|
Le gouvernement vient de supprimer l'amendement
adopté par les parlementaires visant à étendre
la neutralisation de la hausse du diesel aux transports publics.
Une décision anti-écologique qui a déjà
coûté
48 millions de francs au secteur des transports publics en 99
et freine le renouvellement du parc de bus en matériel
propre. Le projet de loi de finances 2000 annule
l'amendement Malgré un discours volontariste,
le gouvernement vient une nouvelle fois de faire marche arrière
: son projet de loi de Finances 2000, présenté
le 21 décembre, supprime l'amendement visant à
rembourser aux transports publics le coût de l'augmentation
du diesel. Celui-ci avait pourtant été adopté
par le Sénat et l'Assemblée Nationale en première
lecture la volonté des élus de la nation compte
peu devant la logique technocratique de Bercy. Aucun effort n'est
plus envisagé pour faire bénéficier les
transports publics de voyageurs de mesures similaires à
celles dont bénéficie le transport routier de marchandises. Une exonération qui ne coûterait
que 0,06 % du produit global de la TIPP, mais permettrait d'accélérer
l'équipement en bus propresLa suppression de l'amendement est d'autant
plus étonnante que l'Etat affiche pourtant une politique
de développement du transport collectif : les crédits
affectés aux transports urbains ont progressé en
3 ans de 37 %. En novembre dernier, au Congrès du GART
à Mulhouse, le ministre Jean-Claude Gayssot avait même
engagé le gouvernement à réexaminer la proposition
du GART et avait promis un appui personnel au niveau interministériel.L'augmentation de 7 centimes par an (de
1999 à 2003) des taxes sur le diesel a déjà
coûté 48 millions de francs aux transports urbains
et interurbains en 99. Pour l'année 2000, les recettes
de la TIPP ont été estimées, dans le budget
de l'Etat, à hauteur de 167 milliards de francs. Or, la
mesure demandée par le GART ne représenterait,
pour la même année, que 96 millions de francs, soit
à peine 0,06 % de ce produit global un effort négligeable
pour le gouvernement, mais qui vient augmenter les coûts
d'exploitation des réseaux, les forçant à
ralentir de manière significative le renouvellement du
parc français en bus et cars à carburant propre.Rappelons qu'aujourd'hui, 800 bus et cars
propres sont en circulation ou en commandes. Si une mesure de
compensation n'intervient pas rapidement, la hausse du diesel
coûtera l'équivalent de 600 bus propres d'ici l'an
2003, soit la moitié du parc renouvelé en un an.
Au-delà de l'augmentation annuelle de la TIPP, le diesel
subit également l'inflation du marché En coûts
cumulés, sur la seule année 1999, c'est une augmentation
de 28 % qui est venue grever les coûts d'exploitation des
bus et des cars.
|