8 %. Ces excellents résultats sont la conséquence
directe d'une augmentation importante de l'offre (+ 5,7 % et
+ 5,6 % de km/trains) et du travail de réorganisation
complète des dessertes, des nouveaux matériels
roulants, de l'augmentation de la qualité de service,
de la communication.
Autre point positif, l'information diffusée par la SNCF.
Si l'ampleur de la fraude et la connaissance réelle du
trafic restent difficiles à mesurer (pour l'affectation
des recettes aux trains), les régions ont observé
depuis le début de l'expérimentation une nette
amélioration de la communication comptable, notamment
de la lisibilité des charges. La communication des résultats
est également plus rapide.
Désormais, la SNCF est motivée au développement
: des objectifs de recettes sont annuellement définis
par la SNCF et les régions. S'ils sont dépassés,
elles sont partagées.
Et la mesure de la qualité du service prend une nouvelle
importance grâce à la volonté des régions.
Une
évolution irréversible
Les candidatures
à l'expérimentation ne manquent pas : Champagne-Ardennes,
Limousin, Midi-Pyrénées, Picardie. Jean-Claude
Gayssot a proposé le 7 février dernier au Limousin
de devenir la 7e région pilote, en débutant l'expérimentation
le 1er octobre 1998 avec une enveloppe de 220 MF de la part de
l'Etat. Les autres régions se préparent aussi à
l'échéance de 2000. Aquitaine, Bourgogne, Lorraine,
Midi-Pyrénées, Haute-Normandie, Picardie ont récemment
signé des conventions transitoires, intégrant beaucoup
d'éléments de celles des régions pilotes.
Des
interrogations persistantes
Pourtant,
des incertitudes demeurent malgré tous ces motifs de satisfaction.
Les questions relatives à la maîtrise des coûts
d'exploitation, à l'attribution indépendante des
sillons, à la liberté tarifaire des régions,
à la clarification des rapports entre la SNCF et les autorités
organisatrices restent des sujets de dissension ou d'interrogation
parmi d'autres. Les deux années à venir devraient
suffire à régler ces quelques questions pour qu'à
l'examen final par le Parlement la régionalisation ne
remporte que des lauriers.
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| Rectificatif |
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La décision
du Tribunal administratif de Clermont-Ferrand (6 février
1998) suspendant la passation du contrat portant sur la réalisation
du futur site propre de la ville, se fondait sur le caractère
incomplet de l'avis de publicité de l'appel d'offre paru
au B.O.A.M.P. donnant "une information incomplète
sur l'environnement contractuel", et non sur "une préférence
pour le tramway sur pneu", comme nous l'avons indiqué
par erreur le mois dernier. Dont acte.
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| Un
chèque transport à Strasbourg et en Ile-de
France |
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Environ 9 000 habitants
de la communauté urbaine de Strasbourg pourront bénéficier,
à partir du 1er avril, d'un nouveau chèque-transport.
Ce dispositif concerne les chômeurs, RMIstes, CES et personnes
en insertion justifiant des ressources (hors prestations familiales)
inférieures à 3 000 francs par mois. Ils recevront
un chèque-transport d'une valeur de 200 francs tous les
mois et pourront acquérir un abonnement mensuel à
219 francs. Le prix très faible de cet abonnement (19
francs par mois) a été préféré
à une mesure de gratuité. Le coût de cette
mesure, évalué à 3 millions de francs par
an, sera financé par la CUS et par le département.
En Ile-de-France, le "Chèque Mobilité"
n'est plus un projet. Il est utilisable aux guichets RATP, SNCF,
APTR et ADATRIF depuis le 27 février. D'une valeur de
25 à 50 francs, les chèques ont été
envoyés aux bénéficiaires franciliens de
l'Allocation de solidarité spécifique, à
certains bénéficiaires de l'allocation unique dégressive
et à certains jeunes de 16 à 25 ans aidés
par le conseil régional, par l'intermédiaire des
missions locales et des permanences "accueil, information,
orientation" (PAIO).
Certains bénéficiaires d'aides départementales
pourront également accéder au "Chèque
Mobilité". Ce dispositif, d'un coût total de
390 millions, est financé par le STP (166 millions), le
ministère de l'Emploi et de la Solidarité (40 millions),
la région Ile-de-France (20 millions), les ASSEDIC (24
millions) et les départements (140 millions).
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| TCSP
Info |
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Le VAL équipera la ligne B du métro de Toulouse.
A la suite d'un vote très serré du SMTC (une voix
d'écart et une abstention), MATRA, qui équipait
déjà la ligne A, l'a emporté sur GEC ALSTHOM.
Cette solution, légèrement plus coûteuse
à l'achat, offre une interopérabilité entre
les deux lignes permettant des gains d'exploitation, de personnel
et de maintenance. Le contrat est évalué à
1,5 milliard de francs sur un budget global de 7 milliards pour
la ligne B (16 kilomètres, 20 stations). Les travaux doivent
débuter en 1999 et la mise en service est prévue
pour 2006. Mais MATRA annonce déjà qu'il est possible
de gagner de 12 à 18 mois sur ce délais, comme
le souhaite Dominique Baudis.
La communauté
urbaine du Grand Nancy s'est prononcée en faveur du TVR,
le tramway sur pneu d'ANF-Bombardier. Dans le cadre de son PDU,
la construction d'une vingtaine de kilomètres de sites
propres est prévue d'ici 2010, pour un coût de 1,3
milliard de francs hors taxe. 100 000 voyageurs par jour sont
attendus à bord du TVR. La première ligne de tramway
reliera, à partir de l'année 2000, Vandoeuvre et
Essey-lès-Nancy. Dans un premier temps elle ne fonctionnera,
en site propre avec un rail de guidage, que sur un tronçon
d'environ 8 kilomètres. Sur le reste de la ligne, le TVR
circulera comme un trolleybus. Pour équiper cette ligne,
25 véhicules seront nécessaires. La communauté
urbaine va débourser 274 millions de francs pour cette
seule commande. Mêmes prévisions pour la seconde
ligne qui n'utilisera un site propre avec guidage que sur la
portion commune avec la première ligne. La partie Ouest
sera, pour sa part, exploitée en site banalisé
sans rail de guidage. Quant à la troisième ligne,
elle ne verra le jour que dans 8 à 10 ans.
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