Communiqué de presse

Paris, le 23 juin 2000

Les PDU sont plus que jamais
des projets ambitieux

 

Près de la moitié des Plans de Déplacement Urbains examinés par le comité GART-CERTU de suivi des PDU*, vise une baisse de la part modale de la voiture de 4 à 8 points sur 5 ou 10 ans !

État des lieux : plus de la moitié des agglomérations françaises a déjà finalisé son PDU.

La date limite de la validation effective des PDU est imminente : ils doivent en effet être approuvés au 30 juin 2000. Le phénomène s'est accéléré depuis début mai. Début juin, 6 agglomérations sur 65 avaient approuvé leur PDU : Lyon, Orléans, Rouen, Saint-Étienne, Grenoble et BordeauxLille devait l'adopter le 23 juin. Et la moitié des agglomérations concernées, soit une trentaine d'autres, est en phase de consultation finale ou d'enquête publique. C'est parce que les collectivités locales ont mis un point d 'honneur à engager une large concertation avec les habitants, que ces PDU ne sont pas tous finalisés. Mieux vaut un PDU en retard qu'un PDU bâclé !
Début mai, sept autres PDU étaient au stade de l'élaboration des projets, treize à la phase des scénarios ; enfin, seule une dizaine d'autres au stade de diagnostic, étaient alors manifestement en retard.

Le Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement a stigmatisé ce retard et mis en accusation les élus locaux. Il semble pourtant mal placé pour donner des leçons. Le PDU Ile-de-France - le seul dont l'État a la charge ­ actuellement à l'enquête publique, n'est pas encore approuvé. Quant aux Plans Régionaux de la Qualité de l'Air (PRQA) et aux Plans de Protection de l'Atmosphère (PPA), qui relèvent eux aussi de sa responsabilité, ils sont loin d'être finalisés. Faut-il rappeler que seuls deux PPA ont été adoptés ?
Par ailleurs, les décisions tardives de certains Préfets portant sur le lancement des enquêtes publiques, ont retardé ou bloquent toujours la finalisation de quelques PDU.

Les objectifs des PDU sont ambitieux et chiffrés.

Le GART a pu le vérifier au cours de l'enquête du Comité de suivi portant sur le contenu de 27 PDU et rendue publique le 25 mai dernier, et lors des travaux menés depuis : les six orientations des PDU définies dans la loi sur l'air ont été globalement respectées, dans leur esprit, mais aussi de façon concrète et chiffrée.
Une dizaine de PDU annonce une réduction de 4 à 8 points de la part modale de la voiture d'ici cinq ou dix ans. La plupart vise une augmentation de la part modale des transports collectifs de 2 à 6 % en dix ans, grâce à un renforcement important de l'offre, une qualité de service améliorée et un développement de l'attractivité des réseaux.
Ils mettent également en uvre un véritable partage de la voirie, en faveur des piétons et des vélos. Ainsi, les agglomérations qui chiffrent l'augmentation de la part des vélos, visent une part de marché pouvant atteindre 10 % des déplacements, alors que, à l'exception de Strasbourg, aucune ne dépasse les 5 %. Des schémas directeurs spécifiques ont été élaborés et dix PDU sont allés plus loin, en leur allouant des budgets dédiés allant de 4 MF à 100 MF.

Il est évident que la construction routière absorbe trop de financements mais il serait faux d'affirmer que la " part du lion " dédiée au transport soit destinée aux infrastructures routières. Ce serait faire l'impasse sur les 67 milliards de francs budgétés pour le développement du transport en commun en province dans les TCSP dans les dix prochaines années ! Cet effort considérable permettra de réaliser un véritable partage de la voirie en faveur des transports publics, de la marche à pied et des vélos.

Les PDU sont aussi novateurs : ils placent la France à la pointe de l'Europe

À l'échelle de l'Europe, peu de villles ont réussi à réduire la circulation. En France, Grenoble et Nantes ont réduit leur part de marché voiture grâce à dix ans de politique active et volontariste. Ainsi, sur la période 1991/1996, à Nantes la part de marché voiture est passée de 59,4 % à 57,4 %.

Le GART et la grande majorité des autorités organisatrices de transport sont d'accord avec le gouvernement : une politique volontariste et pédagogique pour limiter l'usage de la voiture est vitale.
Les PDU ont accéléré l'évolution de la prise en compte du stationnement par les collectivités pour en faire un des outils majeurs d'une politique cohérente de déplacements pour diminuer l'usage de l'automobile. Certains PDU prévoient aussi l'achèvement ou la construction de rocades pour éviter le trafic de transit en ville. Il est toutefois nécessaire de réduire plus nettement l'offre de stationnement en centre-ville, comme le font Strasbourg et Grenoble.

Tous les PDU traitent des différentes mesures visant à optimiser l'organisation du transport de marchandises. C'est un domaine nouveau, en France comme en Europe, et les PDU, en proposant des solutions novatrices, donnent aux villes françaises une position de leader dans ce domaine.

Autre sujet nouveau : les plans de mobilité. Les deux tiers des PDU examinés prévoient des actions auprès des entreprises pour encourager des modes de transport innovants, comme le covoiturage par exemple.

À la veille de l'échéance du 30 juin, le GART se félicite de l'effort de la plupart des collectivités locales, qui permettra aux PDU d'influencer durablement la politique de déplacement des agglomérations françaises.

* Étude : " PDU : où en est-on ? Synthèse de l'analyse de 27 PDU " réalisée par le Comité de suivi GART-CERTU des PDU, rendue publique le 25 mai et réalisée avec l'appui des CETE et la collaboration de la DTT, la DSCR et l'ADEME.



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