Accès adhérents

Vous êtes dans : Accueil > Les dossiers > Europe / International > « Quelle feuille de route pour le nouveau Parlement européen ? » par Pierre COSSARD pour Bus & Car

« Quelle feuille de route pour le nouveau Parlement européen ? » par Pierre COSSARD pour Bus & Car

11 juin 2009. La montée en puissance des Verts dans les rangs de la nouvelle l'assemblée de Strasbourg est-elle un gage de développement des transports publics ? Les responsables de l'UITP qui ont tenu congrès à Vienne du 7 au 11 juin 2009, ont transmis leurs doléances aux nouveaux eurodéputés.

Un eurodéputé rêve d'un ticket de transport valable dans les 27 pays de l'Union européenne ! Présent au congrès de l'Union internationale des transports publics (UITP) qui s'est déroulé à Vienne du 7 au 11 juin 2009, Michael CRAMER, député Vert allemand au Parlement européen, n'y va pas par quatre chemins : « La circulation urbaine est coupable de 70% des dégâts climatiques, elle a entraîné une augmentation de 35% du CO2, et est directement responsable de 370 000 morts prématurés chaque année dans l'UE », martèle-t-il. « Or, nous sommes convaincus que ces problèmes écologiques peuvent être résolus dans le cadre européen. Si ce n'est pas possible, nos enfants n'auront pas d'avenir. Attention, les citoyens européens sont plus intelligents que les politiques, ils ont déjà commencé à laisser leurs voitures au parking dans les grandes agglomérations, ne les décevons pas ! ».

Cesser de financer la route

Que proposera cet eurodéputé écologiste dans la nouvelle assemblée européenne sortie des urnes le 7 juin 2009 et qui s'installera courant juillet à Strasbourg ? « Nous souhaitons que l'UE cesse de cofinancer 60% des projets routiers mis en œuvre dans les États membres », explique-t-il. « Elle ne finance que 20% des projets ferroviaires et des modes de transport urbain doux, comme le vélo. Il faut inverser cette tendance. Dans le même registre, nous demanderons à ce que les agglomérations réalisent des Plans de mobilité urbaine pour obtenir des financements ». Enfin, Michael Cramer milite pour que l'UE cesse de taxer le rail et qu'elle impose plutôt l'Eurovignette dans l'ensemble des États membres.

Pourquoi pas un ticket européen ?

Josef SCHNEIDER, président de la Fédération européenne des usagers de transport (European passenger federation), rêve lui, d'un titre de ticket valable sur l'ensemble des réseaux de transport de l'Union. Utopique certes, mais techniquement réalisable, selon ce doux rêveur. Plus prosaïquement, il milite pour le développement d'une information voyageurs multomodale et globale, d'une harmonisation du droit des passagers et de la création d'un système de navigation européen identique au GPS, mais fondé sur l'offre de transport public. « Le transport collectif doit être au coeur du développement politique de nos villes », assène-t-il.

Flécher les investissements européens

Plus pragmatique, Anthony DEPLEDGE, directeur du développement du groupe de transport britannique Arriva et futur responsable du comité Union européenne de l'UITP, milite surtout pour que le Parlement européen reconnaisse la dimension locale du transport public. « Les réseaux sont tous différents car les besoins locaux sont différents », prévient-il. « L'UE doit donc tenir compte de ces particularismes quand elle met en œuvre des nouvelles mesures et la distribution des fonds de développement ». Il souhaite toutefois que les institutions européennes promulguent des directives qui flèchent davantage les investissements vers les transports publics.

Par Pierre COSSARD pour Bus & car

Envoyer cette page par courriel Haut de page