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Reconvertir
l'industrie automobile
Comment faire face
à l'augmentation de la mobilité tout en maintenant
l'emploi ? C'est tout le problème que pose aujourd'hui
la reconversion de l'industrie automobile.
Sur un marché
des déplacements en croissance, l'automobile assure aujourd'hui
84 % des déplacements urbains (source INSEE). Avec ses
sous-traitants, l'industrie automobile fait vivre un bon million
de personnes. Seulement voilà : en 10 ans les constructeurs
se sont séparés du tiers de leurs effectifs. Concurrence
internationale et délocalisations obligent, chaque année
voit son lot de plans collectifs de licenciements, dégraissages
ou autres restructurations.
Peut-on stopper l'hémorragie d'emplois ? Dans l'industrie
automobile : non. Selon tous les analystes, ce mouvement est
amené à se poursuivre. Inexorablement.
Restent, pour sauvegarder l'emploi, les transports publics. Ils
n'assurent actuellement que 12 % des déplacements (source
INSEE). Mais la filière transport public pèse plus
de 450 000 emplois.
Or, principal levier de la lutte contre la pollution atmosphérique,
le transport public jouit, depuis peu, dans l'opinion publique
d'une faveur nouvelle. D'après une enquête de la
Sofres, réalisée en octobre 1997, 89 % des Français
considèrent que "les transports publics, c'est l'avenir".
Pour tous, il s'agit de protéger l'environnement et d'améliorer
la qualité de vie.
Développer
la filière industrielle du transport collectif 
Les attentes des français
pour des transports publics de qualité sont devenues très
fortes. Les élus locaux l'ont bien compris et misent sur
les transports en commun pour offrir un bol d'air frais aux citadins.
Il existe ainsi, d'après une enquête réalisée
par le GART, en septembre 1997, pas moins de 90 projets de transports
en commun en site propre en France représentant un montant
global d'investissement de 90 milliards de francs sur 10 ans.
Au-delà de la satisfaction des besoins de déplacement
dans des conditions acceptables pour les citoyens et de la protection
de l'environnement, les élus responsables de transport
sont convaincus qu'il y a là le développement d'une
filière industrielle. Pour eux, il est grand temps de
cesser d'opposer les filières transport en commun et automobile
et d'avoir une vue d'ensemble. Il est de la responsabilité
de tous les élus de reconnaître que le secteur automobile
qui ne crée plus d'emplois a besoin de reconversion. Et
la filière transport public peut développer l'emploi,
parce que les besoins pour des transports collectifs performants
existent, que la justification de ces investissements est reconnue
de tous et que la France, dans ce domaine industriel, se trouve
extrêmement bien placée.
Par ailleurs, une bonne partie des entreprises qui produisent
les matériels de transports collectifs ou les équipements
nécessaires à leur fonctionnement sont proches
de l'industrie automobile, notamment des grands constructeurs
de cars ou de bus. Mieux, on estime qu'un kilomètre parcouru
en TC crée deux fois plus d'emplois qu'un kilomètre
réalisé en voiture. La reconversion d'une partie
de cette filière serait donc facilitée. Toute augmentation
de la part modale des transports publics dans le marché
des déplacements se révèlerait ainsi avoir
une influence très positive sur l'emploi.
Enfin, dépendants de la commande publique, les emplois
liés aux transports collectifs sont essentiellement situés
en France et très faiblement délocalisables. Il
y a donc là une réelle chance de maintenir, sinon
d'augmenter, l'emploi en reconvertissant l'industrie automobile.
Recueillir
les financements nécessaires

Bien évidemment,
cette politique et ces investissements qui s'avèrent nécessaires
et qui correspondent à un programme à engager sur
une dizaine d'années se trouvent aujourd'hui pratiquement
dans l'incapacité à recueillir des financements.
Contrairement à l'automobile qui a bénéficié
d'aides publiques pour le renouvellement d'une partie du matériel
privé - notamment par le biais de primes - actuellement,
en France, le matériel roulant pour le transport collectif
n'obtient, pour sa part, aucun financement direct de l'Etat,
et cela depuis 1985.
En effet, l'Etat n'intervient au niveau de l'investissement,
pour la province, qu'à hauteur de 16 % en moyenne du coût
total de l'investissement. Le matériel roulant ne bénéficie
d'aucune subvention. Développer cette filière industrielle
qui est indispensable, non seulement pour assurer le développement
des agglomérations, mais aussi pour aménager le
territoire avec les TER et les cars, implique des financements
complémentaires.
L'Etat a régulièrement, et sous tous les gouvernements,
augmenté sensiblement la TIPP (taxe intérieure
sur les produits pétroliers) sans faire aucun lien entre
cette taxe, l'usage de l'automobile et, éventuellement,
des mesures susceptibles de lutter contre la pollution, en particulier
celles qui favorisent le développement des transports
collectifs. Le GART déplore une telle situation. Aussi,
conformément au principe pollueur-payeur, les élus
responsables de transport suggèrent depuis 1980 qu'une
part de la TIPP soit affectée au développement
du transport public.
Favoriser la filière industrielle des transports collectifs,
c'est relancer l'emploi et reconvertir l'industrie automobile.
Le Groupement des Autorités Responsables de Transport
compte sur votre engagement pour voter les financements nécessaires
à cette priorité économique et sociale.
Repères
- L'industrie automobile
a perdu 36 % de ses emplois entre 1980 et 1994 d'après
le rapport de G. Fuchs (Assemblée nationale) "Un
contrat automobile pour le développement et l'emploi".
- Emploi : 1 million
de personnes sont employées dans la filière automobile,
450 000 dans la filière transport public.
- Investissements :
d'après l'INSEE, 1 milliard crée, sur 5 ans, 5
100 emplois quand il est investi dans les transports publics,
4 600 emplois pour les chantiers de travaux publics routiers.
- Déplacements
: 1 kilomètre en transport public mobilise deux fois plus
d'emplois qu'1 kilomètre en automobile.
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