[Anciens numéros]

Février 1998

 LA LETTRE DU GART

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Elections 98 : échéances décisives

Le développement des transports publics départementaux et régionaux deviendrait-il lui aussi inéluctable ? Aménager les territoires, lutter contre les exclusions, favoriser l'accès aux lieux de formation, préserver l'environnement, développer l'emploi, tels sont bien aujourd'hui les défis auxquels tous les transports publics sont confrontés. Les élections cantonales et régionales de mars prochain se présentent donc comme une échéance à ne pas manquer.

Et les candidats ne peuvent faire l'impasse sur le sujet. En guise d'antisèche, le GART a réalisé à leur attention "Pour agir"*, document qui fait le point sur cette mutation des transports publics et sur les moyens pour la mener à bien.

En l'an 2000, la compétence en matière de transport ferroviaire appartiendra aux régions. C'est déjà le cas pour 6 d'entre elles à titre expérimental. Dans ce contexte, les nouveautés ferroviaires arrivent à point nommé : un nouvel automoteur, la commercialisation d'un TER léger à coût réduit, des projets de tramway régional qui concernent plusieurs échelons décisionnels... Sans conteste, le ferroviaire est le fer de lance du transport régional.

Les transports départementaux jouent quant à eux la carte de l'attractivité. Essentielle en matière d'aménagement du territoire et de développement économique local, la politique transport des départements s'oriente de plus en plus vers la qualité, le confort et l'amélioration du service sur les lignes interurbaines, mais aussi vers un service adapté à des besoins spécifiques comme le transport à la demande.

Ces choix structurants, les collectivités territoriales doivent les faire ensemble. Objectif : l'intermodalité. De nombreuses autorités organisatrices l'ont déjà compris : le client ignore les frontières institutionnelles. Cela est particulièrement vrai pour les transports départementaux et régionaux : il doit pouvoir utiliser avec un même titre, une tarification intégrée, des points d'information communs, des zones d'échange fonctionnelles...

Dans le domaine de la planification, des outils existent également. Plans de déplacements urbains, schémas départementaux et schémas régionaux de déplacements doivent constituer un ensemble cohérent dans leur approche.

Mais les nouveaux élus devront avant tout se donner les moyens de réussir. La manifestation des bonnes volontés régionales et départementales passe avant tout par des choix budgétaires affirmant de manière claire la priorité aux transports collectifs. Prochainement négociés, les contrats Etat-Régions du XIIe Plan seront une autre occasion de confirmer cette priorité.

* Transports publics départementaux et régionaux. "Pour agir". 4 pages. Février 1998. Disponible au GART.

Statistiques GART 1996 : Financement : la reprise

Après la morosité de 1995, augmentation des ressourcesde financement et reprise des investissements en 1996.

Un air plus respirable en 1996 par rapport à la morosité ambiante de 1995 ? C'est la tendance très nette qui se dégage du Mémento 97* du GART publié avec le concours du Crédit local de France-Dexia sur l'organisation, le financement, l'investissement et la tarification des transports publics.

Le financement redémarre en 1996

Avec 21,7 milliards de francs en 1996, les ressources des transports publics urbains (hors Ile-de-France) progressent de 3 % en francs constants après avoir chuté de 2,2 % en 1995. Cest de bon augure pour les années à venir où de très importants investissements se profilent: 62 milliards de francs d'ici 2005-2010 pour les seuls TCSP de province, sans oublier l'Ile-de-France: 28 milliards de francs. Ainsi, remarque Jacques Auxiette, président du GART, "les transports publics sont la seule filière industrielle — fortement créatrice d'emplois — qui propose de telles perspectives sur l'ensemble du territoire."

La hausse est due principalement à l'accroissement du produit du versement-transport : + 7 % pour la province (en francs courants). Les recettes commerciales s'accroissent de 2 %, suite aux grèves de la fin 1995 et après une mise à plat des tarifs sociaux. Stagnation, en revanche, pour la participation des collectivités locales (+1 %) et recul de 2 % de la contribution de l'Etat.

Les ressources ont financé l'exploitation des transports publics urbains de province à hauteur de 59 %, les frais de fonctionnement, dotations aux amortissements et intérêts d'emprunt pour 12 % et l'investissement pour 29 %, soit 3 points de mieux qu'en 1995. Les ressources d'investissement s'élevaient en 1996 à 6,2 milliards de francs, dont 73 % d'autofinancement. Sur ce montant, 3,2 milliards correspondent à des investissements réalisés, 1,5 à des remboursements de capitaux empruntés et le solde, 1,5 milliard, est destiné à couvrir les dépenses d'investissement en cours de réalisation ou à venir. En 1996, la participation de l'Etat aux investissements n'a été que de 5 %, en recul par rapport aux 7 % de 1995, alors que les besoins sont immenses. A telle enseigne que le GART demande depuis longtemps une augmentation de 10 centimes de la TIPP. Elle a eu lieu, mais n'a pas été attribuée aux transports publics !

