DECISION TRANSPORT n° 9

Le transport public crée des emplois

septembre 96


Le transport public crée des emplois

"Attention, casse-cou", entend-on dire ! "Limiter la circulation automobile en ville, au profit du transport public, c'est provoquer la destruction de milliers d'emplois dans l'industrie automobile". A l'heure où la lutte contre le chômage demeure aléatoire, l'argument des tenants du statu quo en matière de politique des transports peut porter. Encore faudrait-il qu'il soit valide. Ce qui n'est pas le cas.
Aujourd'hui, non seulement les réseaux de transport public sont l'un des très rares secteurs à afficher une progression régulière et continue des emplois mais, en outre, le développement du transport public est générateur de milliers d'emplois.

 

Croissance de 1 % par an des effectifs
Depuis dix ans, le transport public crée chaque année 1 500 emplois dans les réseaux urbains, soit une progression annuelle de 1 %. Peu de branches d'activité peuvent se targuer d'une telle régularité, liée à l'augmentation constante de l'offre de transport.
Ce résultat est appelé à connaître une évolution positive. Parce que, soucieuses d'humaniser le transport public et d'accroître la qualité du service, les autorités organisatrices de transport entendent promouvoir les emplois d'accompagnement dans les véhicules (agents d'accompagnement, d'ambiance...).
Parce que, également, le GART s'est résolument engagé dans la mise en oe;uvre du Pacte de relance pour la ville. Cette volonté a été concrétisée, le 5 septembre, par la signature d'un protocole avec le ministère de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration, et celui de l'Equipement et des Transports, prévoyant la création de 3 000 emplois de ville affectés au transport public.

Un secteur fort de 455 000 salariés
Outre les salariés des réseaux urbains et interurbains, soit un effectif de près de 260 000 personnes, l'industrie du transport public occupe aujourd'hui 195 000 salariés (emplois liés à la construction des matériels, aux consommations intermédiaires, aux dépenses d'investissements, aux dépenses routières).
Au total, le secteur du transport public est donc fort de 455 000 emplois. Pour sa part, la circulation automobile (construction et consommations intermédiaires - entretien, auto-écoles, carburant, construction de routes...) représente 961 000 emplois (1 131 000 si l'on prend en compte les effectifs des constructeurs étrangers).
Si le rapport des chiffres d'emplois des deux secteurs est de 1 à 2 en faveur de la voiture, il s'inverse totalement en faveur du transport public dès lors que l'on prend en considération la consommation d'emplois générée par l'usage de chacun des deux modes.

Deux fois plus que la voiture
De quoi s'agit-il précisément ?
La circulation automobile, sur l'ensemble du territoire, représente 618 milliards de voyageurs-kilomètres (VK), pour un total de 961 000 emplois. Le calcul de la consommation d'emplois de la voiture résulte de la division entre ces deux chiffres. Elle s'établit ainsi à 1 550 emplois par milliard de VK (1 830 emplois si l'on ajoute les emplois chez les constructeurs étrangers).
Le transport public, pour sa part, représente 114,1 milliards de VK. Sur la base de ses 455 000 emplois, il génère donc une consommation de 3 980 emplois par VK. Soit le double de celui de l'automobile !
Si l'on s'en tient à la seule circulation en ville, on observe le même rapport de 1 à 2 pour le transport public. Il génère 5 600 emplois par milliard de VK contre 2 740 emplois pour la voiture.

Des villes plus agréables = plus d'emplois
Ces chiffres* montrent ainsi, de façon claire et non contestable, que le transport public est deux fois plus consommateur d'emplois que l'automobile. Promouvoir son développement ne peut donc qu'être bénéfique en terme d'emplois. Pour plusieurs raisons.
D'abord, parce que les emplois transport public pourraient certainement compenser, pour partie, ceux que perd régulièrement l'industrie automobile depuis plusieurs années, du fait de la concurrence internationale.
Ensuite, parce que la simple prise en compte des effets externes de la voiture est elle-même porteuse d'emplois. Ainsi, la stricte application des règles de stationnement dans les villes créerait non seulement des milliers d'emplois directs mais également des emplois nouveaux par transfert vers d'autres modes de transport. Dans le même ordre d'idées, l'accentuation des contrôles techniques pour les automobiles - en terme de pollution notamment - et l'amélioration de la sécurité pourraient générer environ 100 000 emplois.
En voulant promouvoir et développer le transport public, tout en souhaitant simultanément réduire la circulation automobile, le GART entend certes construire des villes agréables à vivre. Mais il a, également, la volonté de contribuer à redynamiser l'emploi en France.

Chiffres extraits d'un rapport publié en avril 1996 par l'INRETS, et réalisé à la demande du ministère de l'Environnement : "L'emploi et l'énergie mobilisés par le transport de voyageurs".

Le savez-vous ?

  • Un autobus Renault, c'est 3 emplois directs en France pendant un an.
  • Entre 1988 et 1996, le développement de la gamme des bus surbaissés a entraîné l'embauche de 170 personnes chez Heuliez Bus.
  • Mercedes-Benz emploie 650 salariés en France pour la construction de bus.
  • L'industrie ferroviaire (trains, tramways, métros) représente plus de 17 000 salariés, auxquels s'ajoutent de 30 000 à 40 000 emplois chez les sous-traitants.


22, rue de Palestro - 75002 PARIS - Tél. : 01 40 41 18 19 - Fax : 01 40 41 18 11

Copyright GART 1998-2005 - administrateur du site