|
Septembre 97
Les chiffres DTT -
CERTU - GART - UTP sur la fréquentation des transports
publics urbains de province en 1996 sont tombés : la fréquentation
a chuté pour la deuxième année consécutive
-1,9 % alors que l'offre, elle, a repris sa progression
+ 1,1 % en 1995.
En moyenne, la fréquentation
continue de baisser (après - 2,1 % en 95). En médiane,
on assiste toutefois à une embellie : 55 % des réseaux
contre seulement un tiers l'an passé, enregistrent en
effet une hausse ou une stabilisation. Certains poursuivent même
une progression constante sur plusieurs années (Rouen
: + 2,4 %, Strasbourg : + 3,2 %). D'autres connaissent un redressement
grâce en partie à une amélioration de l'offre
: à La Rochelle où l'offre kilométrique
a augmenté de 7,5 %, la fréquentation a progressé
de 2,6 % ; ou à Abbeville avec 9,5 % de hausse de fréquentation
pour 5 % d'offre supplémentaire.
En revanche, un certain
nombre de réseaux font passer la moyenne nationale dans
le rouge : Saint-Etienne :- 5,6 %, Lille : - 2,1 %.
Au final, les petites
progressions que connaissent le tiers des réseaux se trouvent
masquées par des chutes très rudes (Le Creusot
: - 12,5 %, Cholet : - 9,3 %). Ces déclins ont toujours
les mêmes causes, le manque d'investissement pour les transports
publics, mais aussi pour des réseaux pourtant bien équipés
en TCSP, les questions d'insécurité et de crise
économique et sociale. Les mouvements sociaux de la fin
de l'année n'apparaissent, par contre, pas dans les chiffres
96. Ainsi, un réseau durement frappé comme Toulouse
enregistre une augmentation de sa fréquentation de 3,8
%.
En résumé,
les réseaux affichant les meilleurs résultats depuis
10 ans continuent de progresser et les moins bons restent en
général dans le rouge. Cette scission ne cesse
de s'accentuer. Pour l'instant le solde reste positif : entre
1986 et 1996, la fréquentation a augmenté de 3,9
%.
Le bon résultat
de 1996 se trouve du côté de l'offre, qui avait
connu en 95 une baisse de 0,3 %. Elle progresse donc de 1,1 %
en 96, enregistrant sur 10 ans une progression de 16,9 %. On
enregistre pourtant sur l'année passée la disparition
de 80 emplois dans le secteur.
La situation en Ile-de-France
est mieux orientée. Après les revers de 1995, le
trafic se redresse nettement en 1996 : + 4,6 % à la SNCF,
+ 7,5 % à la RATP. Et reste franchement orientée
à la hausse sur les huit premiers mois de 1997 : + 1,4
% à la SNCF, + 2 %.
|
|
Septembre 97
Contre la fraude
et les agressions, les élus et les exploitants ont mis
en place une vaste batterie de moyens de prévention. Mais
la sécurité, c'est l'affaire de tous.
Selon une étude statistique réalisée par
l'UTP auprès de 91 réseaux urbains de province*,
1 626 agressions contre le personnel ont été recensées
en 1996, dont 730 suivies d'un arrêt de travail (contre
641 en 1995). Dans le même temps, 1 341 agressions contre
des voyageurs ont été signalées, contre
871 en 1995. Même si on peut relativiser ces chiffres,
en les rapportant aux 1,7 milliard de déplacements effectués
chaque année, ils n'en traduisent pas moins une augmentation
patente de l'insécurité. Ce phénomène
n'est pas propre au transport collectif : si, globalement, la
délinquance et la criminalité apparaissent en baisse
depuis 1995, en revanche, la délinquance dite de voie
publique (agressions physiques, attaques avec des animaux, menaces
verbales) affiche des pourcentages en hausse.
S'adapter à
la précarité
Acteur de la ville, le transport collectif est également
le miroir de notre société. Un chiffre en atteste
: 33,5 % des agressions contre le personnel sont liées
au contrôle des titres de transport, donc à la fraude.
Parvenir à diminuer celle-ci contribuera à améliorer
la sécurité en réduisant la principale cause
des agressions. Comment ? Le choix des moyens nécessite
d'avoir à l'esprit que la fraude est tout à la
fois le reflet de la précarité financière
et de l'incivisme. La première conduit à un paradoxe
: faute de pouvoir avancer l'argent d'un carnet de tickets ou
d'un abonnement, les populations concernées doivent acheter
des tickets à l'unité, les plus chers. Leur permettre
d'accéder au transport régulièrement, à
un coût supportable, implique de concevoir une tarification
sociale. Plusieurs agglomérations (Avignon, Dunkerque,
La Roche-sur-Yon, Montpellier, Nantes...) ont commencé
à s'attaquer à ce chantier, qui passe par un rééquilibrage
des systèmes tarifaires (gratuité ou réduction
accordées en fonction des ressources du ménage
ou de la personne et non plus en fonction de l'âge...).
Choisir entre citoyenneté
et indifférence
Quant à l'incivisme, il appelle deux types d'action. D'abord,
l'apprentissage d'une plus grande citoyenneté, notamment
auprès des jeunes : élus et exploitants y collaborent
déjà de façon importante, en intervenant
en milieu scolaire et périscolaire. Mais cette initiation
serait certainement encore plus efficace si les adultes eux-mêmes
donnaient l'exemple ! Combien d'actes inciviques sont-ils régulièrement
pratiqués et admis de nos jours, comme le stationnement
interdit par exemple ?
