Quelle offre de transport pour séduire les voyageurs ? : les dernières avancées des opérateurs en Europe

9 juin 2010. Challengés par des élus, des opérateurs européens présenteront leurs réponses en termes de nouveaux produits, nouveaux systèmes, nouvelles conceptions des mobilités qui se dessinent. Vitrine de ce qui se fait de mieux en Europe, ce débat mettra en perspective l’exigence des AO face à l’inventivité des entreprises qui doivent les satisfaire, qu’il s’agisse d’une expertise technologique, marketing, économique ou sociale. Le 9 juin 2010, Yves KRATTINGER, président du conseil général de Haute Saône et membre du Bureau du GART, représentait notre association à l’occasion d’un débat intitulé : « Quelle offre de transport pour séduire les voyageurs ? : les dernières avancées des opérateurs en Europe » et qui se déroulait dans le cadre du Salon européen de la mobilité à la Porte de Versailles.

Animateur

→ Régis de CLOSETS, journaliste

 

Intervenants

→ Charlie BEAUMONT, directeur général adjoint Opérations internationales / Transdev

→ David EVANS, directeur Europe Continentale / Arriva

→ Patrick JEANTET, directeur général délégué en charge de l’International / Keolis

→ Philippe MARTIN, directeur général adjoint Opérations de transport et de maintenance / RATP

→ Yves KRATTINGER, président du conseil général de Haute Saône

→ Giovanni de NICOLA, vice-président de Federmobilita, conseiller Transport Public de Milan

→ Andreas WINTER, directeur régional adjoint, Région Nord et Est de Veolia Verkehr

 

Les critères de choix modal

Tout d’abord l’attractivité des réseaux de transport collectif dépend de la desserte offerte : de l’accessibilité. La compétition entre les modes existent quand on a un choix entre des modes qui peuvent nous transporter depuis notre point de départ jusqu’au lieu où se trouve le motif de notre déplacement.

D’un point de vue théorique, les critères du choix modal sont : la vitesse, le confort et le prix. Ces critères, même s’ils ont une dimension objective sont souvent pris en compte selon des critères très subjectifs.
La vitesse perçue par un individu est très différente selon les cas. Ainsi aller en voiture d’un point A à un point B peut « prendre un quart d’heure » quand on part en imaginant rouler à 50 km/h, mais s’il faut « tourner vingt minutes pour trouver une place », la vitesse réelle du trajet peut-être bien supérieure qu’à vélo ou en transports collectifs.

Le confort est un élément qui là encore dépend de la perception de tous les usagers. Certains vont trouver très confortables d’avoir le temps de lire dans les transports, tandis que d’autres préféreront « largement » être seul dans leur voiture et écouter la radio.

Le prix est enfin relatif au budget de chacun ainsi qu’au consentement à payer. Les ménages motorisés dépenses plus de 6 000 € par an et par voiture. Toutefois, les personnes qui se déplacent en ville en voiture considèrent bien souvent uniquement le prix du carburant dans leur calcul…

 

Le rôle des AOT

Les innovations des opérateurs sont attendues pour l’ensemble de ces trois éléments (les appels d’offre sont souvent l’occasion d’offrir un cadre aux opérateurs pour développer leur inventivité). même si la plupart des leviers sont dans les mains des autorités organisatrices :

→ la vitesse commerciale des réseaux de transport collectif est fortement liée aux aménagements urbains ;

→ le confort des réseaux est du largement aux investissements des AOT : l’achat de nouveaux matériel roulant, les TCSP, la billettique, l’information multimodale, etc ;

→ l’innovation tarifaire est également souvent le fruit des AOT (en partenariat avec leurs exploitants) : la tarification unique dans les départements (36 départements avec un prix moyen de ces tickets est de 2 €). les grilles tarifaires régionales mise en place depuis la décentralisation. Dans les transports urbains, les évolutions tarifaires récentes sont : la tarification sociale basée sur le quotient familial (Dunkerque, Grenoble, Strasbourg, etc.) ; le post paiement (à Belfort qui exploite son réseau en régie).

 

Les attentes envers les opérateurs

Les opérateurs ont principalement un rôle à jouer dans la qualité de service offert qui associe la vitesse et le confort des réseaux : la régularité et la fréquence sont autant d’éléments qui permettent aux usagers d’avoir des temps de trajets garantis (c’est une des principales demandes de la part des usagers). Par ailleurs, les opérateurs doivent améliorer le caractère « pratique » des réseaux de transport collectif (lisibilité des réseaux, accessibilité, visibilité, etc.) doit être améliorée.

Toutefois celles-ci doivent participer à une réduction des dépenses. La réduction des coûts et l’augmentation des recettes est une priorité dans le contexte actuel des AOT. Dans ce sens, ce dont les AOT ont actuellement besoin est d’avoir une expertise quant à l’adéquation entre l’offre et la demande.

Pour mieux satisfaire la demande potentielle, les AOT et les exploitants doivent mieux connaître les usagers et les futurs usagers :

→ quels voyageurs souhaite-t-on séduire ? Les juniors ? Les seniors ? Les salariés ?

→ quelle est la demande de mobilité ? quels usagers ? quels motifs ?

→ comment doit-on adapter l’offre de transport à cette demande ?

Les conséquences de ces études doivent alimenter la démarche de restructuration des réseaux. C’est en effet là où les propositions des opérateurs sont vraiment attendu ! La réorganisation des réseaux doit permettre de réduire les dépenses d’exploitation et augmenter les recettes tarifaires. Il faut notamment adapter nos réseaux à une nouvelle clientèle ! Nos réseaux dessinés pour les captifs doivent à présent capter les actifs ! La prime transport est un atout supplémentaire pour accueillir une clientèle solvable.

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