![]() |
|
Sommaire (attendre que toute la page soit chargée pour activer ces liens): |
|
Chambéry
Pour 2 francs, on monte et on descend où l'on veut. C'est le système mis en place à Chambéry pour deux lignes desservant l'hyper-centre avec des minibus électriques. Présentation Renforcer l'attractivité du centre-ville en utilisant un moyen de transport propre et innovant, pouvant amener à la limitation de l'usage de la voiture : tel est le double objectif auquel a répondu le district urbain de la Cluze de Chambéry en mettant en service, le 26 novembre, deux minibus électriques qui assurent deux dessertes en hyper-centre, un troisième étant destiné à une ligne de rocade*.
Une alternative fiable et propre La volonté de redynamiser le centre-ville est partie d'un constat : la désaffection des habitants pour les commerces du centre au profit de grandes surfaces situées au nord et au sud de l'agglomération. Pour revaloriser l'hyper-centre, sans pour autant créer une arrivée massive de voitures, s'est alors imposée l'idée d'imaginer un nouveau type de desserte de proximité, qui soit à la fois une alternative fiable à la voiture et un mode de transport propre. En octobre 1995, fut ainsi expérimenté un minibus électrique de 11 places prêté par Renault V.I. Le silence du véhicule un silence tel qu'il "a fallu revoir le capitonnage intérieur car, du coup, la pluie faisait beaucoup de bruit" et sa propreté environnementale ont été plébiscités par la population, 80 % des personnes interrogées se révélant "favorables à ce produit", selon Claude Richard, président de la commission transports du district. Propre, le système se devait d'être également convivial et simple d'usage. D'où un mode d'utilisation innovant : des arrêts et des descentes à la demande, pour les deux lignes desservant l'hyper-centre.
On monte où on veut Ces deux lignes, représentant des boucles de 2,5 km chacune parcourues dans un seul sens, sont repérées au sol par trois ronds jaunes placés tous les 100 ou 200 mètres. Ë n'importe quel endroit du trajet, les clients peuvent donc monter ou demander l'arrêt. Fonctionnant du lundi au samedi, de 7 à 19 heures, ces deux lignes desservent, sur des axes Nord-Sud et Est-Ouest, tous les principaux points d'attraction du centre-ville : gare, mairie, préfecture, château, musée, théâtre, hôpital... Par ailleurs, elles passent à proximité de tous les parkings, d'où l'incitation à y laisser les voitures. Ë minibus, mini-prix, ont décidé les élus. La course ne coûte donc que deux francs et le mode de paiement se veut simple : il suffit de mettre une pièce dans un appareil, qui rend la monnaie. Pour les personnes en correspondance, la tarification du réseau est acceptée.
Cahier des charges Dans trois mois, des correctifs seront apportés, s'il y a lieu. D'ores et déjà, Claude Richard affirme qu'il faudra "sans doute revoir le marquage jaune au sol". Mais la volonté du district est bien de procéder à une extension du système. Les deux lignes de l'hyper-centre pourraient être renforcées, avec un temps de passage ramené de 15 minutes actuellement à 7 minutes. D'où la mise en service d'un deuxième minibus sur chaque ligne. Par ailleurs, il envisage la création d'une ligne nouvelle de rocade au nord de l'agglomération et celle d'une navette intérieure pour la desserte de Chambéry-le-Haut. Reste le véhicule lui-même, sur lequel le président de la commission transports souhaite un certain nombre d'aménagements. Et de dresser un cahier des charges pour un véhicule d'une capacité de 20 personnes, principalement en station debout parce que "à 11 places, les gens parlent beaucoup de camionnette" , qui devra " absolument " proposer un plancher bas et un plan incliné "les clients ne comprendraient pas qu'il ne soit pas accessible" . Renault V.I. "a décidé de s'attaquer à la question", conclut-il. * Cette ligne de rocade, qui dessert trois communes périphériques, fonctionne de façon classique : arrêts à points fixes, tarification STAC.
PREDIT 1996-2000
Doté de 7 MdF de financement, le PREDIT 1996-2000* a pour priorité l'amélioration des transports au quotidien. Et pour volonté de travailler avec les collectivités locales. Si le PREDIT 1990-1994 s'est focalisé sur des innovations techniques telles que le TGV nouvelle génération, les systèmes de sécurité et d'aide à la navigation, les véhicules électriques, le programme 1996-2000 met "clairement l'accent sur les transports au quotidien et les attentes concrètes des usagers", selon Dominique Bussereau, Député de Charente-Maritime et Président du Comité d'orientation. En outre, souligne Charles Descours, Vice-Président du GART et Vice-Président du PREDIT, il présente l'avantage, par rapport au précédent, de "prendre en compte la problématique totale des transports, en s'intéressant au système de transport dans son ensemble". Concrètement, il va s'agir "d'améliorer les conditions de circulation en ville et la qualité de service dans les transports publics, de renforcer la sécurité routière, sans oublier les préoccupations liées à la pollution ou au bruit".
Validation sur le terrain Pour ce faire, les responsables du programme souhaitent associer aux recherches l'ensemble des acteurs concernés, avec un appel particulier aux collectivités locales. En effet, "ce sont elles qui prennent les décisions et qui sont le terrain d'application des expérimentations", souligne C. Descours. La volonté des responsables du programme, explique D. Bussereau, est donc de susciter des partenariats entre les villes et les régions, qui ont déjà à leur actif un "grand nombre d'innovations, riches d'enseignements pour les chercheurs", et les industriels, "demandeurs d'expérimentations locales pour valider en situation réelle les performances techniques et l'intérêt économique de tel ou tel matériel". Parmi les treize groupes thématiques du PREDIT 1996-2000, cinq sont particulièrement destinés à soutenir les opérations présentées par les collectivités : gestion des déplacements urbains, route intelligente, transports de marchandises, contrôle commande et nouveaux services aux usagers.
Le meilleur pour les usagers Après avoir été examinés par les groupes, les projets pourront être financés en partie par le programme. Ainsi, explique C. Descours, on peut envisager que le PREDIT "participe à la mise au point d'un prototype de transport intermédiaire" ou "aide à l'expérimentation d'une solution de tramway sur voie ferrée, dans le cadre d'une recherche sur l'intermodalité". D'ores et déjà, parmi les deux cents projets lancés en 1996, plusieurs ont trait au transport public : billétique sans contact, avec le STP ; nouveau bus à plancher bas intégral et à motorisation propre ; véhicules en libre service. En 1997, le PREDIT soutiendra, notamment, une initiative conjointe de la RATP, d'exploitants et de constructeurs afin de réaliser, autour du Trans Val de Marne, un site pour tester les systèmes intermédiaires. La recherche de moyens de transport "moins coûteux et mieux adaptés aux besoins des agglomérations moyennes et des régions" constitue d'ailleurs l'un des axes majeurs du nouveau PREDIT, selon D. Bussereau, et s'inscrit dans la "commande aménagement du territoire" passée par les quatre ministères impliqués (Transports, Recherche, Industrie, Environnement). En s'attaquant "à la dépollution, aux économies d'énergie, à la décongestion des réseaux urbains, à la sécurité", le programme 1996-2000 vise à répondre aux "premières préoccupations des usagers", conclut le Président du Comité d'orientation. C'est pourquoi, enchérit C. Descours, la participation des collectivités locales s'avère indispensable, "pour construire le transport public de demain". * PREDIT : Programme de Recherche Et d'Innovation dans les Transports terrestres.
|
![]() 22, rue de Palestro - 75002 PARIS - Tél. : 01 40 41 18 19 - Fax : 01 40 41 18 11 |