4 mai 2011. Tout le monde en convient, la situation du ferroviaire français est préoccupante. Ce ne sont pas quelques lignes qui sont malades, mais bel et bien le système dans son ensemble. Dette dirimante du gestionnaire d’infrastructure que l’État n’a jamais voulu prendre à sa charge, dette de l’opérateur historique, sous-investissements chroniques qui fragilisent un réseau déjà en mauvais état, écroulement de la part modale du fret, culture du tout TGV, conflits sociaux à répétition… Sans oublier une transposition en droit interne des directives et une application des textes communautaires qui, à tout le moins, font débat.
Dans ce tableau, le TER n’est pas la branche la plus mal en point.
En dix ans, la régionalisation a permis une indiscutable augmentation du trafic ainsi qu’une amélioration de la qualité de service grâce à l’effort financier considérable consenti par les régions.
Les relations entre ces dernières et la SNCF, conflictuelles parfois, sont amenées à évoluer au regard de la législation européenne.
La grande question de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs est aujourd’hui posée.
Rien ne serait plus improductif que de jeter un voile pudique sur ce sujet.
Celle-ci favorisera-t-elle l’accroissement de la fréquentation, l’allègement de la charge financière pour les collectivités, ce tout en préservant la nécessaire solidarité des territoires ?
Sur un sujet aussi sensible que celui-là, il est peu de dire que les réponses sont loin d’être univoques.
C’est pourquoi, considérant les prochaines échéances, voici venu le temps d’ouvrir le débat en offrant aux principaux acteurs – politiques, syndicalistes, opérateurs, responsables, etc. – le soin de nous exposer leurs points de vue.