Lundi 15 décembre 97

Les villes veulent développer l'usage
combiné du vélo et des transports collectifs

 

 

"L'appel d'air pour une autre ville" signé le 27 novembre dernier entre le GART et le Club des Villes Cyclables a été aujourd'hui présenté pour la première fois à Nantes.

D'autre part, une enquête réalisée par le GART auprès des villes démontre qu'en grande majorité, ces dernières sont prêtes à faire cohabiter les vélos et les transports publics sur un même espace.

 

"L'appel d'air pour une autre ville" présenté à Nantes

Jacques Auxiette, président du GART et Charles Gautier, président du Club des Villes Cyclables ont présenté aujourd'hui à Nantes la déclaration commune : "Appel d'air pour une autre ville" signée le 27 novembre 1997, pour faire face au problème croissant de la pollution urbaine : vélo et transports publics constituent une véritable alternative à l'automobile en ville.

La ville de Nantes a été choisie pour présenter cet accord pour la première fois, en raison de sa politique exemplaire en matière de complémentarité vélos/transports collectifs.

"L'Appel d'air pour une autre ville" demande que soit affirmée la priorité au vélo et aux transports publics, au niveau national et local, pour que les dotations budgétaires et les mesures de partage de l'espace urbain favorisent ces modes de déplacements. Il s'adresse également aux collectivités locales pour que ces modes de circulation "douce" soient aussi privilégiés dans les Plans de déplacements urbains1.

L'enjeu d'un accord entre le GART et le Club des Villes Cyclables est de développer la complémentarité entre ces deux modes de déplacement pour créer une chaîne de transports alternatifs à la voiture.

Cette déclaration engage également le GART et le Club des Villes Cyclables sur les réflexions à engager pour favoriser l'utilisation conjointe de ces deux modes de transport : parking à vélo sécurisé, transport du vélo dans les véhicules de transport en commun, possibilité d'utilisation des sites de transport public par les vélos. Pour un air plus propre, pour une ville plus humaine, l'incitation des citadins à utiliser le "vélobus" doit venir de tous les acteurs décisionnels.

"L'Appel d'air pour une autre ville" concrétise entre les deux associations une collaboration active entamée en 1996.

Le GART représente les élus responsables des transports publics de 187 collectivités territoriales : la quasi-totalité des agglomérations françaises, ainsi que des départements et des régions. Créé en 1989, le Club des Villes Cyclables regroupe environ 160 collectivités (300 communes).

Une enquête du GART : les villes prêtes à développer l'utilisation conjointe du vélo et des transports collectifs.

Une enquête qualitative réalisée en novembre 97 auprès des adhérents du GART (56 villes ont répondu) et le Club des Villes Cyclables a permis de montrer l'intérêt grandissant des autorités organisatrices pour la complémentarité vélo/transport public.

Les sites propres bus/vélos : 94,5% des villes dotées de voies mixtes et 57 % des villes sans voies mixtes se disent favorables à l'extension ou à la création de nouveaux couloirs mixtes transports publics/vélos. En effet, 77 % des villes ayant répondu sont d'ores et déjà dotées de sites propres ou de voies réservées à la circulation des bus, dont 42 % autorisent l'accès aux vélos. L'ouverture des voies bus aux deux-roues correspond le plus souvent à "l'officialisation" d'une pratique déjà courante et se manifeste par l'élargissement de la voie (de 50 cm à 1 m supplémentaire, soit une largeur totale comprise entre 4 m et 4,50 m) et par un marquage au sol. Ces couloirs sont sécurisés et ont permis de faire baisser le nombre d'accident impliquant bus et vélos.

Les parcs de stationnement à proximité des arrêts de transports publics : 20 % des villes sont dotées de parcs de stationnement à proximité des arrêts de transports publics, le plus souvent des gares SNCF, et 64 % prévoient la création ou l'extension de ce type de parc. Si la plupart de ces parcs sont gratuits, ils sont aussi le plus souvent non surveillés. Certaines villes, comme La Rochelle ou Montpellier disposent toutefois de parcs gardés : cette tendance de sécurisation des parcs tend à se développer afin d'inciter les usagers à combiner les deux modes de transport.

L'accueil des vélos dans les véhicules de transport en commun : l'embarquement des vélos dans les véhicules de transports en commun est pratiqué dans 18 % des villes ayant répondu à l'enquête. Il s'agit le plus souvent d'opérations à caractère touristique (Annecy) ou à des périodes et horaires bien précis (Dunkerque, La Rochelle, Nantes, Strasbourg, région Rhône-Alpes...). 25 % des villes envisagent l'embarquement des vélos dans les véhicules de transports en commun (dont: Montpellier, Orléans, Clermont-Ferrand, Bordeaux, Quimper, Saint-Etienne), le plus souvent dans le cadre d'un projet de TCSP (Transport en Commun en Site Propre) ou de la mise en oe;uvre d'une démarche PDU (Plan de déplacements urbains). Cependant l'avis général des adhérents va plutôt en défaveur de l'accès des vélos dans les bus pour des problèmes d'adaptation des véhicules mais aussi pour des préoccupations de sécurité des passagers, et des craintes de rejet de la part des autres usagers.

1 La loi sur l'air impose à toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants "d'élaborer" un Plan de Déplacements Urbains avant le 1er janvier 1999.

 

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