Ensuite, la mise en
place de moyens de prévention et de contrôle plus
efficaces. En la matière, les initiatives ne manquent
pas ! L'arrivée, dans les réseaux, d'agents d'ambiance
ou de "grands frères" influe incontestablement
sur le niveau de la fraude (même s'ils n'ont pas pour mission
de contrôler les titres) et sur la sécurité
en général. Cette présence humaine renforcée
est largement plébiscitée par les clients : parce
qu'elle les rassure et parce qu'elle est source de services offerts
nouveaux (aide à l'information, aide pour porter des paquets...).
En revanche, comme
le montre une étude réalisée pour le PREDIT**,
les systèmes tels que les caméras de surveillance
dans les autobus sont perçus de façon très
ambiguë : ils inquiètent quelquefois plus qu'ils
ne rassurent. Une réflexion qui montre que les clients
restent attachés à l'accessibilité et à
la convivialité du transport public et refusent la "bunkerisation"
des réseaux.
Pour éviter
d'aller à cet extrême, sans doute est-il nécessaire
de faire comprendre, aussi, que la sécurité est
l'affaire de tous. Vaste programme quand l'on découvre,
dans l'étude de l'UTP, que dans 90 % des cas, les agressions
commises dans les véhicules ont laissé les voyageurs
indifférents ! n
* "Rapport de
branche sur l'état de la sécurité dans les
entreprises de transport public urbain de province", UTP,
mai 1997.
** "Les innovations
qui constituent des leviers importants pour l'augmentation de
la fréquentation dans les TU", enquête de Marc
Gilles & Associés pour le PREDIT, mars 1997.
|
|
Septembre 97
Réaliser
un "programme global d'éco-mobilité",
construit autour d'un réseau de tramway qui constitue
la "priorité absolue" des années à
venir : telle est l'ambition de Georges Frêche, député-maire
de Montpellier et président du district.
La Lettre du GART
: En septembre, doivent démarrer les premiers travaux
du tramway dont vous avez dit, dans le magazine diffusé
par le district, qu'il traduit le choix d'une agglomération
à visage humain...
Georges Frêche : Permettez-moi de préciser que Montpellier
ne construit pas une ligne de tramway mais un réseau :
dès l'an prochain, nous mettrons à l'étude
la ligne 2, longue de 12 km, et la ligne 3. C'est un programme
global d'éco-mobilité que nous voulons bâtir,
fondé sur une priorité absolue : le tramway.
LDG : Pourquoi ce choix ?
G. F. : En trente ans, Montpellier est passé de 90 000
à 200 000 habitants et l'agglomération de 120 000
à 400 000 habitants. Mais c'est toujours une ville médiévale,
avec des rues étroites : la surface de circulation et
de stationnement disponible n'est que de 7 % contre 15 % en moyenne
pour les villes de plus de 100 000 habitants. Or, nous sommes,
avec Toulouse, l'une des villes les plus motorisées de
France. Et du côté du stationnement, nous ne pouvons
plus créer de parkings en centre-ville, tous les trous
ont été faits. Tout cela explique pourquoi, contre
l'engorgement à venir, nous avons décidé
d'accorder la priorité aux TC.
LDG : Qu'entendez-vous par programme global d'éco-mobilité
?
G. F. : Nous voulons que la rue retrouve le sens du partage.
Nous avons déjà un plateau piétonnier qui
couvre tout le centre-ville et qui est une fois et demie plus
important que celui de Strasbourg. Il s'agit, maintenant, d'aller
au-delà. Notre priorité absolue, je vous l'ai dit,
c'est le réseau de tramway. La deuxième priorité,
c'est le vélo. Nous avons actuellement 50 km de pistes
cyclables, nous allons doubler ce chiffre d'ici à 2001,
en construisant notamment de nouvelles pistes dans les quartiers
étudiants. Elles aboutiront à des stations de tramway
qui seront équipées de parcs à vélos.
De la même façon, nous allons créer, pour
les automobilistes, des parkings d'échanges aux extrémités
des lignes de tramway.
LDG : Et avec les transports interurbains ?
G. F. : Nous avons achevé les négociations avec
le conseil général. Il s'ensuit la mise en place
d'un nouveau système qui va éviter aux autocars
de tous converger à la gare routière, en centre-ville.
60 % d'entre eux auront leur terminus aux extrémités
ouest ou est de la première ligne de tramway. 40 % resteront
à la gare routière actuelle mais, à terme,
ils seront répartis sur les trois lignes de tramway.
|
|
-; Ligne de 15 km sur
un axe nord-ouest/sud-est, desservant notamment les hôpitaux,
l'Université, 40 % des administrations...
-; 28 stations dont 10 intermodales (correspondance avec les
autobus, les autocars interurbains, les parkings d'échanges)
-; Fréquence de 4 mn, pour une amplitude de service de
5 h du matin à minuit
-; 60 000 à 65 000 voyages quotidiens attendus
-; 28 rames à plancher bas, d'une capacité de 220
personnes, construites par GEC Alsthom
-; Coût total : 2,18 MdF dont :
- autofinancement du district : 500 MF
- subvention de l'Etat : 396 MF (signature le 16 juillet 1997)
- participation de la Banque européenne d'investissement
: 805 MF (430 MF de prêt, le reste utilisé pour
le refinancement)
- emprunt : 1,14 MdF négocié à un taux moyen
de 3,6 % auprès de 9 banques
-; Début des travaux : septembre 1997
-; Mise en service : septembre 2000
|