[Anciens numéros]

Octobre 1997

 LA LETTRE DU GART  

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Une irruption citoyenne ?

Réalisée par la SOFRES pour le Comité de promotion des transports publics, l'enquête "L'image des transports publics auprès des Français" publiée à l'occasion de la IVe Journée du transport public marque une évolution significative de l'opinion des Français, qu'ils soient ou non utilisateurs des transports publics.

Deux tiers d'entre eux déclarent, en effet, que limiter la circulation des voitures en ville devient une nécessité. Le vent tourne ! Pour lutter contre la pollution et les encombrements, des mesures radicales ne sont plus hors de propos : les Français les envisagent sérieusement. Les moins optimistes ne représentent plus qu'un tiers des sondés : ils ne croient pas une limitation de la circulation possible car, pour eux, les Français restent très attachés à leur voiture.

Quant au rôle que joueront dans l'avenir les transports en commun, 62 % des sondés pensent qu'il sera croissant contre 32 % qui jugent qu'ils ne seront ni plus ni moins utilisés.

Pourtant, 60 % des personnes interrogées déclarent ne jamais utiliser les transports publics. Bien entendu, il existe sur cette question une grande diversité de réponse entre les habitants de la région parisienne — qui sont moins d'un tiers dans ce cas — et ceux des communes de moins de 2 000 habitants qui sont 80 %. À ces non-utilisateurs, il a été demandé les raisons de cette désaffection. Il reste parmi eux un quart d'irréductibles, 13 % qui préfèrent la voiture et 12 % qui sont hostiles à l'idée même de transports en commun. Mais une large majorité de personnes n'y sont pas défavorables : c'est la qualité du service offert qui est en cause. 21 % jugent que leurs trajets sont trop longs, 21 % trouvent les transports en commun difficiles d'accès et 13 % n'en ont pas à proximité de chez eux. Le sentiment d'insécurité n'est cité comme un frein que par ceux qui utilisent de temps en temps les TC, quant aux questions de coût, d'inconfort ou de gène causée par les grèves, elles n'interviennent que marginalement.

Logiquement donc, c'est l'amélioration de l'offre que les sondés citent en premier lieu quand il s'agit de savoir ce qui les inciterait à utiliser davantage les transports publics. De meilleures dessertes, des horaires plus adaptés et une plus grande accessibilité interviennent au premier rang des souhaits des Français, qu'ils soient ou non utilisateurs. Viennent ensuite l'amélioration de la sécurité et la baisse du prix. Quant à ceux que rien ne pourra encourager à utiliser plus souvent les transports en commun, ils ne sont que 9 % sur l'ensemble du panel étudié et 11 % dans la catégorie des non-utilisateurs.


 

 

Lorient

Les bus bougent avec la ville

Proximité, desserte améliorée en zone dense, cadencement... Les voyageurs gagnent du temps et le réseau des voyageurs

Adossé à la mer et à son arsenal, le centre-ville de Lorient s'est transformé petit à petit au cours des dix dernières années. L'urbanisation périphérique a elle aussi redessiné l'espace à desservir. Enfin, de nouvelles attentes ont émergé auxquelles le transport public se devait de répondre.

Un service de proximité

"Le service n'était plus à la hauteur, explique Serge Morin, Adjoint au Maire de Lorient, Vice-Président du district en charge des transports, et de nouveaux établissements scolaires, universitaires et hospitaliers ont été implantés dans des espaces non ou mal desservis. D'où l'idée d'une ligne circulaire avec plusieurs points de correspondance pour améliorer la desserte du coe;ur de ville, à partir des quartiers limitrophes et des secteurs périphériques." Grâce à cette nouvelle ligne (un bus toutes les 10 à 13 minutes dans les deux sens), les voyageurs peuvent gagner jusqu'à 10 minutes. Elle coupe, en plusieurs points, l'axe fort du réseau autour duquel s'organisent l'ensemble des lignes. Prioritaire à 18 carrefours

à feux, en site propre intégral sur près d'un tiers de son parcours, cet axe principal est à forte fréquence (4 ou 7 minutes).

Sur le tronc commun central, un cadencement de 4 minutes en heure de pointe a été instauré, contre 8 auparavant. Cadencement qui se retrouve sur le service batobus : les bus sont cadencés à la demi-heure en fonction de l'arrivée des bateaux en provenance de Port Louis.

 

Gagner des clients

"Dans les réseaux, explique Serge Morin, on consacre beaucoup d'énergie à la desserte des zones peu denses, alors que c'est d'abord dans les secteurs les plus urbanisés où les distances sont courtes et où les fréquences peuvent être améliorées, que l'on peut gagner des clients. C'est sur ces zones que portent maintenant prioritairement les efforts du district et de la CTRL, pour mieux organiser l'intermodalité et gagner des voyageurs."

 

Un bel avenir pour le bus

Serge Morin estime qu'une restructuration réussie doit s'accompagner d'une responsabilisation des personnels "qui ont été répartis en quatre unités ne dépassant pas 80 personnes. Affectées à des secteurs géographiques ou des lignes particulières, ces unités sont responsables de la conduite et de la gestion commerciale au quotidien. C'est un plus incontestable, car le rapprochement des conducteurs de l'encadrement et des clients a changé la perception que les premiers ont de leur métier et celle que les clients ont du réseau."