Tarifs : augmentation maîtrisée

En 1996, on observait toujours une tendance à la baisse de la fréquentation mais nettement moins forte qu'en 1995, année noire. Hors Ile-de-France, le prix moyen du ticket à l'unité : 6,44 F (contre 6,45 F en 1995) n'a pas bougé, tandis que le prix des abonnements augmente modérément. Avec une hausse médiane de + 2,43 % (+ 3,9 % en région Ile-de-France), l'accroissement reste inférieur au taux d'encadrement tarifaire fixé par le gouvernement à + 2,5 %.

Gestion : vers une amélioration du service

Avec la cinquantaine de renouvellements de contrats d'exploitation de 1996, la répartition entre les différents types de contrat s'est peu modifiée. En revanche, leur contenu les fait évoluer vers des contrats d'objectifs. Pour motiver les entreprises de transport à améliorer la qualité du service rendu aux clients et pour une efficacité accrue du service public, de plus en plus d'autorités organisatrices (46 %) intègrent dans leurs contrats d'exploitation des systèmes d'intéressement, notamment sur les recettes.

* Mémento 1997 des transports publics urbains - Gestion et organisation locales, financement - GART/CLF-Dexia, Paris, janvier 1998. 60 F TTC.

Sécurité : Lille sort les grands moyens

Face aux problèmes d'insécurité du réseau urbain, le Syndicat mixte de la Communauté urbaine de Lille met en place un vaste plan d'actions. Présentation.

La Communauté urbaine de Lille devrait être la première en France à bénéficier d'un contrat local de sécurité spécifique au transport public. Non seulement Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, en a accepté le principe lors d'une visite à Lille le 2 février mais il a également affirmé sa "volonté de le voir signé très rapidement", selon Jean-Claude Gosselin, président du Syndicat mixte d'exploitation des transports en commun de la Communauté urbaine.

Une réflexion commune...

Ce contrat constitue la première concrétisation d'une vaste étude sur la sécurité, commanditée par le Syndicat et réalisée par le cabinet de consultants Bauer. Son but : établir un diagnostic de la situation et présenter des préconisations visant à réduire les actes d'incivilité et d'agression survenant sur le réseau.

Depuis 1995 en effet, rappelle Jean-Claude Gosselin, la sécurité s'est "progressivement détériorée", entraînant une baisse de la fréquentation "de 3 à 4 %". D'abord apparus sur le réseau VAL et tramway, les problèmes ont ensuite touché, en 1997, le réseau bus, un déplacement qui s'explique par "les moyens importants rapidement déployés dans le métro pour lutter contre les agressions et les déprédations".

Cette étude "approfondie" a été menée avec l'appui et la collaboration de plusieurs partenaires réunis dans un comité de suivi : le Préfet chargé de la sécurité, le Procureur de la République, la DIV, le GART, l'UTP, la DDE. Cela pour permettre de mieux cerner la situation mais également, selon Jean-Claude Gosselin, pour "aboutir à une coopération véritablement opérationnelle" pour les solutions retenues.

...pour des actions coordonnées

Contrôle et sécurité, présence humaine, dispositifs techniques et technologiques, communication : la liste des préconisations validée par le comité de suivi est trop longue pour être présentée intégralement ici.

Dans un premier temps, et dans le cadre du contrat local de sécurité, priorité est donnée aux moyens de contrôle. Ainsi, la brigade métro, forte de 60 personnes, va être renforcée par 50 agents supplémentaires. En outre, sur les 546 nouveaux adjoints à la sécurité affectés au département du Nord, 10 % vont être "prêtés" au réseau urbain.

"Très positif", ce renforcement humain va s'accompagner d'une nouvelle coordination, "approuvée par le ministre", entre les forces de police et les services de contrôle du réseau. Elle se traduira, entre autres, par la création d'un PC radio commun police-réseau pour "permettre des interventions plus rapides".

Ces interventions vont être également facilitées grâce à l'installation de systèmes de vidéo-surveillance dans le métro, le tramway et les pôles d'échanges. Si, pour l'instant, le Syndicat "réfléchit encore à l'installation de caméras dans les bus", en revanche il est acquis que l'ensemble des 320 autobus du parc sera progressivement équipé de système GPS.

