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Le 21 novembre 2000
Communiqué de presse Fret ferroviaire : le GART souhaite que les collectivités territoriales aient voix au chapitre |
| Pour le GART, même si elles nont pas de compétences directes pour lheure dans ce domaine, les collectivités territoriales, notamment les Conseils régionaux, devront, au minimum, pouvoir donner leur avis à lavenir sur certaines questions de fret ferroviaires. Plus globalement, le GART préconise que les autorités organisatrices urbaines, départementales et régionales travaillent ensemble pour créer des lieux de concertation avec les exploitants et les acteurs économiques, renforcer leur présence dans les instances décisionnelles et développer leur expertise fret. Elles doivent notamment avoir voix au chapitre sur laffectation des sillons ferroviaires et lutilisation des emprises ferroviaires. Au cours dun débat quil organisait le 21 novembre à Paris , le GART a souhaité que les collectivités territoriales puissent avoir désormais leur mot à dire en matière de fret ferroviaire. Le transport ferroviaire connaît en effet aujourdhui une forte évolution, renforcée dans un avenir proche par la régionalisation du transport ferroviaire de voyageurs et la réforme des directives ferroviaires européennes. Dans un contexte de fort accroissement du trafic total français, le fret ferroviaire devrait doubler de volume dans les dix ans à venir. Le secteur ne semble pas prêt à relever ces défis : insuffisance et vétusté du matériel, manque de conducteurs, mauvaise qualité du service, et réseaux congestionnés. La SNCF a lancé un vaste programme de réforme pour y répondre. Dans ce contexte, les collectivités territoriales ont un rôle à jouer. Première préconisation du GART : Infrastructures : accroître les investissements, mieux établir les priorités et conserver les emprises en milieu urbain. Des besoins précis dinvestissements existent, un effort considérable a dailleurs été fait par les Régions dans le cadre des contrats de plan État Régions 2000-2006 où 13 milliards devraient bénéficier directement ou indirectement au fret ferroviaire. Il semble pourtant encore insuffisant. Par ailleurs, la cohérence de la programmation des infrastructures doit être repensée. Les collectivités locales estiment quil est essentiel de cibler très précisément les priorités dinvestissements pour le fret ferroviaire. Les chantiers de transport combiné rail/route, les itinéraires de délestage et de contournement et les accès aux ports représentent aujourdhui autant de priorités, qui doivent néanmoins être validées en concertation avec les partenaires économiques locaux. Cette mise en cohérence aurait dû sappuyer sur le concept de schéma de services collectifs . Mais force est de constater que lélaboration des schémas " transport" a pris un retard considérable et à quelques exceptions près, la concertation avec les collectivités locales a été insuffisante. De plus, en aval de la phase de concertation initiale, les Régions nont pas été informées des progrès de lélaboration du schéma " transport de marchandises ". En ce qui concerne les gares ferroviaires de marchandises situées en milieu urbain, elles constituent un enjeu durbanisme et daménagement central. Il convient dintégrer pleinement le fer dans les schémas de desserte, comme le font aujourdhui de nombreux PDU. Seconde préconisation du GART : Exploitation : faire évoluer le cadre juridique, promouvoir les innovations Afin de permettre aux acteurs économiques locaux de bénéficier dun service ferroviaire de qualité, les collectivités locales sont prêtes à mettre en uvre diverses solutions : embranchement ferroviaire de zones industrielles, remise en exploitation dune ligne non utilisée, sous-traitance par la SNCF à un opérateur ferroviaire local Mais aucun texte noblige la SNCF à sous-traiter des lignes de fret quelle nexploite plus elle-même pour des raisons de rentabilité, même si des exploitants privés expriment leur intérêt pour ces lignes aujourdhui laissées à labandon. Une évolution du cadre juridique sur ce point pourrait être envisagée. Par ailleurs, relevant du secteur privé, l'exploitation du fret ferroviaire ne peut bénéficier de subventions dÉtat et de collectivités locales (à lexception du transport combiné). Sur ce point, une décision de la Commission européenne vient de créer un précédent, première exception à cette règle. Suivant lAvis du CSSPF , le GART préconise une généralisation de ces aides gouvernementales autorisées par Bruxelles au fret ferroviaire et va encore plus loin, en proposant que cette possibilité soit étendue aux collectivités locales. Enfin, louverture de certains réseaux à dautres opérateurs de transport de fret semble inéluctable. Dici fin 2000, les directives permettant l'ouverture du réseau trans-européen de fret ferroviaire (RTEFF), au moins pour les transports internationaux de marchandises, devraient être adoptées. Le GART est favorable à cette évolution, et demande que les procédures d'approbation finale (ou d'actualisation) de la partie française du RTEFF soient menées dans la plus grande transparence et en concertation avec les collectivités locales concernées. Les collectivités locales sont par ailleurs prêtes à favoriser les innovations techniques afin daméliorer le service ferroviaire de fret. Par exemple, les initiatives de plusieurs collectivités ont permis à la filiale Ecorail de la SNCF de développer le système Polyrail de transport rail/route à courte distance. Les collectivités sont également associées aux études en cours de la SNCF visant à développer des services de logistique urbaine avec pénétration des marchandises transportées par voie ferroviaire. Troisième préconisation du GART : Institutions : clarifier la participation des collectivités territoriales aux prises de décisions. Les collectivités territoriales nont pas de compétence directe pour lorganisation du transport de fret. Mais il est certain quà lavenir, les Conseils régionaux devront, au minimum, pouvoir donner leur avis sur des questions telles que la gestion des sillons, la réactivation des lignes existantes, laccueil des grands corridors de fret, ou la coordination transfrontalière voire les principes de tarification de l'usage des infrastructures. Ils donneront cet avis dans des lieux de concertation qui restent encore à définir. Au plan national, le GART demande que les collectivités territoriales soient davantage représentées en tant que telles au sein du Conseil dadministration de RFF et au CSSPF. Au niveau local, " les conférences régionales de capacités " proposées récemment par Claude Martinand , pourraient être le cadre dune concertation associant la Région, les chargeurs, les CCI, ainsi que les agglomérations urbaines concernées par des conflits de priorité fret/voyageurs. Ces lieux de concertation, tant au plan régional que national, devront être compatibles avec les préconisations des futures directives européennes, qui pourraient imposer aux États membres la création dune autorité indépendante de régulation et dun organisme de répartition des sillons et l'élaboration d'un "document de référence du réseau" devant fixer les critères d'attribution des sillons et de tarification. Groupement des Autorités Responsables de Transport |
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