Pour Serge Morin "le bus a encore de belles possibilités et peut très bien arriver à un service rapide, cadencé, prioritaire et confortable, proche des caractéristiques d'un tramway... mais avec des bus ordinaires."

 

-; District du Pays de Lorient : 17 communes, 180 000 habitants

-; CTRL : Compagnie des transports de la région lorientaise 265 personnes, 104 véhicules dont 12
à plancher bas

-; Renouvellement parc et rénovation des véhicules les plus anciens (carrosserie, scellerie, nouvelle découpe) : menés en parallèle en 1997

-; 2 km de couloirs bus, accessibles aux cyclistes

-; Restructuration (hors voirie et matériels) : à moyens constants

-; Aménagements : 1 giratoire, 1 nouveau contresens de 0,6 km = une économie de 30 000 km/an pour l'entreprise et un gain de temps de 2 minutes pour les voyageurs.


 

 

Bourgogne

La nouvelle bataille du rail

 

Avec le rail pour épine dorsale, le schéma régional des transports collectifs de Bourgogne entend promouvoir et développer l'intermodalité en associant toutes les autorités organisatrices concernées. Présentation.

 

Une "nouvelle bataille du rail" : c'est ainsi que Jean-François Bazin, Président du conseil régional de Bourgogne, qualifie le schéma régional des transports collectifs adopté le 28 février 1997 "à une large majorité". Bataille du rail et des transports collectifs en général, pourrait-on ajouter, tant est répétée, au fil de ce document d'une centaine de pages, la volonté de développer l'usage des TC.

 

Renverser la vapeur

 

Pourquoi une nouvelle bataille ? Actuellement, les services ferroviaires régionaux sont "très déficitaires : 20 % du coût sont à la charge des usagers, 80 % à celle de la collectivité". Les "maintenir uniquement pour donner du travail aux cheminots est certes estimable mais pas suffisant ; offrir un service de qualité a beaucoup plus d'intérêt".

Le conseil régional a donc décidé d'impulser une nouvelle dynamique, fondée sur un principe : "diffuser la grande vitesse sur l'ensemble du territoire bourguignon", pour être en cohérence avec le fait que la région est irriguée par le réseau TGV national et international.

Concrètement, huit nouveaux trains, "plus rapides, plus fréquents, plus confortables" vont être mis en service sur des liaisons inter-cités. Trois d'entre eux (InterSaône, entre Dijon et Lyon ; InterYonne, entre Dijon et Sens ; InterMorvan, entre Dijon et Nevers) roulent déjà depuis le 28 septembre. Sur d'autres liaisons, les horaires et les correspondances avec les TGV et trains grande ligne vont être revus ; de nouveaux points d'arrêt, notamment en zone péri-urbaine, vont être créés.

Cette "profonde rénovation" des services est un "pari", reconnaît Jean-François Bazin. Parce que "les usagers devront s'en servir, sauf à condamner, à terme, cette volonté. La défense du chemin de fer mobilise volontiers les personnes qui ne l'utilisent jamais. Nous le rendrons plus rapide, plus confortable, plus pratique mais seul l'usager décidera de l'avenir".

 

Schéma collectif

"Epine dorsale" du réseau régional, le rail ne pourra, seul, contribuer à modifier les comportements en termes de déplacements. L'Assemblée bourguignonne souhaite donc "développer une véritable coopération" avec l'ensemble des autorités organisatrices pour bâtir une intermodalité efficace. Une structure permanente de concertation, réunissant les 15 AO (région, quatre départements, dix agglomérations) va ainsi être créée.

Au menu des réflexions, d'abord la mise en place de pôles d'expérimentations intermodales (Montbard, Laroche-Migennes, Le Creusot-Montchanin, Nevers, Dijon...). En la matière, le conseil régional "envisage" d'aider les collectivités locales dans le cadre des aménagements nécessaires.

Ensuite, le développement de l'information réciproque entre les différents réseaux : "la SNCF a de grandes surfaces d'affichage que l'on pourrait davantage utiliser", estime Jean-François Bazin qui se demande, par ailleurs, "pourquoi il ne serait pas possible de faire de la publicité pour les transports dans les trains qu'achète le conseil régional".

Enfin, la mise en place progressive de la simplification et de l'harmonisation tarifaire.

Le président de la région estime qu'il est "possible d'y parvenir dans les trois-quatre ans". Certes, "la question n'est pas simple mais les moyens informatiques actuels doivent permettre d'imaginer un système de péréquation entre les différents types de transport".

En attendant, cette structure permanente de coordination sera officiellement installée lors des Rencontres du GART à Dijon, fin novembre. C'est également dans le cadre de ces journées que la région signera avec la SNCF une nouvelle convention d'exploitation de trois ans qui traduit, sur le terrain, la politique régionale. Une politique soutenue par un effort financier "sans précédent" : dès 1998, le budget affecté aux transports collectifs sera triplé pour atteindre 100 millions de francs.

 


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