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Un front républicain
pour le transport public
Peut-on parler de hiatus entre
les citoyens et leurs représentants ? A l'heure où
la morosité se porte bien dans les gazettes, on peut légitimement
s'interroger sur l'interprétation que font les élus
de la nation des attentes et besoins de leurs électeurs.
Le domaine du transport public n'échappe pas à
la règle si nous nous en tenons aux résultats de
la quatrième enquête SOFRES réalisée1
en octobre 1996.
"Je t'aime moi
non plus !"
Premier enseignement
de cette enquête : une baisse importante de l'attrait de
la voiture dans la mobilité urbaine. Pour 52 % des personnes
interrogées, la voiture en ville c'est dépassé
; seuls 23 % d'irréductibles affirment qu'elle sera toujours
plus attrayante que l'offre de transport en commun.
Cette constatation amène le Groupement des Autorités
Responsables de Transport à attirer l'attention des parlementaires
sur la nécessité de défendre le principe
de service public de transport, et de le doter de moyens financiers
en rapport avec les exigences de son développement.
Là encore, l'enquête SOFRES est limpide. La "
cote d'amour " des transports publics est au plus haut.
Pas de mobilité urbaine sans transports collectifs : pour
89 % des Français, le transport en commun doit être
développé même au détriment de l'automobile
en ville (76 %). Côté coût, le transport public
revient moins cher que la voiture pour 72 %, mieux, il est rentable
pour 47 %.
Certes, les prélèvements ont des limites. Il faut
donc revoir les priorités. Cette enquête démontre
que l'investissement transport réalisé par les
élus a trouvé sa juste reconnaissance. Nombre de
maires ont d'ailleurs été réélus
sur leur bilan transport lors des dernières municipales.
L'équilibre de
ville plébiscité 
57 % des sondés considèrent
que les transports publics se sont améliorés contre
6 % qui estiment qu'ils se sont dégradés. Phénomène
d'implication de nos concitoyens pour un équilibre de
ville entre voiture et transport en commun, il n'y a quasiment
plus de non-réponse à cette question.
A n'en pas douter, ce climat favorable trouve son origine dans
la perception des nuisances liées à la voiture
en ville : pollution pour 79 %, embouteillages et problèmes
de stationnement pour 75 %, bruit et accidents pour 70 %.
Deuxième grand enseignement de cette enquête, la
limitation de l'usage de l'automobile apparaît comme une
opinion partagée par les élus et leurs administrés.
En revanche, là où le bât blesse, c'est que
les élus restent sceptiques sur l'adhésion de nos
concitoyens à ces résultats.
Modes de villes, il
faut choisir
Alors que 80 % du grand
public s'accorde à vouloir limiter la circulation en centre-ville,
les maires interrogés pensent que seulement 51 % l'accepteraient.
Un scepticisme qu'il serait bon de réviser, mieux de combler
pour que la majorité des politiques rejoignent la majorité
des citoyens. En somme, un front républicain pour que
le transport public trouve et prouve toute sa vigueur. Là
où l'offre est séduisante, diverse et régulière,
la fréquentation augmente.
Suivre la volonté majoritaire du pays, c'est développer
des pistes cyclables, créer des parcs de rabattement,
des zones piétonnes, favoriser le co-voiturage, la voiture
électrique et à la carte et les transports publics.
4 Français sur 5 y sont aujourd'hui favorables.
[ATTENTION il manque les tableaux
!!!]
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