|
Le
transport public crée des emplois
"Attention, casse-cou",
entend-on dire ! "Limiter la circulation automobile en ville,
au profit du transport public, c'est provoquer la destruction
de milliers d'emplois dans l'industrie automobile". A l'heure
où la lutte contre le chômage demeure aléatoire,
l'argument des tenants du statu quo en matière de politique
des transports peut porter. Encore faudrait-il qu'il soit valide.
Ce qui n'est pas le cas.
Aujourd'hui, non seulement les réseaux de transport public
sont l'un des très rares secteurs à afficher une
progression régulière et continue des emplois mais,
en outre, le développement du transport public est générateur
de milliers d'emplois.
Croissance
de 1 % par an des effectifs
Depuis dix
ans, le transport public crée chaque année 1 500
emplois dans les réseaux urbains, soit une progression
annuelle de 1 %. Peu de branches d'activité peuvent se
targuer d'une telle régularité, liée à
l'augmentation constante de l'offre de transport.
Ce résultat est appelé à connaître
une évolution positive. Parce que, soucieuses d'humaniser
le transport public et d'accroître la qualité du
service, les autorités organisatrices de transport entendent
promouvoir les emplois d'accompagnement dans les véhicules
(agents d'accompagnement, d'ambiance...).
Parce que, également, le GART s'est résolument
engagé dans la mise en oe;uvre du Pacte de relance pour
la ville. Cette volonté a été concrétisée,
le 5 septembre, par la signature d'un protocole avec le ministère
de l'Aménagement du territoire, de la Ville et de l'Intégration,
et celui de l'Equipement et des Transports, prévoyant
la création de 3 000 emplois de ville affectés
au transport public.
Un secteur
fort de 455 000 salariés 
Outre les salariés
des réseaux urbains et interurbains, soit un effectif
de près de 260 000 personnes, l'industrie du transport
public occupe aujourd'hui 195 000 salariés (emplois liés
à la construction des matériels, aux consommations
intermédiaires, aux dépenses d'investissements,
aux dépenses routières).
Au total, le secteur du transport public est donc fort de 455
000 emplois. Pour sa part, la circulation automobile (construction
et consommations intermédiaires - entretien, auto-écoles,
carburant, construction de routes...) représente 961 000
emplois (1 131 000 si l'on prend en compte les effectifs des
constructeurs étrangers).
Si le rapport des chiffres d'emplois des deux secteurs est de
1 à 2 en faveur de la voiture, il s'inverse totalement
en faveur du transport public dès lors que l'on prend
en considération la consommation d'emplois générée
par l'usage de chacun des deux modes.
Deux fois
plus que la voiture
De quoi s'agit-il
précisément ?
La circulation
automobile, sur l'ensemble du territoire, représente 618
milliards de voyageurs-kilomètres (VK), pour un total
de 961 000 emplois. Le calcul de la consommation d'emplois de
la voiture résulte de la division entre ces deux chiffres.
Elle s'établit ainsi à 1
550 emplois par milliard de VK (1 830 emplois si l'on ajoute
les emplois chez les constructeurs étrangers).
Le transport public, pour sa part, représente 114,1 milliards
de VK. Sur la base de ses 455 000 emplois, il génère
donc une consommation de 3 980 emplois par VK. Soit le double
de celui de l'automobile !
Si l'on s'en tient à la seule circulation en ville, on
observe le même rapport de 1 à 2 pour le transport
public. Il génère 5 600 emplois par milliard de
VK contre 2 740 emplois pour la voiture.
Des villes
plus agréables = plus d'emplois 
Ces chiffres* montrent
ainsi, de façon claire et non contestable, que le transport
public est deux fois plus consommateur d'emplois que l'automobile.
Promouvoir son développement ne peut donc qu'être
bénéfique en terme d'emplois. Pour plusieurs raisons.
D'abord, parce que les emplois transport public pourraient certainement
compenser, pour partie, ceux que perd régulièrement
l'industrie automobile depuis plusieurs années, du fait
de la concurrence internationale.
Ensuite, parce que la simple prise en compte des effets externes
de la voiture est elle-même porteuse d'emplois. Ainsi,
la stricte application des règles de stationnement dans
les villes créerait non seulement des milliers d'emplois
directs mais également des emplois nouveaux par transfert
vers d'autres modes de transport. Dans le même ordre d'idées,
l'accentuation des contrôles techniques pour les automobiles
- en terme de pollution notamment - et l'amélioration
de la sécurité pourraient générer
environ 100 000 emplois.
En voulant promouvoir et développer le transport public,
tout en souhaitant simultanément réduire la circulation
automobile, le GART entend certes construire des villes agréables
à vivre. Mais il a, également, la volonté
de contribuer à redynamiser l'emploi en France.
Chiffres extraits
d'un rapport publié en avril 1996 par l'INRETS, et réalisé
à la demande du ministère de l'Environnement :
"L'emploi et l'énergie mobilisés par le transport
de voyageurs".
Le savez-vous
?
- Un autobus Renault,
c'est 3 emplois directs en France pendant un an.
- Entre 1988 et
1996, le développement de la gamme des bus surbaissés
a entraîné l'embauche de 170 personnes chez Heuliez
Bus.
- Mercedes-Benz
emploie 650 salariés en France pour la construction de
bus.
- L'industrie ferroviaire
(trains, tramways, métros) représente plus de 17
000 salariés, auxquels s'ajoutent de 30 000 à 40
000 emplois chez les sous-traitants.
|