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Emplois dans les TC
Les déplacements en TC mobilisent deux fois plus d'emplois, par milliard de voyageurs-kilomètre, que ceux effectués en voiture.Favoriser les premiers est donc synonyme de créations d'emplois.
Vouloir limiter la circulation automobile en ville, au profit des TC, est-il synonyme de destruction de milliers d'emplois, comme d'aucuns le déclarent ? Une étude publiée en avril 1996 par l'INRETS, et conduite par Jean-Pierre Orfeuil, directeur de recherche au Département d'économie et sociologie des transports, permet de répondre par la négative. Réalisée à la demande du ministère de l'Environnement, elle fait en effet apparaître que les TC sont davantage créateurs d'emploi que la voiture.
Rapport de 2 à 1 Si l'on prend en compte les emplois directs (construction) et ceux liés aux consommations intermédiaires et aux investissements (entretien, auto-écoles, carburants, construction et exploitation des routes), il ressort que la circulation automobile génère entre 961 000 et 1 131 000 emplois, selon que l'on retient une hypothèse "nationale" ou une hypothèse "technique" dans la première, les emplois chez les constructeurs étrangers ne sont pas comptés . Pour le transport public de voyageurs, le total des emplois s'élève à 455 000 (voir encadré). La circulation automobile sur l'ensemble du territoire représentant 618 milliards de voyageurs-kilomètre (V.K), le secteur consomme donc, par milliard de V.K, entre 1 550 et 1 830 emplois. Avec 114,1 milliards de V.K au total, le transport public affiche, lui, un résultat de 3 980 emplois par milliard-V.K. Si l'on s'en tient au seul domaine urbain, le même rapport de un à deux est observé. Sur la base de 181 milliards de V.K parcourus en ville par les voitures et en appliquant, pour chaque poste créateur d'emplois un ratio ville-campagne, la circulation automobile en ville génère 2 740 emplois par milliard-V.K. Le transport public urbain (réseaux de province, RATP, SNCF banlieue, transports Ile-de-France) donne 5 600 emplois par milliard-V.K.
Le filon est là Au vu de ces résultats, "le premier réflexe est de plaider pour le développement des TC, notamment en ville", estime Jean-Pierre Orfeuil. Qui nuance tout aussitôt : "à l'échelle de l'économie dans son ensemble, le bilan économique, sans prise en compte des effets externes, est globalement favorable à l'automobile". Parce que les coûts liés aux politiques d'investissements menées durant les années 50 à 70 sont "derrière nous" et qu'il s'agit d'un "système dont la composante industrielle est forte alors que le TC relève plus de l'économie de service". Pour autant, "faut-il se résigner à la lente déshérence d'un outil favorable à l'emploi et à l'énergie ?" Non, répond-il. Si l'on ne veut pas tourner le dos à une logique de développement durable, il faut que le transport public s'oriente dans une "recherche systématique de productivité" : meilleur taux de fréquentation en heure creuse, normalisation des matériels, priorité aux TC dans la répartition de la voirie. Parallèlement, il faudrait "intégrer les effets externes de la voiture à la sphère marchande" : ainsi, l'application des règles de stationnement créerait "des milliers d'emplois directs et, par transfert sur les autres modes, des emplois nouveaux dans le transport public". De la même façon, l'intégration de la pollution automobile aux contrôles techniques, l'amélioration de la sécurité pourraient mobiliser "environ 100 000 emplois" qui minimiseraient les conséquences négatives de la circulation automobile en zone urbaine. Des chiffres qui ne devraient pas laisser indifférents !
455 000 emplois Les transports en commun emploient en France 455 000 personnes, ainsi réparties. Entreprises de transport : 259 906 -; TU : 34 803 -; RATP : 39 985 -; Interurbain : 54 985 -; SNCF voyageurs : 130 133 Emplois liés aux consommations intermédiaires : 79 675 Emplois liés aux investissements : 100 800 Contribution aux dépenses routières : 14 500 Pour les seuls constructeurs, on a les chiffres suivants : -; Renault VI : 2 500 emplois directs (un autobus équivaut à 3 emplois directs par an) -; Heuliez : 550 personnes, plus la sous-traitance (3 374 heures de travail sous-traitées par mois, soit 20 emplois supplémentaires) -; Mercedes : 650 salariés chez Evobus, dont 460 à l'usine de Ligny-en-Barrois (Meuse) et quelques dizaines d'emplois en sous-traitance -; Matériel ferroviaire : 17 382 salariés directs, 50 000 à 60 000 salariés avec la sous-traitance
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