Choc psychologique

Deuxième axe d'actions : la dimension humaine. Pour l'heure, le Syndicat "étudie différentes hypothèses pour renforcer la présence humaine sur le réseau". Destinée à améliorer l'information à la clientèle, elle devrait également avoir un rôle de prévention et de respect de la réglementation. Ainsi, face à la fraude qui affiche un taux "trop élevé" de 15 %, le recrutement, dans le cadre des emplois-jeunes, de 150 à 400 personnes est envisagé, pour exercer des fonctions "de pré-contrôle vérificateur". Mais "le sujet n'est pas encore tranché", précise Jean-Claude Gosselin.

En attendant, le président du Syndicat se félicite de la "convergence de vues existant au sein de la Communauté urbaine" quant à ce dossier de la sécurité, classé "prioritaire". Et il annonce une "communication très forte" lors de la signature prochaine du contrat local de sécurité "pour créer un choc psychologique dans la population".

VITE DIT

* La grande pagaille redoutée par certains n'a pas eu lieu, lors du match inaugural du Stade de France. Les supporters ont largement suivi les consignes en utilisant massivement les transports publics. Reste à espérer qu'il en soit de même pendant la Coupe du Monde...

* Le Syndicat des transports parisiens est désormais présent sur INTERNET. Des informations sur le STP et sur les transports publics en Ile-de-France sont disponibles sur ce site. Adresse : www.stp-paris.fr

* Un guide horaire entièrement en braille est disponible pour les aveugles et les mal voyants de Fougères. Edité par le réseau, il a été testé et réalisé en partenariat avec l'association Valentin Haüy.

La Journée du transport public 98 : 24 septembre

L'an dernier, 200 villes, 40 départements et 9 régions ont participé à

la Journée du transport public. Autorités organisatrices et réseaux sont invités à se mobiliser une nouvelle fois pour cette grande fête du transport public.

Strasbourg et le Bas Rhin créent un titre combiné

Des titres de transport combinés pour le réseau CTS de Strasbourg et pour le "Réseau 67" du Bas Rhin seront disponibles à partir du 30 mars. Un ticket à l'unité et un abonnement hebdomadaire donneront accès tant au réseau urbain qu'au réseau interurbain. Autre avantage, ils seront vendus à un prix préférentiel. En outre, la convention signée entre la CUS, la CTS et le département prévoit une commercialisation des titres qui les rend très accessibles. Ils seront vendus dans les véhicules interurbains, à la Gare routière de Strasbourg, dans les agences CTS et dans les automates du réseau tramway.

Montpellier : un tramway paré d'hirondelles

Montpellier a choisi pour son tramway une image des plus novatrices ! Les créateurs de renommée internationale, Garouste et Bonetti, ont habillé le tramway fabriqué par GEC Alsthom d'un vol d'hirondelles argentées sur fond de bleu "Méditérranée". Quant au décor intérieur, ses formes arrondies rappellent celles de l'Art Nouveau des années 1900. Cette "Hirondelle" est attendue à Montpellier pour l'automne 2000.

TCSP INFO

-; Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a ordonné que soit suspendue la passation du contrat entre le SMTC et le groupement SPIE-Batignolles-ANF Industrie, qui avait été retenu par Roger Quillot, Président du SMTC. Saisi par GEC ALSTHOM, il a estimé notamment que les conditions de mise en concurrence avaient été faussées par une préférence pour le tramway sur pneus.

-; Le projet Sambre 2001 avance. Il s'agit de la réalisation d'un site propre bus dans l'agglomération de Maubeuge. En octobre dernier, Jean-Claude Gayssot avait annoncé la prise en considération de ce projet de TCSP par l'Etat, lui permettant de bénéficier de ses subventions. Le tracé a été déterminé fin 97 à la suite des 12 réunions publiques organisées par le syndicat intercommunal du Val de Sambre. Près de 1 500 personnes y ont participé, ce qui a donné lieu à des modifications par rapport au projet initial. Courant 98, devrait démarrer l'enquête d'utilité publique.

-; Le prolongement du tramway Saint-Denis-Bobigny jusqu'à Noisy-le-Sec, à la future gare Eole, avance. Pour la réalisation de ces trois kilomètres, 457 millions de francs seront nécessaires, sans oublier l'achat de cinq rames de tramway supplémentaires. La déclaration d'utilité publique devrait intervenir dans le courant de l'année.

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